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Lundi 29 juin 2009

Déclaration du Conseil national du M’PEP

Montreuil (93), le 28 juin 2009.

Le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP) a commencé l’analyse de la campagne des élections européennes, de ses résultats et de ses suites. Il a déjà publié de « premiers constats » afin d’établir les données incontestables qui permettront ensuite à tous ceux qui le souhaitent de procéder à des analyses fiables. En ce qui le concerne, dans les jours et les semaines qui viennent, le M’PEP publiera d’autres textes. Le niveau exceptionnel atteint par l’abstention nécessite une réévaluation complète des positions de la gauche sur la question européenne. Comment croire qu’il soit possible de construire une quelconque union européenne dans l’indifférence ou même l’hostilité d’une majorité des peuples ? Cette réalité s’impose désormais aux partis, organisations et regroupements de gauche qui auront à assumer leur rupture avec le système européen actuel.

Pendant la période électorale, le M’PEP a appelé à voter pour les listes du Front de Gauche et a fait campagne en leur faveur. Par cette décision, le M’PEP a considéré que l’alliance entre le Parti communiste français (PCF) et le Parti de gauche (PG), rejoints ensuite par deux autres forces politiques (Gauche Unitaire et République et Socialisme), était une avancée vers les objectifs fondamentaux que notre Mouvement s’est fixés.

 Les raisons du soutien du M’PEP au Front de Gauche reposent sur ses objectifs principaux :

 1.- « Agir pour repolitiser les citoyens ».

Les référendums et les élections sont toujours des moments privilégiés de débats politiques et de politisation des citoyens. Il était donc logique que le M’PEP se manifeste pendant cette campagne, d’une façon ou d’une autre. Car la repolitisation des citoyens, qui se traduit par l’engagement individuel et collectif, doit avoir l’action pour finalité. Et l’action, lors d’une élection, c’est le vote. De plus, le M’PEP s’est engagé dans cette bataille électorale en cohérence avec la mobilisation de ses membres dans la campagne contre le traité constitutionnel européen en 2005. Il constate aujourd’hui l’éclatement des forces altermondialistes : une partie s’est condamnée à l’inertie, une autre s’est réfugiée dans Europe Ecologie, favorable au traité de Lisbonne. Le soutien du M’PEP au Front de Gauche, seule configuration politique ayant manifesté des préoccupations unitaires sur la base du rejet du traité de Lisbonne, semblait le mieux convenir à cet objectif de repolitisation que s’est fixé le M’PEP.

 2.- « Contribuer à la construction d’une grande force politique de gauche ».

Malgré des points de divergence entre le PCF et le PG d’une part, et le M’PEP d’autre part, le M’PEP a néanmoins considéré que le Front de Gauche constituait un pas dans la direction du rassemblement des gauches. Le M’PEP n’est pas favorable au tout ou rien, aux attitudes intransigeantes et sectaires, et ne croit pas au mythe de la « pureté » révolutionnaire. L’union des gauches est indispensable, et elle ne se réalisera que si chaque composante fait un pas vers les autres sur la base de compromis clairs, publics et assumés par toutes les parties. C’est ce qu’a fait le M’PEP.

 3.- « Placer la souveraineté populaire au centre du débat politique ».

Dans les démocraties, la souveraineté populaire s’exprime d’abord lors des élections. Le M’PEP s’est engagé dans ces élections en cohérence avec cet objectif et pour défendre la souveraineté populaire qui avait été bafouée par toutes les forces en présence disposant de parlementaires, sauf celles rassemblées au sein du Front de Gauche.

 4.- « Sortir de l’eurolibéralisme ».

Le M’PEP considère qu’il faut « faire bouger l’Union européenne ou en sortir ». Cette analyse n’est pas partagée par le PCF et le PG. Afin de ne pas compromettre le rassemblement qui se dessinait avec le Front de Gauche, le M’PEP a choisi de ne pas faire campagne sur ce thème. D’autant que les positions du PCF et du PG contenaient un aspect très positif, celui de considérer – à juste titre – que les traités européens sont « incompatibles avec des politiques de gauche ». Cette analyse conduit ces deux partis à préconiser la signature de nouveaux traités. Mais, comme le M’PEP aura l’occasion de le développer ultérieurement, la possibilité de changer d’Europe par de nouveaux traités vient d’être pulvérisée par le résultat des élections européennes. Le PCF et le PG, tôt ou tard, devront en tenir compte et s’interroger sur le maintien du système européen actuel.

Au total, le M’PEP a mené campagne aux côtés du Front de Gauche, malgré le refus de ce dernier de l’intégrer. Il a pu cependant présenter ses propositions dans des dizaines de réunions publiques, contribuant à donner localement au Front de Gauche l’image de pluralisme et de diversité qui lui était nécessaire.

 Le Front de Gauche a réalisé un score encourageant. Le M’PEP appelle à sa continuation et à sa transformation. Il formule les quatre propositions suivantes :

1.- Que les quatre membres actuels du Front de Gauche s’adressent ensemble à toutes les organisations de la gauche de gauche, sans ostracisme. Le but étant d’élaborer une plateforme politique commune, valable pour les luttes immédiates et pour les prochaines échéances électorales (des régionales aux présidentielles et législatives). Cette stratégie n’est possible, bien évidemment, qu’à la condition de se fixer l’objectif de devenir la force dominante à gauche, devant le PS.

2.- Que les militants qui ont participé à la campagne du Front de Gauche sur le terrain soient incités à se réunir pendant les mois d’été pour débattre du bilan et des perspectives.

3.- Que les partis et forces politiques de la gauche de gauche engagent une réflexion approfondie, sans tarder, sur la question européenne. Il faut réévaluer les perspectives européennes de la gauche de gauche. Sa perspective actuelle, en effet, est soit la signature de nouveaux traités européens, soit une « constituante » européenne. Mais ces objectifs n’ont de sens que dans le très long terme, ils n’en ont aucun dans le court et moyen. Les élections européennes 2009 viennent de démontrer qu’il n’existe aucun rapport de force, à l’échelle des Vingt-Sept, pour parvenir à brève échéance à l’un ou l’autre de ces objectifs.

