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Mardi 13 octobre 2009 2 13 10 2009 13:20


Paris le 10 octobre 2009 - Colloque de l’Arc Républicain de Progrès.

La voie du CNR et du retour en Résistance : une démarche fondée sur la réalité concrète de notre temps.

Allocution de Claude Beaulieu, président du Comité Valmy

mardi 13 octobre 2009

 

La voie du CNR et du retour en Résistance : une démarche fondée sur la réalité concrète de notre temps.

La « construction européenne » existante et qui est imposée aux peuples, n’est en rien celle que souhaitaient en leur temps, quelques utopistes de bonne foi. Parmi ceux-ci, certains préconisaient comme Giscard aujourd’hui, des Etats-Unis d’Europe. Marx leur répondait en dénonçant déjà le fédéralisme européen en raison de son contenu de classe tandis que Lénine prévenait qu’en régime capitaliste, ces Etats- Unis d’Europe « sont ou bien impossibles, ou bien réactionnaires ».

L’intégration supranationale que nous combattons aujourd’hui, est en effet réactionnaire, c’est même une contre révolution permanente. Elle est destinée à construire contre les peuples et les Etats-nations, un super Etat fédéral et régionaliste, L’Europe fédérale des Länder.

Elle a été décidée et orchestrée, dès la fin de la deuxième guerre mondiale, en même temps que le Pacte Atlantique, par l’impérialisme américain et ses agents recrutés pendant la guerre ou installés après la Libération par la CIA. Ces deux démarches stratégiques ont toujours été liées. Elle le sont encore aujourd’hui, plus que jamais comme le souligne le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, imposé par le dictat de Nicolas Sarkosy.

Ainsi, il n’est pas inutile de rappeler que la création, le 4 avril 1949, de l’Alliance atlantique, coïncide chronologiquement avec la création du Conseil de l’Europe, le 5 mai 1949. En avril 1948 la création de l’OECE (Organisation européenne de coopération économique), qui avait pour but de répartir les fonds du Plan Marshall, fut historiquement un véritable cheval de Troie organisant le renforcement économique, politique, culturel et idéologique de l’hégémonie US sur notre continent ainsi que de la promotion de l’ « américan way of life ».

Dès l’origine les dirigeants américains ont exigé une Europe fédérale dans la perspective d’un gouvernement mondialisé sous la dictature des USA .

C’est ce que souligne une déclaration de James Paul Warburg, président de la Chase Manhattan Bank, devant le Sénat américain le 17 février 1953 :

"De gré ou de force, nous aurons un gouvernement mondial. Sera-ce par la conquête ou par consentement ? La supranationalité d’une élite intellectuelle et des banquiers internationaux est certainement préférable aux décisions nationales qui se pratiquent depuis un siècle". En juin 1991, David Rockefeller reprenait à son compte cette affirmation qu’il complétait en affirmant : "Le monde est préparé à marcher vers un gouvernement mondial".

Dans toutes ses étapes, la marche forcée vers l’Europe supranationale et fédérale s’inscrit dans cette volonté de l’impérialisme américain d’enraciner, de renforcer et de développer sa domination dans tous les domaines y compris et surtout idéologique et militaire, sur le monde.

Dès le traité de Rome, qui crée la Communauté économique européenne, l’objectif fondamental des fédéralistes, avoués ou non, est un processus de création d’un grand marché unique où la concurrence sera libre et non faussée. Plus d’un demi-siècle après, l’économie de marché est passé du libéralisme au capitalisme néo-libéral et toujours plus barbare, en éliminant par étapes toute régulation et le rôle des Etats-nations comme celui des peuples.

Cette dérégulation caractéristique de cette mondialisation néo-libérale conduite par l’impérialisme des Etats-Unis, est l’une des causes principale de la crise économique systémique et de longue durée que vit actuellement le capitalisme.

Soumise à la volonté et aux impératifs des grandes entreprises transnationales, à la Finance mondialisée, aux dictats de l’OMC, du FMI, de la Banque mondiale, cette « construction européenne », véritable contre-révolution supranationale, n’a dans les faits, jamais cessé d’être un outil de la mondialisation américaine.

François Mitterrand et le Parti socialiste au pouvoir portent l’essentiel de la responsabilité historique de l’élaboration et de la ratification du traité de Maastricht , véritable trahison nationale et républicaine qui, dès février 1992, prétend rendre cette situation irréversible et condamner à perpétuité le peuple de France à un capitalisme de plus en plus sordide.

Dans la continuation du processus de renoncement national et républicain, la « Constitution » européenne de Giscard va encore plus loin et prétend institutionnaliser l’Union Européenne. Heureusement rejetée par notre peuple en mai 2005 qui soulignait ainsi la progression de sa prise de conscience sur le caractère délétère de l’U.E.

Ce même texte quasiment non modifié, sous la dénomination de traité de Lisbonne a été imposé par une ratification par voie parlementaire et de façon illégitime, par Sarkosy l’américain, en violation de la décision du peuple souverain en février 2008.

Nous le savons tous, le clivage gauche-droite n’a évidemment pas disparu même si le social-libéralisme de la pseudo gauche des dirigeants socialiste brouille la donne politique.

Pas plus que la lutte des classes. Celle-ci pourtant a pris à nouveau tout comme pendant la Résistance patriotique et anti-nazie, un caractère national. Dans notre société, il y a toujours des conservateurs et des progressistes, des réactionnaires, des réformistes, et même des révolutionnaires.

Mais il y a surtout deux camps qui s’affrontent, de plus en plus durement , front contre front :

Le FRONTdes fédéralistes maastrichtiens autour de l’UMPS- MODEM- Europe Ecologie...

Ceux-ci, officiellement de droite ou se revendiquant de la « gauche », prétendent que la Nation est dépassée. Pour construire l’Europe fédérale des régions qu’ils entendent imposer de manière dogmatique, ils mettent en cause maintenant non seulement l’existence de la Nation, mais aussi celle de la République, de son unité et de ses principes. (Ils s’attaquent en particulier, à travers une démarche plus ou moins masquée selon les circonstances, à la laïcité ; ils favorisent le communautarisme et l’ethnicisme).

C’est le camp des collaborateurs du système supranational sous contrôle germano américain.

D’un point de vue de classe, leur politique, intrinsèquement néo-libérale et antisociale, est subordonnée à la mondialisation capitaliste et à l’atlantisme.

Celui-ci, belliciste par nature amène inévitablement l’Union Européenne à soutenir la politique permanente d’agression et de guerres « préventives » ou non, des dirigeants états-uniens et à s’insérer insidieusement dans leur vision géopolitique, laquelle conduit au « choc des civilisations ».

