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Vendémiaire

Blog d'actualité politique

Europe / Questions linguistiques et Europe capitaliste

Publié le 22 Juillet 2013 par Vendémiaire in Europe

Francis Arzalier publié le : 6 Juillet, 2013

 

La France s’est constituée au fil des siècles par la réunion de régions différentes les unes des autres par leur histoire et par leur culture : certaines avaient été rattachées au royaume Capétien par un arrangement entre le Roi et un seigneur féodal, comme le Gévaudan au 12ème siècle ou la Lorraine au 18ème, d’autres par de brutales conquêtes comme la Corse sous Louis xv ; certains des peuples qui les composaient parlaient la langue française, d’autres des langues celtiques (en Bretagne), germaniques (en Alsace et Lorraine du nord), occitanes (tout le sud du royaume, du Massif Central aux Pyrénées), voire italiques (la Corse).

Cette mosaïque de peuples avait jusqu’en 1789, comme seul lien, l’allégeance à l’autorité royale, à l’état centralisateur créé par Louis XIV et ses successeurs.

Elle n’est devenue la nation française que par la révolution antiseigneuriale de 1789 qui amena le ralliement volontaire des habitants de toutes les régions de France à un ensemble politique exprimant la volonté de la majorité des citoyens. C’est en ce sens que le chef reconnu des Corses, Paoli, fut accueilli avec enthousiasme par l’Assemblée Nationale à Paris et y exprima le ralliement de l’île à la nation française, phénomène irréversible, renforcé encore au 19ème siècle par l’épopée napoléonienne et au 20ème siècle par la participation des insulaires à la guerre de 1915-1918, à l’aventure coloniale de la France et à la Résistance antifasciste.

Cet attachement ultra majoritaire à la nation française de l’immense majorité des français n’a absolument pas supprimé les singularités culturelles locales : elles existent dans chacune des régions de France, avec plus ou moins de force. Jusqu’au milieu du 20ème siècle, les milieux populaires s’exprimaient en breton à Brest, en langues occitanes à Toulouse, en langue corse à Ajaccio, Corte ou Bastia. Partout dans ces régions rassemblées, la langue française n’était que celle quotidienne de la bourgeoisie, malgré le centralisme linguistique et politique de l’état français, de Napoléon à la troisième République.

On confond trop souvent dans le langage courant « jacobinisme » et centralisation : cet amalgame péjoratif a été inventé au début du 20ème siècle par Maurras, l’idéologue de l’extrême droite, qui exprimait ainsi sa haine de la Révolution de 1789. En réalité, les « Jacobins », partisans et militants de la révolution antiseigneuriale, ont inventé la nation française, réunion volontaire de citoyens de France, nous leur en sommes redevables. Ils n’étaient certainement pas tous favorables à la centralisation, inventée par la monarchie. Les « Jacobins » du Languedoc s’exprimaient souvent en occitan et ceux de Nantes en breton en 1789. Certains des dirigeants de la Commune de Paris en 1871 se disaient « Jacobins » et pourtant les communards avaient un idéal de république totalement décentralisée, réunion volontaire de communes élues, représentatives des travailleurs.

