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La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

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L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 11:36

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/  

 

Loin le temps où la « gauche » italienne se félicitait du départ de l'industriel fantasque Silvio Berlusconi, et accueillait avec bienveillance l'ancien commissaire européen, le conseiller de Goldman Sachs, Mario Monti.

 

Placé directement par Bruxelles à la tête d'un gouvernement technocratique non-élu, avec la complicité de la classe politique italienne, droite et gauche confondue, le rôle du gouvernement Monti était de mettre en place les mesures d'austérité draconiennes, dictées par Bruxelles, et dont la gauche démocrate et la droite libérale n'assumaient pas la mise en œuvre.

 

Neuf mois après son intronisation, Mario Monti a annoncé ce week-end un nouveau plan d'austérité, le cinquième en deux ans, chiffré à 26 milliards d'euros sur trois ans, le deuxième plan « Monti » après celui adopté à la fin 2011, s'élevant à 78 milliards.

 

Un nouveau plan d'austérité qui surpasse l’œuvre de démolition sociale de Berlusconi

 

Un plan qui se construit sur quatre axes principaux qui vont toucher uniquement les travailleurs, surtout les plus modestes, et épargner les grandes entreprises italiennes.

 

Premier axe, l'augmentation des impôts les plus injustes. La TVA sera rehaussée de 20 à 23% en juillet 2013, soit après des élections législatives qui s'annoncent sensibles.

 

Deuxième axe, les coupes dans les budgets de la fonction publique, avec une baisse générale de 10% du nombre des fonctionnaires.

 

L'état de la santé régionalisée, déjà en péril, va devenir critique avec de nouvelles coupes de 5 milliards d'euros, après celles de 5 milliards l'an dernier. 18 000 hôpitaux devraient être supprimés d'ici la fin de l'année. Aucun secteur ne sera épargné, ni la défense avec une réduction des effectifs de 10%, ni la justice avec la fermeture de 75 tribunaux ni même l'éducation enfin où 4 000 postes devraient être supprimés.

 

Troisième axe, achever la régionalisation en achevant les régions. Outre les coupes dans les services publics régionalisés, le gouvernement prévoit de vider de son sens l'échelon provincial, équivalent de nos départements, en éliminant la moitié des provinces (60 sur 110), réalisant autant d'économies avec le reclassement et licenciement des agents provinciaux.

 

Quatrième axe, les grandes réformes structurelles contre les travailleurs. Ce que Berlusconi n'a jamais pu faire, Monti va le faire.

 

D'une part, la grande réforme des retraites, avec le passage du nombre d'années de cotisation de 40 à 42 ans, la hausse de 60 à 66 ans pour le départ à la retraite des femmes, le calcul des pensions sur l'ensemble de la carrière et non les dernières années, le gel de l'indexation des retraites sur l'inflation.

 

D'autre part, la réforme du marché du travail, qui va renforcer la précarisation de millions de travailleurs italiens. En effet, la réforme visait à faciliter les licenciements pour les entreprises, remettant en cause l'article 18 de la Constitution interdisant les « licenciements sans motif valable », et également à instaurer comme norme pour l'embauche des jeunes travailleurs le contrat d'apprentissage.

 

Une opposition de façade de la « gauche » parlementaire et des syndicats de concertation sociale à un an des élections

 

Face à cette offensive frontale vis-à-vis des droits des travailleurs, l’attitude des partis, représentants du patronat et surtout des salariés n'est pas sans hypocrisie.

 

Du côté des partis, à un an des élections législatives, c'est un double discours général avec une opposition de façade émanant du Parti démocrate de centre-gauche, mais aussi des rangs du parti du Peuple des Libertés de Silvio Berlusconi.

 

Le Parti démocrate (PD) atteint des sommets d'hypocrisie. Alors qu'il fut le premier parti à soutenir le « gouvernement technocratique » en novembre destiné à lancer les grandes « réformes structurelles » dictées par l'UE, que ces députés avaient massivement voté la confiance (556 sur 630 députés en tout, seule la Ligue du Nord l'avait unanimement refusé), à moins d'un an des élections le ton change.

 

Le PD dénonce désormais les coupes dans la santé, la fermeture des tribunaux et construit, en pleine complicité avec la CGIL des axes de lutte artificiels sur les grandes batailles des retraites et du code du travail, destinés à « négocier » des réformes aménagés.

 

Car c'est du côté des syndicats, et en premier lieu de l'ancien syndicat de classe lié aux communistes, aujourd'hui courroie de transmission du PD, la CGIL, que l'opposition de façade au gouvernement Monti est la plus manifeste.

 

Les syndicats jaunes de la CISL (catholique) et de l'UIL (social-démocrate) feignent de dénoncer un plan d'austérité dur pour mieux faire accepter l'idée de son inévitabilité et surtout de le négocier et de l'amender, dans le cadre du dialogue social. Un discours repris par la CGIL, pourtant historiquement syndicat de classe.