Ainsi, la France a-t-elle actuellement des troupes en Afghanistan, supplétives et sous le commandement de l’armée étasunienne.

Qu’ils en soient conscients ou non, tous les partisans de l’Union Européenne fédérale, même s’ils revendiquent une « Europe sociale » impossible dans ce contexte ou s’auto proclament « à gauche de la gauche » font partie d’un système qu’ils soutiennent implicitement.

Un deuxième FRONT se construit par étapes :

Celui des républicains patriotes et sociaux, qui sont aussi des anti-impérialistes conséquents et de véritables internationalistes. C’est le camp du peuple laborieux. C’est celui de la Nation, du peuple-nation et de la République, celui également, du rétablissement de la démocratie, il combat le pouvoir de l’oligarchie financière qui a vassalisé la France.

Ce front républicain et ses militants, construisent pas à pas, l’essor de la Résistance contemporaine. Ces nouveaux résistants, comme leurs prédécesseurs de la seconde guerre mondiale, se recrutent d’abord et essentiellement mais non exclusivement, dans les diverses sensibilités de l’arc républicain.

Ils considèrent contrairement à la bourgeoisie financière, à la social démocratie, aux trotskistes et autres professionnels politiciens engagés dans la lutte des places, que, pour longtemps encore, non seulement l’Etat-Nation n’est pas historiquement dépassé, mais qu’il constitue en réalité aujourd’hui, le seul cadre réel permettant de pérenniser la forme républicaine de l’Etat, l’expression de la citoyenneté, de faire vivre la démocratie et le progrès social.

Dans les circonstances politiques actuelles, l’union du peuple de France, son rassemblement autour de la République, de la nation, du rejet de la vassalisation de notre pays et de son aliénation dans l’Union Européenne, est la voie la plus directe pour reconquérir la souveraineté populaire et l’indépendance nationale, sans lesquelles toute politique de progrès économique et social est manifestement illusoire et privée de possibilité concrète.

Rejetant le carcan néo-libéral, atlantiste, totalitaire et impérialiste de cette Europe fédérale qui n’et pas réformable, les insoumis fidèles à la France républicaine et sociale, restent objectivement, les seuls à être libres, hors du carcan euro-mondialiste, d’élaborer une politique démocratique alternative, de progrès et de paix, conforme à l’intérêt national de la France, en même temps, qu’à celui des autres peuples d’Europe et du monde.

Avec les autres peuples d’Europe et du monde entier en effet, notre pays, ayant choisi la Liberté, pourra construire de multiples coopérations mutuellement avantageuses et rejetant toute hégémonie. De plus, face à la menace permanente d’agressions et de guerres des dirigeants états-uniens et de l’Otan, l’Etat- nation républicain, redeviendra un rempart puissant pour le peuple de France et pour la paix mondiale.

Que pouvons nous faire dans la situation cruciale actuelle ?

Notre démarche et nos principes ne sauraient nous permettre une alliance avec la droite nationaliste qui souvent est hostile à la République, à la souveraineté populaire et à la démocratie tout en ignorant la question sociale.

Il serait absurde pour l’ARP, de contribuer à la promotion au nom d’un rassemblement à « gauche » ou du mirage d’une Europe sociale mythique, l’union populaire autour des dirigeants qui se réclament du "non de gauche" au traité de Lisbonne, mais qui ne peuvent cacher en même temps, comme Fabius, Mélenchon ou Emmanuelli, qu’ils restent obstinément ancrés dans le carcan de leur postulat fédéraliste et antinational ?

Ce dogme supranational a déjà coûté extrêmement cher au peuple de France comme aux autres peuples européens. Il nous a mené au chaos actuel. Si par hypothèse elle parvenait au pouvoir, cette « gauche » apatride, rejointe dans un front de gauche, par ceux des dirigeants du PCF qui en contrôlent encore pour l’essentiel l’appareil, serait conduite à continuer inévitablement l’application du programme commun néolibéral, anti-social et atlantiste, qu’ils ont avec la droite : le traité de Maastricht et sa suite.

Les dirigeants du oui social démocrate, préconisent de leur côté le rassemblement des partisans du oui et du non de gauche au TCE, dans la même perspective du mirage hypnotique d’une Europe fédérale et, néanmoins sociale, porteuse de lendemains qui chantent. Ils projettent, dans leurs démarches électoralistes à géométrie variable, de s’entendre avec leurs faux frères ennemis du Front dit de gauche mais aussi avec leurs proches parents du MODEM.

Une telle persévérance dans l’erreur, la manipulation et le mensonge conscient accroît encore la responsabilité historique, déjà considérable et essentielle, que les dirigeants socialistes portent depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, sur la genèse de la situation actuelle. Selon nous, il n’y a rien à attendre de bon de la social démocratie., néolibérale et atlantiste, elle est de plus en plus discréditée aux yeux du peuple de notre pays auquel elle aura fait tant de mal au nom de la gauche, tout en se drapant mensongèrement dans de grands principes.

De son coté, la nébuleuse dite alter mondialiste n’ouvre aucune perspective. Différents courants y rivalisent dans la surenchère nihiliste, des antirépublicains, des communautaristes, des anarcho-syndicalistes hostiles à toute intervention de l’Etat, des trotskistes apprentis talibans du refus de la nation, qui dans leur autisme politique ne peuvent même pas concevoir ou s’apercevoir, qu’aujourd’hui en France, la nation que le capitalisme financier entend bien détruire, tend à se confondre avec le peuple laborieux.

De plus en plus nombreuses, des forces républicaines de gauche , ou issues des diverses sensibilités de l’Arc républicain ont pris conscience qu’il serait mortifère de laisser se perpétuer l’alternance au pouvoir de la droite réelle et de la fausse gauche, solidairement fédéralistes, pour y mettre en pratique la même feuille de route néo-libérale, de régression sociale, atlantiste et maintenant occidentaliste, engageant la France dans une démarche belliciste d’union atlantique, qui prépare sans le dire clairement, la fusion de l’Union Européenne et des USA .

Afin de contribuer à créer une alternative crédible et réaliste, permettant de sortir du chaos que génère le capitalisme financier en faillite qui, tel un cancer, ronge notre pays et le monde entier, l’ Arc Républicain de Progrès estime nécessaire de constituer en France, un front républicain, patriotique et de progrès social.

Ce rassemblement populaire, l’Union du Peuple de France, que nous souhaitons, devra se battre jusqu’à la victoire pour la reconquête de l’indépendance nationale, de la souveraineté populaire et de la démocratie.