Il est vrai que la bourgeoisie révolutionnaire a, dès 1792, repris à son compte le centralisme politique et linguistique inventé par les monarques. L’abbé Grégoire était ainsi favorable à l’éradication des « patois » régionaux : il était affilié aux Girondins qui passent pourtant pour plus « provinciaux » que les Montagnards ou les Robespierristes…C’est en réalité Napoléon, devenu Empereur des Français, qui renforça la centralisation et la troisième République bourgeoise accéléra le processus notamment en généralisant l’école laïque obligatoire - Ce qui avait une dimension progressiste mais s’accompagnait de la destruction programmée des cultures et des langues régionales au profit d’une francisation, selon les codes culturels de la bourgeoisie – Ce fut le cas dans le Languedoc et en Provence où les langues d’oc devinrent résiduelles au milieu du 20ème siècle. La langue locale ne demeura vivante et quotidienne dans les milieux populaires que dans des régions particulières comme le Pays Basque ou la Corse, préservée par l’insularité, et aidée depuis 20 ans par le volontarisme des élus locaux. De ce fait, la langue corse, écrite et codifiée comme elle ne l’était pas en 1900, est présente maintenant à l’école et à la télévision, est parlée quotidiennement surtout dans les villages de l’île et sert de substrat à une culture toujours vivante dans la chanson, les manifestations artistiques, les foires, les traditions culinaires et les mentalités héritées d’une société pastorale et patriarcale. Ceci étant, ne nous leurrons pas : on ne décrète pas l’usage d’une langue par décret politique, si l’évolution sociale et économique la condamne à dépérir. Celle de Corse est vivante, en 2013, parallèlement au français mais les Corses, même ceux nés dans l’île et y ayant toujours vécu (ce qui est rare en ce pays d’immigration) même les plus âgés sont bilingues. La majorité des insulaires comprennent le corse mais le parlent fort peu ou mal : il suffit de les écouter s’exprimer en cette langue à FR3 Corse pour le savoir. Par ailleurs, une partie (un quart ?) de la population de Corse est originaire d’autres régions du continent, Provence ou Bretagne ou d’autres pays : ceux marocains parlent berbère plutôt qu’arabe, d’autres portugais et français même s’ils ont acquis la maîtrise du corse pour des raisons professionnelles (ainsi la speakerine météo-culinaire de FR3 Corse dont la langue maternelle est le serbo-croate).

Le dilemme centralisme-décentralisation est une vieille dimension du débat politique en France qui ne recouvre pas toujours l’opposition droite-gauche. La droite conservatrice ou réactionnaire sait parfois démagogiquement se proclamer respectueuse des droits des « provinciaux » contre « le centralisme parisien ». Ainsi le fit le régime du Maréchal Pétain, chantre des « vertus de la terre »contre l’esprit « envieux et jouisseur » des villes ouvrières, coupables d’avoir soutenu le Front Populaire en 1936 et ainsi mérité la défaite de 1940. La réalité du pouvoir Vichyste fut tout autre : l’état du Maréchal fut un des plus centralisateurs du 20ème siècle ; il multiplia les technocrates économiques au service de l’état central et du patronat (le MEDEF en est l’héritier actuel) et supprima les élus communaux, la Délégation Spéciale, remplaçait le conseil municipal élu et faisait appliquer les directives de l’état.

La « gauche » française a toujours été ambiguë sur les problèmes de centralisation. Ainsi, les Opportunistes et les Radicaux qui ont animé la troisième République, héritiers bourgeois de 1789, étaient convaincus qu’il fallait une France uniforme, du sud au nord avec une seule langue et de droits identiques ; mais, en même temps, cette République organisa à la fin du 19ème siècle les 30.000 communes de France, gérées par un conseil municipal et un maire élu par les citoyens : un système décentralisé qui est unique en Europe et qui est bien menacé aujourd’hui face au rouleau compresseur de « l’Union Européenne ».

Le mouvement progressiste et révolutionnaire français n’a pas toujours été très clair sur ces questions. Certains qui s’en disaient furent “bonapartistes” : Chevènement qui se clamait alors la gauche du Parti Socialiste était, à un tel point « centraliste », qu’il prétendit un jour qu’il n’existait qu’une seule culture française de Belfort à Bastia : affirmation absurde, les Marseillais et les Flamands n’ignorent pas leurs différences même s’ils sont tous deux attachés à la nation française.

L’attitude des communistes à l’égard de l’identité et de la langue corses, réalités plus prégnantes qu’en d’autres régions de l’hexagone, a ainsi évolué au fil du temps et des évènements. Le PCF, dans ses premières années, appliquait à l’île et à ses habitants une grille de lecture anticolonialiste, inspirée de la jeune Internationale Communiste. Les corses avaient le droit, comme l’Alsace ou le Maroc, de se séparer de la France s’ils le désiraient. C’est sur ces bases que le Parti tint à Paris en 1931 des meetings contre l’envoi dans l’île de troupes occupant les villages sous prétexte de combattre le banditisme avec les militants de « l’Emancipation Corse ». Gabriel Péri, journaliste d’ascendance corse à l’Humanité, ajoutait prudemment que ce droit à la séparation ne valait que si le peuple concerné le désirait : il savait bien que dans l’île, la volonté indépendantiste était alors infime, même si un journal comme A Muvra y portait des revendications « corsistes » culturelles et politiques. Le PCF n’y avait, par ailleurs, que quelques adhérents.

