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Vendémiaire

Blog d'actualité politique

France /  Tribune des lecteurs / « Le djihad au  féminin »  

Publié le 14 Octobre 2016 par Vendémiaire in France-Politique - société, Tribune des lecteurs de Vendémiaire

 « Le djihad au  féminin »  

 

            La  découverte d'une voiture piégée, abandonnée en plein cœur de Paris, a conduit à la découverte du 1er commando de femmes djihadistes qui voulait frapper la France.

            On le voit clairement : des femmes participent à des actes violents de manière plus fréquente ; en témoigne l'augmentation des femmes kamikazes dans le monde entier (Israël, Sri Lanka, Tchétchénie, Turquie, Inde, Pakistan, Irak).

            Entre Janvier 2008 et Mai 2008, pas moins de 17 femmes furent impliquées dans des attaques suicides, essentiellement sur des marchés, tuant plus de 130 personnes, et en blessant 300 autres. Soit : une accélération sensible au regard des « seulement »   huit attaques perpétrées par des femmes kamikazes en 2007 et des quatre attaques perpétrées en 2006 et 2007. Pour autant, selon les recherches, ces femmes ne sont pas représentées dans le panthéon des martyrs iraniens ou d'Al-Qaïda :

            « Le refus des hommes de permettre aux femmes de mettre leur vie en danger participe de cette tentative de résistance à l'évolution en cours.

Elle a pour objet non de les préserver, mais de les priver de droit à l'individualité à travers un baptême du feu ». 

            Actions suicidaires d'un côté et de l’autre, refus de toucher au territoire bien circonscrit de l'identité masculine, cette situation paradoxale permet d’apporter un début de réponse à l'une des questions posées : si certaines représentations minoritaires peuvent aujourd'hui montrer sereinement un aspect soigneusement sélectionné  de la personnalité des femmes, cette tendance à la violence c'est bien parce que la période est troublée, politiquement, idéologiquement spirituellement et que cela rend la transgression plus acceptable.

            Dans le cas qui nous occupe : sensibilité et violence ne sont plus assignées à l'un ou à l'autre sexe. C'est donc à la radicalisation de la violence du bas qu'il faut réfléchir ; on assiste moins, avec Daech, à une radicalisation de l'Islam qu'à une islamisation de la radicalité.

            Les terroristes savent qu'ils ont un ennemi absolu : la démocratie, et qu'à faire peur aux démocrates, ils les fragilisent et les durcissent ! Si le terrorisme est un ennemi toujours renaissant, aux dires de Manuel Vals, comment ne pas être Hercule ou Sisyphe ? L'invention du politique : cela ne veut pas dire inventer des thèses, cela veut dire inventer des modes d'action.

            Si on n'invente pas ça, on va au devant de violences au regard desquelles celles qu'à connu le XXe siècle paraîtront comme une préface sanglante.

 

Mathieu Roussel

 

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