Mediapart lance avec près de deux cents personnalités un appel à refuser le «grand débat sur l'identité nationale» organisé par le pouvoir.
Nous estimons que ce débat «n'est ni libre, ni pluraliste, ni utile».
De Dominique de Villepin à Olivier Besancenot, de Martine Aubry à Daniel Cohn-Bendit, de Marie NDiaye à Patrick Chamoiseau, de Claude Lanzmann à Tahar Ben Jelloun, des dizaines d'intellectuels,
écrivains, artistes, responsables politiques ont déjà signé cet appel.
Rejoignez-les.
La Convergence Nationale Républicaine que les citoyens patriotes de l’Arc républicain de progrès appellent de leurs vœux, contre
« L’identité nationale » xénophobe de Sarkozy- Besson et la haine de la nation de la fausse gauche
De plus en plus méprisé par notre peuple et docilement relayé par son ministre « de l’identité nationale et de l’immigration »,
Sarkozy lance dans la précipitation un débat d’Etat (!) sur « l’identité nationale » : au-delà de la diversion idéologique
et électoraliste, cette manœuvre vise à opposer la France et les Français sur un clivage mortifère.
D’un côté, Sarkozy veut rallier tous ceux qui confondent « identité nationale » et xénophobie : l’évolution du régime sarkozyste vers un néo-pétainisme d’inspiration lepéniste est à cet égard très inquiétante pour l’avenir de la République.
Pour pousser les feux dans cette direction, le chef de l’exécutif tente de mettre la « lutte contre la burqa » au cœur du débat national comme si cette pratique, certes condamnable du
point de vue des principes républicains et notamment, de l’égalité entre les sexes, était le problème principal qui est posé à notre nation confrontée à l’explosion du chômage, de la précarité,
de la souffrance au travail et de l’insécurité sociale.
D’un autre côté, le chef de l’Etat, aidé par tout ce que la France compte de faux internationalistes et de « cabris » de
l’Europe supranationale (notamment à la tête du PS, du MODEM et des Verts) compte faire d’une pierre deux coups : en amalgamant le patriotisme à la
xénophobie, il rabat a contrario une partie de l’opinion, notamment dans la jeunesse, vers le renoncement national, l’atlantisme et le fédéralisme euro libéral.
De la sorte, le « débat d’Etat » sur « l’identité nationale » détruit deux fois l’idée de nation,d’abord en la compromettant avec le racisme, ensuite en provoquant par là même le rejet de la nation française au profit de la
« mondialisation » libérale et du supranationalisme européen. Nous dénonçons ici le choix piégé imposé aux Français par Sarkozy et ses
complices de la fausse gauche entre xénophobie raciste et auto phobie euro - atlantique. La France que nous aimons est notamment l’héritière de l’humanisme, des Lumières, de la
Révolution française, des combats sociaux, populaires, laïques et démocratiques des 19 et 20ème siècles, du Conseil National de la Résistance. Elle est
l’héritière de la langue française, scandaleusement sacrifiée au tout anglais par les prétendues « élites » euro dévotes et américano formatées.
Notre conception républicaine de la nation n’a pas davantage à voir avec les propos honteux de Brice Hortefeux sur les « Auvergnats »
(sic) qu’avec ceux, méprisants pour tous les Français, d’un Jean.-Paul Huchon, l’actuel président PS du Conseil Régional d’Ile-de-France : en effet le livre de ce personnage, « De
battre ma gauche s’est arrêtée », appelle à faire table rase de l’Etat nation, de l’Education nationale, de la République une et indivisible, des services publics d’Etat comme EDF, de la
laïcité institutionnelle et de l’organisation de la France en départements, le tout dans le but proclamé d’institutionnaliser l’Etat fédéral européen des Länder sur les ruines d’une France à
laquelle Huchon déclare sans détours son dédain le plus absolu !
