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Vendémiaire

Blog d'actualité politique

Algérie : communiqué du MDS

Publié le 24 Août 2009 par MDS in Maghreb-Machrek

 

 

Toutes et tous contre le despotisme néolibéral


Le pouvoir avoue finalement que le pays est touché par la crise économique. La dynamique de développement reste bloquée. Ce sont surtout les travailleurs, les couches moyennes et les milieux les plus vulnérables qui en paient le prix fort par une dégradation sans précédent de leurs conditions de travail et de leur pouvoir d’achat. Et c’est dans un pays livré à la spéculation que tous devront affronter la flambée des prix durant le ramadhan.

Au lieu de réguler le marché et d’augmenter les salaires, pour éviter l’endettement des familles, le pouvoir interdit le crédit à la consommation. Mais s’il y a un besoin réel de l’intervention de l’Etat pour lutter contre les abus et détournements et réduire certaines importations, il est injustifié de prendre des mesures en culpabilisant les familles et tous les opérateurs économiques. En niant, en plus, que les dérives sont d’abord le fait d’un système incarné par le pouvoir. Au contraire le besoin d’Etat est d’autant plus important qu’une large partie de la population ne se sent pas protégée et qu’elle a vu son niveau de vie chuter. Salariés victimes de l’ajustement structurel, chômeurs désespérant de leur avenir, retraités qui s’inquiètent de leurs pensions qui ne connaissent que de misérables augmentations, tous ont besoin d’un Etat puissant, efficace et qui lutte contre les injustices et les inégalités.

Nous entendons les professions de foi du pouvoir qui affirme son patriotisme économique. Mais dans le même temps il cède un pan de la souveraineté en confiant à des sociétés étrangères une partie des missions des douanes. Pour leur part, certains chefs d’entreprise considèrent que l’on fait des cadeaux aux banques, tandis qu’en proposant une privatisation partielle des entreprises publiques le pouvoir encourage l’investissement de portefeuille plutôt que l’entreprenariat. Le pouvoir continue à créer des effets d’aubaine. La restructuration économique, vantée par les ministres, n’est finalement qu’une accentuation de l’orientation néolibérale condamnée à travers le monde avec la crise financière.

Les mesures que le pouvoir présente comme des avancées restent en deçà des exigences parce que - tout en avouant partiellement la légitimité des revendications portées par le monde de l’économie et la société - il tente de contrarier le changement radical. Mais comment ce pouvoir despotique ne serait-il pas en décalage avec la société alors qu’il refuse de l’écouter? Hier le pouvoir n’a pas consulté les syndicats autonomes pour établir un pacte social, aujourd’hui il ne consulte pas le patronat pour établir la loi de finance. Avec, en plus, leur manque de cohérence les projets du pouvoir restent donc problématiques. Ils provoquent l’incompréhension du patronat et le désarroi des couches populaires auxquelles, en l’absence de perspectives, il ne reste que la harga ou l’émeute.

Le pouvoir, qui défend des intérêts de plus en plus étroits, ne peut pas prétendre engager l’Algérie dans la voie de sortie de la crise, protéger le secteur public du dépeçage et promouvoir l’initiative privée productive, en faveur du développement durable et de l’insertion du plus grand nombre. Ce pouvoir refuse de rompre avec sa ligne despotique néolibérale qui reproduit et parfois aggrave les injustices du système rentier et de l’Etat hybride. Après avoir amnistié unilatéralement les égorgeurs islamistes il se prépare, peut être même, à amnistier les  spéculateurs et les prédateurs qui ont acquis illicitement des fortunes colossales.

Au lieu de placer les milliards du pétrole sur les marchés financiers internationaux l’Algérie doit utiliser ses ressources pour construire une économie productive créatrice de richesses, porteuse du plein emploi et génératrice de progrès et de bien être pour la société. Et la meilleure garantie pour engager un tel processus de rationalisation de l’économie, comme pour l’émancipation de tous les segments de la société, reste l’amélioration des conditions démocratiques générales de la lutte et de représentation politique.

Alger, le 19 août 2009

Le Comité économique et social
MDS 
 Siège 67, Boulevard Krim Belkacem - Alger - Tel/Fax : 021 63 89 12 E-mail: mdscomités@lenouveaudefi.com

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