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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 15:09

 

 I.- A LA LIBERATION, PRISE D’ASSAUT DES JOURNAUX COLLABORATIONNISTES

La presse clandestine de la Résistance sort de l’ombre en août 1944 lors de la Libération de Paris. La capitale est alors le théâtre d’affrontements quand les journaux de la Résistance commencent à y paraître au grand jour, dès le 21 août, mais surtout à partir du 22, après qu’ils aient investi les salles de rédaction et les imprimeries de la presse de la collaboration, abandonnées depuis le 17 août avec leurs stocks de papier journal.

Le vendredi 18 août 1944, la presse collaborationniste cesse de paraître, comme la Radio Nationale qui a interrompu ses émissions la veille. Les journaux collaborationnistes La Gerbe (rue des Pyramides) ; Je suis partout (rue de Rivoli) ; L’Intransigeant (rue Réaumur), sont occupés par des résistants. Les chefs FFI s’adressent à la population par voie d’affiches placardées sur les murs ou par tracts distribués dans la rue.

Le 20 août, à 8 heures du matin, un petit groupe de résistants, journalistes (essentiellement d’anciens rédacteurs d’Havas) et universitaires, fait irruption, place de la Bourse, dans les locaux des bureaux de l’ancienne agence Havas, devenue sous Vichy l’Office français d’information (OFI), le neutralise, et donne naissance à l’Agence France presse (AFP). Par téléphone, des contacts sont pris avec les équipes des journaux clandestins qui s’apprêtent à paraître au grand jour. A 11h30, la première dépêche AFP sort de la salle des ronéos. Jusqu’à la fin des combats dans Paris, les dépêches sont tirées sur des ronéos rudimentaires et distribuées par des cyclistes aux journaux et au poste de commandement de la Résistance.

Les rédacteurs des journaux de la Résistance occupent les locaux d’autres journaux de la collaboration. Ce Soir, Le Front National pour la Lutte, La Libération et l’Indépendance de la France, Libération se partagent l’immeuble de Paris-Soir (rue du Louvre) ; Combat, Franc-Tireur, Défense de la France (rebaptisé France-Soir en novembre 1944), celui de L’Intransigeant (rue Réaumur), journal qui s’était sabordé en 1940 et dont les locaux avaient été occupés par le journal allemand Parizer Zeitung. Le Populaire s’installe dans l’immeuble du Matin (angle du boulevard Poissonnière et de la rue du Faubourg-Poissonnière) ; L’Humanité et Le Parisien Libéré (qui deviendra Le Parisien en 1986) remplacent Le Petit Parisien (rue d’Enghien) ; L’Aube, sabordée en juin 1940, s’installe chez le journal collaborationniste Aujourd’hui. Dans la nuit, le central de radio-diffusion, rue de Grenelle, est occupé. Les émissions radio clandestines sont alors diffusées, notamment l’appel aux armes.

Lundi 21 août 1944, la « guerre des toits » débute entre les insurgés et les Allemands. Dans l’après-midi, l’Humanité et les journaux de la Résistance paraissent au grand jour après s’être emparés, la veille, des sièges et du matériel des journaux de la collaboration. A 19h30, Rol-Tanguy, commandant des FFI, fait afficher l’ordre de dresser des barricades. Les parisiens peuvent alors découvrir les nouveaux journaux de la Libération, réduits à une feuille imprimée recto-verso pour cause de rationnement de papier. On peut y lire des listes de blessés et de tués, des appels à l’insurrection et à la lutte, la relation des combats dans la ville, la recette du cocktail Molotov, des conseils pour construire une barricade et se livrer aux combats de rues, des renseignements sur les coupures de gaz et la reprise du métro, les premières arrestations de collaborateurs, des menaces envers les pillards, des avis de recherches ... et assez vite les premières rencontres sportives et les résultats des courses à Longchamp.

Le 23 août dans l’après-midi, la radio diffuse son premier reportage en direct. Les reportages en direct suivent alors : le discours de Bidault à l’Hôtel de Ville, le 25 août au soir ; l’entrée de la 2e DB ; le défilé sur les Champs-Elysées... La BBC n’a plus le monopole des messages. Le drapeau tricolore flotte sur l’antenne de la tour Eiffel.