La diversion tentée par Nicolas Sarkozy et Eric Besson est d’autant plus condamnable que, tout en se
parant du drapeau tricolore, le chef de l’Etat mène une politique de démantèlement planifié de notre nation qui viole grossièrement la devise « liberté- égalité
-fraternité » :
• destruction de l’indépendance nationalepar l’adoption
parlementaire en catimini du Traité de Lisbonne, ce rafistolage grossier de la constitution européenne supranationale rejetée par le peuple souverain le 29 mai 2005 ; destruction de l’idée
même de nation par le projet antinational de créer un « ministère franco-allemand » en attendant de pouvoir transformer « l’axe franco-allemand » Merkel-Sarkozy en
« Françallemagne », au mépris de ceux qui sont tombés pour la liberté de notre pays ;
• casse du principe même d’une défense nationale et vassalisation de la France,par le démantèlement des régiments garde-frontière, s’accompagnant de l’implantation d’un régiment allemand en Alsace et surtout, de l’inféodation totale de l’armée française à l’OTAN et aux Etats-Unis d’Amérique en rupture avec la décision prise en 1965 par le Général De Gaulle ;
abandon de toute politique étrangère indépendante pour s’aligner systématiquement sur la stratégie impériale de Washington ;
• asphyxie programmée, privatisation ou arasement, sous le nom de « rupture » des
grands acquis sociaux et républicains hérités du Front populaire et de la Libération : Sécurité sociale, retraites par répartition, statuts et conventions collectives, droit
du travail protecteur, secteur public et nationalisé industriel, services publics d’Etat, etc. ;
• contournement anticonstitutionnel permanent de la loi laïque de 1905séparant l’Etat des Eglises et du principe accordant à l’Université publique le monopole de la collation des grades ;
• politique linguistique indigneconduisant à substituer
anticonstitutionnellement le tout anglais au français dans la communication des grandes entreprises, des services « publics », de l’armée française, des lycées publics, de l’Université
et de la Recherche ;
• destruction des libertés collectives et individuellespar la mise en place d’un Etat policier, par la surveillance accrue des citoyens et par la mainmise du pouvoir sur les médias et sur la grande
presse ;
• mise à mort du « produire en France »par la
délocalisation de ce qui reste de nos industries, par l’asphyxie financière de notre agriculture par les Simply Market et autres Carrefour Market, déclin de la pêche nationale au nom des quotas
européens, toute-puissance accordée à un libre-échangisme débridé et euro- mondialisé que le pouvoir organise, au détriment de l’emploi
et de l’environnement, sous l’égide de l’OMC et du FMI dirigés par les « socialistes » Lamy et Strauss-Kahn ;
• mise en coupe réglée de la nation véritable, celle des ouvriers et des employés du public et du privé, des artisans et des paysans, des
enseignants et des chercheurs, des ingénieurs et des cadres, des intellectuels et des créateurs, des chefs de PME, au profit d’une oligarchie de super
-privilégiés dont le principal « exploit » est d’exporter leur argent vers les paradis fiscaux pendant que les classes populaires et moyennes paient de plus en plus
d’impôts ;
Face à ceux qui n’offrent d’autre « choix » à notre peuple qu’entre repli xénophobe et haine euro libérale ou trotskisante de la
nation, ces variantes complémentaire du suicide national, les francs républicains gaullistes, communistes et citoyens d’autres sensibilités de progrès
qui composent l’ARP opposent leur conception humaniste de la nation et de l’internationalisme : celle d’un pays ouvert et hospitalier mais fixant souverainement son avenir,
celle d’un monde préférant la coopération entre peuples souverains et Etats libres à la ravageuse « concurrence libre et non faussée » dominée en secret par un ou plusieurs Empires
continentaux.
Face à la sarko- « rupture » et à l’euro dépeçage organisé du pays, l’heure n’est pas à « débattre » dans le cadre fixé par
les casseurs de la droite ultra et par leurs complices de la « gauche » fédéraliste euro atlantique. L’heure est à la résistance pour affranchir notre pays de l’Union européenne et de ses diktats, pour rompre avec la dictature de plus en plus manifeste, d’une étroite minorité de profiteurs,
pour reconstruire la France républicaine sur la base des principes toujours actuels du programme du Conseil national de la
Résistance.
