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Vendémiaire

Blog d'actualité politique

La concentration des médias : une arme pour maintenir l'ordre capitaliste

Publié le 28 Janvier 2022 par Vendémiaire in France-Politique - société

La concentration des médias : une arme pour maintenir l'ordre capitaliste
24/01/2022 La presse aux mains des groupes capitalistes les plus puissants a une fonction idéologique : diffuser les idées du capital, être le porte- voix de la classe dominante – le capitalisme.

Elle est en même temps une marchandise qui doit rapporter des profits.
Comme toute les activités les entreprises d'information, les médias suivent donc les lois de développement du capitalisme : celle de la concentration du capital. Cette concentration des médias français continue de s’accélérer depuis de nombreuses années déjà mais c’est seulement maintenant que 250 professionnels de la presse, de la télévision et de la radio s’alarment : « l’hyper concentration des médias est un fléau médiatique, social et démocratique ». Aujourd’hui huit milliardaires, patrons de grands groupes industriels, commerciaux et de services se partagent l’essentiel de la presse et de l'audio-visuel français : Bernard Arnaud, Martin Bouygues, la famille Dassault, Xavier Niel, Patrick Drahi, Vincent Bolloré, Arnaud Lagardère et François Pinault sans omettre le magnat tchèque Daniel Kretinsky l’ambitieux débutant. Aucun nouveau texte ne régit cet ensemble tentaculaire depuis la loi de 1986, loi dite Léotard. Celle-ci visait officiellement à la régulation de la concentration dans le secteur de la communication. Si tant est que ce fût là son véritable objectif, on peut affirmer qu’elle ne l’a pas atteint quand on sait que l’OPA de Vivendi (de Bolloré) sur Le groupe Lagardère interviendra au début du printemps
La commission Concentration des médias, mis en place par le Sénat, auditionne actuellement les patrons de presse. Logiquement, Bolloré, à la tête de CNews, Canal+, C8, Europe1 bientôt, le JDD, Paris Match, Prisma (une trentaine de magazines), Editis (une cinquantaine de maisons d’édition), Universal music Group, Dailymotion, Gameloft (éditeur de jeux vidéo) etc. est reçu le premier. Il tente de minimiser le poids de son groupe dans le paysage médiatique ainsi que son pouvoir personnel « je n’ai pas le pouvoir de nommer qui que ce soit (…) mon projet est purement économique et non pas politique ou idéologique ». Le géant Vivendi est "un petit nain" face aux GAFA d’où son patriotisme économique dans la volonté de faire rayonner la culture française. Alors que d’aucuns l’accusent d’avoir contribué à la popularité de Zemmour, il a expliqué que son groupe était bel et bien pluraliste, lui-même chrétien-démocrate et, s’inspirant de Voltaire « je ne partage pas vos idées mais je me battrai pour que vous puissiez les exprimer ».
Quant à Bernard Arnaud, le milliardaire du luxe, il se dépeint en bienfaiteur de la presse. Même si ses deux journaux, Les Echos et le Parisien ne sont qu’une goutte d’eau au sein de l’empire LVMH, ils n’en demeurent pas moins de véritables outils d’influence. Mais comme Bolloré la veille, il affirme sa volonté de s’en tenir à distance, « l’objectif, c’est que ces entreprises réussissent à devenir rentables ». Quant à Radio Classique, Challenges, l’Opinion, Investir "des activités marginales qui sans lui, le mécène, n’auraient pas survécu".
Rien ne nous surprend dans les propos de ces deux capitalistes et leurs suivants diront la même chose. Bolloré affirme sans rire :« je n’ai pas envie de financer un journal qui devienne le support de l’extrême droite ou de l’extrême gauche ». Pour Bernard Arnaud : « il faut bien que l’actionnaire puisse réagir à un moment ou un autre. Si Les Echos devaient défendre demain l’économie marxiste, je serais quand même extrêmement gêné. Il faut quand même qu’il y ait des garde-fous »
Comme par exemple l'Autorité publique française de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM ex CSA) et l’AdlC (Autorité de la concurrence). Pour le dossier du rapprochement TF1-M6 qui donnerait à Bouygues 75% du marché publicitaire et une part de marché de 52% sur le carrefour d’audience du soir devant France Télévisions à 43 %, l’avis du CSA n’interviendra qu’en mars. Quant à celui de l’AdlC, il est retardé du fait que sa présidente Isabelle da Silva vient d’être éjectée au moment du renouvellement de son mandat, elle ne cachait pas qu’il s’agissait d’un projet juridiquement difficile à valider. En l’écartant en cette période électorale, le pouvoir se passe de l’aval de cette autorité.
Les médias sont bien une marchandise en ce qu’ils génèrent des profits faramineux mais avant tout, ils sont utilisés comme des outils dans la bataille idéologique pour justifier l'idée qu'il n'y a aucune autre possibilité autre que le système capitaliste. Ils orientent, ils manipulent l'information et jouent le rôle d'un anesthésiant puissant pour le peuple.
Les outils officiellement mis en place pour limiter la concentration des médias ne sont et ne seront-pour ceux qui émergeront encore-que des avatars du laisser-faire dont ont besoin les grands patrons pour endormir le peuple, l’empêcher de réfléchir pour l’empêcher d’agir contre l’ordre capitaliste. Ainsi, les luttes actuelles des travailleurs longues, déterminées et souvent victorieuses, pour les salaires, l’emploi et la protection sociale sont méthodiquement tués par les médias qui veulent forger l’opinion. Il est hors de question pour le capital de laisser subsister le moindre espoir de changement de société dans les têtes des salariés tant il redoute son réveil en force. Les médias sont le reflet de la société et naissent de l’état du rapport actuel des forces entre le capital et le travail. Pour développer la lutte contre le capitalisme jusqu’à l’abattre, pour construire la société socialiste que nous voulons, il nous appartient en tant que parti révolutionnaire et en tant que militants d’être toujours plus dans les luttes économiques et sociales, de mener et d’appeler à la lutte politique conte le capitalisme, de porter le débat politique partout et tout le temps. La presse ne sera au service du peuple, que quand la société sera au service du peuple. C’est en convainquant tout autour de nous, en organisant la lutte politique contre le capitalisme et en ouvrant sans relâche, une perspective de changement de société que nous gagnerons cette bataille. Nos armes sont nos idées, nos arguments, utilisons-les massivement au service de la lutte de classe, pour construire un autre monde !

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