4.- Que le Front de Gauche participe aux élections régionales. Il afficherait ainsi sa volonté de durer et de participer à la construction d’une gauche unie, à la gauche du PS. Le M’PEP est partisan qu’une réflexion nationale, associant tous les acteurs qui le souhaitent (partis et mouvements politiques, élus, syndicalistes, associations), s’engage rapidement pour dresser le bilan de gestion de toutes les régions et élaborer les pistes d’un programme général. Ce dernier serait ensuite décliné et adapté région par région. Le Front de Gauche présenterait donc des listes au premier tour, dans toutes les régions. Au deuxième tour, le Front de Gauche devrait appeler à battre la droite et fusionner avec la liste de gauche arrivée en tête, si les conditions politiques le permettent, par exemple le rejet de membres du MoDem. Sur ces bases, le M’PEP est prêt à s’engager, y compris par la présence de candidats sur les listes du Front de Gauche.

 Dans sa « Déclaration d’intention politique » du 25 mai 2008, bien avant la création du Front de Gauche, le M’PEP justifiait sa création par l’analyse suivante :

« Trois ans après cette victoire historique [celle du référendum sur le traité constitutionnel européen en 2005], le paysage politique français est un champ de ruines. L’incroyable élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, il y a tout juste un an, fait honte à la France. Elle n’a été permise que par la faillite de la gauche : renoncements, calculs politiciens, sectarismes, jeux des egos, ont provoqué l’échec et ne semblent plus avoir de fin. Toute la gauche française est à reconstruire. Elle est en haillons et n’a plus de fondements idéologiques solides. Une partie d’entre elle s’est même inscrite dans le cadre intellectuel du néolibéralisme, ne cherchant, timidement, qu’à freiner les conséquences de la mondialisation capitaliste. Elle s’est résignée. Elle a capitulé. Fascinée par le martèlement idéologique de la droite et du Medef, cette gauche a perdu l’initiative et se retrouve impuissante à s’engager sur la voie d’un projet de société libéré de l’emprise du capitalisme. »

Cette déclaration poursuivait : « La création du M’PEP répond à une double finalité : contribuer aux débouchés politiques des activités d’éducation populaire et des luttes sociales ; participer à la création d’une grande force politique de gauche. » Elle ajoutait : « C’est pourquoi le M’PEP considère qu’il faut engager dès à présent une bataille de fond pour ouvrir un nouveau cycle idéologique, culturel, philosophique et politique : celui de l’épuisement de la pensée néolibérale et de l’avènement d’un socialisme du XXIe siècle. Il faut organiser le réarmement idéologique et culturel de la gauche. La gauche doit se décomplexer et renouer avec son ancrage populaire. Il faut faire grandir l’idée et construire une nouvelle force politique de gauche, à vocation majoritaire et internationaliste. »

Un an après la création du M’PEP, la situation politique a évolué. A gauche, le Front de Gauche représente aujourd’hui un espoir. Mais sa démarche demeure balbutiante et fragile. C’est pourquoi le M’PEP, qui n’est pas un parti politique mais un mouvement (les adhérents des partis peuvent devenir membre du M’PEP), va poursuivre et amplifier son activité. Dès cet été il va lancer une campagne d’adhésions.

La gauche, en effet, a besoin d’organisations comme le M’PEP, indépendantes, désintéressées, attachées à leur liberté d’expression, refusant la langue de bois ou de coton. Le M’PEP souhaite mettre de la politique dans l’éducation populaire et de l’éducation populaire dans la politique. Il a pour ambition de construire un courant d’idées rassemblé :

·                            sur le retour aux valeurs historiques de la gauche et du socialisme ;

·                            sur la politisation des questions environnementales afin de se dégager du piège qui vise à résoudre la crise de légitimité du capitalisme néolibéral en inventant un pseudo consensus sur un « capitalisme vert » ;

·                            sur la conviction qu’à défaut de faire bouger l’Union européenne il faudra en sortir pour rebâtir de nouvelles coopérations entre les peuples et nations d’Europe et de Méditerranée ;

·                            sur l’exigence d’un nouvel ordre économique, monétaire et financier international qui passe, à court terme, par des mesures protectionnistes universalistes inspirées de la Charte de La Havane de 1948 ;

·                            sur le renouveau des valeurs républicaines et de la nation, seul espace démocratique à partir duquel mener les combats internationalistes pour la transformation sociale ;

·                            sur la volonté de construire une grande force politique de gauche débarrassée de toute notion de parti-guide ou d’homme providentiel.

Le M’PEP invite toutes celles et tous ceux qui s’intéressent à son action à participer à sa 2e université d’été, du 28 au 30 août à Lille, et à le rejoindre.

http://www.m-pep.org/spip.php?article1371

Par M PEP - Publié dans : Articles politiques
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Lundi 29 juin 2009


Le « Front de gauche » et les élections européennes


Le résultat du Front de gauche aux élections européennes a été accueilli avec soulagement, au sein du PCF. Beaucoup de militants communistes redoutaient un nouveau recul du parti – ou, en l’occurrence, des listes qu’il soutenait. Mais de nombreux militants pensaient – et, souvent, espéraient – que la stratégie du Front de gauche se limiterait aux élections européennes. Ce n’est pas le cas. Fort d’un résultat qu’elle qualifie de « beau signe d’espoir », la direction du PCF appelle les militants communistes à « poursuivre et élargir » le Front de gauche, dans la perspective des prochaines échéances électorales. Cela suscite des doutes et des interrogations, dans les rangs du parti.

La Riposte a appelé à voter pour les listes du Front de gauche. Mais dans le même temps, nous avons formulé un certain nombre de critiques, qui portaient à la fois sur la stratégie et le programme défendus par la direction du parti (voir ICI). Or, comme nous allons le montrer, ces critiques n’ont pas été invalidées, mais, au contraire, confirmées par le résultat des élections européennes, qu’il faut soumettre à une analyse sobre et sans complaisance.