Dans ce but, les composantes de l’ARP se contacteront pour organiser partout, dès aujourd’hui et dans la perspective du 15 mars (anniversaire de
la signature du programme du CNR), un maximum de débats citoyens indépendants permettant le développement local d’une Convergence nationale
républicaine.
Paris le 28 novembre 2008
Pour le Comité Valmy : Claude Beaulieu, info@comité-valmy.org - Pour le PRCF : Georges Gastaud, gastaudcrovisier2@wanadoo.fr - Pour le
Rassemblement Renouveau Gaulliste : Geneviève Blache, pgblache@wanadoo.fr - Pour le RCR : François Bunner, francois.bunner@r-c-r.org - Pour le Collectif Gaulliste de Gauche :
Gilles Bachelier
Protéger l’Union Européenne de toute souveraineté nationale
Quelques jours après avoir frôlé l’indignité nationale avec le renvoi de deux jeunes réfugiés afghans dans un pays en pleine guerre,
le ministre Besson se repositionnait en lançant un grand débat sur l’identité nationale, initiative très vite prise en main par Nicolas Sarkozy, quelques jours après avoir commémoré la fin de la
plus grand boucherie du XXième siècle sur l’air de la "Francallemagne", main dans la main avec Merkel.
Sans oublier les préoccupations politiciennes et électorales de court terme, pourquoi une telle initiative au fond
?
L’initiative de Besson a pu paraitre conjoncturelle, se donnant des airs de grand dirigeant porteur de grands messages, au moment où il était
mis en cause avec force par de très larges courants d’opinions, y compris à droite, après sa décision d’expulser deux jeunes réfugiés afghans.
Mais ce samedi 14 Novembre sur France Inter, les buts de la manoeuvre apparaissaient clairement dans le contenu de la discussion. Un historien
vient répéter que l’identité nationale est un concept toujours politique, utilisé toujours en période difficile pour assoir la puissance politique, et que bien sûr, à l’heure de la construction
européenne, c’est une erreur puisque la nation n’est plus le cadre utile aux enjeux désormais planétaires [1]
L’élément central de la contradiction que vise Sarkozy est ainsi clairement identifié, la nation ! La nation a toujours été honnie par la
bourgeoisie qui depuis les mariages princiers, jusqu’aux croisières des nouveaux riches, se sait toujours apatride, ou plus précisément de la seule patrie patrimoniale, mais elle a toujours du
s’en occuper pour la maitriser et interdire au peuple de s’en saisir pour s’affirmer et l’organiser pour ses propres intérêts.
Dans la plus fidèle de ses traditions, la droite "nationale" tente donc une nouvelle fois de construire une identité nationale réactionnaire,
afin de donner une assise politique à des réformes antipopulaires qui dissolvent les acquis républicains et du conseil national de la résistance dans une technocratie européenne. En réaction, les
démocrates "modernes" qui ne voient dans la nation qu’une vieux cadre populiste dangereux, affirment comme jamais leur choix européiste, leur conception d’une démocratie de la gouvernance
éclairée des élites contre les peuples, du marché généralisé dans la libre circulation contre toute souveraineté populaire.
Ce sont les deux versants du piège de l’identité nationale, ceux que les médias vont mettre en scène, jouant de l’un contre l’autre dans les
paroles, pour mieux jouer l’un et l’autre contre ce qui inquiète les deux... la colère potentielle de peuples qui décideraient de réaffirmer leur souveraineté, souveraineté qui a inquiété les
bourgeoisies antinationales surprises par les référendums français, hollandais puis irlandais...
Il faut une critique radicale et de cette identité nationale pétainiste et de son refus anti-populaire pour permettre d’affirmer avec force la
nécessité du choix national et internationaliste pour le monde du travail ! Cela suppose d’affirmer à la fois une conception du peuple qui refuse le piège de l’identité, et une conception de
la nation qui refuse le piège du nationalisme.