Il permettra la refondation de la République et s’inscrira naturellement dans une démarche de solidarité internationale en gestation, de front uni anti-impérialiste, anti-mondialisation, pour la paix et la liberté des peuples du monde. Pour nous, patriotisme et internationalisme sont les deux éléments d’une même démarche.

Cette nécessité primordiale d’unir le peuple de France autour de la survie de la Nation, du rétablissement de la souveraineté populaire et de la réaffirmation de la République Une et indivisible, laïque et sociale, est devenue centrale.

De la capacité de notre peuple à s’emparer de cet objectif dépend l’indispensable reprise en main de son droit inaliénable à disposer de lui-même et à maîtriser son destin, de reconquérir la possibilité de bâtir un avenir de Liberté et de progrès.

La démarche de l’ ARP et celle du Comité Valmy, s’inspirent du rassemblement et de l’esprit de la Résistance patriotique, républicaine, antifasciste et anti-impérialiste de la seconde guerre mondiale en même temps que des principes du programme du Conseil National de la Résistance qui demeurent d’une grande modernité.

Cette démarche fondée sur une réalité concrète est selon nous, pertinente. Elle seule peut donner un horizon perceptible au vaste mouvement social en gestation.

Entrer en résistance est à l’ordre du jour.

Claude Beaulieu. Paris le 10 octobre 2010 - intervention au colloque de l’ARP.

 

publié par le Comité Valmy

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article392

Par Claude Beaulieu - Publié dans : Articles politiques
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Mardi 13 octobre 2009 2 13 10 2009 13:09

Riposte Laïque Numero 105

L’EDITO DE CYRANO

Des rues barrées pendant 2 heures pour cause de prières musulmanes : c’est en plein Paris, tous les vendredis !

lundi 12 octobre 2009

Riposte Laïque a d’excellents informateurs, c’est grâce à eux que nous avions soulevé, à Vigneux, l’existence d’un tournoi de basket féminin inter-mosquées, organisé dans un gymnase municipal dont l’entrée serait interdite aux hommes (1). L’affaire avait fait grand bruit, Le Parisien l’avait reprise en page une, le surlendemain, et le scandale fut tel que Bernard Laporte dut se déplacer en personne pour rappeler quelques principes de notre République.

L’événement que nous allons porter à votre connaissance n’est pas ce genre de scoop. Les faits sont connus depuis plusieurs années, puisque les habitants du quartier de la rue Myrha (voir carte) subissent, de manière grandissante, l’invasion de leur espace public par des musulmans qui imposent leurs prières à l’ensemble de la population. Mais, à notre connaissance, aucune équipe de télévision n’a encore osé montrer aux citoyens de notre pays une réalité permise par la trahison laïque du maire de Paris, Bertrand Delanoë, et des différents ministres de l’Intérieur qui se sont succédé au gouvernement depuis plusieurs années.

Les zones islamisées de Barbès : en rouge, les rues qui sont barrées, et interdites à la circulation et aux piétons par les prieurs musulmans ; en vert, les rues dont les trottoirs sont confisqués par les musulmans pour y prier, forçant les piétons à marcher sur la chaussée.

Imaginez l’impact qu’auraient, dans un journal de 20 heures, ces images.

Des islamistes se permettant d’utiliser des barrières pour fermer des rues parisiennes, s’appropriant ainsi chaussée et trottoir, pendant 2 heures ! Des habitants du quartier (lire le témoignage de Pascal Lespinasse) assistant, impuissants, à ce véritable viol de l’espace public. Des hommes et des femmes ne pouvant pas rentrer chez eux, ou sortir de leur appartement, pour ne pas troubler ce moment "sacré" ! Cela se passe en 2009 dans le Paris de Bertrand Delanoë, et dans la France de Nicolas Sarkozy.

Voir cette vidéo de quelques minutes, qui montre la mise en place de la prière :

http://www.youtube.com/watch ?v=HYTuwqz9v6A

Quoi d’étonnant ? Le maire de Paris a d’abord donné le nom d’une place publique à Jean-Paul II. Il a ensuite financé des soirées pour célébrer le ramadan, et vient de déplacer un conseil municipal pour cause de Yom Kippour.

Nicolas Sarkozy a multiplié, depuis son élection, les gages en direction des Eglises. Il vient, devant l’assemblée des évêques européens, de redire à peu près la même chose qu’à Latran ! (2) Quant à Fillon, il vient d’aller baiser l’anneau du pape, avec femme (portant la mantille) et enfants, tout en réaffirmant le concept de laïcité positive et ouverte d’un Président de la République qui a osé renvoyer dos-à-dos antisémitisme et islamophobie.

Il faut savoir, d’autre part, que le député-maire de la circonscription, Daniel Vaillant, fut le ministre de l’Intérieur de Lionel Jospin. Il est surtout ce maire pathétique, qui, au lieu de s’indigner de cette véritable agression contre les citoyens, pleurniche sur les malheureux musulmans "contraints" de prier sur les trottoirs de la capitale, parce que la France est coupable de ne pas leur construire des mosquées (3) ! Comme caricature du discours repentant de la gauche, et comme encouragement aux musulmans à violer les principes laïques, on fait difficilement mieux !

Bertrand Delanoë, qui ignore sans doute qu’un musulman peut prier en famille, dans son appartement, a pourtant promis aux disciples de "la religion d’amour, de tolérance et de paix" de leur construire une nouvelle mosquée, non loin de ces deux rues. Avec l’alibi du culturel, elle sera financée à hauteur de 28 millions d’euros payés par les contribuables (3). Mais lorsqu’on peut avoir le beurre et l’argent du beurre, pourquoi les islamistes se gêneraient-ils, et feraient-ils cesser les prières en pleine rue, alors que personne ne l’exige, ni au gouvernement, ni à la mairie de Paris ?

Le coup des prières musulmanes pour imposer un rapport de forces aux autorités de ce pays, et montrer la visibilité de l’islam n’est pas une première. A Paris, les manifestants islamistes avaient imposé leurs prières, lors des manifestations contre les bombardements de Gaza, en janvier 2009, sans que cela n’émeuve outre-mesure les Besancenot, Mélenchon et tous ceux que cette proximité ne dérangeait pas.

A Torcy, à Strasbourg et à Montpellier, d’autres coups de force de ce genre avaient eu lieu, pour faire pression sur les autorités (4). Naturellement, Boubakeur, le recteur liberticide de la Mosquée de Paris, n’a rien dit. Évidemment, Moussaoui et le Conseil Français du Culte Musulman ne condamnent absolument pas. A notre connaissance, aucune plainte n’a été déposée contre les prieurs et les meneurs, aucune poursuite judiciaire n’a été diligentée (5).