Le résultat du Front de gauche

Encore une fois, au regard de la longue période de déclin électoral qu’a connu le PCF, on comprend parfaitement que beaucoup de camarades soient satisfaits – ou, au moins, soulagés – par le résultat du Front de gauche. Ceci dit, le Front de gauche n’a que très faiblement progressé, par rapport au score du PCF en 2004. Il a recueilli 1,1 million de voix, contre 1 million en 2004. Ces 100 000 voix supplémentaires représentent 0,6 % des suffrages exprimés et moins de 0,3% des inscrits. Mais surtout, les leçons d’un résultat électoral ne peuvent être tirées à partir de la seule comparaison du nombre de voix recueillies en 2004 et cette fois-ci. Le résultat du Front de gauche doit être apprécié de façon relative, en tenant compte de trois éléments, au moins : 1) l’abstention massive ; 2) la chute du vote socialiste ; 3) les grandes luttes sociales de ces dernières années et l’impact de la récession mondiale.

Le fait majeur de cette élection fut le niveau historique de l’abstention (59,5%). On lit, dans la presse du parti, que le Front de gauche en aurait souffert, au même titre que le PS. Dans la grande masse des chômeurs et des bas salaires, le rejet de la politique et des institutions réactionnaires de l’UE a débouché sur une très forte abstention. Cela a mécaniquement favorisé la droite, car les couches intermédiaires et supérieures de la société ont, elles, davantage voté.

Tout ceci est exact. Mais en même temps, c’est une explication qui n’explique rien du tout. Car c’est précisément la grande masse des travailleurs et des chômeurs qui constitue – ou devrait constituer – la base sociale et électorale du Parti Communiste. Mais pour arracher les travailleurs à l’abstention et les convaincre de voter PCF, il nous faut un programme et des idées qui leur ouvrent une perspective de rupture radicale avec l’ordre établi. Voilà le cœur du problème.

Beaucoup de travailleurs considèrent les institutions européennes comme un repère de politiciens bourgeois aux ordres des riches et des puissants. Ils ont parfaitement raison. Cependant, ces mêmes travailleurs sont tout à fait capables de comprendre la nécessité d’aller quand même voter pour des candidats communistes aux élections européennes, à une condition : que le PCF leur apparaisse comme un parti très différent de tous les autres, comme un parti qui lutte résolument contre la pauvreté et l’exploitation – et dont le programme peut y mettre un terme définitif.

Il était tout à fait possible, pour le PCF, de gagner de nombreuses voix dans la grande masse des abstentionnistes (26 millions !), dont l’écrasante majorité est constituée de victimes du capitalisme. Le résultat du Front de gauche, par rapport à 2004, montre que cela n’a pas été le cas – ou de façon très marginale. La raison nous paraît évidente : le programme et les idées du Front de gauche n’ont pas convaincu ces millions de jeunes, de travailleurs et de chômeurs qui ont refusé d’aller voter, le 7 juin dernier.

Ce problème est d’autant plus flagrant que la situation économique et sociale de ces dernières années était – et demeure – très favorable à une progression rapide du PCF. On ne prétend pas, bien sûr, que les luttes sociales et la récession mondiale poussent mécaniquement les travailleurs dans les bras du parti. La classe ouvrière n’est pas homogène, et l’évolution politique de ses différentes couches est un processus complexe, contradictoire. Mais gardons à l’esprit que le Front de gauche a très peu progressé, par rapport à 2004. Or, depuis 2004, la France a connu toute une série de luttes massives de la jeunesse et des salariés. Par ailleurs, la récession et ses conséquences sociales désastreuses poussent de plus en plus de gens à tirer la conclusion que le système capitaliste est une impasse. Dans ce contexte, il était parfaitement possible, pour le PCF, de gagner le soutien d’une partie de cette masse de jeunes et de trav ailleurs qui cherchent plus ou moins confusément une alternative au capitalisme. C’était possible, oui – à condition de défendre cette alternative révolutionnaire, d’expliquer la nécessité de mettre fin au capitalisme et de reconstruire la société sur des bases socialistes. Or, le Front de gauche a défendu un programme réformiste. Si nous voulons que le parti progresse au rythme où il doit et peut progresser, il nous faut absolument corriger cela.

Un autre élément confirme cette analyse : le score du PS. Alors que le Front de gauche a progressé de 100 000 voix, depuis 2004, le PS en a perdu 2,2 millions. Où se sont reportées ces 2,2 millions de voix ? Principalement sur les Verts et l’abstention, mais très peu sur le Front de gauche. Ainsi, malgré la dérive droitière des dirigeants du PS et leurs guerres obscènes pour des postes, les électeurs socialistes de 2004 n’ont pas vu dans le Front de gauche une alternative crédible au Parti Socialiste. C’est un fait incontestable, auquel tous les militants communistes doivent réfléchir.

Le fait est que la masse de la population ne voit pas de différence fondamentale entre le programme du PS et celui du PCF. Et si elle n’en voit pas, c’est parce que, précisément, il n’y en pas. Quelle est, d’une formule, le programme du Parti Socialiste sur l’Europe ? « L’Europe sociale » – sur la base du capitalisme. Et celui du PCF ? C’est exactement le même. Le programme officiel du PCF, comme celui du PS, ne remet pas en cause la propriété capitaliste des banques, de l’industrie et des grands leviers de l’économie en général. Ces deux programmes proposent d’en finir avec les conséquences du capitalisme… sur la base du capitalisme.

Certes, dans le détail, les programmes du PS et du PCF diffèrent. Le PCF avance des propositions plus radicales sur telle ou telle question (salaires, conditions de travail, etc.). Mais précisément, la masse des travailleurs, en général, ne prête pas attention aux détails des programmes. Elle se contente des grandes lignes, des principaux mots d’ordre – et, surtout, des leçons de son expérience. Or, les grandes lignes du programme du PCF et l’expérience des gouvernements PS-PCF, depuis 1981, ont poussé des millions de travailleurs à tirer la conclusion que rien de fondamental ne distingue la politique du PCF de celle du PS.

