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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 17:02

Par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).

Le 19 décembre 2012.

 

C’est du 7 au 10 février 2013 que le Parti communiste français (PCF) tiendra son 36e congrès à Aubervilliers (93). Un « Projet de base commune  » a été mis en discussion. Ce texte, malheureusement, n’apporte rien de nouveau et ne fait que reprendre, dans une forme différente, ce qui est écrit dans les textes de congrès du PCF ces dernières années. Tout l’exercice consiste à masquer une stratégie inavouable : celle de la satellisation du PCF par le PS.

Il y aurait beaucoup à dire sur l’effondrement théorique, idéologique et politique du PCF dont témoigne le « Projet de base commune  ». Les désaccords du M’PEP, pour aller à l’essentiel, sont les suivants :

 1.- Le PCF a une finalité imprécise

Le PCF ne se réclame pas, dans son texte préparatoire au congrès, du socialisme – et encore moins du communisme - qui ne figure pas comme sa finalité. À la place on trouve des expressions floues et jamais définies comme « changer le monde », « un nouveau monde », « rompre avec le capitalisme », « dépasser le capitalisme », « un mode de développement humain durable », « prendre le pouvoir aux marchés financiers et aux grands possédants  ».

Toutes ces expressions ont une sonorité positive, mais ne disent strictement rien du projet concret qu’elles sont censées illustrer. Surtout, elles évitent soigneusement la référence au socialisme dont le terme est absent du texte. Or le socialisme est le système politique et économique proposé par la gauche depuis le XIXe siècle pour remplacer le capitalisme. C’est une des valeurs essentielles du mouvement ouvrier. On pourrait comprendre que les dirigeants communistes, craignant d’être assimilés aux partis « frères  » des pays du « socialisme réel  », veuillent bannir ce mot. Si telle est leur raison, pourquoi ne le disent-ils pas clairement au lieu d’introduire dans leurs textes des expressions aussi floues ? S’ils ont d’autres raisons, qu’ils les donnent car il reste encore des citoyens qui se demandent pourquoi le PCF ne se fixe plus le socialisme pour horizon !

 2.- Le rôle de la nation est gravement sous-estimé

Le désaccord du M’PEP est total avec l’analyse de la « base commune  » concernant la nation. Certes, le document du PCF affirme que « la nation est un lieu essentiel du faire peuple et de l’exercice de la démocratie  ». Mais cette formulation, que l’on croît être dans la continuation de la position historique du PCF, qui mêlait le drapeau tricolore de la nation et le drapeau rouge du mouvement ouvrier, confirme les renoncements du PCF. Pour lui, la nation ne serait pas « le  » lieu essentiel du faire peuple et de l’exercice de la démocratie, mais simplement « un  » lieu. Parmi d’autres. Lesquels, d’ailleurs, puisqu’ils ne sont pas nommés ? La nation, pourtant, est le seul espace où le peuple peut exprimer sa souveraineté. Il n’y en a pas d’autre. On peut, certes, former des vœux pour que les peuples puissent manifester leur souveraineté à un autre échelon que celui de la nation. Ce pourrait être le cas, par exemple, de la zone euro, ou de l’UE 27, ou de l’Europe (49 pays). Et, pendant que nous y sommes, de l’échelon mondial.

Sauf qu’à l’échelon de la zone euro, de l’UE 27 ou de l’Europe, il n’existe actuellement aucun mécanisme institutionnel démocratique permettant aux peuples concernés d’exprimer leur souveraineté et de traduire cette expression en actes. Le « faire peuple  » et « l’exercice de la démocratie  » ne peuvent donc pas s’appliquer aux échelons de la zone euro, de l’UE 27 et de l’Europe. Et encore moins à l’échelon international. Le «  faire peuple  » et « l’exercice de la démocratie  » s’appliqueraient-ils alors à des échelons infranationaux, par exemple les communes ? Certes, les luttes locales, les mécanismes institutionnels existants contribuent à la démocratie locale et au lien social. Mais en aucun cas on ne peut parler de « faire peuple  » car il s’agit toujours, par définition, à l’échelon local, de fractions du peuple et non du peuple tout entier qui ne peut faire jouer sa souveraineté qu’à l’échelon national.

