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Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 22:15

Les mouvements de protestation ébauchés dans plusieurs villes brésiliennes, depuis quelques semaines, ont pris une dimension nationale en sortant de la thématique du prix des transports collectifs pour aborder la question du Brésil que nous souhaitons. La vague de manifestations du lundi 17 juin, qui a rassemblé près de 250 mille personnes, a sans conteste changé la conjoncture politique et sociale.  

 

Il faut entendre ce que les personnes expriment dans la rue, les comprendre et les politiser encore plus. Voilà l’une des premières conclusions tirée par les mouvements sociaux réunis mardi 18 juin.

 

Le mercredi 19 juin a été diffusé un communiqué signé par tous les mouvements sociaux présents à cette rencontre qui s’est déroulée dans le quartier de Lapa, à l’ouest de São-Paulo, pour affirmer leur soutien au Movimento Passe Livre (Mouvement Transports Gratuits-mouvement spontané à l’origine des premières mobilisations, ndt) et aux autres organisations impliquées dans ces mobilisations. Ils ont, en outre, demandé à rencontrer la Présidente Dilma Rousseff afin de présenter l’agenda des revendications des mouvements sociaux, dont beaucoup sont reprises dans les slogans exprimés par les Brésiliens qui ont manifesté le 17 juin. Les organisations suivantes ont signé cette déclaration : Mouvement des Paysans Sans Terre (MST), Union Nationale des Étudiants (UNE), Conseil Populaire, Mouvement des Impactés par les Barrages (MAB), Union Brésilienne des Étudiants du Secondaires (Ubes), Union des Noirs pour l’Égalité (Unegro) , Marche Mondiale des Femmes (MMM), Centrale des Travailleurs et Travailleuses du Brésil (CTB), Coordination des Mouvements Sociaux (CMS), entre autres.


Selon l’économiste Marcio Pochmann, qui a présenté en ouverture de cette rencontre un panorama de la conjoncture nationale et internationale, le modèle social visant à une meilleure redistribution de la richesse atteint aujourd’hui ses limites, même s’il s’est avéré un levier indispensable pour ceux qui en bénéficient. Il pense que le mouvement qui émerge peut conduire à une polarisation sur la nature du projet pour le pays : “La société brésilienne va devenir beaucoup plus polarisée. Mais cette polarisation est aussi intéressante pour trouver de nouvelles forces, interpeller plus la conscience politique et réfléchir sur vers où nous allons”.


Afin d’illustrer son propos, il a rappelé un épisode de la trajectoire de l’ex-Président Lula, quand, alors que son frère l’avait invité à participer à une assemblée du syndicat en 1970, il lui avait répondu qu’il préférait rester à la maison pour regarder la télénovela. Quelques années plus tard, sollicité pour former un parti politique, il avait répondu par la négative, rétorquant que le syndicat suffisait. “Je veux par là attirer votre attention sur le fait que la prise de conscience est un terrain de lutte. Et que notre rôle réside précisément dans l’interpellation des consciences pour la construction d’une perspective cohérente avec la réalité qui est la notre aujourd’hui ”, a-t-il ajouté.


Selon son analyse, le gouvernement devra maintenant ouvrir une nouvelle voie afin de répondre à des questions telles que “ de quel côté vous vous situez ”. Si l’on veut que le projet d’un pays plus progressiste avance, il faut être conscient que pour qu’un camp gagne la bataille, il faudra bien que l’autre la perde. “La conjoncture a changé et ce nouvel élément [la mobilisation populaire] peut représenter un point d’appui considérable pour faire échec à l’ambition de la droite de neutraliser le gouvernement. C’est un mouvement porteur de l’explicitation des limites du projet politique en cours. Ce qui a été réalisé jusqu’ici allait dans le bon sens mais il faut aller plus loin”, a tenu à préciser Pochmann, qui remarque que les critiques adressées au gouvernement Dilma se sont durcies depuis la fin 2012, orchestrées par l’opposition, en réaction aux mesures prises par le gouvernement fédéral. “Le gouvernement a fait le choix de déclencher la mère de toutes les batailles, qui consiste à affronter le noyau dur du néolibéralisme, à combattre les 20 mille familles vivant de leurs rentes et qui gouvernent le Brésil”.


Dans une interview accordée à Vermelho (organe du Parti Communiste du Brésil, ndt), Edson França, secrétaire-adjoint chargé des Mouvements Sociaux au PCduB et Président de l’Unegro (Union des Noirs pour l’Égalité, mouvement social, ndt), partage les réflexions de Pochmann sur l’essoufflement de l’actuel projet du gouvernement qui s’évertue à essayer de contenter tous les secteurs de la société. “Il est impossible de développer le Brésil en contentant tout le monde, il faudra bien que certains y perdent. Le peuple en demande plus. Et il ne pourra pas l’obtenir si la bataille n’a pas lieu. Le gouvernement doit mettre à profit cette mobilisation pour créer une dynamique qui contribue à faire avancer une politique de développement”, a-t-il précisé.