Pour tenter de se distinguer du PS, pendant la campagne électorale, les dirigeants du PCF ont systématiquement rappelé qu’à l’inverse de la plupart des dirigeants socialistes, le PCF avait fait campagne pour le « non » au Traité Constitutionnel Européen (TCE), en 2005 – puis contre le Traité de Lisbonne, en 2007 et 2008. Il est vrai que le PCF a joué un rôle déterminant dans la victoire du « non », en 2005, et qu’il a vigoureusement dénoncé le Traité de Lisbonne. Très bien ! Il fallait le faire, et la position de la direction du PS, sur ces traités capitalistes, était scandaleuse. Cependant, quelle est l’expérience concrète des travailleurs ? Avant comme après le rejet du TCE, les contre-réformes se sont succédées, le chômage a augmenté et les inégalités se sont creusées. En d’autres termes, le capitalisme a été rejeté dans le texte, mais il a continué ses ravages dans la réalité. Or, c’est à la réalité que les travailleurs s’intéressent. Le PCF ne peut se contenter de rappeler aux travailleurs sa lutte passée contre le TCE : il doit surtout défendre un programme crédible – c’est-à-dire communiste – pour mettre fin aux fermetures d’entreprises, aux plans sociaux, à la pénurie de logements, au démantèlement des services publics et à la misère de masse. Tout en participant activement à la lutte pour des réformes et contre les attaques de la droite, il doit patiemment et systématiquement expliquer la nécessité d’en finir avec le système capitaliste lui-même.

Le PCF et le Front de gauche

L’Humanité célèbre avec enthousiasme la « dynamique unitaire » du Front de gauche. Or, le Front de gauche n’ayant que très légèrement progressé, par rapport à 2004, de deux choses l’une : soit l’alliance avec le Parti de Gauche n’a rapporté que très peu de voix, soit c’est le poids électoral spécifique du Parti Communiste qui a reculé, dans le vote pour le Front de gauche. Dans les deux cas, on ne voit pas bien en quoi cette « dynamique unitaire » devrait susciter l’enthousiasme des militants communistes.

On ne peut pas régler les problèmes politiques et idéologiques du PCF par des combinaisons organisationnelles, des effets de tribunes « unitaires » et des jeux d’étiquettes. C’est ce qu’avait déjà démontré la pénible expérience des présidentielles de 2007, lorsque le parti s’était embourbé dans les « collectifs anti-libéraux », avant de se présenter sous le drapeau mort-né de la « Gauche populaire et anti-libérale ». Depuis, le drapeau a changé, mais la démarche reste au fond la même. Les dirigeants du parti cherchent désespérément à présenter un visage « unitaire ». Ils ont annoncé comme un grand événement l’alliance du PCF et du tout petit Parti de Gauche. Et comme cela fait toujours un logo de plus, sur les tracts et les affiches, ils ont même salué avec enthousiasme le ralliement au Front de gauche d’une minuscule scission du NPA (la « Gauche un itaire »).

La Riposte n’est pas hostile à des alliances avec d’autres forces de gauche. Mais en l’occurrence, tout cet échafaudage « unitaire » est très artificiel. Les militants communistes l’ont bien vu, sur le terrain. Dans la très grande majorité des sections du parti, surtout en dehors des grandes villes, les communistes ont été bien seuls à faire campagne, à coller des affiches, à diffuser des tracts, à organiser des réunions publiques, etc. Oh ! Ils n’ont rien à reprocher aux masses militantes du Parti de Gauche et de la « Gauche unitaire » : elles n’existent pratiquement pas. Au regard des effectifs et de l’implantation nationale du PCF, ce ne sont pas les 2 ou 3000 encartés du Parti de Gauche – sans parler de la « Gauche unitaire » – qui pouvaient sérieusement renforcer la mobilisation militante. Sur le terrain, loin des studios de télévision et des tribunes des grands meetings, le Front de gauche était un « Front » du PCF avec lui-même, ou peu s’en faut.

On comprend bien, dès lors, que la direction du parti parle « d’élargir » le Front de gauche. Mais à quelles organisations pense-t-elle, concrètement ? Le ralliement du PS est exclu : ses dirigeants se préparent à faire « front » avec le MoDem, dès les élections régionales de mars 2010. Que reste-t-il ? De nouvelles scissions du PS ou du NPA ? Rien de tel ne s’annonce, dans l’immédiat. On ne peut faire surgir des organisations du néant par un simple appel à « élargir le Front de gauche ». Certes, on peut s’attendre au ralliement de « personnalités » en mal de postes – et qui ne représentent qu’elles-mêmes. Mais une chose est certaine : l’« élargissement » du Front de gauche ne modifiera en rien l’écrasante domination de sa « composante » communiste. Et pendant ce temps, le PCF risque de disparaître partiellement derrière le drapeau du Front de gauche, aux yeux de la population. La poursuite et « l’élargissement » du Front de gauche pourraient se traduire, dans les faits, par un rétrécissement de l’activité et du rayonnement publics du PCF. Beaucoup de militants s’en inquiètent, à juste titre.

Concluons. Le résultat électoral du Front de gauche prouve qu’il n’y a rien d’irréversible, dans le déclin du PCF. Il rappelle aussi ce que peut accomplir la mobilisation de dizaines de milliers de communistes, sur le terrain. Mais pour que le parti réalise tout son potentiel, dans la période à venir, il faut de profondes modifications de son programme. C’est indispensable, si nous voulons que le parti progresse à grand pas chez ces millions de jeunes et de travailleurs qui sont de plus en plus critiques à l’égard du système capitaliste. Le réarmement idéologique et programmatique du parti est la tâche centrale qui attend les militants communistes. Comme le disait le titre de notre document de congrès, il faut « renforcer le PCF et renouer avec le marxisme ». Dans le contexte actuel, qui lui est très favorable, le parti pourra alors rapidement remonter la pente et se mettre en position d’accomplir sa mission historiqu e : le renversement du capitalisme et la transformation socialiste de la société.

Jérôme Métellus (PCF Paris)

Publication : La Riposte samedi 20 juin 2009

Par La Riposte - Publié dans : Articles politiques
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Vendredi 19 juin 2009

Le probable marchandage islamo-Sarko : interdire la burqa, mais financer les mosquées

jeudi 18 juin 2009, par Cyrano

 

Nous devrions nous réjouir. Le régime islamo-fasciste des ayatollahs vacille sur ses bases. Quel camouflet pour le journaliste Alain Gresh, pour Le Pen, Dieudonné, les islamogauchistes et tous les collabos du fascisme islamique ! En France, le député communiste André Gérin (voir ci-dessous) lance une initiative, avec une soixantaine de parlementaires, visant à interdire la burqa. Riposte Laïque, avec Regards de Femmes (1), avaient impulsé une pétition, signée par le député communiste de Vénissieux, et d’autres parlementaires, demandant cette interdiction, ainsi que celle du voile pour les mineures et à l’université. Nous avions soutenu l’initiative de Jacques Myard, allant dans le même sens. Nous avons déjà interviewé ces deux vrais laïques, symboles du combat des républicains des deux rives (2). Nous devrions donc nous féliciter qu’enfin, le mur du silence se fissure, et qu’un député de gauche soit à l’initiative d’une telle démarche, même si la majorité des signataires sont à l’UMP.