Dès lors, l’indépendance de la nation, sa souveraineté, n’apparaissent nulle part comme une exigence majeure pour le PCF. Si le PCF considère que l’indépendance nationale n’est pas un sujet, qu’elle est une exigence dépassée, qu’il le dise clairement ! Qu’il argumente ! On comprend son silence, car une telle position est indéfendable. S’il est une leçon à retenir de la crise de l’euro, c’est celle de la nécessité absolue de la reconquête de l’indépendance nationale, qui ne fait que confirmer ce que la mondialisation néolibérale nous avait déjà enseigné.

Le PCF, malgré tout, livre enfin sa véritable analyse : « il est vain d’enfermer toute tentative de changement dans la seule nation  ». On ne comprend pas très bien à qui s’adresse cette remarque, à part le Front national. Car à gauche, la tradition comme la doctrine est celle de l’internationalisme : toute lutte sociale, toute perspective politique nationale doit s’inscrire dans un cadre internationaliste. Faut-il pour autant, comme le texte du PCF y incite subrepticement, suspecter toute forme de lutte au niveau national ? D’autant que c’est à l’échelle nationale que des changements peuvent être obtenus plus rapidement qu’à l’échelle internationale ou européenne.

Du coup, la «  base commune  » emmène ceux qui croiront à son contenu dans une impasse qu’il est pourtant simple d’éviter. Il faut bien se frotter les yeux avant de lire la prose suivante : « nous voulons agir dans le même temps aux plans local, national, européen et international pour gagner des changements à tous les niveaux qui se nourriront mutuellement  ». Bien sûr, il est tout à fait logique et cohérent de lutter à tous les niveaux pour arracher tous les acquis qui peuvent l’être. Mais peut-on sérieusement placer sur le même plan les échelons local, national, européen, international ? Les sujets, de toute évidence, n’ont pas la même importance. Ceux qui sont évoqués lors des réunions de conseil municipal n’ont rien à voir avec ceux traités lors des sommets des chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne ou du G20. Dès lors, affirmer qu’il faut « gagner des changements à tous les niveaux  » efface toute hiérarchie entre les sujets, interdit de fixer des priorités aux luttes puisque tout a le même poids. Cette façon de voir les choses est particulièrement stérile.

Personne ne devrait trouver à redire si on affirme que les changements pouvant être obtenus au plan local ne sont pas de même nature que ceux pouvant être obtenus au plan national ou international. Il est parfaitement possible d’obtenir de nombreux changements au plan local, par exemple dans une municipalité : taux modiques des transports en commun, accès facilité des enfants des classes populaires aux cantines scolaires… À l’échelle nationale, les luttes et les changements qu’elles permettront porteront sur d’autres sujets : la nationalisation des banques, la réduction du temps de travail, le redéveloppement des services publics et de la Sécurité sociale… Sans opposer le local au national, c’est quand même au niveau national qu’il est possible de rompre avec le capitalisme, pas au niveau local ! Voilà pourquoi il ne faut pas tout mettre sur le même plan et qu’il est nécessaire d’établir des priorités.

D’autant que s’ajoute la dimension du temps. Un changement local peut être obtenu plus rapidement qu’un changement national, et un changement national plus rapidement qu’un changement international. Des luttes locales sont plus faciles à organiser, les élections municipales permettent d’élire des équipes qui mettront en œuvre les changements.

Au niveau national, une majorité vraiment de gauche pourra voter, par exemple, une loi de justice fiscale, allégeant les contributions de ceux qui ont le moins, et alourdissant celles de ceux qui ont le plus. Au niveau de l’UE, la remise en cause des articles du traité de Lisbonne organisant la liberté de mouvement des capitaux, autre exemple, sera un véritable parcours du combattant. Car pour modifier les traités européens il faut l’accord unanime des Vingt-Sept. Le rapport des forces politiques montre sans ambigüité que l’adoption d’un nouvel article du traité de Lisbonne, organisant au contraire le contrôle des mouvements de capitaux, n’est pas pour demain.