Peu après, les prétentions conquérantes du fascisme italien (« Corsica, Nizza, Tunisia, a noi ») ont changé la donne. Le PCF et son journal, fers de lance de l’antifascisme, dénoncent les volontés d’annexion « irrédentiste » de Mussolini et de ses sympathisants insulaires : ils sont minoritaires mais influents au sein de la rédaction d’A Muvra, fascinés par l’idéologie fasciste, confondant dans le même rejet l’héritage de 1789 et le front populaire, à l’image d’une bonne partie de la droite française. Les communistes insulaires, peu nombreux mais actifs dans les mouvements sociaux, sont eux antifascistes et anti-irrédentistes avant 1939.

La défaite française et le régime de Vichy allié de l’Italie fasciste ne pouvaient que renforcer chez eux cette tendance, d’autant que leurs rangs se renforcent de quelques militants chassés de l’hexagone par l’interdiction du Pcf ou des anciens des Brigades Internationales en Espagne (Vittori). Dans la débâcle générale des partis de la troisième République (Droite et Radicaux), les quelques dizaines de militants corses vont réussir, entre 1941 et 1943, à organiser, pratiquement seuls, la Résistance Insulaire. Fait unique parmi les régions françaises, le Front National (mot d’ordre unitaire de résistance nationale à l’occupation germano-italienne - nazie et fasciste - lancé par le PCF) animé par les communistes, finit par réunir, à peu près, tous les résistants de l’île et déclencha l’insurrection armée de l’été 1943. Elle sera victorieuse après de rudes combats, de cruels sacrifices, grâce à l’aide de soldats français et coloniaux envoyés d’Algérie par Giraud et la « France Libre » et grâce à la défection de l’armée italienne du camp fasciste. Les communistes, grâce au rôle éminent qu’ils ont joué dans cette lutte, au prestige de leurs militants et de leurs martyrs, ont, dès la libération, une forte audience dans l’île malgré l’opposition conjointe de la droite gaulliste et des notables radicaux. A l’inverse, les « Corsistes » de A Muvra sortent discrédités de la guerre du fait de la collusion de certains d’entre eux avec les occupants italiens et les irrédentistes.

La « collaboration  active » fut en Corse bien plus le fait des adhérents du PPF pro-nazi de Doriot et Sabiani que des défenseurs de l’identité corse. Cependant, les communistes insulaires qui n’avaient pas hésité à publier en mai 1943 un « Appel au peuple corse » faisant appel à son héritage culturel spécifique sont en 1945 les plus virulents contre les Muvristes, volontiers accusés de liens avec le fascisme vaincu. Pour longtemps, toute référence au « corsisme » sera suspecte parmi les héritiers de la Résistance, Gaullistes ou Communistes.

Après 1968, les mouvements culturels et politiques qu’on disait alors autonomistes ont ressurgi en Corse, mélange d’idéologies contradictoires, mêlant le gauchisme d’inspiration tiers-mondiste et l’activisme militaire influencé par l’extrême droite coloniale (les attentats du FLNC se réfèrent « aux nuits bleues » de l’OAS en Algérie). Toutefois, ces mouvements expriment souvent des revendications populaires parfaitement justifiées contre l’accaparement des terres cultivables par les rapatriés d’Algérie, pour la défense et la valorisation de la langue et de la culture corses souvent occultées ou niées, contre le « clanisme » ou « clientélisme » dominant les relations politiques insulaires. Le PCF corse de ces années-là s’en est bien souvent tenu à dénoncer(à juste titre) les clandestins armés, leurs attentats et leurs rackets, les autonomistes(et plus tard nationalistes) sans réussir à reprendre à son compte leurs exigences culturelles, linguistiques et politiques justifiées. D’autant que les reproches à leur encontre étaient simplistes (assimilation à l’irrédentisme, antifrançais) et oubliaient de pointer chez eux le plus critiquable, la haine réactionnaire de l’héritage progressiste de 1789 et des conquêtes ouvrières.