A Rome, le même type d’opération fut récemment mené (6).

A une époque où la mission parlementaire présidée par André Gérin s’interroge sur le voile intégral, et surtout sur ses dessous, nous conseillons amicalement aux membres de cette mission de prendre, un vendredi, quelques heures pour aller observer la réalité de la France de 2009, en plein Paris. Nous trouverions bien qu’ils auditionnent les habitants du quartier Myrha, en préservant leur anonymat, car ils ont peur des représailles. Cela vaudrait tous les discours du monde, et montrerait surtout l’imposture de tous ceux qui, en niant ou en minimisant la gravité de la situation, pratiquent le déni de réalité.

Ces images montrent, crûment, la réalité du rêve islamiste : conquérir l’espace public par le voile, les niqabs, les mosquées, et les prières. Nos élus ne peuvent pas ne pas le savoir. Est-ce l’image de cette France soumise à la dictature religieuse de l’islam qu’ils sont prêts à accepter, par lâcheté ou par calcul politicien ?

Nous ne voulons pas que nos enfants et petits-enfants subissent cela. Nous ne voulons pas qu’on enterre notre modèle laïque et républicain, en capitulant devant l’islam, fer de lance de la conquête religieuse de notre pays. Il est minuit moins cinq, nous sommes à la croisée des chemins. Nous espérons que les travaux de la mission Gérin seront l’électrochoc permettant de réveiller les consciences, et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour y contribuer.

Si vous pensez que nous exagérons, allez faire un tour, ce vendredi, rue Myrha...


(1) http://comite1905.over-blog.com/article-20642613.html

(2) http://www.libre-penseur-adlpf.com/article-communique-de-l-observatoire-international-de-la-laicite-contre-les-derives-communautaires-37233586.html

http://www.lefigaro.fr/politique/2009/10/12/01002-20091012ARTFIG00297-la-lecon-romaine-de-francois-fillon-.php

(3) http://www.ripostelaique.com/Vaillant-et-Delanoe-augmentent-les.html

(4) http://www.ripostelaique.com/Apres-Torcy-Strasbourg-Les.html

(5) http://www.ripostelaique.com/Y-aura-t-il-impunite-pour-les.html

(6) http://www.ripostelaique.com/Les-prieres-publiques-musulmanes.html

SIGNER LA PETITION CONTRE LE VOILE ET LA BURQA

http://www.ripostelaique.com/Halte-a-la-burqa-et-au-voile.html

 

 

Article paru dans l’excellente revue en ligne Riposte Laïque

http://www.ripostelaique.com/

 

Par Riposte Laïque - Publié dans : Société - laïcité et religion
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Mardi 13 octobre 2009 2 13 10 2009 13:02

MISSION PARLEMENTAIRE SUR LE VOILE INTEGRAL

Non à la burqa dans l’espace public, en France comme au Québec

lundi 12 octobre 2009, par Léon Ouaknine

 

Lorsque deux personnes se rencontrent, elles procèdent dans un même mouvement à deux opérations inhérentes à toute vie sociale : chacune s’identifie et simultanément essaie de décoder les intentions de l’autre à son égard. Elles s’identifient essentiellement par le visage, lequel est par définition l’affirmation probante de qui on est - nos photos sur les cartes d’identité ne nous montrent pas de dos ou de profil mais de face.

Elles décodent les dispositions de leur vis-à-vis, non comme le chien par son odorat ou le frétillement d’une queue, mais en lisant littéralement le visage qui leur fait face, parce que chez l’homo sapiens, la vue est l’organe prédominant par excellence - ce sens lui apportant 80% de toutes les informations qu’il utilise. Toutes ou presque toutes les émotions fondamentales de l’homme s’expriment sur son visage : amour, amitié, joie, plaisir, respect, tristesse, mais aussi agressivité, énervement, rage, colère, peur, calcul.

Le visage est un livre ouvert, il reflète plus ou moins fortement l’état mental du sujet, et hors les autistes, tous les êtres humains savent instinctivement et la plupart du temps très correctement lire ce qui est basique sur les visages. Ce processus est automatique, hors du contrôle de la volonté. Il advient en un clin d’œil, travail inconscient mais très efficace. Cette faculté innée s’appuie sur une structure physiologique particulière. Le Dr David Zald , professeur de psychologie à l’université Vanderbilt du Tennessee, a mis en évidence que le complexe amygdalien, une petite partie du cerveau, traite les images de visages menaçants ou marqués par la peur beaucoup plus vite que toute autre émotion, preuve selon le Dr Zald que face à une menace potentielle, l’impératif de survie immédiate prime sur tous les autres. Bien entendu, il arrive à chacun de parfois mal décoder les intentions de l’autre, soit par manque de vigilance, soit parce qu’on a affaire à des gens qui présentent délibérément un visage lisse et indéchiffrable, mais on se méfie habituellement de ceux qui camouflent leurs états intérieurs et on agit avec plus de prudence avec eux.

La biologie impose à tout homme le besoin de déchiffrer sur le champ l’état mental de tout interlocuteur surgissant dans son espace d’interaction, la culture prend ensuite le relais pour codifier les réactions en retour. Même vis-à-vis de l’être aimé, chacun sait qu’il faut ajuster ses dires et ses comportements selon l’humeur du moment. Or on n’a encore rien inventé de mieux pour savoir presque instantanément comment se comporter dans le rapport avec l’autre, que de scruter le visage de celui-ci. La biologie et la culture expliquent ainsi pourquoi aucun vivre-ensemble n’est pensable dans une société masquée. Et pourtant, aujourd’hui, notre société est confrontée à une infraction potentielle à cette obligation sociale d’avancer à visage découvert dans le cadre du vivre-ensemble, celle que font peser les pratiquantes volontaires ou forcées de la burqa. Examinez la burqa et que vous dit le visage caché ? Il ne veut être ni identifié ni être lu, le contraire des impératifs biologique et culturel élémentaires du vivre-ensemble.