Mais nous avons encore à l’esprit l’agression subie par une de nos proches, sur son lieu de travail, pour cause de ses écrits dans notre journal, comme l’explique Christine Tasin dans cette vidéo. (3) Nous savons notre amie forte, et nous reviendrons plus largement sur ce fait gravissime, lors de notre numéro de mardi.

Nous nous félicitons donc de l’initiative d’André Gérin, mais nous ne sommes pas rassurés. Le président de la République n’est pas un laïque, c’est Nicolas Sarkozy. Nous n’avons pas oublié, récemment, son soutien spectaculaire aux propos honteux d’Obama, visant la France, sur le voile. Nous avons en mémoire ses amalgames entre l’islamophobie et l’antisémitisme, dans la logique de Durban 2 (4). Nous n’avons pas oublié le ministre de l’Intérieur qui a mis sur pied la commission Machelon, pas davantage que les propos du président de la République à Latran, à Ryad ou devant les Crif, défendant sa conception de laïcité positive.

Nous savons que les Eglises veulent en finir avec la loi de 1905, et notamment son article 2, interdisant le financement cultuel. Aubaine pour Sarkozy, c’est un député de gauche, Manuel Valls, qui va dans son sens, et réclame la possibilité, pour l’Etat, de subventionner les mosquées (5).

Il nous bien analyser le danger. Certes, il convient de se réjouir de l’initiative de l’exemplaire André Gérin, et de féliciter les autres députés qui ont signé son texte. Il était grand temps que les parlementaires prennent leurs responsabilités. Il est temps qu’en France disparaisse définitivement cette tenue qui, outre le fait qu’elle empêche l’identification de la personne qui la porte, est une véritable insulte à la condition des femmes.

Mais gare aux marchandages de Sarkozy, qui sait être un véritable marchand de tapis. Nous pensons que, habile politique, il peut faire un numéro de claquettes où il sera brillant, pour clamer que, dans son pays, celui de Simone de Beauvoir, une telle tenue est impossible, et rappeler qu’il l’avait affirmé lors de sa campagne présidentielle. Mais parallèlement, nous ne serions pas surpris de l’entendre parler de la deuxième religion de France, la nébuleuse islam de France, qui doit avoir la reconnaissance qu’elle mérite.

Cela serait du Sarko tout craché, un coup à gauche, un coup à droite. Donc, il pourrait prendre au bond la proposition de Manuel Valls – comme l’UMP a utilisé celle de Charasse, pour mettre en place la loi Carle, imposant aux communes de financer les écoles privées voisines) - et autoriser le financement des mosquées, pour lever une hypocrisie (Le Figaro avait révélé qu’elles sont financées, en toute illégalité, à 30 % par de l’argent public). Le président de la République pourrait aussi reprendre une autre proposition socialiste, celle d’intégrer la religion musulmane au concordat d’Alsace-Moselle, qui aujourd’hui bénéficie aux seules religions catholique, protestante et juive. Et pourquoi ne pas leur accorder la viande hallal à l’école, comme le réclame l’inimitable Aounit ? N’oublions pas que Sarkozy a combattu la loi du 15 mars 2004, et qu’il ne l’a pas évoquée, dans sa réponse à Obama.

Se servir de la gauche pour mieux en finir avec la laïcité, reconnaissons que pour un président de la République qui n’a jamais caché sa volonté de toiletter la loi de 1905, cela aurait quelque chose de jouissif.

Qui protesterait à gauche ? Martine Aubry et ses piscines communautaristes ? Marie-George Buffet et sa laïcité ouverte ? Dany Cohn Bendit et sa défense des talibanes sœurs Levy, à Aubervilliers, en 2003 ? Besancenot, ami du Hamas et du Hezbollah ?

Il n’en demeure pas moins que la commission mise en place par André Gérin peut être une aubaine, si, dans la foulée des commissions Stasi et Debré, en 2003, elle permet, par l’audition d’acteurs représentatifs de la société française, de prendre en compte la réalité, que dénonce Riposte Laïque depuis près de deux ans : la gravité de l’offensive islamique, dans notre pays, dans de nombreux secteurs de la société. Si les associations laïques, et quelques personnalités médiatiques, d’un silence consternant jusqu’à ce jour, se réveillaient brutalement, et soutenaient la proposition des parlementaires, nous en serions ravis. Nous préférons qu’elles prennent le train en marche, plutôt qu’elles s’enferment dans leur conception fumeuse de la rue, espace privé, qui abandonne l’espace civil à l’offensive des religieux, dont les plus véhéments sont musulmans aujourd’hui.

Le texte rédigé par André Gérin, quand on le lit bien, permet d’aller bien plus loin que la seule interdiction de la burqa. Que les parlementaires lisent attentivement cette remarquable réponse d’Ayaan Hirsi Ali, aux propos honteux d’Obama, et qu’ils regardent bien ce qui se passe dans notre pays. (6). Les multiples revendications communautaristes des plus déterminés militants de l’islam, sur notre territoire, des épisodes comme l’affaire Truchelut, et les provocations dans des auto-écoles, ou dans des salles de sports, le voile porté par des mineures de plus en plus jeunes, le voile imposé à l’université, par des accompagnatrices scolaires, les problèmes rencontrés à l’hôpital, les pressions exercées sur les élus, sur les enseignants (lire le rapport Obin, et voir l’histoire survenue à une rédactrice de RL), les menaces à l’émeute, les prières qui se multiplient sur les trottoirs, pour obtenir des mosquées, la multiplication d’enclaves musulmanes, la volonté d’y imposer la charia, etc. sont autant de témoignages que les parlementaires de notre pays ont besoin d’entendre. Ils doivent enfin prendre la mesure de la gravité de la situation, et légiférer comme il le convient. Qu’ils ne tombent surtout pas dans le piège du voile acceptable, et de la burka intolérable, qu’ils écoutent, sur ce sujet, Fadela Amara. Ils doivent comprendre que nous sommes devant un problème de civilisation, et qu’ils doivent défendre les Lumières contre l’obscurantisme, la République contre la charia, la liberté d’expression contre la censure religieuse, la laïcité contre le cléricalisme.