D’abord en refusant cette identité singulière qui nous ferait "un". Nous sommes chacun individuellement des croisements culturels,
géographiques, génétiques, sentimentaux.. Que nous disions "je suis d’un village", "je suis d’un père", "je suis d’une tradition", nous nous mentons, et nous opposons ce mensonge aux autres. Car
nous sommes toujours d’ici et d’ailleurs, y compris de là où nous avons rêvé d’être, d’un père, d’une mère et de nos histoires familiales, d’une culture métissée transmise par nos grands-mère,
par nos cours d’école et par nos animateurs adolescents. Notre seule identité collective, c’est notre histoire, ce sont nos luttes, et donc nos contradictions, nos luttes de classe ! La
France a connu la résistance et la collaboration, le colonialisme et l’anticolonialisme, la solidarité et l’injustice... Ce qui nous permet d’affirmer qu’il existe une identité française
singulière, c’est le choix de la république contre le choix des baronnies, le choix de la résistance contre le choix de la défaite... Quelques soient les identités multiples des individus et des
groupes, ce sont leurs rencontres sur les barricades qui fondent ce que nous pouvons après coup nommer une identité française. Et si cette histoire doit se poursuivre, c’est en désignant
aujourd’hui où sont les barricades et en désignant clairement de quel coté de cette barricade se trouve ceux qui parlent !
Ensuite en éclairant ce qui attaque la nation qui n’est jamais mise en cause par les frottements cultures ou religieux pour eux-mêmes, mais
toujours par les puissances qui les utilisent pour imposer la force d’un état prédateur et répressif. C’est l’Union Européenne, ce syndicat des gouvernements, qui attaque la nation, pas
l’immigration ! C’est le marché qui crée le communautarisme, pas la foi !
Sarkozy met en oeuvre avec force et à l’époque des médias de masse la vieille pratique bonapartiste de s’appuyer sur le peuple pour écraser le
peuple.
* il organise le communautarisme, en premier lieu celui des riches, celui qui fait de Bush et de Ben Laden des cousins d’affaires, de Chirac le meilleur ami de Hassan II, mais aussi celui qui
organise l’islam en France sur les rapports de force entre communautés d’origines, celui qui organise la domination d’un CRIF profondément réactionnaire sur des juifs qui furent une des
composantes historiques du mouvement communiste, mais il mène campagne médiatique pour une identité nationale qui sauverait le peuple de ces divisions d’origines !
La bataille idéologique lancée sur l’identité nationale n’est pas seulement un élément de plus, mais le fonds idéologique de la guerre sociale,
la nécessité d’un mensonge d’état destiné à enfermer le peuple dans une représentation qui désarme par avance toute résistance possible. On connait l’adage des spécialistes du marketing, il faut
toujours mentir avec vigueur sur ses points faibles... Quand un patron vous annonce de bons résultats, c’est qu’il veut vous exploiter encore plus, quand il vous annonce une restructuration pour
sauver l’entreprise, c’est qu’il cherche à s’en débarrasser pour sauver son capital.
C’est au cœur du mensonge permanent du marché sur l’origine du profit que nait le mensonge permanent du capitalisme. La vérité lui est
insupportable et l’invention de l’élection du président de la république au suffrage universel permettant la prise du pouvoir par Bonaparte illustre le rôle essentiel de cette guerre idéologique
consubstantielle au capital :
* Quand Sarkozy parle de grand emprunt pour la France, c’est qu’il cherche comment faire exploser les revenus financiers, et
prélever encore plus sur les salaires
Pour un communiste, la question est primordiale ! Car si les grandes luttes de 1995, des enseignants de 2003, des salariés contre la casse
de la Secu, si les grandes manifestations de 2009 n’ont pas permis de résister à la guerre sociale contre les acquis du conseil national de la résistance, c’est bien que l’unité du peuple reste à
construire, que le grand roman national appelle de nouvelles révoltes, de nouvelles résistances, de nouveaux rassemblements populaires pour de nouvelles révolutions. Et ce grand rassemblement a
besoin d’identités multiples se retrouvant sur la même barricade, celle des luttes de classes.