L’emburquinée ne veut pas d’interaction sociale dans l’espace public, toutefois elle exige de profiter des services sociétaux. Si elle hèle un taxi, elle considérera comme une atteinte à ses droits que celui-ci refuse de la prendre au motif qu’elle est masquée et qu’il lui est donc impossible de l’identifier et de lire son visage. Même situation avec le chauffeur d’autobus, même inconfort des autres voyageurs dans une rame de métro, même désagrément du marchand. Un problème se pose ! Si l’emburquinée refuse les conditions sin qua non de toute interaction sociale dans l’espace public, pourquoi ses vis-à-vis fournissant des services publics ou marchands dans cet espace commun sont-ils légalement obligés de transiger avec elle ? Au nom de quel principe peut-on leur imposer cette obligation alors qu’une des conditions de toute transaction humaine manque à l’échange ? C’est ce déséquilibre dans l’échange social qui explique pourquoi la grande majorité de la population se sent mal à l’aise à la vue de ces fantômes noirs, c’est ce refus de la plus élémentaire des transactions humaines qui explique pourquoi l’emburquinement est inacceptable dans des sociétés basées sur le respect mutuel.

Le refus de la burqa dans l’espace public est-il un signe d’intolérance comme l’affirment deux personnages bien connus, le philosophe Charles Taylor, ex président de la commission Bouchard/Taylor sur les accommodements raisonnables, et l’avocat spécialiste des droits de l’homme Julius Grey. Dans le quotidien La Presse du 9 octobre 2009, le premier déclare, « On commence avec la burqa et on finit avec quoi ? » le deuxième « Moi-même, je peux sortir habillé en Rigoletto ou porter un chapeau haut de forme ».

Face à ces affirmations, comment réagiraient messieurs Taylor et Grey si des naga sâdhus, indous très pieux qui vivent intégralement nus et qui par leur dévotion remplissent un rôle religieux très important aux yeux des adeptes de l’indouisme, décidaient d’exercer leurs droits religieux à Montréal ? Pour les naga sâdhus, il ne s’agit pas comme pour la burqa d’une coutume nulle part sanctionnée dans le Coran, mais d’un acte religieux essentiel et reconnu. Pourquoi ne pourraient-ils pas vivre nus sur la place publique, si à l’autre bout de l’éventail on tolère au nom du respect des croyances religieuses de chacun, le noir enfermement de la burqa sur cette même place publique ? La loi et les règlements n’interdisent pas aujourd’hui la burqa dans l’espace commun, mais ils interdisent la nudité intégrale partout, sauf en privé ou dans les camps de nudistes. Sur quel article de la charte des droits et libertés s’appuierait-on pour autoriser la pratique de la burqa et interdire la pratique des naga sâdhus ? J’aimerais bien avoir du philosophe politologue Taylor et du juriste Grey une réponse franche et directe à cette question ? On dira bien sûr que cette situation est hypothétique et improbable vu le type de climat du Québec. C’est vrai, mais ce qui importe ici, c’est de réaliser que la volonté d’accommoder les diverses coutumes et multiples impératifs religieux dans l’espace public génère des tensions et des contradictions et finit par entrainer la société sur une pente dangereuse.

Certains avancent l’argument d’un biais culturel pour ne pas dire raciste de la part des détracteurs de la burqa, puisque ceux-ci ne s’objectent pas aux habits ostentatoires des religieux chrétiens ainsi que des juifs hassidiques. Je répondrais qu’il y a dans ces deux exemples, une différence absolument fondamentale d’avec la burqa. Les nonnes et curés et même les hassid - qui découragent pourtant l’interaction des leurs avec les autres - se promènent à visage découvert et par là, ils respectent les deux impératifs biologique et culturel de toute société : s’identifier et laisser lire leurs visages.

D’autres diront qu’il est faux d’affirmer que ces deux impératifs soient une nécessité fondamentale de toute collectivité, puisque il y a des sociétés où l’emburquinement des femmes est général et que pourtant ces sociétés existent depuis des siècles. C’est vrai et faux. Ces sociétés perdurent mais au prix de l’exclusion de la moitié du genre humain. Imaginons un instant une société idéalement égalitaire face à la burqa, où tous, hommes et femmes, auraient l’obligation de la porter ; combien de temps cette société pourra-t-elle perdurer ? Poser la question, c’est y répondre ! Non, le refus de la burqa ne relève ni d’un biais culturel, ni d’un biais antireligieux. Invoquer l’un ou l’autre traduit, soit une indigence de la pensée, soit une manipulation délibérée, soit et c’est le pire, la confusion entre racisme et défense de la laïcité chez ces chantres de la bienpensance.

Le débat sur la burqa est un des épisodes de la poussée obscurantiste qui vise avec acharnement à grignoter petit à petit le caractère laïc de nos sociétés. Ce n’est pas en permettant que des femmes se retranchent volontairement ou sous contrainte des conditions élémentaires de la vie sociétale, qu’on promouvoit l’intégration au sein du vivre-ensemble québécois. D’aucuns diront qu’accepter la burqa dans l’espace public n’est qu’une petite entorse au principe d’équité dans l’échange social et que vu le nombre de burqa, il n’y a pas de quoi s’alarmer. Je ne suis pas d’accord, accepter cette injustice faite aux femmes, c’est ouvrir la porte à des demandes similaires dans le monde de la santé, dans celui de l’éducation et finalement dans la totalité de l’espace public. Ces choses là me font penser à l’expérience bien connue de la grenouille qu’on met dans une casserole pleine d’eau froide et qu’on fait chauffer doucement. La grenouille, bien à l’aise au départ finit par mourir ébouillantée, parce que le changement de température est si insidieux que ses réflexes ont été engourdis au point qu’il finit par être trop tard pour elle de réagir. La bienpensance, c’est pareil, elle finit par provoquer la sidération et la castration des esprits pour reprendre les termes de Alain Finkielkraut.

Où nous mènent de tels acquiescements et de telles démissions, sinon vers une société dont l’espace public aura été irrémédiablement clivé. Aujourd’hui : burqa, droit d’être desservi par quelqu’un dont le sexe est conforme aux obligations religieuses du demandeur, refus d’appliquer une partie des programmes requis par le ministère de l’éducation dans certaines écoles privées religieuses ultra-orthodoxes, pourtant subventionnées par l’État. Demain : tribunaux islamiques de la famille et tronçonnage de l’éducation dans l’école publique lorsque des élèves refuseront des cours contraires à leurs croyances. Toutes ces demandes ne sont pas imaginaires, elles sont sur la table et n’attendent que l’opportunité d’être actées. Si, comme la grenouille, on se laisse engourdir, on en arrivera à une libanisation de l’espace public. Cela, je le refuse ! Le vivre-ensemble dont je me réclame est laïc, il respecte intégralement le droit à la pratique privée de sa religion, mais refuse absolument les intrusions du religieux dans l’espace commun.