En province, les journaux parus sous l’Occupation disparaissent : Ouest-France remplace Ouest-Eclair à Rennes ; Sud-Ouest se substitue à La Petite Gironde à Bordeaux ; Midi-Libre succède à L’Eclair à Montpellier ; etc. La presse de la Libération est foisonnante. Elle est fortement politisée (les quotidiens communistes et socialistes représentent la moitié des tirages). Les grands quotidiens nationaux sont alors : L’Humanité (communiste), Le Populaire (socialiste), L’Aube (démocrate-chrétien), Le Figaro, Le Soir, La Croix (catholiques). S’y ajoutent un certain nombre de titres issus de la clandestinité : Combat, Défense de la France (qui devient France-Soir), Franc-Tireur, Front National, Libération, Le Parisien Libéré, L’Aurore, Paris-Presse, Le Monde, Les Echos. Il faut mentionner aussi deux hebdomadaires importants : Témoignage Chrétien et le Canard enchainé, qui reparaît.

 II.- LES ORDONNANCES DE 1944 ETABLISSENT LA LIBERTE DE LA PRESSE

Alors que la France n’est pas encore totalement libérée, le Comité français de la Libération rédige, depuis Alger d’abord, et à Paris ensuite, ce que les historiens appellent « les ordonnances de 1944 ». Une « ordonnance » est une compétence du Parlement déléguée au gouvernement. Ces ordonnances sont composées d’un ensemble de textes juridiques (arrêtés ministériels, décrets, ordonnances, lois), édictés entre mai et novembre 1944.

L’heure est à l’épuration des titres de presse et des hommes ayant été compromis pendant l’Occupation. En 1944, Albert Bayet, président socialiste de la Fédération nationale de la presse française (FNPF) née dans la clandestinité, souhaite ainsi « éliminer définitivement la presse pourrie et instituer un nouveau régime grâce auquel la presse patriote, affranchie de la puissance de l’Etat et de l’argent, pourrait se vouer exclusivement au service désintéressé des idées ». Pour lui, « La presse n’est pas un instrument de profit commercial. C’est un instrument de culture. Sa mission est de donner des informations exactes, de défendre des idées, de servir la cause du progrès humain. La presse ne peut remplir sa mission que dans la liberté et par la liberté. La presse est libre lorsqu’elle ne dépend ni du gouvernement, ni des puissances d’argent, mais de la seule conscience des journalistes et des lecteurs ». C’est ainsi que la Fédération Nationale de la Presse Française jette les bases de la reconstruction d’une presse écrite libre et indépendante.

La presse est donc épurée. Les journaux ayant continué à paraître sous contrôle allemand sont supprimés. Patrons et journalistes ayant collaboré sont jugés : Brasillach, rédacteur en chef de Je Suis partout, est exécuté. Les biens des journaux interdits sont placés sous séquestre et confiés à la Société Nationale des Entreprises de Presse (SNEP) qui les loue aux journaux autorisés.

Les « ordonnances de 1944 », qui posent les bases du pluralisme de la presse, visent quatre objectifs :

D’une part, assurer l’indépendance de la presse contre l’influence ouverte ou occulte des puissances financières et des gouvernements étrangers.

D’autre part, résoudre le problème de la diffamation qui a conduit au suicide du ministre de l’Intérieur, Roger Salengro, en novembre 1936, après une campagne calomnieuse menée par la presse d’extrême droite. Il faut également résoudre le problème de la corruption absolue des patrons de presse et des journalistes d’avant-guerre et de l’Occupation.

Enfin, organiser la transparence. Les journaux devront afficher le nom des responsables, publier régulièrement leurs budgets et les chiffres de leur diffusion, indiquer leurs tarifs de publicité. Les actions seront nominatives. Lors de son congrès d’Amiens, en juillet 1933, la Ligue des droits de l’homme avait en effet préconisé la « publication obligatoire par les journaux des noms de leurs principaux actionnaires ».

