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Vendémiaire

Blog d'actualité politique

Principaux événements qui ont marqué les relations entre Cuba et les Etats-Unis en 2020

Publié le 28 Janvier 2021 par Vendémiaire in Caraïbes, Amérique du Nord

Principaux événements qui ont marqué les relations entre Cuba et les Etats-Unis en 2020
samedi 23 janvier 2021
par  
Traduit par Jean-François Lorente
 

Ci-après un long article qui fait le bilan 2020 des relations entre Cuba et les Etats-Unis et qui montre comment pendant ces 12 mois l’administration du Président Trump a « détricoté » tous les mesures favorables prises par son prédécesseur et a aggravé lourdement les sanctions contre Cuba. Et il vient d’utiliser ses dernières semaines à la Maison Blanche pour en rajouter !
Rien ne s’oppose maintenant à ce que le nouveau Président Biden mette en oeuvre une politique de relations respectueuses de la souveraineté de son voisin Cuba !

 

 Principaux événements qui ont marqué les relations entre Cuba et les Etats-Unis en 2020

L’administration Trump a inversé pratiquement toutes les politiques d’Obama envers Cuba. Par des décrets exécutifs, Obama a élargi les voyages à Cuba ; Trump a annulé les licences people to people (peuple à peuple), les échanges culturels et interdit aux résidents des États-Unis de séjourner dans des hôtels gérés par les militaires.

 

Obama n’a pas fixé de limites aux envois de fonds : Trump les a d’abord limitées, puis a rendu presque impossible pour les Cubains américains d’envoyer de l’argent à leurs familles. Obama a accordé des licences à des entreprises américaines pour opérer à Cuba : Trump les a supprimées. Obama rétablit des relations diplomatiques complètes et dota l’ambassade et le consulat de personnel à La Havane : Trump réduisit le personnel au minimum et ferma le consulat, affectant les services migratoires et le regroupement familial des Cubains.

 

1. Vols

10 janvier : Le ministère des Transports a annoncé que tous les vols charter à l’intérieur de Cuba en provenance des États-Unis seraient suspendus « jusqu’à nouvel ordre ».
Comme l’a indiqué dans un communiqué le secrétaire d’État Mike Pompeo, citant l’existence d’une lettre à la secrétaire des Transports, Elaine L. Chao, l’objectif est de « renforcer l’impact de la politique de l’administration de pression économique sur le régime cubain » dans des domaines comme les droits de l’homme et les libertés fondamentales en raison, du soutien cubain au gouvernement du Venezuela.

 

2. Envois de fonds

27 février. La Western Union a confirmé avoir annulé les transferts monétaires à Cuba en provenance de tous les pays, à l’exception des États-Unis.
La société a justifié sa décision par les difficultés rencontrées pour réaliser ce type d’opérations, en faisant apparemment référence à l’embargo/blocus imposé par Washington à La Havane, durci par l’administration Trump avec de nouvelles sanctions qui ont généré un fort impact sur l’économie cubaine.

 

28 février. Le président cubain, Miguel Diaz-Canel, a répondu à la suspension des envois de fonds vers l’île depuis l’extérieur des États-Unis, décision qu’il a attribuée aux politiques du président américain Trump. ’Une autre mesure contre le peuple cubain. C’est ainsi que l’empire agit, avec une arrogance et un mépris total, mais nous ne sommes pour personne »,
a-t-il écrit sur Twitter.

12 juin. Les États-Unis ont fait savoir que la sanction qu’ils avaient annoncée à l’encontre de Fincimex, la société cubaine chargée d’administrer la réception et la livraison des envois de fonds sur l’île, ne serait pas appliquée tant qu’il n’y aurait pas de correction dans le registre fédéral.

