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Vendémiaire

Blog d'actualité politique

Déclaration publique du Syndicat CGT de l’Hôpital Saint-Vincent-de-Paul

Publié le 7 Décembre 2009 par BG MGB in Syndicalisme

Le 49e Congrès de la CGT qui se tient du 7 au 11 décembre à Nantes et le document d’orientation proposé à discussion dans l’ensemble des syndicats CGT ont suscité de nombreux débats parmi les militants de la base. ENFIN, pourrait-on dire, ces débats ont porté sur des questions de fond, ce qui n’est pas arrivé à la CGT depuis bien longtemps.

En effet, il semble qu’il y ait à la CGT d’une part des « penseurs » et autres « experts/collaborateurs » qui s’autorisent d’eux-mêmes à définir les repères revendicatifs et les modalités d’action, et d’autre part les militants de terrain, cantonnés au quotidien, qui seraient, eux, tout juste bons à porter des orientations imposées d’une manière ou d’une autre. Le fossé qui se creuse de plus en plus entre la direction confédérale et les bases syndicales par rapport à leurs préoccupations quotidiennes ne peut que nuire à terme à l’unité de toute la CGT.

« L’appareil bureaucratique des syndicats s’oppose aux intérêts des travailleurs. Il faut casser ces structures, quitter les bureaux et aller voir les gens. »

Alexandre Iakovlev, dans la Vie Ouvrière du 9 avril 1990 (in Un siècle de Vie Ouvrière de Denis Cohen et Valère Staraselski, préface de Bernard Thibault, Le cherche midi éditeur).

La plupart du temps, les militants de terrain doivent combattre les nombreuses attaques portées contre les travailleurs sans soutien explicite de la « hiérarchie cégétiste », voire parfois contre l’avis de cette même hiérarchie. Par exemple, l’absence d’action confédérale visible depuis la clôture du 48ème Congrès jusqu’à la lutte au sujet des régimes spéciaux de retraites, alors que les attaques se sont succédées (loi sur les heures supplémentaires, service minimum, fusion GDF/Suez, déstructuration du Code du Travail, franchises médicales, suppression d’un fonctionnaire sur 2,…), a été à cet égard significative.

 

Concernant le document d’orientation, il n’y a pas un mot sur la défense du statut de la fonction publique, encore moins sur le statut de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, au moment même où celui-ci est remis en cause par l’adoption de la loi Hôpital Patients Santé Territoire (dite loi Bachelot) votée en juin dernier, alors que nous sommes fonctionnaires de la Fonction Publique Hospitalière.

On peut y lire avec surprise la création d’une « maison commune des retraites »

Au moment où le gouvernement met à l’ordre du jour les retraites pour 2010, que le conseil d’orientation des retraites doit paraître en février 2010 avec la proposition d’un régime unique « par point » pour tous les salariés, aucune allusion n’est faite sur les régimes particuliers de retraites comme le nôtre, la CNRACL , adossée au code des pensions civiles et militaires. Par contre, on nous parle d’une « Maison Commune des Retraites » ce qui nous parait plus inquiétant voir dangereux.

 

Concernant le Rapport d’activité, les journées d’action à répétition et par corporation ne font qu’isoler et épuiser les salariés, laissant au gouvernement les mains libres pour passer toutes ses « contre-réformes ».

 

Concernant «  La Réforme des structures », nous sommes pour le maintien de notre Union Syndicale AP-HP et notre Fédération Santé.

Nous craignons de voir dans la modification de nos structures et de nos règles de fonctionnement une évolution vers un centralisme qui interdirait aux syndicats toute opinion différente du futur bureau confédéral. Il est certain qu’avec un tel centralisme la position de la CGT sur le projet de constitution européenne n’aurait probablement pas été le NON qui s’est révélé victorieux. D’ailleurs, on peut d’ores et déjà noter que la satisfaction affichée par la Confédération Européenne des Syndicats (CES) lors de la ratification du Traité de Lisbonne par les parlementaires français n’a pas soulevé de désapprobation de la part de la Confédération CGT

 

Concernant les candidatures à la commission exécutive confédérale et à la commission financière de contrôle nous récusons Nadine Prigent et Bernard Thibault.

Les candidat(e)s proposé(e)s le sont dans la perspective de prolonger les orientations à partir d’un bilan d’activité validé. La valeur individuelle de chacun et chacune n’est pas en cause, mais si nous considérons, à partir du bilan, que nous ne devons pas poursuivre dans les mêmes orientations (celles qui nous sont proposées), nous ne pouvons voter positivement pour confier des responsabilités à des camarades qui vont organiser ce que nous ne voulons pas.

 

 

D’une façon générale, nous votons contre le document d’orientation qui en réalité entérine une politique de collaboration, avec l’actuelle politique ultra-libérale en particulier, avec le capitalisme en général. Nous votons contre parce que nous défendons un autre projet de société que celui du libéralisme.

Notre action en tant que militants de terrain est certes une action syndicale, non politique au sens propre. Mais il est bien évident que s’opposer à une politique qui met en place l’asservissement généralisé et aggravé des travailleurs, c’est faire de la politique.

Si le syndicalisme au quotidien est essentiellement fait de négociations, d’échanges argumentés, de compromis, nous ne pouvons accepter un document d’orientation qui transforme une pratique sociale nécessaire en orientation idéologique, c’est-à-dire en but politique.

Nous savons tous que du compromis à la compromission, que de la négociation à la collaboration, il n’y a qu’un pas. Il nous paraît donc très dangereux que ce texte d’orientation laisse le champ libre aux compromissions et à la collaboration avec le capitalisme. En effet, nous devons prendre en compte qu’il ne s’appuie sur aucun arrière-plan idéologique solide, c’est-à-dire sur aucun projet de société clairement défini. De ce fait, il est susceptible d’être l’objet de toutes les manipulations, y compris de la part des défenseurs du libéralisme de droite comme de gauche.

C’est un risque que pourrait peut-être prendre des politiciens mais que nous ne pouvons pas prendre en tant que syndicalistes, sachant qu’en fin de compte les travailleurs en seraient les premières victimes, ce qui ne ferait qu’aggraver encore plus le coût social et humain du libéralisme.

 

Le Syndicat CGT de l’Hôpital Saint-Vincent-de-Paul votera donc CONTRE l’ensemble du document d’orientation présenté au 49e Congrès de la CGT et déposera une motion en ce sens.

 

Nous continuerons sur le terrain notre engagement dans le syndicalisme CGT au service des syndiqués et de nos collègues pour défendre leurs intérêts et promouvoir nos revendications pour l’amélioration des conditions de travail (salaires, emploi, avenir du service public, etc.). Nous continuerons d’autant plus que notre action se déroule dans le cadre de la fermeture de notre hôpital, ce qui accentue de jour en jour toutes les difficultés auxquelles sont confrontés les patients et le personnel.

 

 

Pour le Syndicat CGT de l’Hôpital Saint-Vincent-de-Paul, les rédacteurs

Bernard Giusti – Monique Gauthier-Blanchet

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