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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 19:32

Un homme inutile

 

Un homme inutile est le roman de Valère Staraselski qui a été le plus souvent réédité. Ecrit à la toute fin du siècle dernier, il a été publié en 1998, réédité en 2003 puis en 2011.

Pourquoi ? Sans doute que, dans sa simplicité, ce livre est l’un des plus parlants sur notre époque ? Sans doute appartient-il à ce type de récits où, dans les conditions d’aujourd’hui, la question de la liberté est centrale ? Sans doute la farouche volonté de vivre qui habite le personnage principal jusqu’en ses moments de désespoir et sa détermination à veiller sur sa dignité en dépit d’obstacles paraissant insurmontables marquent les esprits ? Sans doute que la force de ce roman loge, dans ce que montre Staraselski : où que l’on soit, ni le système, fût-il le plus raffiné dans la coercition mentale, ni l’exclusion et l’ostracisme ne peuvent s’opposer de manière durable à l’exercice de la liberté en action. Sans doute, cet ouvrage avait-il anticipé la réaction des classes d’en bas en termes politiques au dédain et au mépris des « assis » et autres « bobos » à leur égard ? Sans doute, la situation actuelle de notre pays comme le choix de vie d’un certain nombre de nos concitoyens octroient-ils des accents prémonitoires à ce roman de 1998 ?

 

De quoi s’agit-il ? De l’existence prise au jour le jour d’un jeune homme, issu des couches moyennes, hautement diplômé, cultivé aussi, touché par le chômage et par les effets et conséquences du libéralisme triomphant dans la France des années 90. Jeune homme de et dans son temps et cependant à contre-courant de l’idéologie ambiante de cette période. Il a, en effet, consacré son doctorat à l’œuvre de Maurice Barrès, écrivain génial et inventeur du nationalisme à la française.

Mais l’essentiel est qu’il fait l’expérience de la solidarité, mieux, de la fraternité.

Staraselski est un écrivain de la conscience et c’est la raison pour laquelle, semble-t-il, avec le temps, ses œuvres, relevant pourtant d’une diversité assumée et se déployant jusqu’ici plutôt en dehors des milieux littéraires « consacrés », gagnent en puissance en même temps qu’en lectorat. Chez lui, liberté et dignité ont partie liée, inextricables, elles constituent le grand thème de ses livres. Là résident, en quelque sorte, son originalité, sa modernité.

Par ailleurs, point de sociologie chez cet auteur d’une œuvre marquée de bout en bout par le sceau du réalisme. Pour lui, tout art véritable doit susciter conscience, élévation culturelle et spirituelle. Si ces ouvrages ne quittent jamais le vrai, son réalisme tourne le dos à la déconsidération de l’entreprise artistique à laquelle se livrent tant d’adeptes du culte affirmé de la laideur, de l’insignifiant, du relativisme, du vide, en un mot, de la démission.

Ses romans sont autant de moyens d’investigation du réel qui s’opposent aux fictions dominantes en constituant un espace à conquérir. L’avenir y est inscrit, l’avenir y a sa place.

Ses textes n’oublient jamais que l’homme est un animal fondamentalement doué d’imaginaire ou bien ainsi que l’avance Maxime Rovere qu’il est « un animal poétique »[1]

Chacun de ses ouvrages se veut un acte de connaissance en même temps qu’un formidable appel à la vie. Un homme inutile, jusqu’en son titre, consiste en une revendication et en un hymne à l’amour de la vie. « Ce qui compte – déclarait l’auteur lors d’une interview – j’en ai l’intime conviction, c’est de célébrer la vie, la fragilité existentielle du vivant. »

A une question concernant son style, il répondait également : « le moteur de l’art loge dans ce fait avéré : le réel résiste à toute formulation, éternellement. » Et il ajoutait : « Pour ma part, je considère que le style classique est le plus adapté, le meilleur pour être lu par le plus grand nombre possible et le plus longtemps possible. » [2]

Dans la chronologie de sa production, on peut avancer qu’Un homme inutile annonce une œuvre tournée vers la quête de sens, vers la non-abdication devant le nihilisme sous toutes ses formes, marchand ou idéologique…

En cela, Un homme inutile demeure l’un des romans les plus probants, les plus dignes de la littérature française de notre temps.

 

Matthieu Guérin.

Un homme inutile, p195, Cherche midi édition, 2011, 14,20€.

 

[1] « Si vite qu’aillent nos machines, si augmenté qu’il soit, l’homme restera toujours un animal poétique » Le Magazine Littéraire, 15 juin 2015.

[2] Interview, mars 2008, Sistoeurs, le magazine féminin très fin.

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Published by Vendémiaire - dans France - Culture
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