Ce n’est pas la simple interdiction de la burqa – ô combien nécessaire – qui pourra répondre au défi posé à notre pays par une véritable cinquième colonne qui rêve d’y imposer l’islam, et donc la charia, trop souvent soutenue par des forces de gauche et d’extrême gauche. Rappelons que les premières victimes de de ces fanatiques religieux sont les citoyens de culture arabo-musulamne, et encore davantage les femmes, qui ont besoin de la laïcité et de la République pour échapper aux petits soldats de l’islam.

Riposte Laïque titrait, dans son édito, qu’il espérait contribuer au réveil du peuple français. Nous allons tout faire pour cela. Annie Sugier, présidente de la Ligue du Droit International des Femmes, a réagi immédiatement par ce communiqué (7), tandis que notre ami Pascal Hilout est invité, ce jeudi soir, spécialement, sur le thème de la burqa, par France 24, en langue arabe, tandis que Pierre Cassen, ce samedi 20 juin, à Belley, évoquera forcément cette question, lors de la conférence qu’il animera, autour du livre "Les dessous du voile".

Comme ils l’ont fait lors de la loi du 15 mars 2004, les animateurs de Riposte Laïque mettront toutes leurs forces pour que l’initiative d’André Gérin aboutisse à une prise de conscience de la reconquête républicaine et laïque dont notre pays a besoin… tout en empêchant Sarkozy de brader notre modèle laïque pour acheter la paix sociale avec les islamistes.

Cyrano

(1) http://www.halteauvoile.fr/

(2) http://www.ripostelaique.com/Andre-Gerin-depute-maire-PCF-de.html

http://www.ripostelaique.com/Jacques-Myard-il-faut-legiferer.html

(3) http://www.youtube.com/watch ?v=aN1oAt2gj-Y

(4) http://www.ripostelaique.com/Antisemitisme-et-islamophobie-le.html

(5) http://www.liberation.fr/politiques/0101463215-valls-ps-pour-un-financement-public-des-mosquees

(6) http://www.drzz.info/article-32760453.html

(7) http://www.ldif.asso.fr/index.php ?theme=laicite&n=113

 

PROPOSITION DE RESOLUTION DE ANDRE GERIN

Texte de la proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête sur la pratique du port de la burqa ou du niqab sur le territoire national.

Il s’agit incontestablement d’un événement politique puisque ce texte rassemble une grande diversité de députés.

Il a été signé par 58 parlementaires représentant toutes les composantes de l’Assemblée nationale :

 3 communistes et parti de gauche,

 7 socialistes,

 43 UMP

 2 nouveau centre

 3 non inscrits

 

PROPOSITION DE RESOLUTION

Tendant à la création d’une commission d’enquête sur la pratique du port de la burqa ou du niqab sur le territoire national

Présentée par Mesdames et Messieurs

André GERIN, Yves ALBARELLO, Brigitte BAREGES, Christian BATAILLE, Patrick BEAUDOIN, Jean-Claude BEAULIEU, Jacques-Alain BENISTI, Véronique BESSE, Gabriel BIANCHERI, Jean-Marie BINETRUY, Jean-Claude BOUCHET, Gilles BOURDOULEIX, Loïc BOUVARD, Michel BOUVARD, Françoise BRANGET, Xavier BRETON, Dominique CAILLAUD, Jean-Jacques CANDELIER, Bernard CARAYON, Patrice DEBRAY, Jean-Pierre DECOOL, Jacques DESALANGRE, Nicolas DUPONT-AIGNAN, Alain FERRY, Pierre FORGUES, Jean-Louis GAGNAIRE, Sauveur GANDOLFI-SCHEIT, Jean-Paul GARRAUD, Georges GINESTA, Françoise GUEGOT, Christophe GUILLOTEAU, Michel HEINDRICH, Michel HERBILLON, Jacqueline IRIES, Denis JACQUAT, Maryse JOISSAINS-MASINI, Jean-Pierre KUCHEIDA, Patrick LABAUNE, Jacques LAMBLIN, Thierry LAZARD, Pierre LELLOUCHE, Michel LEFAIT, Maurice LEROY, Lionel LUCA, Jeanny MARC, Jean-Pierre MARCON, Thierry MARIANI, Pierre MORANGE, Jacques MYARD, Nicolas PERRUCHOT, Bérangère POLETTI, Jacques REMILLER, Bernard REYNES, Chantal ROBIN-RODRIGO, Valérie ROSSO-DEBORD, Odile SAUGUES, Dominique SOUCHET, Michel TERROT

Députés

 

EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

La déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 stipule : ‘’nul ne doit être inquiété pour ses opinions même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi’’.

Ainsi est né le principe de laïcité constitutif de notre organisation sociale et de notre histoire collective.

La loi du 9 décembre 1905, qui sépare les églises et l’Etat, l’enracine dans nos institutions. Le libre exercice des cultes y est garanti mais la dissociation de la citoyenneté et de l’appartenance religieuse y est affirmé. Aucune religion ne saurait imposer ses principes comme normes d’organisation de la société.

Depuis la Constitution de 1946, le principe de laïcité a acquis une valeur constitutionnelle.

L’article 1er de la Constitution de la Vème République l’a repris et précise : "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances.

Ce cadre laïque offre la possibilité et les moyens de coexister sur un même territoire à des hommes et des femmes qui ne partagent pas les mêmes convictions, plutôt que de les enfermer en une mosaïque de communautés repliées sur elles-mêmes et s’excluant mutuellement.

En ce sens, la laïcité est le vecteur de l’intégration de tous dans la société. Elle crée l’équilibre entre la reconnaissance du droit à une identité propre, le respect des convictions individuelles et le lien social.