 

23 octobre. Le Ministre cubain des relations extérieures, Bruno Rodriguez, a rejeté une nouvelle mesure de l’administration Trump visant à empêcher les envois de fonds par l’intermédiaire de la société Fincimex S.A., inscrite sur la Liste des entités cubaines réglementées du Département d’État. Cela signifie que les expéditions vers Cuba via Fincimex et American International Services (AIS) seraient interdites. Selon le Registre fédéral, « l’interdiction est entrée en vigueur le 26 novembre. Le 3 juin dernier, le département d’État a annoncé qu’il inclurait la société cubaine de services financiers Fincimex dans la liste noire des entités avec lesquelles les Américains ont l’interdiction de toute transaction.

 

 

3. Helms-Burton

3 mai. Le juge du district du sud de la Floride Robert N. Scola a rejeté une plainte déposée contre Booking, Hotels, Expedia et Orbitz sous le titre III de la loi Helms-Burton.
Selon le Conseil commercial et économique États-Unis-Cuba, une entité privée qui a compilé toutes les informations de la première année de validité du titre III, 25 plaintes avaient été déposées en mai contre 51 entreprises, dont certaines faisaient l’objet de plusieurs actions en justice. Parmi elles, 45,4 % sont des Américains et le reste de dix pays différents, dont Cuba.

 

 

4. Attaque contre l’ambassade de Cuba

30 avril. Un inconnu a tiré plusieurs fois avec une arme à feu sur le bâtiment de l’ambassade de Cuba aux États-Unis. Bien que le personnel de la mission n’ait pas été touché, l’impact des tirs a laissé des dégâts visibles sur les biens.

L’incident a commencé vers 2 heures du matin à l’extérieur de la délégation diplomatique, au nord-ouest de Washington. La police métropolitaine s’est rendue sur les lieux après que les voisins eurent entendu des coups de feu, a ajouté les autorités.

La police de Washington a identifié le suspect comme étant Alexander Alazo, 42 ans, résidant à Aubrey, au Texas. Il a été arrêté pour possession d’une arme à feu non enregistrée et de munitions, agression avec l’intention de tuer et possession d’un chargeur de haute capacité, a déclaré une porte-parole des services secrets.

 

5 mai. Lors de la première comparution devant un juge fédéral d’Alexander Alazo, les procureurs ont fait valoir la nécessité de le maintenir en détention jusqu’au procès, au motif qu’il risquait de s’évader et qu’il représentait un danger pour les personnes et la communauté.
Alazo a avoué avoir fait l’objet d’un traitement psychiatrique, ce qui donne au procureur l’argument selon lequel « le comportement délictueux de l’accusé illustre son instabilité mentale, démontrée par ses propres déclarations, en ce sens qu’il entend des voix et son incapacité à suivre le traitement médical qui lui est dû, ce qui pèse lourdement sur sa libération. »

 

11 mai. Le président cubain Miguel Diaz-Canel a déclaré que Cuba attendait toujours une réponse du gouvernement des États-Unis sur l’agression subie par l’ambassade de l’île dans la capitale américaine le 30 avril.

23 juillet. Un communiqué de presse publié par le bureau du procureur du district de Columbia a révélé que le Cubain Alexander Alazo, 42 ans, avait été inculpé par un Grand Jury fédéral pour de multiples délits liés à la fusillade à l’ambassade de Cuba à Washington DC.

5. Liste

 

13 mai. Les États-Unis ont inclus Cuba dans une liste de pays « qui ne coopèrent pas totalement » à la lutte antiterroriste, a rapporté le département d’État. Selon le document, le gouvernement des États-Unis considère que, sous l’article 40A de la loi sur le contrôle des exportations d’armes, ces pays ne coopèrent pas pleinement aux efforts antiterroristes de Washington. En vertu de cette réglementation, il est interdit de vendre ou d’exporter des biens et services de défense vers les États figurant sur la liste. Outre Cuba, la liste comprend l’Iran, la Corée du Nord, la Syrie et le Venezuela.

 

Le document affirme que les membres du groupe de guérilla ELN qui se sont rendus à La Havane pour des pourparlers de paix avec le gouvernement colombien en 2017 sont restés sur l’île en 2019, et que Cuba a rejeté la demande colombienne d’extradition de dix de ses dirigeants.
Le gouvernement cubain a rejeté la mesure en la considérant comme un « autre pas dans la mauvaise direction » et a affirmé être « victime » du terrorisme « organisé, financé et exécuté » par Washington.

