Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vendémiaire

Blog d'actualité politique

Courrier des lecteurs / …et pendant ce temps-là, la France fait la guerre

Publié le 6 Août 2017 par Vendémiaire in Tribune des lecteurs de Vendémiaire, France-Politique - société, International

 

…et pendant ce temps-là, la France fait la guerre.

L’économique d’abord. La plus meurtrière. La militaire, ensuite, quand la première rencontre ses contradictions dans la concurrence, notamment, les plus fondamentales, celles de la sur-accumulation du capital. L’idéologique, aussi. Pour donner bonne conscience aux inclus du marché du travail afin qu’ils mâchent en silence leur part du butin.

J’écoute les inclus. Je vis parmi eux et j’en suis un. A table, ils se parlent si souvent des bonnes nourritures ! Mais de la guerre : jamais ! Jamais !

Alors, je parle de la guerre.

Mais pas chez moi. Chez moi, je suis trop lâche ; je n’en ai même plus le courage : on se moque de mes recherches sur Marx, et, chaque fois, j’encaisse avec la façade d’un sourire, ce coup de poignard dans le fond caché de mon cœur. Où sont-ils, ces enfants ? Ces petits-enfants ? Ces arrières petits-enfants de la Résistance française… et soviétique…, et algérienne, malgache, vietnamienne, colombienne, face à l’Occupant nazi ou français colonial ?

Mais, hors de chez moi, j’ai encore ce courage de répondre que ça ne va pas. Que je vais mal parce que la France fait la guerre.

Je tente de semer les quelques pépites de compréhension que j’ai trouvées et je constate que certaines d’entre elles, certains déjà les avaient faites leurs. Ce qu’est La Lepen, par exemple, montrée comme une chienne au troupeau pour qu’il monte de lui-même dans le camion qui le mènera à la tonte, et qui sait, peut-être, si nécessaire, à l’abattoir…. Ce qu’est l’avenir pour tant de nos enfants : petits boulots, trafics dans la Cité. Ou à l’école. Apologie intériorisée du paraître. Paraître quoi ?

Riche.

On marche dans un pays mondial dévasté par la peste. On y fait du tourisme. On va regarder de loin quelques baleines ou de près quelques pas encore résiduels requins. On a un stock de mille photos. On participe à des championnats de France ou du monde pour les vieux. Et de plus en plus aussi pour les vieilles : la présence des vieilles est un gros progrès. Les mœurs, à la longue se libéralisent, quand les lycéennes de Boko Haram sont enlevées par les monstres armés de l’industrie française.

On ne vit pas si mal que ça en France, après tout. Avant tout. Et le pain que je mange, ne l’ai-je pas gagné ? Le pain et tous ces mets que l’on voit sur ma table. Le pain et le pétrole qui nourrit ma voiture.

Et la guerre, française jusqu’à la moelle des os, française même sous l’égide de l’Otan ?, continue : l’économique d’abord, la plus meurtrière. La militaire, ensuite, et l’idéologique…

Retour à la case départ.

 

Pierre Roubaud

Commenter cet article