Léon Ouaknine

L’auteur est membre du Conseil Interculturel de la Ville de Montréal. Il s’exprime ici à titre personnel.


Article paru dans l’excellent journal en ligne, Riposte Laïque

http://www.ripostelaique.com/Non-a-la-burqa-dans-l-espace.html

Par Riposte Laïque - Publié dans : Société - laïcité et religion
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Vendredi 9 octobre 2009 5 09 10 2009 19:45

Le ramadhan est l’occasion d’un regain du terrorisme islamiste mais aussi d’une recrudescence de l’intolérance officielle, l’un alimentant l’autre. La complicité entre l’islamisme attaché à la rente et le despotisme néolibéral est soulignée et rappelle leur volonté commune de soumettre la société et détourner les richesses du pays. Ces dernières années, l’Etat algérien avait poursuivi en justice, à Tiaret,  une femme pour « pratique sans autorisation d’un culte non musulman », contraint à quitter le pays des responsables d’églises accusés de représenter «une menace pour la sécurité de la nation» condamné à la prison, à Guelma, des militaires pour « manque de respect à l’Islam » et à Béjaïa, Biskra et Alger des jeunes qui ne pratiquaient pas le ramadhan. La police vient encore de mettre en garde à vue, pendant une nuit, une émigrée et son cousin parce qu’ils n’accomplissaient pas le jeûne, ce qui reste pour le pouvoir un « dénigrement des préceptes de l’islam ». Il ne s’agit pas d’une simple dérive policière mais de celle d’un système qui assimile les harragas à des terroristes, criminalise toute contestation sociale, et oblige les algériens aspirant à la justice et à la liberté à vivre comme des clandestins dans leur pays. Quand il n’exploite pas carrément les sentiments religieux du peuple algérien, y compris pour l’appeler, depuis les mosquées,  à aller voter à l’occasion de scrutins largement boycottés et au lieu de participer à pacifier l’espace public, le pouvoir exacerbe l’intolérance religieuse. Du désordre dans la gestion des cultes nous passons à une vision autoritaire qui marque la pratique du pouvoir actuel dans tous les domaines de la vie.

Les autorités en charge des questions religieuses voudraient faire croire que l’Islam interdit la pratique des autres cultes et que la religion serait menacée par les non musulmans ou par les non pratiquants, au lieu de reconnaître qu’au contraire, la menace réside dans cette véritable inquisition, dangereuse aussi bien pour les non musulmans que pour l’Islam et les musulmans. C’est ainsi qu’on a vu, à Berrianne, s’opposer Malékites et Ibadites et observé une levée de boucliers contre le livre de Bentounes qui est pourtant le dirigeant religieux de la confrérie Alawiya. L’expression la plus exacerbées de ce risque reste le terrorisme islamiste. Et pendant qu’on emprisonne ceux qui mangent un casse-croûte, on libère les égorgeurs islamistes et les prédateurs du système qui ont détourné des milliards comme le révèle quotidiennement la presse. Dans cette logique, le pouvoir charge Farouk Ksentini de relancer le débat sur l’amnistie générale, dont pourraient bénéficier, en premier lieu, ceux qui ont causé autant de tort à la religion qu’à une pratique démocratique de la politique en prétendant instaurer un Etat théocratique, y compris par les armes. Pour le chargé des droits de l’homme auprès du pouvoir, la justice et la vérité ne doivent pas être conciliées avec les impératifs politiques mais s’effacer devant eux. Au risque d’envoyer un signal d’encouragement aux milieux islamo-conservateurs à chaque fois que l’on bafoue les droits et libertés. Déjà Nahda se prépare à attaquer en justice le Ministère de la Culture qui, durant le festival panafricain, a proposé des spectacles que ce parti qualifie d’indécents.

Que ce soit pour donner des gages à l’islamisme ou pour tirer à lui la couverture religieuse, l’intolérance du pouvoir remet en cause un droit garanti par la Constitution et par la Déclaration universelle des droits de l’homme. Mais que pouvait-on attendre d’un pouvoir qui proclame qu’il respecte les libertés syndicales et se prépare à une tripartite sans les syndicats autonomes ? Qui agite le pluralisme de la presse sans renoncer à pénaliser la diffamation ? Que peut-on espérer d’un pouvoir qui prétend défendre l’égalité entre les hommes et les femmes et qui impose encore un tuteur aux futures épouses ? Qui proclame Tamazight langue nationale mais pas officielle ? Que croire d’un pouvoir qui prétend renouer avec la rationalité économique et qui au lieu d’aller vers le week-end universel tergiverse en optant pour le week-end du vendredi/samedi. Le pouvoir de Bouteflika contrarie toute avancée fondamentale. Il veut réduire la liberté religieuse qui a une dimension privée et publique à la seule liberté de conscience. Il procède à coups d’ordonnances qui en limitent le sens et la portée et institue, de fait, une sorte de police de la pensée. Le pouvoir est conscient que la liberté religieuse et la séparation du politique et du religieux, sont fondatrices de toutes les autres libertés et permettent la réforme moderne de la pensée religieuse.

Dans la pratique, Bouteflika montre qu’il est dans le même projet que le soudanais Omar El Béchir dont la justice vient de condamner Loubna Ahmed El Hussein à une amende, à défaut d’avoir pu lui imposer quarante coups de fouets parce qu’elle a osé porter un pantalon. La question de la liberté de conscience se pose dans tout le monde arabe et musulman. Les régimes despotiques craignent la mobilisation et la solidarité internationale. Au Soudan comme en Algérie, la défense des libertés exige de faire reculer toute idée de poursuites auxquelles on échapperait seulement grâce à une intervention ou par l’exercice bienveillant de l’arbitraire du pouvoir. Mobilisons-nous et solidarisons-nous avec celles et ceux qui sont victimes de la répression au nom de la religion aussi bien en Algérie qu’au Soudan. Là bas, la courageuse Loubna se bat pour l’abrogation de l’article 152 du code pénal, ici il ne pourra y avoir d’impartialité du pouvoir, de respect des convictions et de consécration des libertés religieuses sans abrogation de l’article 2 de la Constitution et sans évolution du droit positif algérien. Pour qu’une telle rupture, en faveur d’une Algérie démocratique et de progrès, puisse consacrer la victoire de la société face à l’islamisme assassin et sa résistance au despotisme l’union la plus large reste incontournable.