[1] le plus souvent, pour les européistes, planète et europe sont synonymes, le reste étant les enfers, états-uniens ou asiatiques
Dans la foulée des conférences régionales du PCF, les militants communistes sont appelés à voter, du 18 au 21 novembre, sur la
stratégie du parti au premier tour des élections régionales de mars 2010. A l’issue des conférences régionales, un communiqué du PCF annonçait que « 18 régions ont décidé d’une dynamique
pour des projets et des rassemblements bien ancrés à gauche ». Autrement dit, 18 conférences régionales – sur 22 – se sont prononcées pour des listes indépendantes du PS, au premier
tour.
Le communiqué du PCF ne dit rien des quatre conférences régionales qui ont adopté la proposition d’une alliance avec le PS dès le
premier tour. Or, de telles « exceptions » porteraient atteinte à la crédibilité de la stratégie du PCF au plan national. Comme nous l’avons expliqué dans notre article
Le PCF et les élections régionales, la dérive droitière des dirigeants du Parti
Socialiste et la lamentable politique de « gestion » de ses élus, dans toutes les collectivités locales, militent clairement en faveur de listes dirigées par le PCF, partout,
au premier tour. Et rien ne sert d’expliquer que cela ne concerne que quatre régions. On ne peut pas être un peu opportuniste, de même qu’on ne peut pas être un peu
enceinte !
Malheureusement, « l’offre nationale » adoptée par le dernier Conseil National du PCF laissait la porte ouverte à de
telles exceptions sans principes – ou, disons, sans autre « principe » que l’objectif de « sauver des élus ». En effet, en dessous de 5% des suffrages, une liste ne peut pas
fusionner, entre les deux tours. Ce « risque » existe dans différentes régions, dont justement les quatre où les conférences régionales du PCF ont proposé de faire liste commune avec le
PS dès le premier tour. Mais comme nous l’écrivions à la veille des conférences régionales, « ce "risque" pèse beaucoup moins lourd que les conséquences négatives d’une stratégie de
premier tour "à la carte", qui donnerait le sentiment que le PCF accorde plus d’importance à l’obtention de sièges qu’à ses principes. »
Prenons l’exemple du Poitou-Charentes, qui est l’une des quatre régions en question. Ségolène Royal, qui en briguera de nouveau la
présidence, se situe à l’extrême droite du Parti Socialiste. Dès lors, n’est-il pas évident qu’aucune considération de principe politique ne justifie une alliance du PCF avec le PS régional, au
premier tour ? N’est-il pas évident, au contraire, que les principes politiques les plus élémentaires militent en faveur d’une liste indépendante du PS ?
En conséquence, La Riposte appelle les militants communistes du Poitou-Charentes et des trois autres régions concernées –
Bourgogne, Champagne-Ardenne et Lorraine – à rejeter la proposition de leur conférence régionale et à voter pour la constitution de listes indépendantes du PS, au premier tour. Partout ailleurs,
nous appelons évidemment à voter contre des listes communes avec le PS.
« Front de gauche élargi » ou listes « ouvertes » du PCF ?
Dans toutes les régions, les communistes pourront choisir entre au moins deux options : « Front de gauche élargi »
ou liste commune avec le PS. Mais dans plusieurs régions, comme par exemple en Ile-de-France et en Midi-Pyrénées, les bulletins de vote qui ont été adoptés par les conférences régionales
proposent une « troisième option » : la constitution de listes du PCF « ouvertes » au monde du travail et aux acteurs des luttes en cours, comme par exemple des militants
de la CGT.
Nous comprenons parfaitement les préoccupations des militants qui ont demandé que cette option figure sur les bulletins de vote.
