Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vendémiaire

Blog d'actualité politique

Saddam Hussein pendu… et la démocratie étranglée

Publié le 8 Novembre 2006 par Michel Strausseisen in Moyen Orient-Asie Mineure

Saddam Hussein a été condamné à la pendaison. Peu de gens regretteront ce tyran sanguinaire. Pourtant, comment pourrait-on partager l’enthousiasme d’un George Bush se félicitant d’une « victoire de la démocratie » ? Car tout au long de ce procès, les principes élémentaires de la justice et de la démocratie auront été bafoués.

A commencer par les juges de Saddam Hussein, choisis par le gouvernement américain, ce qui d’emblée a exclu toute idée de procès équitable. Ensuite, il y a eu les pressions incessantes exercées sur les avocats par les autorités américano-irakiennes, les assassinats d’avocats ou de témoins de la défense, l’impossibilité pour les avocats survivants d’accéder aux dossiers de l’instruction, etc., etc. Les irrégularités et les manœuvres honteuses de juges aux ordres ont transformé ce procès en une vaste mascarade, une caricature de justice digne des pires dictatures.

Quand George Bush se réjouit de cette « victoire de la démocratie », sait-il seulement de quoi il parle ?  Ce procès aura été une insulte pour tous les démocrates de la planète. Bush et ses amis ont une curieuse conception de la démocratie : ne viennent-ils pas de faire voter une loi légalisant la torture pour les « terroristes » ? On le sait, le terme de « terroriste », surtout dans la bouche des dirigeants américains, est une notion des plus floues, et n’importe qui pourra se retrouver qualifié de « terroriste » selon les besoins, et surtout selon la nécessité de faire taire les oppositions.

Le but de cette mascarade aura été d’éliminer un témoin gênant, Saddam Hussein, et ses dossiers sur les accords passés avec les Occidentaux, du temps où ceux-ci fermaient les yeux sur ce qui se passait en Irak.

Il reste que cette caricature de justice américano-irakienne fera bien peu, je le crains, pour donner au monde, et pas seulement au monde musulman, une image positive de la démocratie à l’occidentale.

 

Michel Strausseisen

 

 

05-11-06

 

 

Commenter cet article