 

Il faut rappeler que la CGIL avait accueilli plutôt favorablement, au nom de l'anti-berlusconisme officiel mais aussi du passé européen de M.Monti, le nouveau gouvernement, censé offrir une phase de réformes structurelles nécessaires négociés avec les partenaires sociaux.

 

Susanna Camusso a même participé à la première phase de négociation de la réforme du code du travailavec la ministre du travail Fornero et l'ex-secrétaire de la Confindustria (MEDEF italien) Marcecaglia.

 

Aujourd'hui, elle est présentée comme la première opposante, main dans la main avec le PD, à un plan d'austérité présenté comme un plan de « coupes », une « boucherie sociale ». La réalité des positions de la CGIL est beaucoup plus nuancée.

 

D'étranges convergences entre le patron des patrons et la numéro 1 de la CGIL

 

C'est ce que révèle une étrange rencontre entre la secrétaire de la CGIL et le nouveau leader de la Confindustria Giorgio Squinzi, lors de rencontres organisées par la CGIL (CGIL Incontri) à Serravalle Pistoiese, où les deux « partenaires sociaux » se sont trouvés d'étonnantes convergences vis-à-vis de l'action du gouvernement Monti.

 

Camusso et la CGIL opposés aux réformes Monti ? Donnons-lui la parole :

 

·         Sur la révision et la coupe des dépenses (spending review) publiques : « Je n'ai jamais été contre la spending review, si on l'entend comme une révision des dépenses. Les coupes doivent être ciblées et non linéaires ». Giorgio Squinzi a partagé entièrement l'avis de Camusso ;

 

·         Sur la réforme des retraites, la CGIL attaque la forme et non le fond de la réforme. Elle dénonce le cas des près de 300 000 travailleurs qui devaient partir à la retraite et se voient contraints de travailler deux ans de plus mais pas l'idée même d'augmenter les années de cotisations, ou de reculer l'âge de départ à la retraite ;

 

·         Sur la réforme du code du travail, la CGIL ne s'attaque encore une fois non au fond mais à la manière dont la réforme est mise en œuvre. « La réforme doit être modifiée, les amendements que nous avons émis pris en compte ». Avec l'acquiescement du patron des patrons, Camusso insiste bien sur la nécessaire simplification des contrats de travail ;

 

·         Sur le dialogue social, Susanna Camusso regrette que ce gouvernement « ne veuille pas discuter avec les partenaires sociaux, les impliquer dans le processus », autrement dit dans l'élaboration des contre-réformes. Naturellement, le patron de la Confindustria partage cet avis : « Il faut aujourd'hui plus de dialogue social » ;

 

·         Sur le gouvernement Monti, Camusso critique des « choix iniques sur le plan du travail » mais dresse un bilan général presque positif du gouvernement. « Il faut dire qu'avec ce gouvernement on a regagné une crédibilité internationale, et c'est plus la tournée du cirque Barnum dans toute l'Europe. La lutte contre l'évasion fiscale est aussi une bonne chose, car on en est revenu à un pacte de citoyenneté pour le paiement des impôts ». Dit plus clairement, le gouvernement Monti est de loin préférable au gouvernement Berlusconi, dont les coupes étaient pourtant, proportionnellement sur une dizaine d'années bien inférieures à celles prévues en un an par Mario Monti ;

 

·         Sur l'Europe, Camusso et Squinzi ne font pas que converger, ils parlent d'une seule voix : « Il nous faut les Etats d'unis d'Europe, une Europe politique » ;

 

Les convergences sidérantes entre la numéro 1 de l'ex-syndicat de classe de la CGIL et le patron des patrons ne sont hélas pas une surprise, la fausse opposition aux mesures d'austérité de Mario Monti, masquant l'ampleur des convergences tant sur les grandes réformes structurelles que sur l'adhésion au fédéralisme européen.

 

La ligne de Susanna Camusso, c'est celle de la CES (Confédération européenne des syndicats) financée par la Commission européenne pour promouvoir les idées d'intégration européenne et de dialogue social, contre un syndicalisme de classe.

 

En décembre 2011, Camusso était une des signataires d'un appel lancé par des syndicalistes européens de la CES pour sauver le « modèle social européen ». Un appel pour défendre en réalité et approfondir l'intégration européenne, le dialogue social ainsi qu'un modèle de co-gestion.

 

Ce dont le peuple Italien a besoin aujourd'hui, c'est de la reconstruction d'un Parti communiste italien fort, vingt ans après sa liquidation, capable d'impulser et de diriger des mouvements de lutte contre ce consensus dominant, celui de gouvernements au service du patronat et de l'UE, et de syndicats réformistes et de dirigeants politiques dits de gauche, collaborant à la mise en œuvre de cette politique.

 

Pour nous français, alors que François Hollande s'est réclamé dans la campagne de l'exemple courageux de Mario Monti, l'heure est à la vigilance face à la politique de « rigueur » qui s'annonce, mais aussi face aux fausses oppositions qui pourraient se manifester.

 

http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-en-italie-la-gauche-parlementaire-et-les-partenaires-sociaux-cgil-en-tete-jouent-l-opposition-108044635.html

 

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Published by Vendémiaire - dans Europe
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