Même si elle conserve l’appui – rarement enthousiaste – d’un grand nombre de militants communistes, la démarche du « Front de gauche » suscite aussi de profondes inquiétudes, dans les
rangs du parti. De fait, même en le proclamant « élargi » – à quelles organisations, au juste ? –, le Front de gauche demeure une coalition électorale du PCF avec des forces
considérablement moins implantées que lui, mais dont les dirigeants compensent l’absence de base militante et électorale par une vigoureuse ambition personnelle. Or, la générosité avec laquelle
la direction du PCF se propose de distribuer les positions éligibles à ses « partenaires » – comme ce fut le cas aux Européennes – ne peut qu’aiguiser ces ambitions. En outre, de
nombreux dirigeants du parti voient dans le « Front de gauche » un moyen de poursuivre leur stratégie de « transformation » du PCF en « autre chose » – l’essentiel,
pour eux, étant que cette « autre chose » ait clairement rompu avec la tradition et l’idéologie communistes.
De ce point de vue, des listes du PCF « ouvertes » sont, selon nous, la meilleure des trois options (lorsqu’elle figure
sur le bulletin de vote). Mais en l’absence d’un véritable programme communiste, la candidature de tel ou tel militant syndical ou associatif, fut-il excellent et reconnu, ne changera rien aux
carences de la campagne électorale. La question centrale est celle du programme. Il faut rejeter la tentation de cacher l’absence d’une alternative sérieuse au capitalisme derrière une
« ouverture » artificielle de nos listes au « monde du travail ». Le monde du travail, il faut le convaincre par des idées et un programme justes – c’est-à-dire marxistes.
Telle est la tâche centrale des militants communistes.
Invitée à l’université d’été du RCD, organisée les 22 et 23 octobre dernier à Alger, Caroline Fourest a animé une conférence sur le thème « Quelle alternative face
aux autoritarismes ? » Dans cet entretien, elle explique avec le détail cette problématique et suggère des solutions pour parvenir au changement des régimes dans la région du Maghreb. Les
nouvelles technologies de l’information et de la communication sont, affirme-t-elle, des moyens efficaces pour démasquer les pratiques des régimes autoritaires. Propos recueillis par Madjid Makedh et publiés dans le journalEl Watan
En finir avec les régimes autoritaires est l’une des questions qui revient à chaque fois dans les pays du Maghreb. Les luttes des partis d’opposition et les
mouvements autonomes se sont, depuis l’avènement des indépendances, avérées vaines. Y a-t-il une solution pour mettre un terme à l’autoritarisme dans la région ?
Caroline Fourest : Les pays du Maghreb sont pris entre deux fléaux autoritaires de nature différente. Quand on dit autoritaire, on pense souvent à
une structure coercitive étatique, mais en réalité il y a des régimes et des mouvements autoritaires. Il y a toujours une troisième voie qui permet d’éviter le choix entre un régime autoritaire
et un mouvement autoritaire, voire totalitaire, que sont les intégristes. Les Maghrébins paient le prix de ce cercle infernal depuis trop longtemps. Je me suis toujours demandée ce que je ferai
si je vivais dans un régime autoritaire ou si je devais affronter un mouvement totalitaire. Je travaille depuis douze ans sur les mouvements extrémistes : j’ai commencé par enquêter sur
l’extrême-droite, comme le Front national en France, puis je me suis spécialisée dans l’étude des mouvements intégristes comme les anti-avortement en France ou la droite religieuse américaine.
Mais ce n’est que depuis que je travaille sur l’islamisme que je mesure l’ampleur du courage qu’il faut pour affronter à la fois les régimes autoritaires et les mouvements totalitaires comme
les intégristes.
Les mouvements autonomes et démocratiques sont souvent empêchés et interdits d’action dans les régimes autoritaires. Pensez-vous qu’une troisième voie est
possible dans ce genre de situation ?