Alger, le 14 septembre 2009

 Le comité pour l’égalité et les libertés démocratiques

Par MDS - Publié dans : Société - laïcité et religion
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Vendredi 9 octobre 2009 5 09 10 2009 19:36

Célébrons le 5 octobre 1988, rappelons l’exigence de rupture

Dans une situation internationale marquée par les tensions autour du nucléaire iranien et une grave crise économique malgré laquelle les dirigeants du G20 n’ont  pas réussi à s’entendre sur toutes les mesures devant permettre de réduire les risques liés à la financiarisation de l’économie mondiale, le pouvoir algérien se sent conforté dans son refus de renoncer à son orientation despotique néolibérale.  Après avoir reconnu que la situation s’est aggravée et que la crise mondiale a fini par nous atteindre, Bouteflika persiste à s’octroyer des satisfecit, et les auditions de ministres ont  juste été l’occasion de se déresponsabiliser au détriment d’un gouvernement qui n’irait pas suffisamment vite. L’autoritarisme de Bouteflika, loin de permettre le redressement de l’Etat en accélère la déliquescence. Le conflit qui règne dans la police illustre cette évolution. Les scandales qui frappent différentes personnalités du système donnent la mesure de la corruption qui gangrène le pays. Cependant aucun des concernés n’apporte de démenti, laissant planer le soupçon que les révélations entrent dans un cadre de luttes d’appareils et que tous se sentent convaincus d’impunité. Déjà Ksentini parle d’amnistie générale inévitable et les terroristes font monter les enchères. Le pays est soumis à la loi de la jungle. Les violations répétées de la Constitution et des lois de la république par Bouteflika auraient du entraîner à le traduire devant une juridiction constitutionnelle. Il est donc dérisoire de vouloir enregistrer, contre lui, une simple plainte devant les tribunaux, si ce n’est pour entrer dans le jeu des luttes d’appareils.  

Alors que dans les partis on se dispute l’investiture pour le Sénat, le peuple est fatigué. Le ramadhan a épuisé ses ressources physiques et financières, mais pas sa colère. Les conséquences des intempéries sont venues alimenter les raisons de dénoncer le pouvoir tandis que la question du logement enflamme des citoyens dans les wilayas de Skikda et de Tizi-Ouzou. La société sait, avec l’expérience du couffin du ramadhan, qu’en cette rentrée sociale, la prime scolaire ne parviendra pas à tous ceux pour qui elle est une nécessité. La façon triomphale dont a été annoncé le budget de l’éducation cache l’absence de réforme qui offrirait aux écoliers un enseignement leur permettant d’assurer leur avenir. Les classes restent en sureffectifs tandis qu’on observe une pénurie de tabliers à cause d’une mesure bureaucratique. Le boycott de la rentrée scolaire et les grèves annoncées autour des salaires traduisent le marasme du secteur. En vérité, tous les travailleurs sont en droit de demander le rattrapage des salaires et d’exiger que les augmentations ne se traduisent pas par une hausse de l’inflation. Ce n’est pas dans la tripartite, à laquelle les syndicats autonomes ne sont pas conviés, qu’ils se feront entendre, mais sur le front des luttes. Ils doivent être soutenus, notamment, par les associations de consommateurs qui peuvent aider à faire face au véritable sabotage auquel se livrent les spéculateurs alors que durant le ramadhan l’Etat a démontré son manque de volonté politique à maitriser des augmentations incendiaires.

En plus des agressions contre leur pouvoir d’achat, sur un marché non régulé, les algériens voient se maintenir l’injustice dans l’accès au logement et l’utilisation de la force pour régler le problème de l’habitat précaire. Et même le nouveau projet d’un million de logements ne rassure pas puisque la construction d’un précédent million n’a pas pu empêcher une flambée de l’immobilier. Pas plus qu’avec la création, selon lui, de deux millions d’emplois, le pouvoir n’a assuré l’aisance financière des organismes sociaux. La dérisoire augmentation des retraites montre que tous ces chiffres ne sont que pure fanfaronnade. La réalité du secteur de l’emploi c’est les risques qui pèsent sur les travailleurs d’Arcelor/Mittal, sur les dockers du port d’Alger victimes des relocalisations d’activité ou sur ceux de la biscuiterie de Cherchell menacée par l’ouverture de la zone de libre-échange arabe. Les algériens le savent, la malnutrition, la délinquance, l’insalubrité, les inégalités,  tous les fléaux sociaux se sont accrus sans que le pouvoir soit à l’écoute de leurs souffrances en particulier celles des exclus du système social, chômeurs ou travailleurs non déclarés. Toujours plus d’algériens sont marginalisés et précarisés. Tandis que douze millions  d’entre eux vivent dans l’indigence, l’Etat continue à percevoir l’IRG sur des salaires inférieurs au seuil de pauvreté. Une honte !

Avec des réserves financières considérables, fruits de sacrifices confisqués, et tandis que les réformes de fond piétinent, le pouvoir persiste à faire du bradage du secteur public une panacée, tout en prétendant, dorénavant, limiter l’ouverture à une minorité du capital. Malgré la recapitalisation de certaines entreprises, le manque d’investissements et surtout l’absence d’une stratégie claire fait que les gestionnaires du secteur public n’osent pas croire à une nouvelle orientation. L’ouverture du secteur de la Poste à la concurrence, qui laisse craindre le pire sur l’avenir des ccp, et la privatisation d’une partie de l’activité des chemins de fer démontrent qu’il reste dans la même logique néolibérale, alors que pour se redresser, l’économie nationale a besoin d’un service public assaini, qui doit jouer un rôle moteur. De son côté le secteur privé productif ne bénéficie pas d’un soutien réel et continue à se heurter à des problèmes considérables dont la difficulté d’accéder au crédit. On peut craindre, que comme l’augmentation de capital pour les entreprises d’importation, les dernières mesures ne permettront pas, à terme, une réduction sensible des importations mais seulement du nombre d’importateurs. Le patronat productif s’insurge. Face à la volonté de casser l’appareil productif et aux provocations des spéculateurs, il fait sienne l’exigence de sauvegarder les entreprises qui représentent un intérêt stratégique au plan politique, économique, social et culturel. Il reconnaît la nécessité pour l’Etat d’agir vite et résolument pour relancer l’économie, engager des investissements productifs, associer largement le secteur productif national aux grands chantiers et bloquer le processus de dégradation du pouvoir d’achat. C’est pourquoi nous devons demander, avec force : la culpabilisation, par la bande, du patronat et des travailleurs, vise-t-elle vraiment les milieux maffieux, vise-t-elle à établir les équilibres indispensables pour une démocratisation poussée de l’Etat ou bien tend elle à les faire reculer sur certaines revendications à caractère démocratique, ce dont ne pourrait profiter que les islamo-conservateurs du système ainsi que les forces néocolonialistes qui ont toujours rêvé de l’Algérie comme d’un simple marché ?