 

 

6. Droits de l’homme

11 mars. Au milieu de l’un des points les plus bas des relations entre Cuba et les États-Unis, Washington a publié son rapport annuel sur la situation des droits de l’homme dans le monde.
Le gouvernement cubain a répondu presque immédiatement par la voix du ministre des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez : « Les États-Unis ne s’intéressent pas aux droits de l’homme à Cuba. Sa politique est d’éliminer les moyens de subsistance de 11 millions de Cubains pour imposer un gouvernement qui réponde à leurs intérêts. Malgré le blocus, nous resterons attachés à la promotion et à la protection de tous les droits de l’homme pour tous », a-t-il déclaré.

 

 

7. Contre l’embargo/blocus

10 avril. Le maître cubano-américain Carlos Lazo s’est adressé au président Donald Trump pour lui demander de « tendre une main solidaire » au peuple cubain et de mettre de côté les sanctions contre l’île en ce moment de crise face à la pandémie.
’L’embargo des États-Unis contre Cuba n’est pas une arme à visée millimétrique ou une bombe intelligente et chirurgicale qui frappe la cible du gouvernement qui veut s’abattre sur l’île. Le principal touché par cet ensemble de sanctions est le peuple cubain’.

 

« Il y a des lustres, j’ai servi les États-Unis dans la guerre en Irak, sous le blason des barres et des étoiles. Là, en tant que médecin de combat, j’ai secouru de jeunes Américains blessés. Entre le feu et les éclats d’obus, j’ai secouru ces fils d’Amérique, qui étaient aussi mes frères. Aujourd’hui, alors que le coronavirus et les difficultés économiques menacent d’apporter la douleur et la mort dans ma terre natale, je vous implore d’être celui qui vient en aide à mes frères sur l’île. Aidez-nous, Président ! Laissez vivre Cuba ! Levez les sanctions !’ a demandé Lazo.

 

 

 

8. Politique à l’égard de Cuba

21 mai. Le directeur général des États-Unis de la Chancellerie cubaine, Carlos Fernández de Cossío, a assuré que l’hostilité envers l’île continue de croître sous le président Donald Trump.
Il a souligné que la Maison Blanche « a pris des mesures aussi excessives que d’essayer d’empêcher l’arrivée du carburant nécessaire à l’économie cubaine pour fonctionner » et « a accru l’action négative envers les pays tiers, l’administration actuelle s’engageant à une application extrême de la loi Helms-Burton ».

 

Il a déclaré que les persécutions contre la coopération de l’île en matière de santé avec d’autres nations se sont intensifiées, ce qu’il a qualifié d’« action invraisemblable », et qu’il s’agit d’imposer la matrice d’opinion selon laquelle le blocus/embargo contre l’île n’affecte pas le commerce avec les pays tiers.

Il a reconnu que les sanctions imposées par les États-Unis ont rendu difficile de garantir les intrants nécessaires pour faire face à la COVID-19 sur l’île, et a affirmé que la possibilité de demander une licence du Département du Trésor pour vendre des produits à Cuba en cette période de pandémie est « absurde » parce que le traitement d’une telle licence « peut durer des mois, voire un an ».

 

 

9. Biden et Cuba

2 septembre. Le candidat démocrate et ancien vice-président Joe Biden a insisté sur le fait que s’il gagnait les élections de novembre, il reprendrait les politiques établies par Barack Obama à l’égard de Cuba et s’efforcerait de rétablir les relations entre les deux pays.

’J’essaie d’inverser la politique de Donald Trump qui a fait du tort aux Cubains et à leurs familles’ a déclaré Biden dans une interview donnée à la chaîne de télévision NBC 6.

Le président nouvellement élu a déclaré que Donald Trump n’a rien fait pour promouvoir la démocratie et les droits de l’homme sur l’île.