Nous vivons depuis le début du 21ème siècle une nouvelle étape du capitalisme, marqué par la mondialisation financière et son corollaire l’idéologie ultra libérale, véritable religion du marché selon laquelle rien ne doit s’opposer à la « libre concurrence » des capitaux, des marchandises, des salariés, ni les frontières, ni les lois, ni les volontés populaires : c’est ainsi que s’est mis en place, au gré des traités successifs, l’Europe supranationale qui en est aujourd’hui à imposer ses diktats d’austérité et de régression sociale au pays du continent, notamment à la France, avec l’assentiment des gouvernements successifs, de la droite et du PS. Dans ce contexte, les divers groupes nationalistes corses qui ont, pour l’essentiel, abandonné la « lutte armée » (les attentats, les meurtres sont aujourd’hui, avant tout, le fait de luttes internes au banditisme insulaire pour le contrôle de trafics et de spéculation immobilière) sont très favorables à l’Europe supranationale qui comme eux, vise à la destruction programmée des états nations, héritage en France de 1789 et des conquêtes sociales et politiques depuis deux siècles. Les « infra-nationalistes » de Corse, imprégnés d’idéologie libérale et rejetant l’héritage de 1789-93, apprécient la volonté bruxelloise de démanteler l’état français et de mettre en place de vastes régions, à l’image des lander allemands, sur des bases économiques ou ethniques avec des prérogatives amoindries des élus. Ils influencent, grâce à leur démagogie (contre l’accaparement des rivages) le quart environ de l’électorat insulaire.

Les communistes de Corse, encore influents du fait de leur rôle historique et bien que l’île soit dépourvue des industries nécessaires, ont à juste titre soutenu les mesures prises en faveur de la langue corse, son entrée à l’école, à la télévision, etc…Il était bien normal de répondre aux désirs de la majorité des citoyens insulaires, attachés à leur culture menacée par le tout-tourisme dévastateur. Ce n’est pas la langue corse qui menace à Bastia comme à Lille la langue nationale française mais l’anglo - américain, langue de l’empire mondial capitaliste. Les dirigeants étatsuniens et « européens » travaillent à l’imposer partout, avec l’assentiment de la bourgeoisie de France, grâce à internet, aux médias, dans l’enseignement, l’expression culturelle, l’entreprise, etc…

Favoriser le renouveau, la survie de la langue et la culture corse est une chose, s’en servir comme prétexte pour favoriser les entreprises politiques de l’Europe supranationale en est une autre : C’est ce que font avec un certain succès les divers groupes nationalistes corses, en proposant la « co-officialité » des deux langues, corse et français. Ce concept imprécis rendrait ainsi obligatoire la langue insulaire dans chaque administration, l’enseignement, la culture, etc…A chaque guichet de service public, de l’université, à l’école élémentaire, à l’entreprise commerciale et industrielle, les salariés devraient, dans cette logique, savoir communiquer en corse : ceux ignorant cette langue seraient-ils donc licenciés alors qu’ils sont parfois les plus nombreux ?

L’absurdité des conséquences possibles cache mal une volonté discriminatoire évidente : faudrait-il rendre aussi obligatoire au moindre guichet les autres langues parlées dans l’île, le portugais, l’arabe, le berbère, etc…

Ces considérations n’ont pas tenu compte devant la logique politicienne : En avril 2013, sur proposition des nationalistes, l’Assemblée Territoriale de Corse a approuvé à l’unanimité le statut de co-officialité. Certains élus de droite (UMP) qui se sont toujours illustrés par leurs réactions centralisatrices, ceux de la gauche (majorité radicale) ont voulu montrer qu’ils n’étaient pas moins attachés à la langue corse que les nationalistes - avec peut-être une arrière - pensée : Le président de l’Exécutif, Paul Giacobbi, qui ne parle pas lui-même la langue de l’île, sait bien que la constitution française interdit la co-officialité et que la majorité socialo-radicale dont il fait partie à l’Assemblée Nationale ne votera pas une réforme constitutionnelle à ce sujet. Ce qui ne l’empêche pas de s’indigner à Ajaccio de « l’intolérance linguistique française » (Corse Matin, 07 juin 2013). Rien d’étonnant : le sujet est, en Corse, un excellent dérivatif pour éviter de parler des problèmes réels, la sous-industrialisation, le chômage, le grand banditisme et la spéculation foncière et immobilière qui ravagent la société insulaire. Comme à Paris, le battage médiatique autour du mariage homosexuel permet au Président Hollande de ne pas s’appesantir sur le chômage et la destruction des industries.