En articulant unité nationale, neutralité de la République et reconnaissance de la diversité, la laïcité fonde, au-delà les communautés traditionnelles de chacun, une communauté de destin appuyé sur des valeurs communes, une volonté et un désir de vivre ensemble.

Cela implique de la République et des citoyens des droits et des devoirs.

Quand la laïcité est menacée, la société française l’est dans son unité, dans sa capacité à offrir un destin commun.

Au fil de l’histoire, des lois ont marqué l’affirmation juridique du principe de laïcité. Certaines ont été nécessaires quand il s’est trouvé en danger. Il nous faut, en la matière, faire preuve de lucidité.

Il en a ainsi été de la loi n° 2004-228 du 15 mars 2004 interdisant le port de signes ou tenues pour lesquels des élèves manifestaient ostensiblement leur appartenance religieuse au sein d’un établissement scolaire.

Elle s’inscrivait dans le prolongement du rapport et des recommandations de la commission de réflexion, dite ‘’Commission Stasi’’ sur l’application de principe de laïcité, remis au Président de la République, Jacques Chirac, le 11 décembre 2003.

Nous sommes aujourd’hui confrontés, dans les quartiers de nos villes, au port par certaines femmes musulmanes de la burqa, voilant et enfermant intégralement le corps et la tête dans de véritables prisons ambulantes ou du niqab qui ne laisse apparaître que les yeux.

Si le foulard islamique constituait un signe distinctif d’appartenance à une religion, nous sommes là au stade extrême de cette pratique.

Il ne s’agit plus seulement d’une manifestation religieuse ostentatoire mais d’une atteinte à la dignité de la femme et à l’affirmation de la féminité.

Vêtue de la burqa ou du niqab, elle est en situation de réclusion, d’exclusion et d’humiliation insupportable. Son existence même est niée.

La vision de ces femmes emprisonnées nous est déjà intolérable lorsqu’elle nous vient d’Iran, d’Afghanistan, d’Arabie Saoudite ou de certains autres pays arabes. Elle est totalement inacceptable sur le sol de la République française.

Nous savons, en outre, qu’à cette tenue vestimentaire dégradante s’ajoute une soumission à son époux, aux hommes de sa famille, une négation de sa citoyenneté.

Il faut se rappeler les professions de foi de l’imam Bouziane, en avril 2004, en faveur des châtiments corporels pour les épouses adultères, sur fond de diatribe idéo anti-occident, d’un racisme anti-blanc, anti-France.

Le Conseil d’Etat, dans un arrêt du 27 juin 2008, a eu à statuer sur le cas d’une personne de nationalité étrangère, à qui le gouvernement avait opposé son refus d’acquisition de la nationalité française par mariage (articles 21-2 et 21-4 au Code civil). Il a considéré que l’intéressée avait adopté "au nom d’une pratique radicale de sa religion ; un comportement en société incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française et notamment avec le principe d’égalité des sexes".

Le Conseil d’Etat a conclu que la requérante ne remplissait pas la condition d’assimilation posée par le Code civil.

La commissaire du gouvernement avait, en effet, relevé qu’elle portait le voile islamique intégral et vivait recluse soumise totalement aux volontés des hommes de sa famille.

Par ailleurs, la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) a eu à se prononcer sur le cas d’une autre femme musulmane revêtue de la burqa lors d’une formation linguistique dispensée par l’agence nationale d’accueil des étrangers et des migrations (ANAEM) dans le cadre d’un contrat d’accueil et d’intégration.

Le directeur de l’ANAEM a interrogé la HALDE sur le point de savoir si l’obligation faite aux personnes suivant cette formation de retirer la burqa ou le niqab était conforme aux exigences des articles 9 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Par une délibération du 15 septembre 2008, la HALDE a décidé qu’une telle obligation était conforme à la dite convention.

Elle aboutit ainsi aux conclusions suivantes :

 la burqa comporte une signification de soumission de la femme qui dépasse sa portée religieuse et pourrait être considérée comme ‘’portant atteinte aux valeurs républicaines présidant à la démarche d’intégration et d’organisation de ces enseignements, obligatoires pour les étrangers admis pour la première fois en France,

 l’obligation de retirer le niqab ou la burqa pourrait être justifiée par des buts légitimes qui sont les exigences de la sécurité publique, d’identification des personnes ou encore la protection des droits et liberté d’autrui.

Ces jurisprudences sont utiles mais ne sauraient suffire à faire face à ces pratiques que nous ne pouvons tolérer en France.

C’est pourquoi il est proposé que l’Assemblée nationale se saisisse de ce dossier et que soit créée une commission d’enquête.

Elle s’inscrira dans la poursuite du travail de la ‘’Commission Stasi’’, qui, déjà en 2003, relevait les menaces qui pesaient sur les libertés individuelles et la grave régression de la situation des jeunes femmes.

Celle-ci aura pour mission de dresser un état des lieux et de définir des préconisations afin de mettre un terme à cette dérive communautariste contraire à nos principes de laïcité, à nos valeurs de liberté, d’égalité, de dignité humaine.

Sous le bénéfice de ces observations, Mesdames, Messieurs, il vous est demandé de bien vouloir adopter l’article unique de cette proposition de résolution.

Proposition de résolution

Article unique

Il est créé une commission d’enquête parlementaire de trente membres afin de dresser un état des lieux de la pratique du port de la burqa ou du niqab par certaines femmes musulmanes, de mieux comprendre le phénomène et de définir des propositions afin de lutter contre ces méthodes qui constituent une atteinte aux libertés individuelles sur le territoire national.

Elle doit rendre son rapport le 30 novembre au plus tard.

 

Téléchargement de pièces jointes :

00001.1832.prop_resolution_burqa.pdf source

http://www.andregerin.com/index02.html

 

publié sur http://www.ripostelaique.com/Le-probable-marchandage-islamo.html

 

Par Riposte laïque - Publié dans : Société - laïcité et religion
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Vendredi 19 juin 2009

 

Les communistes historiques du 14ème arrondissement de Paris expulsés de leur local par la direction du PCF

mardi 16 juin 2009

Communiqué de la majorité des communistes du 14ème

Paris, le 14 juin 2009

A peine les bureaux de vote fermés, le PCF, obligé de se cacher derrière le Front de Gauche pour obtenir deux députés européens, a franchi une étape supplémentaire dans le bradage du patrimoine acquis par des générations de communistes.