 

 

10. Médecins

11 juin. Le secrétaire d’État Mike Pompeo a demandé des explications à l’OPS pour son rôle d’« intermédiaire » dans le transfert de médecins de Cuba au Brésil et l’a menacée pour avoir facilité ce qu’il a appelé les « travaux forcés » des médecins dans ce pays.
Carlos Fernández de Cossío, directeur général des États-Unis de la Chancellerie, a déclaré sur Twitter que Pompeo « recourt à la coercition, à l’intimidation et à l’extorsion » contre l’OPS « dans sa volonté d’agresser Cuba ». Le diplomate a également écrit que le secrétaire d’État « ne pourra pas ternir la large reconnaissance de l’effort solidaire de notre coopération médicale internationale ».

 

 

11. Drogues

18 mai. Les gardes-frontière du ministère de l’Intérieur (Minint) ont empêché l’arrivée aux États-Unis de 30 tonnes de drogues au cours de la dernière décennie.
En 2019, Cuba a saisi plus d’une tonne et demie de drogues dans les eaux territoriales de l’île et, depuis le début de l’année, elle en a détecté 300 kilogrammes, essentiellement de la marijuana.
Au début du mois d’avril, le gouvernement cubain a rejeté les déclarations d’un haut fonctionnaire du Pentagone des États-Unis, cité par Newsweek, sur une prétendue opération de trafic de drogue entre le Venezuela et l’île.

 

12. Nouvelles restrictions

22 septembre. Quarante jours après les élections présidentielles, l’administration Trump a fermé le cercle des restrictions imposées à Cuba, en interdisant aux Américains qui se rendent sur l’île de séjourner dans des hôtels appartenant au gouvernement et d’entrer des bouteilles de rhum et des caisses de tabac.

 

Jusqu’alors, les seules restrictions d’hébergement couvraient les installations sous administration militaire entrées en vigueur en novembre dernier, avec l’établissement d’une ’ liste noire ’. Cette nouvelle liste couvrira ce qui n’était pas indiqué dans la liste précédente (hôtels et restaurants appartenant au gouvernement) et comprendra des établissements gérés par des fonctionnaires du gouvernement, des membres du Parti communiste, des membres de leur famille. Le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) a annoncé dans une nouvelle résolution qu’il vient de créer une autre ’liste noire’, la Liste Cubaine d’Interdiction d’Hébergement (CPA) pour inscrire les noms et adresses des propriétés du gouvernement. Les deux listes relèvent de la responsabilité du Département d’État.

 

13. Davantage de sanctions


30 septembre. Le gouvernement des États-Unis a sanctionné le général cubain Luis Alberto Rodríguez López-Callejas, qui dirige le Grupo de Administración Empresarial SA (Gaesa), le groupe commercial des Forces armées révolutionnaires (FAR) avec des ramifications allant du secteur hôtelier aux magasins de détail de vente de produits en devises, entre autres.

 

Le secrétaire d’État, Mike Pompeo, a annoncé dans une déclaration l’inclusion de Rodriguez López-Callejas dans la liste des personnes ’spécialement désignées et bloquées’ du Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC, en anglais) du Département du Trésor. Pompeo a déclaré que ’Rodriguez López-Callejas est le chef du consortium militaire cubain Grupo de Administración Empresarial S.A.(GAESA)’, qui gère les bijoux économiques de Cuba (tourisme, communications, marché immobilier, commerce et pétrole, entre autres).

 

14. Terrorisme

2 décembre : Le gouvernement cubain a dénoncé des actes de terrorisme promus depuis les États-Unis contre Cuba, alors que l’île vivait des tensions internes à la suite des événements dans la capitale cubaine impliquant des opposants, des militants et des artistes, principalement des jeunes.
La télévision d’État a diffusé un reportage montrant des personnes qui ont reconnu avoir commis, en échange d’argent, des actes de sabotage sur ordre de résidents du territoire américain. Un résumé de celui-ci a été publié dans le journal Granma et partagé sur Twitter par le président cubain Miguel Diaz-Canel.

 

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