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Vendémiaire

Blog d'actualité politique

Droit de réponse à Gilles Morin, dans la revue 20&21 - Annie Lacroix-Riz

Publié le 1 Septembre 2020 par Vendémiaire in Histoire - textes fondamentaux - débats - biograph...

Droit de réponse à Gilles Morin, dans la revue 20&21 - Annie Lacroix-Riz

Chers camarades et amis,

Merci de prendre note de la publication de mon droit de réponse à Gilles Morin, dans la revue 20&21 (rubrique Archives, p. 160-163), laquelle l’a reproduit avec des fautes de frappe là où je n’en avais pas fait (j’ai scrupuleusement vérifié, sur la base de la lettre définitive adoptée en accord avec mes avocats, et ci-jointe) :

p. 160, 17 libres au lieu de 17 livres ;

p. 160, pensée dominantes au lieu de pensée dominante

p. 161, transformées cette « nouvelle “Cinquième Colonne” » au lieu de transformé cette « nouvelle “Cinquième Colonne” »

p. 162, grand patronat synarchie au lieu de grand patronat synarchique

p. 163, pour l’apothéose, deux d’un coup : grand financeur Dulles [qui, il est vrai, a été « financeur »-corrupteur de tous les partis anticommunistes], installé par Roosevelt à Brene ‑‑ au lieu de grand financier Dulles, installé par Roosevelt à Berne.

L’italique des noms d’ouvrages n’a pas été respectée non plus, façons surprenantes pour une revue académique.

Je remercie très chaleureusement mes avocats et mes correspondants pour l’aide précieuse qu’ils m’ont apportée contre cet assaut calomnieux.

Amitiés,

Annie

 

L’ENSEMBLE DES DOCUMENTS : Mails, Droit de réponse et Article source sont regroupés dans un dossier

du site www.historiographie.info en cliquant sur le lien suivant :

 http://www.historiographie.info/debats.html#morin2

‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑

2e ensemble, après publication de ce courriel et de ses pièces sur le site concerné :

 

La dépréciation publique de mes travaux est fort ancienne (elle remonte aux années 1980 de la publication de ma thèse d’État sur la CGT et l’État français à la remorque des États-Unis entre la Libération et 1947), alternant avec des phases d’enterrement pur et simple. Obtenir pour la première fois en plusieurs décennies un « droit de réponse » stricto sensu, avec l’aide de mes avocats, le soutien de mes camarades et amis, et, il convient de le préciser, l’appui que m’ont fourni des recensions (surtout électroniques, vu les circonstances) élogieuses de l’ouvrage La Non-épuration en France de 1943 aux années 1950, constitue contre l’appel à la censure et la calomnie académiques une vraie victoire.

 

L’assaut politique de M. Morin, publiciste officiel du Parti socialiste, venait en effet couronner un monceau d’injures ahurissantes de collègues d’histoire contemporaine, dont les siennes, fin 2019, dans sa revue du PS, l’OURS. L’attaque a été livrée en l’occurrence sous couvert strictement académique, dans la revue d’une institution issue de l’École libre des Sciences politiques, laquelle s’est résolument mise à l’heure américaine (et maccarthyste) dès l’après-guerre ‑‑ après l’avoir d’ailleurs fait pendant l’entre-deux-guerres, dans une perspective, déjà, de « réconciliation » avec le Reich, thème du prochain livre en cours, mais nettement moins pendant l’Occupation.

Je n’ai pu, à mon vif regret, disposer de l’appui de collègues, assurés eux aussi de l’appui des grands médias et du service public de télévision et de radio, dont France Culture (qui exclut systématiquement mes travaux) et Arte (où la censure est aussi spectaculaire), mais intervenant parfois, en sus, dans des médias légitimement tenus pour « critiques », dont Le Monde diplomatique, et revendiquant leur appartenance, non seulement à la gauche, mais éventuellement aussi à « la gauche de la gauche ». J’ai cru pouvoir compter sur le soutien de représentants, issus de cette mouvance, de la jeune génération d’historiens, naïvement ou sottement, car les dernières décennies ont nettement renforcé les bons usages académiques d’ostracisme. Je me bornerai à deux exemples, liés à la revue 20&21 et membres de son comité de lecture ou de rédaction.

M. Xavier Vigna, historien « des mondes ouvriers » ‑‑ nouvelle désignation, plus élégante ou moins vulgaire, de l’« histoire sociale » des générations antérieures ‑‑, courtoisement interpellé, en février 2020, à propos de ses interventions sidérantes (communiquées par un tiers charitable) en soutien à l’œuvre pie et extrêmement « précieuse » de Gilles Morin contre l’« abominable » Lacroix-Riz qui « se pens[ait] inattaquable » sur le terrain des archives, m’a ainsi répliqué que je ne faisais « à ses yeux pas œuvre d’historienne » (propos plus calme, il est vrai, que ceux susmentionnés).

J’ai également sollicité Mme Ludivine Bantigny, « historienne du temps présent, spécialiste de l’histoire des mouvements sociaux et engagée à la  gauche de la gauche », selon Le Monde, organe spécialiste, chacun le sait, de ce courant de pensée (https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/05/06/ludivine-bantigny-historienne-du-temps-present_5458646_3232.html). Elle a jugé aussi excellente que M. Vigna la prestation de M. Morin, qui, je la cite, « prolonge le débat que vous [c’est-à-dire moi, ALR] ouvrez vous-même avec votre critique virulente d'historiennes et d'historiens travaillant sur l'Occupation, la Résistance et de manière plus générale la Seconde Guerre mondiale. Elle apporte des indications précieuses quant aux fonds d'archives utilisés ou négligés. C'est une discussion scientifique pleinement légitime. J'aurai un vrai intérêt à lire sous votre plume une réponse précise à cette argumentation détaillée. »

 

Je ne doute donc pas que cette collègue, qui a revendiqué auprès de moi son « marxisme » ‑‑ courant de pensée ferme partisan du « débat » argumenté qui manque si cruellement à l’historiographie dominante, « gauche » de France Culture incluse, et depuis si longtemps ‑‑, se félicitera de la publication de ce droit de réponse. Je tiens en outre à rappeler que mon éventuelle « critique virulente » ‑‑ qui contraste avec l’appui que j’apporte depuis des décennies à l’histoire critique documentée, étrangère surtout malheureusement, ce qui ne peut m’être imputé à charge ‑‑ ne cède jamais à l’injure, à la dépréciation  ou au procès d’intention : elle demeure strictement méthodologique et s’appuie sur des sources, originales, et sur des travaux bannis de France par la non-traduction systématique, solide protection des bien-pensants.

 

Naturellement, ce texte est librement diffusable, et je remercie les sites amis de l’accueillir.

 

Une réédition très augmentée de Scissions syndicales, réformisme et impérialismes dominants, 1939-1949, ‑‑ dont un (gros) article final ajouté, « 1947-1948. Du Kominform au “coup de Prague”, l’Occident eut-il peur des Soviets et du communisme? » ‑‑ avec nouvelle mise au point bibliographique et problématique pour l’ensemble de l’ouvrage, terminée hier, devrait paraître sous peu chez Delga.

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