Si notre conviction est que rien ne doit arrêter la main de l’Etat, et que les institutions de la République et l’économie nationale doivent être pures de toute pratique rentière ou spéculative, il est de la plus haute importance d’éviter les amalgames entre patronat productif et parasites qui peuvent être extrêmement préjudiciables à la stabilité de l’Algérie. Il faut s’interdire de prendre des initiatives cruciales et irréparables sans débat de fond sur l’orientation économique nécessaire au développement du pays. La Loi de Finance Complémentaire 2009 préoccupe  et provoque un tollé général. Le risque est grand d’encourager l’ingérence étrangère surtout quand le gouvernement est obligé de revenir sur des mesures à effet rétroactif. En prenant, dans la précipitation et à la veille d’une rentrée sociale déterminante, des décisions démagogiques, le pouvoir espère désamorcer les conflits qui se multiplient. S’il faut que des mesures soient prises, elles ne doivent pas viser à démobiliser salariés et retraités sur des questions majeures aux niveaux politique, économique et social, en particulier sur le dossier épineux de la réforme du code du travail que certains voudraient démanteler. Par ailleurs, au moment où le pouvoir  instaure une forme d’austérité il devrait restreindre les dépenses inutiles de l’Etat. Il faut donc envisager une véritable réforme de l’Etat qui permette à la fois d’en diminuer et contrôler les coûts en assurant une plus grande participation démocratique des citoyens. La réforme des codes communaux et de wilaya et le redécoupage administratif qui se préparent sans débat social ne vont malheureusement pas dans le sens d’une plus grande démocratie locale.

Le Comité économique et social du MDS condamne la stratégie du gouvernement Ouyahia qui aggrave la situation économique et sociale. Le bilan de ce gouvernement de l’Alliance FLN/RND/MSP est si lourdement pénalisant que les perspectives d’une croissance plus vigoureuse s’en trouvent compromises en dépit des sacrifices importants consentis par la population et les entreprises  Il faut ajouter à ce bilan catastrophique le manque de visibilité, la manipulation des résultats électoraux et des indices économiques et sociaux, le maintien en détention et même la condamnation à mort du patriote Mohamed Gharbi, le harcèlement de la presse et les atteintes à la liberté d’expression, l’exacerbation des conflits tribaux, les attaques répétées contre les libertés religieuses par l’interpellation de jeunes qui ne pratiquaient pas le ramadhan à Alger ou Sétif et la remise en cause de la mixité dans les cités universitaires à Boumerdés. Il fournit ainsi à l’islamisme matière à se redéployer, tandis que ses alliés de Sant Egidio sont couvés. Des rumeurs concernant le changement de ce gouvernement laissent penser que Bouteflika voudrait par un tour de passe-passe, essayer de détourner l’attention des enjeux de la crise. La tentation peut être grande de présenter un gouvernement de technocrates  ou même de compromis national qui dissimulerait mieux l’orientation politico-idéologique du pouvoir. Ce n'est pas en s’obstinant dans une voie sans issue, au prix de dégâts exorbitants,  que Bouteflika pourra détourner de la question de la rupture et empêcher l’accentuation de la polarisation du champ politique et social en deux camps porteurs de deux projets de société diamétralement opposés.

Les manœuvres et les pratiques antidémocratiques ne seront surmontées qu’avec la consolidation des fondements républicains modernes de l’Etat algérien, ce qui suppose la disqualification de l’islamisme et des partis/Etat. Il est plus que temps que le sigle du FLN soit restitué au patrimoine de la société algérienne et il est encore temps d’éviter de créer un nouveau parti/Etat au service de Bouteflika. La fébrilité qui s’installe dans les rouages du pouvoir, à cause de l’accumulation des problèmes dont la solution a été différée, révèle l’échec de la logique de la paix d’abord le développement ensuite. L’utopie réconciliatrice du nationalisme despotique aboutit aux mêmes conséquences que la stratégie islamiste, tandis que la dérive néolibérale reproduit et parfois aggrave les conséquences du système rentier. Dans un contexte marqué d’une part par une augmentation des importations, insoutenable sur le moyen et le long terme parce que non compensées par des exportations hors hydrocarbures suffisantes, et d’autre part par des pratiques mafieuses scandaleuses qui dévitalisent l’économie productive, publique et privée et accentuent le discrédit de l’Etat, la désespérance de la population, notamment de la jeunesse, s’accroît. Face aux menaces de désintégration nationale la solution de la crise passe par des réformes institutionnelles, économiques, sociales, culturelles audacieuses et la fondation d’une deuxième république.

Trop faible, le camp démocratique n’est pas au niveau des exigences. Il faut engager une mobilisation consciente, démocratique autour d’une plateforme rassembleuse. Les travailleurs, les cadres, les intellectuels, les opérateurs économiques liés à la production et à l’accumulation, leurs organisations syndicales et sociales, les jeunes, toutes les forces vives doivent se mobiliser pour que puisse être mise en œuvre une politique de redressement national qui prenne en charge les exigences d’une vie digne. Les militants du MDS appellent les algériens à s’unir, s’organiser et agir partout à travers leurs syndicats, leurs associations et comités ainsi que les partis démocratiques pour prendre en  mains leur avenir. Une tâche historique les attend : basculer le système économique du néolibéralisme à la production et à l’accumulation, du parasitisme au travail, de l’ignorance au savoir et rompre ainsi définitivement avec la rente.  Les militants du MDS ne négligeront aucune inflexion démocratique susceptible de faire avancer le rapport de forces dans cette direction de progrès. Mais, une telle inflexion reste hypothétique sans refondation de l’Etat et de la classe politique et l’installation d’un pouvoir de combat démocratique dans le cadre d’une initiative consensuelle patriotique démocratique forte à laquelle les militants du MDS pourraient adhérer afin d’ouvrir les portes du changement radical. Le 5 octobre 1988 qui portait cette dernière aspiration a été usurpé. Elle est plus que jamais à l’ordre du jour. Il est clair que des tâches d’une telle qualité stratégique et d’une telle envergure historique ne peuvent être réalisées avec le maintien de la stratégie de concorde et de compromission ni avec les hommes qui sont responsables de cette dérive. Cela exige la remise en cause de cette stratégie et le départ de ses responsables. Tous ses responsables.

Alger, le 3 octobre 2009

Le comité économique et social du MDS

Par MDS - Publié dans : Articles politiques
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