Cette troisième voie existe internationalement et au-delà des frontières. Si tout le monde avait la possibilité de se mettre autour d’une table et de réfléchir au
mode de société qui rendrait le plus grand nombre de personnes heureuses, cette troisième voie gagnerait largement l’élection. Le problème est que tout est fait pour que cette délibération à
l’issue d’un débat de qualité soit impossible. Cela n’empêche ni la solidarité ni la délibération par delà les frontières depuis l’avènement des nouvelles technologies, je pense aux réseaux
sociaux comme Facebook ou Twitter. On a vu, par exemple, ce qui s’est passé en Iran et qui est plein d’enseignements. Pendant les révoltes contre la fraude électorale qui a porté une nouvelle
fois Ahmadinejad au pouvoir, on a vu à quel point les gens étaient connectés et à quel point la censure du régime n’a pas pu étouffer cette colère parce que le monde entier observait ce qui se
passait via Twitter et Facebook. Je ne suis pas sûre que cela aurait pu avoir lieu dix ans auparavant. Aujourd’hui, la mort de la jeune Neda ne laisse personne indifférent. Ce qui ne change pas,
en revanche, c’est le cynisme de certains décideurs européens par rapport au Maghreb et au Monde arabe. Certains adoptent une position qui consiste à se dire que les opinions publiques arabes
méritent, sans doute, ces régimes autocratiques qu’elles laissent perdurer. C’est une idée que je réfute catégoriquement.
Justement, ne pensez-vous pas que les occidentaux soutiennent les régimes autoritaires au Maghreb et dans le Monde arabe pour défendre leurs propres
intérêts économiques ?
Les régimes occidentaux font avec ce qu’il y a. On ne peut pas leur reprocher à la fois d’être dans une forme de néocolonialisme s’ils s’emmêlent trop, et en même
temps de ne pas assez s’en mêler pour changer les choses. En revanche, le gouvernement français n’était certainement pas obligé de féliciter le président algérien pour sa réélection avec autant
de chaleur, quand on sait que le scrutin est contesté et qu’il s’est déroulé dans des conditions contestables.Les Etats-Unis ont su faire preuve de plus de réserve… Au niveau des intellectuels,
il faut aussi combattre ce fatalisme aboutissant à ne pas être solidaire des opposants à la fois démocrates et laïcs sous prétexte qu’ils ne sont pas représentatifs de l’opinion publique arabe.
Personnellement, je ne me pose pas la question de savoir qui il faudrait pour l’Europe à la tête de l’Algérie. Je me demande pour qui j’aimerais voter si j’étais citoyenne algérienne. Le fait
qu’un homme, comme Saïd Sadi, dont j’apprécie le courage et l’intégrité, tienne bon malgré toutes les épreuves, c’est important. Le monde et l’enthousiasme que j’ai vus lors de ces universités
d’été du RCD prouvent que ni les autoritaires ni les totalitaires ne sont parvenus à tuer le rêve d’une Algérie à la fois démocrate et laïque, qui respecte la liberté de conscience de chacun et
se préoccupe de la justice sociale pour tous.
Mais ne croyez-vous pas que si les régimes arabes continuent à se maintenir au pouvoir, c’est grâce à la connivence avec des régimes occidentaux
?
Il faut dissocier différents niveaux pour ne pas tomber dans l’amalgame. Il y a, d’un côté, les pouvoirs économiques comme les entreprises qui se satisfont très
bien des régimes autoritaires avec lesquels ils peuvent faire des affaires, et puis il y a les gouvernants qui peuvent être soit sensibles aux opinions publiques de leur pays (plutôt solidaires
des démocrates), soit sensibles aux intérêts de leurs entreprises (plutôt favorables aux autocrates). L’enjeu est de donner la parole aux démocrates, y compris en Europe, pour que les opinions
publiques fassent pression sur les gouvernants au détriment des entreprises. Ce n’est pas simple. Mais soyons clairs, personne, pas même l’Europe, et sûrement pas la France, ne pourra faire
bouger les choses à la place du peuple algérien. La seule chose que peuvent faire les démocrates laïcs européens, c’est de rester connectés et solidaires des démocrates laïcs du maghreb. Par
exemple, lorsque le Maroc interdit à deux militantes du Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (MALI) de sortir du territoire marocain pour venir donner une conférence à Paris à
l’invitation du Manifeste des libertés, nous avons pu leur donner la parole quand même, en direct, via une connexion internet avec une web cam… C’est un échange qui marche dans les deux sens.