Plus problématique, est, à l’occasion, le vote des élus communistes à l’Assemblée de Corse pour la co-officialité. Erreur d’analyse ? Désir opportuniste de ne pas se couper d’une majorité de gauche dont on fait partie à Ajaccio ? Volonté de permettre des alliances avec la gauche radicale aux prochaines élections ? Ce vote, en tous cas, a été très critiqué au sein des militants insulaires et risque de laisser quelques traces. Ne faudrait-il pas élargir ce débat sur langue et culture en tenant compte des volontés de l’Europe supranationale et du capitalisme mondialisé ? En l’occurrence, ce projet de co-officialité n’est pas né de l’aspiration majoritaire des citoyens de Corse mais il est un élément de l’offensive actuelle de l’Union Européenne contre les états nationaux d’Europe. Cette offensive est multiforme : à l‘initiative des partisans locaux et nationaux de l’Europe fédérale, l’Alsace a vécu en mai un référendum dont l’objectif était de supprimer les départements au profit d’une grande région. Sous prétexte de simplification administrative, on effaçait les élus départementaux au profit d’une Assemblée unique dont le rôle eut été essentiellement de voter le budget mais les décisions fondamentales relevaient, dans cet attelage, du Président de l’Exécutif Régional à l’image des lander allemands. L’opération a capoté parce que les habitants du Haut Rhin ne tenaient pas à se voir imposer à tout instant les choix de la conurbation strasbourgeoise majoritaire et « capitale européenne ».
Cette offensive  Européenne Fédéraliste et Capitaliste se déploie aussi contre les défunts services publics nationaux : l’UE a programmé la mort de la SNCM (Société Nationale Maritime Corse-Méditerranée) en lui infligeant d’énormes amendes sous prétexte de la punir d’avoir touché des subventions publiques parce qu’elle assurait un service public. Déjà bradée en partie aux actionnaires privés, la SNCM aura du mal à survivre à la guerre commerciale avec des concurrents privés « européens »qui emploient des salariés aux salaires plus bas que ceux de France.

Cette ouverture à la concurrence « européenne » va démanteler aussi la SNCF, Air France, au détriment de la sécurité et de la régularité du service (moins de contrôleurs aériens, d’entretien du réseau, etc…). Tout cela, en fait, s’insère dans le projet d’Europe Fédérale Capitaliste.

Depuis sa création après la 2ème Guerre Mondiale, l’Union Européenne s’est constituée au service des possesseurs de capital comme une machine de guerre contre les salariés et les nations d’Europe avec pour seul objectif de faire du continent un grand marché sans entraves des capitaux, des produits, des hommes. Au fil des traités successifs (ROME, Maastricht, Lisbonne), l’UE a démantelé l’indépendance nationale économique et monétaire au profit de la banque centrale de Francfort, favorisé les délocalisations, le chômage, et, de ce fait, la xénophobie, etc…Elle en est aujourd’hui à imposer une politique d’austérité et de privatisations aux états d’Europe et parfois leurs dirigeants.

Le rôle des communistes est donc d’organiser les luttes populaires contre l’Union Européenne sans créer d’illusions sur « une autre Europe » supranationale (l’Assemblée Européenne a déjà eu une majorité de gauche, ce qui n’a rien changé à sa nocivité). Il faut exiger la dénonciation des traités, la sortie de l’OTAN, la restauration de l’indépendance nationale française en matière monétaire, économique, douanière et politique. Et, au premier chef, combattre toutes les initiatives de régression sociale et nationale de l’Europe supranationale et de ses partisans, bourgeoisie française ou séparatistes « régionaux » confondus.

 

http://www.collectif-communiste-polex.org/const_europe/europe_langue.html

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