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Vendémiaire

Blog d'actualité politique

France / La crise de la CGT à la Ville de Paris (territoriaux) s’accélère

Publié le 19 Janvier 2020 par Vendémiaire in France-Politique - société, Syndicalisme

France / La crise de la CGT à la Ville de Paris (territoriaux) s’accélère

La crise de la CGT à la Ville de Paris (territoriaux) s’accélère et pas dans le bon sens.

 

À la Mairie de Paris, les syndicats CGT, (de corps de métier (les conducteurs, les animateurs ...) de filières (Petite Enfance ...) ou transversaux (administratifs, cadres…) étaient regroupés dans l’Union Syndicale CGT des services publics parisiens (l’Union Syndicale ou US).

 

 

En 2017, des syndicats (en particulier la FNTDEEA : éboueurs et égoutiers) ont décidé de quitter l’Union Syndicale suite à un congrès où leur projet de réorganisation (et de contrôle de l’US) a été mis en minorité. Ils se sont organisés en « coordination ».

C’était l’aboutissement d’une crise ancienne (affaiblissement des équipes, dépolitisation, phénomènes bureaucratiques…).

Les dirigeants de ces syndicats incarnent un syndicalisme autoritaire / vertical, au discours « lutte de classe » masquant difficilement des pratiques corporatistes et même clientélistes, un syndicalisme identitaire, sectaire et « viril », peu enclin à enrichir le syndicalisme des combats pour l’égalité femmes hommes, pour la santé au travail, ou un travail spécifique en direction des cadres… Un syndicalisme impuissant qui fait les affaires de la majorité social-libérale d’Anne Hidalgo, interdisant toute dynamique de mobilisation réelle.

Quelques semaines avant le congrès de scission, le dirigeant du syndicat FTDNEEA agresse physiquement une militante du syndicat CGT Petite Enfance, ce qui donnera lieu à une bataille dans la CGT (cf dossier Médiapart).

 

Après la scission, les syndicats restés à l’Union Syndicale tentent d’œuvrer au travail commun de tous les syndicats CGT, à partir de propositions concrètes. Toute discussion est impossible avec la « coordination » qui préfère le rapport de forces et l’intimidation pour essayer de reprendre le contrôle.

La direction de la Fédération des services publics (territoriaux) (où seule la « coordination » est représentée) prend rapidement parti pour…les syndicats scissionnistes (en quittant la salle avec eux dès le congrès de février 2017 !).

 

En 2018, la direction fédérale tente même d’imposer la dissolution de l’Union syndicale au profit d’un nouveau cadre qu’elle pourrait piloter seule. Ce cadre signifierait le dessaisissement des syndicats de l’US de leur souveraineté sur le budget, les moyens syndicaux et techniques, l’accès aux locaux… Des syndicats se soumettent (notamment le syndicat des cadres qui perd plus d’un tiers de ses adhérent-e-s (les militant-e-s des bibliothèques et des conservatoires décident de rejoindre l’US)) mais la quasi-totalité des syndicats de l’US refuse de céder.

 

Fin 2018, dans le cadre de discussions avec la direction de l’UD 75 et de celle de la Fédération, un accord est trouvé pour éviter deux listes CGT aux élections professionnelles.  Mais sous pression de la direction fédérale, une place disproportionnée est donnée aux dirigeants de la « coordination », leur permettant notamment de devenir l’interlocuteur unique auprès de l’administration parisienne.

 

En juin 2019, la coordination organise une « conférence des syndicats CGT Ville de Paris ». Les syndicats de l’US refusent de participer à un cadre totalement verrouillé par les dirigeants de la « coordination ».

La « coordination » se transforme en « comité des syndicats CGT Ville de Paris ». Avec l’appui de la direction fédérale, le « Comité » obtient de l’administration de mettre la main sur l’envoi des informations aux agents via les boites mails (newsletter) et de bloquer l’accès de nouveaux-velles camarades au temps syndical. C’est plus tard que l’on apprendra que le comité a déclaré officiellement que les syndicats de l’US avaient participé à cette conférence et donné leur accord pour intégrer le « Comité ».