Nous avons besoin de l’expérience des laïcs marocains ou algériens pour résister au danger islamiste qui monte en Europe. Il séduit parfois les enfants d’Algériens ayant fui le FIS ou le GIA pour
trouver refuge en Europe ! J’admire le courage, la patience et l’abnégation des démocrates laïcs algériens. J’apprends beaucoup d’eux pour savoir comment éviter que ce mal ne rattrape les enfants
d’immigrés en France.
A votre avis, qui sont les plus dangereux, les régimes autoritaires ou les mouvements autoritaires ?
Je crois qu’ils ne représentent pas des dangers de même nature. Aujourd’hui, le régime autoritaire est dans un état de décrépitude et de déliquescence. On est face
à un comportement de type mafieux, sans en avoir la force coercitive. On est devant une impasse et un immense gâchis qui ne peut qu’encourager la montée d’une alternative totalitaire. Le pouvoir
envoie ses propres enfants chez les Pères blancs ou dans de bonnes écoles à l’étranger, mais il a choisi de casser totalement l’éducation publique en Algérie pour s’assurer de tuer l’esprit
critique des futurs citoyens. La « confessionalisation » de l’école, le fait que les futurs citoyens algériens apprennent à réciter par cœur à partir de textes religieux au lieu d’apprendre à
penser par eux-mêmes, permet aux mouvements totalitaires de remplir leurs cerveaux avec de la propagande. Au fond, les autoritaires et les totalitaires s’entendent sur le dos des démocrates
laïcs. Je crois que le tournant a eu lieu avec les événements d’octobre 1988, quand on a refusé d’entendre la rage de la jeunesse contre les inégalités et le manque des libertés et que l’on a
préféré acheter la paix sociale en négociant avec les intégristes. Il s’est noué un pacte infernal qui a donné l’horreur que l’on sait et qui reprend depuis quelques années. Les recettes pour
sortir de cette spirale infernale existent. Entre la Turquie, le Maroc, l’Algérie et la Tunisie, on voit bien que ceux qui s’en sortent bien, sont ceux qui ont sécularisé avant de démocratiser.
Si vous démocratisez sans séculariser, comme l’Algérie en 1991, vous donnez les clefs à un régime totalitaire qui ne les rendra jamais. A l’inverse, si vous sécularisez sans démocratiser, comme
en Turquie ou en Tunisie, vous nourrissez aussi une alternative religieuse… Mais elle est moins dangereuse qu’en Algérie. L’AKP au pouvoir, ce n’est pas le FIS au pouvoir. Le gouvernement
tunisien devrait comprendre qu’il est temps de démocratiser… Pendant ce temps, l’Algérie, qui n’a ni démocratisé ni sécularisé, se trouve dans une impasse totale. Dont le pouvoir et les
intégristes portent l’écrasante responsabilité.
Le Concours 2009 de Poésie de L'Ours Blanc est ouvert jusqu'au 31 décembre
2009.
1er prix : une œuvre d'art originale et la publication du poème retenu
dans les Chemins de Traverse. 2ème prix : la collection de poésie de L’Ours
Blanc (ouvrages encore disponibles) et lapublication du poème retenu dans les Chemins de Traverse. 3ème prix : la publication dans les Chemins de Traverse du poème ou des poèmes retenu(s)
.
Frais d’inscription : 10 euros.
Les résultats du concours de Poésie 2008 seront publiés dans la revue Chemins de Traverse n°33 (décembre 2008), après la réunion
du jury.
Renseignements et règlement :
voir page "Concours de Poésie - Règlement" sur ce blog, ou
auprès de la Secrétaire du Concours,
Marie-Agnès Roch , 20 avenue de la République, 15000 Aurillac
– 06 82 15 58 82
– Email : maroch001@wanadoo.fr