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Vendémiaire

Blog d'actualité politique

Liban / Le gouvernement libanais démissionne ... et après ?

Publié le 14 Août 2020 par Vendémiaire in Moyen Orient-Asie Mineure

Liban / Le gouvernement libanais démissionne ... et après ?

Le gouvernement de Hassane Diab a démissionné hier, comme une conséquence de la pression populaire qui s’exprime avec force depuis la catastrophe du 4 août. Comme le titre justement le journal libanais L’Orient le jour : « Diab démissionne et après ?».

En effet, si depuis le mois d’octobre les manifestations se multiplient avec comme mot d’ordre : « qu’ils partent tous » la perspective d’un changement réel au Liban ne paraît pas à portée de main tant les forces politiques libanaises sont impliquées dans un système aux mains de la bourgeoisie affairiste et représentent au-delà des intérêts nationaux, ceux des forces impérialistes et de leurs alliés régionaux qui entendent garder la main sur le Liban comme une plate forme d’intervention au Moyen-Orient. La visite de Macron à Beyrouth s’inscrit dans cette stratégie, comme l’intervention de le Drian, ministre des affaires étrangères, qui intime l’ordre au Liban pour : « la formation rapide d’un gouvernement qui fasse ses preuves auprès de la population et qui ait pour mission de répondre aux principaux défis du pays, en particulier la reconstruction de Beyrouth ». Les USA ne sont pas en reste qui envoient le sous-secrétaire d’État américain pour les Affaires du Proche-Orient, David Hale. 
De toutes parts, intérieure et extérieure, la volonté est claire d’un changement de façade qui permette de poursuivre la même politique et de laisser en place les réseaux actuels dont le niveau de corruption n’a d’égal que le cynisme dont ils font preuve pour maintenir leur domination. Notons, que la démission de H. Diab a eu l’assentiment de toutes le forces politiques parlementaires, y compris du Hezbollah dont on connaît les liens avec l’Iran. Dire que le moment est grave est donc très en dessous de la réalité : d’un côté un régime honni de la population tant il a failli à répondre au minimum des aspirations populaires et conduit à une faillite de l’État, de l’autre des forces politiques de changement encore très faibles, ce qui ne peut que favoriser un : « tout changer pour que tout reste pareil ». 
C’est dans ces conditions que le bureau politique du Parti Communiste Libanais c’est exprimé le 7 août, en soulignant que seule l’union des forces démocratiques engagées depuis le 17 octobre dans la lutte est de nature à permettre un solide changement démocratique pour un Liban indépendant en mesure de moderniser son appareil d’État : « le Parti Communiste Libanais qui considère l'étape actuelle comme l'étape du changement démocratique par excellence, rejette fermement toute tentative des autorités officielles d’imposer des restrictions à la liberté d'expression, à la liberté d'association et à la liberté de réunion. Dans ce contexte, le parti voit l'importance de «l'état d'urgence» imposé, mais met en garde les autorités au cas où il aurait l'intention de le maintenir comme mesure permanente.

Le Parti communiste libanais considère que les forces du soulèvement national du 17 octobre sont invitées à redonner le pouls à la rue et à intensifier la confrontation contre le système autoritaire au pouvoir en proposant son programme alternatif. Par conséquent, tous les groupes politiques - opérant sous l'égide du 17 octobre - devraient se donner la main et unir leurs efforts pour établir un cadre politique unifié qui prendrait la tête de l'organisation de la prochaine vague de soulèvement. »
Notre solidarité est acquise aux forces progressistes et démocratiques du Liban, à son Parti Communiste dans leur lutte difficile pour tirer le Liban de la situation tragique où les ont conduits les politiciens libanais et leurs maîtres impérialistes. Nous appelons les travailleurs en France à lutter pour refuser les ingérences de l’impérialisme français !

 

 

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