 

Dans une réunion avec l’UD Paris, la direction fédérale donne tout de même son accord de principe pour qu’un camarade de l’US soit aussi reconnu comme 2eme interlocuteur CGT auprès de l’administration parisienne, accord qu’elle refuse finalement de mettre en œuvre…

 

              A l’occasion du congrès fédéral de novembre, avec les délégués au congrès, une délégation d’une 50aine de camarades de l’US fait le déplacement pour distribuer une interpellation aux congressistes et demander le respect des droits à militer et une réunion associant les 2 CGT de la Ville, la Fédé, l’UD Paris et la Confédération.

Beaucoup de délégations sont constituées de camarades pour qui c’est le premier congrès et qui découvrent la crise à cette occasion. Le cadre n’est pas favorable, la direction fédérale sortante dénigre l’US qui refuserait « de débattre » et les dirigeants du « Comité » portent les accusations les grossières. Aucune candidature de l’US n’est retenue pour intégrer la direction fédérale.

 

 

Loin de tout ça, pour plusieurs syndicats de l’US, le mouvement social entamé le 5 décembre est l’occasion de prolonger une orientation entamée depuis le départ des syndicats du « Comité : une intersyndicale US CGT FSU FO (+ une CGC parisienne) impulse des réunions d’infos, des AGs, des cortèges communs joyeux et déterminés, l’utilisation des réseaux sociaux, la mise en avant de revendications pour l’égalité femmes hommes, etc… toute une série d’initiatives qui permettent de construire un réseau de de mobilisation très actif associant syndiqué-e-s et non syndiqué-e-s, réseau en capacité de se déployer sur le terrain avec des délégations de grévistes allant à rencontre des agents, ou menant des actions médiatique comme l’occupation du conseil d’État.

 

Pendant ce temps-là les syndicats CGT du « Comité » font le choix d’AGs en solo (refusant d’intégrer un cadre qui signifierait reconnaître l’existence d’une autre CGT à la Ville) et peinent à mobiliser dans la grève ou dans la rue.

L’occupation d’un incinérateur ne mobilise quasiment que des cadres syndicaux et des soutiens extérieurs et pas d’éboueurs ou d’égoutiers, qui constituent pourtant officiellement les forces importantes du « Comité »…

 

C’est en plein mouvement social, qu’il y a quelques jours, prétextant de la non-participation à une réunion qu’ils avaient convoqué (qui de fait impliquait d’accepter le rattachement pur et simple au seul cadre reconnu par la fédération c’est-à-dire le « Comité »), le « Comité » et la direction fédérale sont intervenus auprès de l’administration parisienne pour supprimer toutes les libertés syndicales (temps syndical) auxquelles les militant-e-s des syndicats de l’US avaient droit. Dernière étape d’une stratégie qui vise à démettre ceux qui ne veulent pas se soumettre.

 

Cette décision intervient à la veille d’un congrès de l’UD Paris où les dirigeants du « Comité » vont probablement contester l’équipe sortante qui a soutenu les camaradEs du Collectif femmes Mixité de l’US suite à l’agression dont a été victime une camarade du syndicat CGT Petite Enfance, équipe de l’UD qui a soutenu les syndicats de l’US face à ce qui s’apparente à une volonté de les détruire plutôt qu’a reconstruire un cadre d’unité.

 

Chaque syndicaliste de l’US a reçu un mail lui signifiant le retrait de tout temps syndical et l’invitant à rejoindre le « Comité ». Les militant-e-s sont sous le choc...

Décision d’un autre âge et auto destructrice. La victoire du "Comité" constituerait un recul grave pour toute la CGT.

 

Des camarades de syndicats de l’US CGT Ville de Paris.

 

(transmis par Danielle Gautier)

 

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