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Vendémiaire

Blog d'actualité politique

France / La gauche sociale et écologique doit faire front

Publié le 29 Mars 2020 par Vendémiaire in France-Politique - société

France / La gauche sociale et écologique doit faire front

La crise sanitaire ne suspend pas la lutte politique – elle ne fait qu’en changer les coordonnées. L’impératif d’unité  à gauche est – crise oblige – plus pressant que jamais. La gauche doit faire front autour d’un plan d’urgence alternatif à celui du pouvoir, en s’appuyant sur la solidarité et l’entraide dont nos concitoyens font preuve.

 

La crise sanitaire a modifié la situation politique. La réforme des retraites a été suspendue, comme le second volet de celle de l’assurance chômage, et le second tour des municipales reporté. Ce contexte ne doit pas conduire à mettre les lignes de clivage politique en sourdine au nom d’une prétendue unité nationale. Les raisons pour lesquelles la gauche dans son ensemble était dans l’opposition à Macron persistent. Le pouvoir espère pouvoir tirer profit de la crise pour rebondir. Pourtant, sa gestion autoritaire et antisociale de la crise sanitaire ne fera rien pour sa popularité.

 

Lutter contre la pandémie

 

La France était mal préparée, la responsabilité en incombe à la déstructuration de l’hôpital public et aux coupes budgétaires depuis deux décennies. Le pays, et surtout son personnel médical, manquent de masques et de combinaisons, de respirateurs et de kits de dépistage. C’est ce qui a rendu le confinement généralisé nécessaire. Le bilan de cette impréparation doit être tiré.

 

La santé d’abord !

 

Les moyens financiers doivent être mobilisés pour renforcer l’effort médical et la recherche. C’est 5 milliards tout de suite qui doivent être mobilisés. Des kits de dépistage des masques, combinaisons et respirateurs doivent être achetés. Ils doivent être produits, en réquisitionnant les entreprises productrices si besoin, voire en obligeant des usines textiles et de mécanique à reconvertir leur production. En attendant, les activités économiques non essentielles doivent cesser. Comment expliquer à la population qu’elle doit rester chez elle tout en disant aux ouvriers du bâtiment que les chantiers continuent ?

 

Non à la semaine de 60h, à la journée de 15h, au travail du dimanche !

 

La lutte contre la pandémie ne doit pas signifier une trêve sociale au profit des employeurs. La loi d’urgence sanitaire est un outil liberticide et antisocial qui octroie des pouvoirs exceptionnels à l’exécutif et au patronat. Aucun contrôle ou validation parlementaire sur les mesures limitant la liberté de circulation ou sur le fait de légiférer par ordonnance n’est prévu. La loi suspend dans la pratique tout un pan du Code du travail au profit des employeurs. Le gouvernement prend des ordonnances (comme celle sur le temps de travail) ayant cours jusqu’à la fin de l’année ! La volonté du gouvernement est claire : faire payer la crise aux salariés. Etre confinés ne signifie pas congés payés ! Les salaires ne doivent pas être amputés (chômage partiel payé à 100%), mais augmentés : 300 euros tout de suite pour les soignants et tous les salariés au travail (caissières, routiers,..).

 

Aucun courant de gauche ne s’est rangé derrière la loi d’urgence sanitaire du gouvernement. Nous devons réclamer que l’adaptation de l’organisation du travail en cette période de crise se fasse par accords collectifs entre patronat et syndicats pour les activités essentielles qu’il faut définir. Il y a un préalable, c’est le retrait des ordonnances sur le droit du travail pour en revenir aux dérogations déjà très larges prévues par le Code du travail.

 

Il faut se mobiliser pour que les pouvoirs exceptionnels octroyés soient encadrés au plus vite par le Parlement et qu’ils ne survivent pas à la période de confinement.

 

L’après-crise se prépare maintenant.

 

La gauche a déjà perdu trop de temps à cause de sa dispersion. Nous devons faire front autour de  mesures d’urgence contre la pandémie et nous opposer aux attaques contre les salariés. Nous devons aussi avancer des réponses communes pour l’après-crise.

 

Certains constats s’imposent : les financements publics pour l’hôpital et la recherche publique doivent augmenter substantiellement et la production pharmaceutique doit être relocalisée en Europe.

 

Satisfaire aux besoins vitaux suppose d’inscrire dans la loi les missions d’intérêt général et de service public que doivent remplir les acteurs économiques tant industriels que financiers. Ces missions doivent être distinctes de toute recherche de profits, financiers notamment. Cela s’oppose à la politique gouvernementale et à celle des multinationales qui consistent à « rassurer les marchés » pour recommencer comme avant.

 

L’après-crise sera marquée par le débat sur la relance de l’activité. Ce débat est l’occasion pour la gauche d’avancer un plan d’investissement public prioritairement tourné vers la transition énergétique. Cette crise sanitaire offre une seconde chance dans la lutte contre le réchauffement climatique, en raison du recul des émissions de gaz à effet de serre qu’elle engendre. Ce serait tragique que l’économie redémarre comme avant, sans mettre le social et l’écologie au centre de cette reconstruction.

 

Se rassembler dès aujourd’hui

 

En se rassemblant autour d’une plateforme, la gauche - toute la gauche sociale, écologique, démocratique - peut susciter un élan vers l’unité pour l’après-crise. Celui-ci passe par l’élaboration de positions communes pour la situation qui nous attend à la fin du confinement.

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