En dernier lieu, le pluralisme devra être garanti par la limitation des concentrations, qu’elles soient verticales (du papier à la distribution) ou horizontales (nul ne peut, par exemple, diriger plus d’un quotidien). Le monopole détenu par Havas sur les actualités sera brisé par la création de l’Agence France presse, et l’Agence Havas de publicité sera contrôlée par l’Etat. En matière de diffusion, le monopole de Hachette sera lui aussi brisé, ses biens réquisitionnés et mis gratuitement à la disposition d’un groupement de fait, la Société Nationale de Distribution de Journaux et de Publications, devenue en septembre 1944 une société commerciale, les Messageries Françaises de Presse (MFP). Les Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne (NMPP) sont créées en 1947 sous forme de coopérative de presse. Par ailleurs, la Société Nationale des Entreprises de Presse (SNEP), établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), administre les biens saisis des titres ayant paru pendant l’Occupation.

Les ordonnances sont les suivantes :

·         L’ordonnance du 6 mai 1944, relative à la répression des délits de presse, rétablit la liberté de la presse.

·         L’ordonnance du 22 août 1944 fixe des critères pour la réorganisation de la presse.

·         L’ordonnance du 26 août 1944 interdit la reparution des journaux publiés sous le contrôle allemand, après juin 1940 en zone Nord, et novembre 1942 en zone Sud. Leurs biens sont concédés à la presse de la Résistance. Elle traite de la transparence financière des entreprises de presse (la presse doit devenir « une maison de verre »), et interdit à une seule et même personne d’être à la tête de plusieurs journaux. Elle ambitionne de sanctuariser la presse vis-à-vis des puissances de l’argent et de l’influence de l’Etat, tout en assurant l’indépendance des journaux. Le texte rend impossible l’utilisation de prête-noms puisque les actions doivent être nominatives. Obligation est faite de faire connaître au public la composition du capital des sociétés éditrices ainsi que les noms et qualités de ceux qui en ont, en droit ou en fait, la direction.

·         L’ordonnance du 30 septembre 1944 crée, à titre provisoire, l’Agence France-Presse (AFP) destinée à remplacer l’OFI de Vichy. Des modalités d’interdiction de parution sont fixées pour les titres ayant continué de paraître normalement après le 25 juin 1940, leurs équipements et leurs locaux sont réquisitionnés et attribués aux nouvelles publications, moyennant indemnités.

·         L’ordonnance du 25 novembre 1944 donne au ministre de l’Information le droit de fixer par arrêté, jusqu’à la fin de la guerre, le prix de vente des publications, leur format et leur périodicité, ainsi que la répartition, entre les titres, des maigres contingents de papier disponibles.

Les ordonnances de 1944 connaissent cependant des limites dont la principale est l’absence de prise en compte de la presse spécialisée. Un clivage apparaît entre deux types de presse : les quotidiens et hebdomadaires d’information politique très encadrés ; et la presse spécialisée totalement libre. Les investisseurs seront très attirés par ce dernier secteur, délaissent la presse quotidienne, provoquant une sous capitalisation des entreprises de presse françaises dont les structures évoluent très lentement. Elle perd peu à peu son lectorat traditionnel.

Cette situation va permettre de favoriser la constitution de groupes tels Hachette et Hersant, d’autant que de Gaulle n’avait pas signé les décrets d’application des ordonnances de 1944. Ces dernières seront même abrogées par la droite RPR-UDF le 18 juin 1986 dans le cadre de la discussion de la loi Léotard sur la presse, ce qui devait encore favoriser la concentration de la presse.

Pourtant, traduisant bien l’état d’esprit de l’époque, la Fédération Nationale de la Presse Française (FNPF) avait adopté, le 24 novembre 1945, une « Déclaration des droits et des devoirs de la presse » selon laquelle « la presse n’est pas un instrument d’objet commercial mais un instrument de culture ». Celle-ci n’est libre que lorsqu’elle ne dépend « ni du gouvernement ni des puissances d’argent, mais de la seule conscience des journalistes et des lecteurs ». Elle a pour mission de « donner des informations exactes, défendre des idées, servir la cause du progrès humain ». La presse est alors conçue comme une sorte de service public.

 III.- LA LOI BICHET CONFORTE EN 1944 LA LIBERTE DE LA PRESSE

Avec la loi du 2 avril 1947, dite « loi Bichet », du nom de son rapporteur Robert Bichet, la France devient le seul pays au monde où la liberté de distribution de la presse est inscrite dans la loi. Dans les autres pays, la distribution relève du contrat commercial. Dans ce dernier cas, le refus de distribuer un journal est donc possible, et c’est pourquoi des éditeurs français voulant s’implanter à l’étranger ont été contraints de négocier des accords localement pour avoir accès à une distribution efficace. A contrario, cela explique pourquoi des groupes étrangers ont pu acquérir sans difficulté des positions importantes en France.