 

La leçon de la rue


Les mouvements sociaux réunis s’accordent à dire que l’enjeu actuel a dépassé la seule question de l’augmentation des transports publics qui, finalement, n’aura constitué que le déclencheur d’une protestation bien plus vaste. “Nous pouvons constater que nous avons affaire à des secteurs de la société qui se mobilisent par conviction, par mouvement d’opinion. Il convient de ne pas oublier que cette même jeunesse, cette même classe moyenne, est aussi celle qui a combattu la dictature, a animé le mouvement “Diretas já” (
mouvement populaire qui réclamait des élections présidentielles au suffrage universel direct au début des années 80 à l’époque de la dictature, ndt), qui a contribué à la destitution de Collor (Président de droite issu des premières élections au sortir de la dictature au début des années 90, ndt) et qui a, en général, été au cœur des grandes avancées du Brésil, a tenu à rappeler Edson França.


“La rue nous apprend beaucoup et nous amène à réfléchir. Il incombe au mouvement social organisé, y compris l’UNE, de s’inscrire activement dans ce mouvement, de lui donner le plus possible un contenu politique et de travailler à l’élaboration d’une plate-forme qui permette au peuple de tirer le meilleur profit de cette mobilisation”, a souligné Edson França, en rappelant que les mouvements spontanés finissent toujours par se heurter à leurs limites naturelles.


Luana Bonone, Présidente de l’Association Nationale des Doctorants (ANPG), s’interroge sur la pertinence du grand pari fait sur l’augmentation de la consommation qui n’a pas suffi à faire décoller la croissance et qui, en outre, n’aura pas contribué à une plus grande culture politique. “Des mesures hardies s’inscrivant dans un projet propre au pays ont besoin d’un fort soutien populaire. Par rapport à la situation actuelle, je ne perçois pas encore une élévation significative de la conscience sociale. Même si l’on décèle des éléments symboliques traduisant des avancées, comme l’essor du rôle des femmes et des travailleurs dans le champ politique. J’estime qu’il importe également de préciser le concept de citoyenneté en y incluant des principes sur la qualité de vie tels que les droits à un logement digne, une éducation de qualité, l’accès à la santé et des transports collectifs à la hauteur des besoins”, a déclaré Luana lors de cette rencontre.


Pour tous les mouvements sociaux réunis à cette occasion, le moment politique actuel ne s’éteindra pas même avec la réduction des prix du transport collectif. “Il s’agit là d’une partie significative de la population. Nous ne pouvons pas l’ignorer. Ce sont des jeunes qui ont su mettre en échec l’agenda réactionnaire très présente lors de l’élection présidentielle et qui a perdu des forces, confrontée à des mobilisations au moment de l’élection municipale de São Paulo”, a rappelé le Président de l’Unegro, en faisant référence à des mouvements comme “Existe Amor em SP” (Il existe de l’amour à São-Paulo, mouvement né d’un festival et qui milite pour le mieux vivre ensemble à São-Paulo, ndt).

 

La société de la connaissance


Dans son exposé, Marcio Pochmann a rappelé le contexte que vit l’actuelle société post-industrielle, avec de nouvelles formes d’organisation du travail, en grande partie dans le secteur tertiaire (70%) qui se voit soumis à un “processus d’exploitation exorbitant” qui conduit, de plus en plus à une intensification de la journée de travail. À l’inverse de la production de biens matériels qui a besoin d’un lieu défini pour se mettre en œuvre, les biens immatériels peuvent être produits n’importe où avec pour conséquence une extension des heures de travail.


Une étude réalisée au Royaume-Uni auprès des travailleurs du secteur des services, que utilisent les nouvelles technologies de l’information, montrent qu’ils ont perdu ce que l’on appelait la “semaine anglaise » - 8 heures de travail, 8 heures de repos et 8 heures de vie de famille. Aujourd’hui ces personnes se déconnectent de ces technologies le samedi après-midi et se rebranchent dès le dimanche matin. Soit en réalité, « ils ne se déconnectent pratiquement plus de leur travail ».  


“Nous pensions que dans la société de la connaissance les nouvelles technologies nous offriraient plus de temps libre. Or ce que nous constatons, c’est que personne n’a plus de temps pour rien. Cette société de la connaissance ouvre la voie de nouvelles batailles pour la réduction drastique du temps de travail”, fait remarquer Pochmann, soulignant que l’éducation, structure de cette nouvelle société doit être repensée et bénéficier de plus d’investissements.


“La situation actuelle n’est pas justifiable. Les 500 plus grands groupes transnationaux qui dominent le marché mondial, avec 50% du PIB, développent de plus en plus leurs propres systèmes de formation. La Petrobras (Grand groupe pétrolier brésilien, ndt), par exemple, dépense R$ 400 millions de reais (environ 135 M€, ndt) par an en formation. Le Ministère du Travail dépense lui 125 millions de reais (près de 42 M€) pour tous les travailleurs du Brésil”, a-t-il souligné.

 

 

Par Deborah Moreira, du  Portail Vermelho 

18/06/2013

http://www.vermelho.org.br/noticia.php?id_secao=8&id_noticia=216487

 

Traduction Pedro DA NOBREGA

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