Mardi 9 juin, le service d’ordre du PCF 75, prétendant être une entreprise de surveillance à la solde du nouveau propriétaire, a forcé les serrures de notre local du 149 rue du Château et empêché nos camarades arrivés sur place de rentrer. Ils ont embarqué leurs affaires personnelles et celles de notre collectif. Au-delà de l’effraction et du vol, c’est surtout une méthode inacceptable de règlement des conflits politiques.

Ceux qui ont agi sur ordre doivent comprendre qu’ils se sont rendus complices d’une action contre des camarades, dont certains sont venus en renfort lors des manifestations ou lors de la fête de l’Huma. Quelques soient les raisons qu’on leur a donnés, cela pose la question des limites de l’obéissance.

La vente de ce local acheté en 1975 et entretenu exclusivement par les militants communistes du 14ème arrondissement est d’autant plus choquante que la direction du PCF et la société/écran propriétaire « officiel », n’ont jamais versé le moindre centime. Aujourd’hui, ils prétendent rafler la mise et spolier les communistes du 14ème du bien pour lequel ils ont fait tant de sacrifices.

Trouver des liquidités immédiatement, plutôt que de créer les conditions d’une activité locale ayant pour objectif le changement de société, telle est la préoccupation actuelle de la direction du PCF. On peut se demander si les communistes parisiens ont encore des capacités de contrôle de l’utilisation de leur patrimoine.

Depuis plusieurs années, la majorité des communistes du 14ème arrondissement est en désaccord avec les orientations prises lors des derniers congrès de ce qu’était notre parti. Pour autant, elle a permis à la minorité, rejointe par des apports extérieurs à l’arrondissement, l’accès au local pour y mener l’activité qu’elle voulait. Ian Brossat, actuel président du groupe communiste au Conseil de Paris, s’est ainsi construit sa notoriété pour se faire ensuite élire dans le 18ème sur recommandation du PS.

Dans notre dos, cette minorité, qui n’a jamais participé au paiement de la moindre facture, a donné son accord pour la vente. Mais le pire, c’est qu’aucun d’entre eux n’a eu la décence de nous prévenir du coup de force imminent alors qu’ils avaient déjà déménagé leurs propres affaires. Alors que ce local était mis à leur disposition gratuitement dans des conditions de bonne entente, leur lâcheté politique va compliquer les rapports dans l’arrondissement.

La stratégie du front de gauche, en totale cohérence avec les orientations mises en œuvre depuis plusieurs congrès, conduit inexorablement à l’effacement du Parti Communiste. Il est primordial que les communistes, adhérents du PCF ou non, au-delà du XIVème, aient connaissance des agissements d’opportunistes politiques qui donnent le sentiment de se préparer à partir avec la caisse pour de nouvelles aventures politiciennes. Pour cela, ils ont recours aux mêmes méthodes que les affairistes immobiliers sans scrupules. C’est le pourquoi du coup de force dans le 14ème et du procès intenté aux camarades du 1er/2ème.

D’ores et déjà, nous prenons toutes les dispositions pour informer largement de la situation vécue à Paris et examinons tous les recours juridiques possibles même si c’est sur le terrain politique que nous aurions préféré régler la question.

Les communistes historiques du 14ème

Regroupés désormais au sein de l’association « COCOS 14 »

Article paru sur http://www.comite-valmy.org/

 

Par Valmy - Publié dans : Articles politiques
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Mardi 16 juin 2009

COMMUNIQUE FRANCE AMERIQUE LATINE

HALTE AU MASSACRE DES COMMUNAUTES INDIGENES DE L'AMAZONIE PERUVIENNE


Depuis 57 jours les populations indigènes de l'Amazonie péruvienne mènent une grève générale  pacifique, en réaction à onze décrets pris par le gouvernement péruvien, favorables aux Traités de Libre Commerce et attentatoires à leurs droits et à l’environnement.

En réponse, le gouvernement d’Alan Garcia a lancé vendredi 5 juin à l’aube une attaque d’une violence incroyable sur les manifestants qui occupaient depuis 10 jours la route Belaunde Terri, dans l'endroit nommé la « Curva del Diablo », dans le département d'Amazonas, au nord du pays.

Selon les dernières informations dont nous disposons, cette attaque a causé la mort de trente deux personnes dont 25 indigènes et 7 policiers. La police et l'armée ont lancé depuis des hélicoptères des bombes lacrymogènes et ont tiré sur les manifestants, ces derniers se sont défendus.

Ce massacre s'est produit quelques heures après que le congrès péruvien ait pour une énième fois  reporté le débat sur l'abrogation des décrets législatifs incriminés. Le gouvernement d’Alan Garcia refuse en effet d'entamer un dialogue réclamé par les communautés indigènes depuis le début de la crise.

Selon la presse un mandat d'arrêt à été lancée contre tous les dirigeants de l'Association Interethnique pour le Développement de l'Amazonie Péruvienne (AIDESEP), dont Alberto PIZANGO son président, que le gouvernement d'Alan Garcia accuse de comportements de délinquant.

Ce n'est pas la première fois que Alan Garcia se rend responsable d'un massacre sur des populations civiles, lors de son premier gouvernement il s’était illustré en 1986 par le massacre des prisonniers du « Fronton ».

France Amérique Latine condamne fermement ces crimes, et demande que toute la lumière soit faite sur la responsabilité du gouvernement d'Alain Garcia, commanditaire de cette intervention armée.

France Amérique Latine exige du gouvernement péruvien :

-          l’arrêt immédiat de la persécution des dirigeants de l'AIDESEP,

-          le retrait des décrets incriminés,

-          la suspension de l’Etat d’urgence,

-         vérité, justice et réparation pour les victimes

Au moment où l’Europe est train de négocier des accords commerciaux avec le Pérou, France Amérique Latine demande instamment aux responsables européens et au gouvernement français de condamner le gouvernement péruvien pour ses agissements.

Par FAL - Publié dans : Appels
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