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Vendémiaire

Blog d'actualité politique

FMI / Affaire Christine Lagarde : En quoi, de nos jours, le « détournement de biens publics » serait-il un délit ?, par Jean Lévy

Publié le 29 Août 2011 par Vendémiaire/FMI/Lagarde/Jean Lévy in International

mardi 9 août 2011, par Comité Valmy

 

Lagarde.GIFAinsi, une enquête de la Cour de justice de la République (CJR) vise Christine Lagarde pour « "complicité de détournement de biens publics et de faux", pour son rôle dans l’affaire Tapie, alors qu’elle était ministre de l’Economie.

Le Fonds monétaire international s’est dit persuadé, jeudi, que sa nouvelle directrice générale « Christine Lagarde serait à même de remplir ses fonctions malgré l’enquête dont elle va faire l’objet ».

Le FMI a raison : en quoi un « détournement de biens publics » serait considéré par lui, comme un délit, alors que lui-même s’évertue en permanence à détourner le maximum de biens publics en faveur du « privé », au niveau de chaque Etat auquel il apporte son « aide ».

Nous l’avons vu dernièrement en Grèce. On parlait même de privatiser des îles grecques, et aussi, le port du Pirée.

Il s’agit bien là d’un « détournement de biens publics », et personne n’a eu l’outrecuidance d’accuser, en l’occurrence, le FMI, d’un délit.

Alors, pourquoi «  enquêter » sur cette pauvre Christine Lagarde ?

La ministre de l’Economie d’alors n’a fait qu’appliquer la même politique. Certes, le « litige » en question n’avantageait qu’une seule personne, Bernard Tapie, et la « privatisation » dont ce dernier a bénéficié, ne porte que sur 350 millions d’euros, « détournés » du Trésor «  public » en faveur d’un individu « privé ».

Une peccadille à côté des centaines de milliards d’euros, qui passent, grâce au FMI et à l’Union européenne, des budgets (publics) des Etats dans les caisses des Banques privées…

Pourquoi, dans ces conditions, chercher tant d’histoires à Christine Lagarde ?

Elle a bien expliqué qu’il ne s’agissait pas, dans le cas de Bernard Tapie, de favoritisme de sa part, martelant pour se faire comprendre : « Vous me voyez, moi, Christine Lagarde, copine avec un Bernard Tapie ? ».

C’est évident.

Il ne s’agit donc pas d’un cas personnel, mais de l’application d’une règle générale, qu’elle était chargée de mettre en oeuvre : « dégraisser l’Etat au profit du privé »

Pourquoi le Fonds Monétaire International lui tiendrait-il rigueur d’une mesure politique conforme à ses propres orientations ?

Et puis quoi ? Pour le FMI, question prestige, l’accusation la plus grave est-elle de violer une femme de chambre ou de violer les lois de son pays ?

 

Jean Lévy

 

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