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L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 14:11

En lisant des courriels d'amis, et des blogs de personnes que j'estime, je suis souvent frappé par la difficulté, voire par l'impossibilité de considérer d'une façon dialectique les événements de ce monde tourmenté. On intériorise en fait, plus ou moins clairement, le sentiment qu'il faut choisir son camp. Noir ou Blanc.

Je ne parle pas des "Chiens de garde" de la pensée unique qui sévissent toujours sur les ondes, à la télé, dans la presse "comme il faut", qui tranchent du bon et du mauvais. Je ne parle pas de l'exalté au col ouvert, maître de toutes les batailles. 

Non, je le répète, je parle de personnes que j'estime.

Quelques exemples ?

- D'aucuns pensent par exemple que tout régime s'opposant à "l'impérialisme américain" est par définition du bon côté.

À quoi d'autres répondent en alignant la liste des "despotes" de Cuba, d'Iran, de Syrie et du Venezuela (celui de Lybie manque à l'appel, et pour cause). À choisir, mieux vaut donc "l'impérialisme américain"...

- D'aucuns pensent par exemple que l'actuel pouvoir syrien est un "bon pouvoir", laïque, respectueux des minorités religieuses, et que toute opposition à ce pouvoir est gangrenée d'islamisme néfaste et intolérante. Donc condamnable.

À quoi d'autres répondent (et ce sont souvent les mêmes que les "autres" précédents) que contre un tyran on ne fait pas la fine bouche. L'avenir fera le tri dans les opposants.

- D'aucuns pensent que l'intervention en Libye, (initialement présentée comme devant éviter un massacre à Benghazi, puis menée pour abattre, au sens propre, le récent hôte de l'Élysée), a été criminelle, a finalement déstabilisé toute la région et fourni en armements les fous de Dieu du désert que combat l'armée française.

À quoi d'autres (en général les mêmes que précédemment) répondent que justice devait être faite et a été faite, et que dorénavant la démocratie se met en place. Il lui faudra du temps, comme il a fallu du temps à la nôtre au XIXe siècle. 

- Et, s'il faut remonter plus loin dans le temps, de la même façon d'aucuns pensaient que l'intervention en Irak, justifiée de mensonges énormes, était illégitime et criminelle.

À quoi d'autres répondaient que, armes de destruction massive ou pas, le combat pour la démocratie l'exigeait.

Etc., etc.

 

Il est bien sûr facile de s'en sortir en refusant cette dichotomie, en renvoyant tout le monde dos à dos, et s'en allant cultiver son jardin. D'autant qu'il s'agit de conflits où, même si des soldats et des intervenants français peuvent être engagés, nous ne sommes pas concrètement partie prenante en tant qu'individus, en tout cas pour le moment.

Il est possible également de jouer le rôle du Sage, en refusant de distribuer les bons points d'un côté et les mauvais de l'autre, mais en commentant, le cul "dialectiquement" sur son fauteuil, les bons points à mettre également au crédit des "Noirs" et les mauvais points à mettre également au crédit des "Blancs", "Noir" s'entendant pour le supposé pire, et "Blanc" pour le supposé angélique. Il y a du bon et du mauvais partout, etc.

Il semble évident que ces deux confortables solutions de facilité ne sont pas exactement de vraies solutions. Quand la crise mûrit, puis éclate, il faut bien choisir, et savoir choisir... Bien sûr, choisir après coup (comme les résistants de septembre 1944) est tout à fait facile.

Mais je ne pense pas ici à ces opportunistes minables. Je pense à des exemples que ma mémoire familiale et celle de mon épouse nous apportent. Ainsi :

- Ce vieil artisan communiste distribuant à l'automne 1940 au péril de sa liberté (et il le paiera effectivement par un long internement) un tract expliquant que la guerre entre l'Allemagne et la Grande Bretagne était une guerre entre impérialistes dans laquelle la France en armistice n'avait pas à choisir son camp.

- Ce grand père de vieille tradition anarchiste jurassienne qui s'indignait que son beau-fils et sa fille planquent deux aviateurs américains scrashés, parce que, disait-il, les Américains sont des salauds qui ont assassiné Sacco et Vanzetti... [ Sacco e Vanzetti ]. On peut sourire, mais cet homme, le type même du prolo autodidacte, avait mis ses principes en accord avec ses choix, en désertant en 1914, et pour la durée de la guerre, non par peur du combat, mais par refus de la guerre impérialiste...

À coup sûr, le tribunal de l'Histoire, distributeur des lauriers, ne rangera pas ces deux hommes parmi les nominés... Il n'empêche...

Comme naturellement, dans les affrontements dichotomiques que j'évoquais en commençant, reviennent souvent les évocations de ce qui a été fait et de ce qu'il aurait fallu faire dans des époques plus lointaines, celle qui précéda la seconde guerre mondiale en particulier, il m'arrive, pour mieux comprendre la complexité des dilemmes et des choix actuels, de réfléchir à ce que mes parents ont pu comprendre de la situation de l'immédiat avant guerre de 1939, à un moment où la politique internationale n'était pas qu'un sujet de discussion gratuite, mais où elle engageait l'avenir de chacun. J'y reviendrai. 

 

René Merle

 

http://rene.merle.charles.antonin.over-blog.com/article-choisir-son-camp-116873203.html

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