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Vendémiaire

Blog d'actualité politique

Macron peut-il avoir une majorité absolue à l'Assemblée ?

Publié le 19 Mai 2022 par Vendémiaire in France-Politique - société

Macron peut-il avoir une majorité absolue à l'Assemblée ?

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Telle est la question qui travaille les forces politiques organisées de notre pays à 3 semaines des élections législatives des 10 et 19 juin, alors que les candidats-es sont maintenant connus pour l'essentiel.

Les rassemblements politiques après la présidentielle, se sont organisés tant chez Macron avec le Modem et Horizons (créé par Edouard Philippe), la coalition se nomme Renaissance, à gauche également malgré un programme de législature ayant de grandes difficultés à naître, PCF, PS, EELV et Insoumis ont réussi un partage des circonscriptions et une coalition électorale intitulée Nouvelle Union Populaire Sociale et Ecologique. Les choses se sont avérées plus difficiles entre le Rassemblement national de Marine Le Pen et Zemmour.

Selon le baromètre OpinionWay-Kéa Partners, la majorité présidentielle avec Renaissance caracole en tête dans les intentions de vote.

Elle devance la coalition de la gauche. Malgré un faible engouement des électeurs, Emmanuel Macron reste bien placé pour décrocher la majorité absolue. Il est vrai que depuis l'inversion du calendrier électoral, une fois la présidentielle ayant rendu son verdict, en général les électeurs ne se déjugent pas et ceux qui ont leur candidat battu ont tendance à s'abstenir. C'est ainsi que l'on a pu voir les présidents élus recueillir une majorité absolue aux législatives qui suivaient. Cela fut le cas déjà pour Macron en 2017.

En sera t-il de même en 2022 ? Il est vrai que cette fois la gauche et les écologistes sont unis pour cette élection, pourtant cette seconde étude d'Opinion Way - Kéa Partners confirme la 1ère en plaçant la majorité présidentielle en tête, éloignant d'autant plus le rêve de Jean Luc Mélenchon d'être 1er ministre.

A trois semaines du premier tour, la Nouvelle union populaire écologique et sociale est créditée de 24 % des suffrages en moyenne, sur l'ensemble du territoire, contre 27 % pour la bannière Ensemble !, qui rassemble les formations qui soutiennent Emmanuel Macron. Toutes deux progressent de 1 point en une semaine, quand le Rassemblement national recule d'autant, à 22 %.

 

 

La coalition électorale entre LFI, EE-LV, le PCF et le PS pourrait devenir la première opposition à l'Assemblée. Elle obtiendrait entre 140 à 170 députés sur 577, contre une soixantaine dans l'hémicycle sortant.

La coalition pâtit d'un problème de mobilisation. Certes elle a permis d'additionner les sigles au sommet, mais il se vérifie qu'en matière électorale si cela crée une dynamique réelle, cela ne crée par systématiquement une addition des choix de vote, d'autant que le plus souvent les réalités locales sont décisives pour gagner l'élection ! Or, celle-ci n'ont pas été prises en compte dans les 3 accords séparés imposés par Jean Luc Mélenchon.

Enfin, les insoumis forts de leur troisième place acquise à la présidentielle ont voulu après avoir distribué aux 3 autres partis un nombre donné de circonscriptions (50 pour le PCF, 70 pour le PS et 100 pour EELV) se sont attribués pour eux-seuls les 340 autres circonscriptions hors Corse et DOM-TOM, interdisant aux autre forces politiques de la coalition de présenter des candidats concurrents.

Des partis comme le PCF se verra ainsi privé de candidat dans plus de 40 départements, ce qui de fait sous-évalue la réalité de l'électorat communiste et pèse sur la mobilisation et la participation électorale.

Au final, la volonté hégémonique de Mélenchon risque de se retourner contre lui. Un boomerang terrible pouvant conduire la nouvelle coalition électorale de gauche à perdre la majorité de sièges à l'Assemblée à laquelle rêvent les partis de gauche et écologique.

On suppose que les Insoumis ont fortement spéculé sur un nombre important et probable de triangulaires voire de quadriculaires au second tour de la législative où leurs candidats pourraient être présents, bien qu'il faille obtenir 12.5% des inscrits au 1er tour pour se qualifier, éliminant de fait nombre de candidats.

Si dans ce cas de figure (triangulaire) les candidats LFI sont en tête, il est logique qu'ils élèvent la mobilisation pour gagner. La question sensible est que dans nombre de triangulaires, ils risques de se situer au mieux en seconde position mais surtout troisième derrière les candidats de Macron et de Le Pen.

Quelle sera la position de la coalition ? Se maintenir à tout prix, au risque de faire gagner l'extrême droite qui elle aussi spécule sur ces triangulaires pour être une forte force d'opposition à Macron ou faudra t-il se retirer pour faire barrage à l'extrême droite?

Question et débat difficiles d'autant que l'on sait par expérience que les candidats de Macron auront une position centrale dans les futurs seconds tours.

Tel sera le dilemme posé aux forces de gauches et écologiques, à leurs candidats et aux électeurs de gauche dont certains encore une fois, seront torturés entre le choix de laisser gagner le candidat de Macron et celui de prendre le risque de faire élire le candidat de Le Pen. Cela promet de sérieux débats au sein de la coalition en tout état de cause cela rend très incertaine la répartition des forces politiques à l'Assemblée en nombre de députés pour chacune.

Les divers gauche et les autres candidats écologistes que ceux de la coalition de gauche sont crédités de 3 % et 2 % des voix. Un électeur de Jadot sur deux penche vers la gauche et un sur cinq vers la majorité présidentielle. Et si la coalition de gauche peut séduire les jeunes, ils sont moins nombreux à voter que les plus de 65 ans. Or les seniors voteraient aujourd'hui à 42 % pour les candidats de Macron (contre 18 % pour la gauche).

 

 

La majorité présidentielle sera favorisée par la logique politique - qui veut que les électeurs donnent à celui qu'ils ont élu à l'Elysée les moyens de sa politique au plan législatif, c'est à dire l'adoption des lois.

Elle pourrait espérer entre 310 et 350 sièges, soit la majorité absolue (289). « Pour l'instant, il n'y a pas de fortes dynamiques pour la majorité présidentielle, qui obtiendrait moins de sièges qu'en 2017, mais le fait d'être opposé à deux forces radicales ne la met pas en danger », analyse Bruno Jeanbart. Pas moins de 62 % des Français souhaitent qu'Emmanuel Macron ne dispose pas d'une majorité. Mais seuls 30 % pensent qu'il ne l'aura pas. (voir graphique en bas) Tout cela dépendra des triangulaires et surtout des annonces du nouveau gouvernement d'ici les élections.

L'extrême droite de Marine Le Pen, n'obtiendrait que 15 à 35 élus. De quoi constituer un groupe parlementaire (15 députés) mais très loin de son objectif de disposer d'  « au moins 60 députés » pour pouvoir saisir le Conseil constitutionnel.

Quant à la droite, elle peine à exister, après le faible score obtenu par Valérie Precresse à la présidentielle . Avec 11 % des voix en moyenne, LR est crédité de 50 à 70 sièges et pourra toujours être une force d'appoint à Macron si celui-ci ne disposait pas d'une majorité absolue à l'issue des législatives.

La campagne va désormais s'intensifier avec, en toile de fond, la formation du nouveau gouvernement et ses premières annonces. "Pour l'instant, les élections législatives ne passionnent pas les foules. Seul un Français sur deux affirme s'y « intéresser » affirme le journal "Les Echos".

 

Sources "Les Echos"

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