La loi Bichet permet à chaque éditeur, quelle que soient sa taille et son influence, d’avoir l’assurance d’être distribué, sauf dans les cas d’interdiction édictés par le ministère de l’Intérieur. C’est un système coopératif de distribution de la presse encore en vigueur aujourd’hui malgré les tentatives répétées de remises en cause de ce qui reste le socle mutualiste de la presse française. La loi n° 47-585 du 2 avril 1947 « relative au statut des entreprises de groupage et de distribution des journaux et publications périodiques » (loi Bichet) prévoit donc l’égalité de traitement entre journaux ; l’impartialité ; la mise en commun des moyens ; la péréquation des coûts et des tarifs ; la solidarité entre titres rentables et titres moins rentables. Elle assure la liberté de la presse et la formation d’une opinion libre dans un espace public pluraliste et diversifié. Elle édicte un certain nombre de principes fondamentaux :

 A.- Liberté de diffusion

L’article 1er stipule que : « la diffusion de la presse imprimée est libre. Toute entreprise de presse est libre d’assurer elle-même la distribution de ses propres journaux et publications périodiques par les moyens qu’elle jugera les plus convenables à cet effet ». Les éditeurs peuvent choisir un ou plusieurs modes de distribution : la vente au numéro ; l’abonnement postal ; le portage à domicile. Dans le cadre de la vente au numéro, l’éditeur peut choisir de se grouper avec d’autres éditeurs (par le biais d’une coopérative) ou se distribuer directement (cas par exemple de la presse régionale et locale).

 B.- Egalité entre les éditeurs membres d’une coopérative

L’article 2 de la loi Bichet prévoit que « le groupage et la distribution de plusieurs journaux et publications périodiques ne peuvent être assurés que par des sociétés coopératives de messageries de presse soumises aux dispositions de la présente loi ». L’éditeur qui souhaite voir son ou ses titres de presse distribués dans le réseau de vente autrement que par lui-même, doit adhérer obligatoirement à une coopérative existante ou constituer une coopérative. Le système coopératif garantit une égalité de traitement de distribution entre tous les éditeurs. A l’intérieur d’une coopérative, les décisions ne sont pas prises proportionnellement au poids économique ou financier de l’éditeur, mais selon le principe coopératif d’égalité entre ses membres (un éditeur = une voix). Un petit éditeur peut avoir à sa disposition les mêmes moyens de distribution qu’un éditeur plus important, quel que soit son volume de diffusion.

 C.- Impartialité de la distribution

L’article 6 prévoit que « devra être obligatoirement admis dans la société coopérative tout journal ou périodique qui offrira de conclure avec la société un contrat de transport (ou de groupage de distribution) ». L’adhésion d’un éditeur à une coopérative d’éditeurs ne peut donc être refusée. Tout éditeur qui adhère à une coopérative a le droit d’être distribué et diffusé dans les mêmes conditions que tout autre éditeur membre d’une coopérative. Les éditeurs peuvent décider des quantités d’exemplaires à mettre en vente dans le réseau de diffusion, car ils restent propriétaires de leur « papier » jusqu’à l’acte final d’achat par le consommateur. Le système de distribution prévoit la reprise par l’éditeur des exemplaires invendus.

Pour renforcer cette impartialité et garantir l’application de la loi, il a été institué un Conseil Supérieur des Messageries de Presse (CSMP) qui a pour mission essentielle de coordonner l’emploi des moyens de transports à longue distance utilisés par les sociétés coopératives de messageries de presse, de faciliter l’application de la loi et d’assurer le contrôle comptable des coopératives et des messageries.

La loi Bichet donne naissance aux Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne (NMPP), à la Rhône-Alpes Diffusion (RAD) et aux Messageries d’Art et d’Elégance, tandis que les Messageries Lyonnaises de Presse (MLP) et Transport Presse (TP), déjà existantes, adaptent leurs statuts. Le réseau national de points de vente en 1947 compte près de 40 000 points, dont 3 000 à Paris.

 

http://www.m-pep.org/spip.php?article710

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