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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 17:43

 Article publié dans L’Humanité le 2 juillet 2013.

Par Jacques Nikonoff et Jean-Claude Danglot*


Six membres de la commission économie du PCF ont publié une tribune dans L’Humanité du 13 juin 2013 intitulée « Contre l’austérité en Europe, luttons pour un autre euro !  ». Leur plaidoyer en faveur de la monnaie unique est particulièrement peu convaincant. Les erreurs techniques et politiques sont nombreuses, la clarté de la pensée et de l’expression font défaut.

1.- Sortir de l’euro serait « rester isolé face aux marchés financiers et à la spéculation déchainée  ». C’est exactement l’inverse. C’est aujourd’hui que nous subissons les marchés financiers et la spéculation. Y mettre un terme nécessite de les démanteler. Pour y parvenir la sortie de l’euro est impérative car la monnaie unique est l’agent propagateur et amplificateur des crises et de la spéculation. L’État ne doit plus passer par les marchés financiers pour assurer sa trésorerie et les investissements publics, mais faire appel à l’épargne nationale ; imposer aux banques et compagnies d’assurance qui auront été nationalisées l’achat obligatoire de quotas de titres d’État à faible taux ; permettre à la Banque de France de faire des avances au Trésor à taux nul ou non-remboursables. Quant au marché des changes, son contrôle et celui des mouvements de capitaux sont des mesures classiques, simples et très efficaces qui stopperont net la spéculation.

2.- Les 6 économistes du PCF contestent «  l’utilisation qui est faite de l’euro  » et considèrent qu’il ne faut pas sortir de la monnaie unique mais «  lutter pour un autre euro  ». Encore une fois, c’est exactement le contraire qu’il convient de faire. Ce n’est pas «  l’utilisation  » qui est faite de l’euro qui doit être contestée, mais l’euro lui-même. Car il est totalement illusoire de convaincre les vingt-six autres pays d’accepter de réviser le traité de Lisbonne à court ou moyen terme pour faire un «  autre  » euro. La crise, c’est maintenant ! C’est tout de suite qu’il faut la juguler, et cette perspective politique est incompatible avec le temps long que demande un changement des cultures politiques dans les différents pays membres de l’Union européenne.

3.- Il ne faudrait pas sortir de l’euro, car cela entraînerait une dévaluation du franc d’environ 25%, qui renchérirait d’autant le coût de nos importations alors que la France connait déjà un gros déficit de sa balance des paiements (70 milliards d’euros). Cette menace est grossière. En cas d’augmentation des prix de produits importés, beaucoup de consommateurs ne les achèteront plus. Ils rechercheront des produits similaires, mais fabriqués en France à un coût plus faible. Ce sera bénéfique à l’emploi. La sortie de l’euro est la condition nécessaire à la résolution de la crise, mais elle n’est pas suffisante. Il faut aussi :

·         Remettre en vigueur l’échelle mobile des salaires et des prix pour les salariés et retraités.

·         Baisser la facture pétrolière en diversifiant les approvisionnements auprès du Venezuela auquel la France n’achète pas de pétrole. Comme le fait Cuba, la France pourrait payer avec des aides techniques ou des mises à disposition de personnels. La fiscalité compte pour 75% dans le prix du pétrole. Il faut mettre en place un système pour la réduire quand les prix montent.

·         Diminuer les importations car la France importe trop de biens qu’elle pourrait fabriquer elle-même, ou qu’elle fabriquait avant les délocalisations. Il faut produire français, relocaliser et réindustrialiser le pays. Une politique de substitution aux importations est nécessaire, financée par des avances de la Banque de France. Il faudra produire en France des lave-linge, lave-vaisselle, fours à micro-ondes, appareils ménagers, chaussures, textile, meubles, jouets, téléphones portables, téléviseurs…

·         Bénéficier momentanément des effets de la baisse du franc de 25% (grâce à la dévaluation) en augmentant les exportations. Les conséquences seront positives sur l’emploi. Certes, il ne faut pas retomber dans les travers du libre-échange et de la priorité aux exportations. C’est pourquoi la France devra proposer à ses partenaires commerciaux de signer des accords bilatéraux s’inspirant des principes de la charte de La Havane (voir le site du M’PEP).

4.- Il ne faudrait pas sortir de l’euro, car la dette publique, détenue à 60% par des non-résidents, serait renchérie de 25% par la dévaluation. En outre, la dévaluation permettrait à des capitaux étrangers de mettre la main sur certains atouts productifs de la France.

Encore une fois, c’est exactement le contraire qui se produira si la sortie de l’euro s’organise comme nous le préconisons. Pour mettre un terme à la crise, l’annulation de la dette publique est incontournable. Les créanciers remboursés le seront en francs (par création monétaire !). Comme le franc ne sera pas convertible, ces créanciers regarderont ces francs comme une poule regarde un couteau. Ils n’auront qu’une seule solution : acheter des produits français avec les francs qui leur auront été remboursés. Non seulement la dette publique ne connaitra pas de renchérissement, mais elle sera largement annulée, une parte des 50 milliards d’euros de charge de la dette deviendront disponibles pour financer des politiques sociales et des investissements publics.

Quant au risque d’achat d’actifs productifs français par des capitaux étrangers, il est inexistant dans le schéma que nous proposons. Le franc n’étant pas convertible, le contrôle des changes et des mouvements de capitaux étant en vigueur, aucun investisseur ne pourra se procurer des francs sans autorisation de l’État. Par ailleurs, qui sait que l’Allemagne, en avril 2008, a adopté une loi rendant nécessaire une autorisation pour «  tout investissement supérieur à 25% du capital d’une entreprise dans le domaine des "infrastructures stratégiques" et dès lors que l’ "intérêt national" est en jeu  » ? Pourquoi la France n’aurait-elle pas le droit de voter une loi semblable, avec un taux de 1%, et pour toutes les entreprises ?

Prétendre transformer l’Union européenne et l’euro de l’intérieur est un leurre. Pour bâtir un monde meilleur, il faut se libérer des institutions qui servent de piliers à l’ordre néolibéral mondial. Recouvrer sa souveraineté monétaire par des décisions nationales unilatérales est un impératif décisif pour les forces politiques qui souhaitent transformer la société.


Pour une réponse détaillée aux 6 économistes du PCF, suivre le lien : http://www.m-pep.org/spip.php?article3351

·         Jacques Nikonoff est porte-parole du Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP), ancien membre du Collège exécutif du PCF, auteur de Sortons de l’euro, Mille et une nuits, 2011. 

·         Jean-Claude Danglot est ancien sénateur, ex-secrétaire de la fédération du Pas-de-Calais du PCF. 

 

http://www.m-pep.org/spip.php?article3387

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Published by Vendémiaire - dans Europe
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