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Vendémiaire

Blog d'actualité politique

Du Climat social à l’appel bis des militaires, Vers un grand chambardement ?

Publié le 17 Mai 2021 par Vendémiaire in France-Politique - société

Du Climat social à l’appel bis des militaires, Vers un grand chambardement ?
par Jacques COTTA, le 16 mai 2021

Une semaine après le pre­mier appel de géné­raux et autres mili­tai­res publié par « Valeurs actuels », voici une seconde tri­bune rendue publi­que, ouverte à la signa­ture des sim­ples citoyens.Passons sur le cons­tat sou­vent juste que la gauche aurait dû faire sien depuis long­temps : quar­tiers délais­sés, montée de l’isla­misme, menace contre la répu­bli­que, insé­cu­rité, etc... Là, le pro­blème est ailleurs. Dans ce second appel, il est indi­qué : "Oui, si une guerre civile éclate, l’armée main­tien­dra l’ordre sur son propre sol, parce qu’on le lui deman­dera" . Cette phrase, noyée dans un gali­ma­tias mar­tial, mérite d’être repla­cée dans un contexte géné­ral, seule façon d’en appré­cier la portée. Car en l’état de déla­bre­ment du débat public, tout s’est concen­tré sur l’iden­tité des signa­tai­res, leur grade, leur fonc­tion, leur qua­lité d’active, leur situa­tion de retrai­tés. Evidemment nul ne s’est emparé du débat pour le mettre en rela­tion avec la situa­tion réelle du pays.

Alors que le monde poli­ti­que semble engagé dans ses peti­tes tam­bouilles habi­tuel­les illus­trées par l’affaire Muselier-Cluzel en PACA pour les élections régio­na­les — ten­ta­tive de réé­di­ter l’opé­ra­tion macro­nienne « tous avec moi contre l’extrême droite » — ou encore illus­trées par une ren­contre à Paris des prin­ci­paux res­pon­sa­bles de ce qui reste de la gauche, pour dési­gner un can­di­dat unique aux pro­chai­nes pré­si­den­tiel­les -voeux par­tagé par chacun pourvu qu’il soit ce can­di­dat- pen­dant ce temps donc, le gou­ver­ne­ment affi­che des inten­tions qui sem­blent passer ina­per­çues.

Il y a deux semai­nes les minis­tres Le Maire et Dussopt pré­sen­taient le pro­gramme de sta­bi­lité pour le pays, pour la période allant de 2022 à 2027, et dans la foulée pré­sen­taient à Bruxelles le plan de relance fran­çais dans le cadre du plan de relance euro­péen pour obte­nir 40 mil­liards d’euros.

A l’occa­sion, les mas­ques tom­bent sur la géné­ro­sité euro­péenne et macro­nienne.
Le Figaro du 26 avril indi­que que « Ce n’est évidemment pas un chèque en blanc (…) Les 40 mil­liards ne seront pas versés sans contre­par­ties » ,
avant de pré­ci­ser :
« Le gou­ver­ne­ment s’engage à mener des réfor­mes deman­dées depuis plu­sieurs années déjà par Bruxelles en vue de réduire le défi­cit et la dette publi­que » .
En écho, Bruno Le Maire insiste sur « la néces­sité de réfor­mer le sys­tème des retrai­tes » .

Le Parisien inter­roge Emmanuel Macron en per­sonne le 30 avril : «  vous allez donc réfor­mer jusqu’au bout ? ».
Jupiter répond : « Jusqu’au der­nier quart d’heure » .

Ainsi donc, selon les dires de ses mem­bres les plus éminents, le gou­ver­ne­ment compte uti­li­ser l’épidémie jusqu’à la der­nière seconde pour faire passer sa poli­ti­que, pour­sui­vre la liqui­da­tion de l’hôpi­tal public, de l’école, des ser­vi­ces publics, des retrai­tes, de l’assu­rance chô­mage et autres conquê­tes qui per­met­tent encore une vie com­mune.

Déjà aujourd’hui, le niveau de mobi­li­sa­tions, dont per­sonne ne parle, contre la poli­ti­que gou­ver­ne­men­tale annonce des len­de­mains tumul­tueux. Rien n’exclut une cen­tra­li­sa­tion des méconten­te­ments sur un seul objec­tif, en finir avec la poli­ti­que de Macron qui malgré sa fai­blesse n’a rien aban­donné de ses ambi­tions et de ses objec­tifs. Centralisation dans les élections, ou avant, dans la rue, dans la grève, selon les métho­des tra­di­tion­nel­les de la lutte des clas­ses.

C’est dans ce contexte que le second appel des mili­tai­res et la petite phrase que je sou­li­gne "Oui, si une guerre civile éclate, l’armée main­tien­dra l’ordre sur son propre sol, parce qu’on le lui deman­dera" prend toute son impor­tance. Qui deman­dera dans une situa­tion insur­rec­tion­nelle aux mili­tai­res de réta­blir l’ordre ? Et à qui ceux-ci obéi­ront-ils ? La guerre civile qui nous concerne se nomme révolte popu­laire, sociale, contre Macron ses mesu­res et son « en même temps »comme mode de gou­ver­ne­ment, contre l’exploi­ta­tion, telle que l’his­toire fran­çaise en a connu à plu­sieurs repri­ses. La com­mune de 1871, le front popu­laire de 1936, la grève géné­rale de 1968, les gilets jaunes....

Cela signi­fie, si les mots ont un sens, que si le pou­voir demande alors à l’armée d’inter­ve­nir contre le peuple sou­levé, elle le ferait. Mais cela est-il si clair, homo­gène, joué d’avance ? La détes­ta­tion du régime, et du pou­voir qui l’incarne, a tou­jours été une des moti­va­tions de mili­tai­res de la troupe qui dans des pério­des his­to­ri­ques don­nées ont décidé, contre les ordres, de « tour­ner crosse en l’air ».

Derrière cette ques­tion se trouve l’issue d’une situa­tion révo­lu­tion­naire qui semble loin­taine, et qui pour­tant obsède les cer­cles diri­geants.

Jacques Cotta
Le 15 mai 2021

 

La Sociale   https://la-sociale.online/spip.php?article639

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