On peut donc souhaiter que des changements se produisent à l’échelle de l’UE ou à l’échelle planétaire, mais ce sera long.

 3.- L’Union européenne n’est pas analysée comme l’un des piliers de l’ordre néolibéral mondial

La position du PCF sur la question européenne est proprement tragique. Pour ce parti, qui avait joué un rôle essentiel dans la lutte contre « l’Europe des monopoles  » au moment du Marché commun, puis en 1992 lors du référendum sur le traité de Maastricht et encore en 2005 pour le référendum sur le traité constitutionnel européen, l’effondrement est vertigineux. Aujourd’hui, le PCF considère que la « finalité même de la construction européenne doit être redéfinie  ». Comme si cette « finalité  » avait été un jour conforme aux intérêts des peuples, qu’elle aurait ensuite dévié et qu’il faudrait la remettre sur les rails. Comme s’il était souhaitable et possible de « redéfinir  » le capitalisme à l’européenne ! Comme si cette « construction  » avait eu un jour le moindre objectif social ou démocratique !

Pour le PCF, « l’Europe doit devenir un grand projet humain  ». Qu’est-ce que cela veut dire ?

Est-ce aux communistes qu’il faut rappeler que le processus de « construction  » européenne a été initié par les États-Unis au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour faire pièce au communisme extérieur (l’URSS) et intérieur (essentiellement le PCF et le PCI) ? C’est un système mis en place par le capitalisme, pour le capitalisme, aucun socialisme n’est possible dans le cadre de ce système dont il faut s’émanciper. L’Union européenne est un des piliers de l’ordre néolibéral, au même titre que l’OTAN, le FMI, le Banque mondiale, l’OMC. C’est ce que refuse d’admettre la direction du PCF.

Celle-ci est alors conduite à faire des propositions invraisemblables comme « mettre fin à l’indépendance de la Banque centrale européenne qui doit être placée sous contrôle démocratique et citoyen  ». C’est très bien de vouloir mettre fin à l’indépendance de la BCE, et sur ce point nous sommes d’accord. Mais la suite logique de cette prise de position est la reconquête de la souveraineté monétaire nationale. Car un gouvernement de gauche, en France ou ailleurs, aura besoin de la puissance de sa banque centrale nationale pour briser les marchés financiers et financer les investissements publics. Hélas, ce n’est pas du tout le chemin que prend le PCF. Ce dernier préfère le fédéralisme monétaire en parlant de « contrôle démocratique et citoyen  » - une formule particulièrement creuse – à l’échelle de l’UE. Sans jamais préciser de que signifie concrètement ce « contrôle démocratique et citoyen  ».

On atteint un sommet avec la position du PCF sur l’euro. Le parti qui avait fait campagne contre la monnaie unique au moment du traité de Maastricht a fait une conversion complète : « Là où des forces actent l’impuissance à changer l’Europe, prônant une dissolution de la zone euro qui renverrait d’une autre manière chaque peuple à la même guerre économique, nous pensons indispensable de lutter contre les divisions et les nationalistes  ».

Répondons au PCF qu’il ne s’agit pas « d’impuissance  » à changer l’UE (et non à changer « l’Europe », le PCF ne faisant manifestement pas la distinction entre le système politique qui rassemble 27 pays et qui s’appelle l’Union européenne, et le continent européen qui rassemble 49 pays). Il s’agit du choix politique de démanteler l’un des piliers de l’ordre néolibéral mondial dont la construction s’est faite sur des bases qui ne peuvent pas être améliorées de l’intérieur, sauf lorsque tous les pays de l’UE se donneront des majorités de gauche. La vraie !

Sur un autre plan, il est particulièrement choquant de voir le PCF reprendre les slogans anxiogènes déversés par les adorateurs de l’euro. Non, ce n’est pas parce que les pays de la zone euro retourneraient à leurs monnaies nationales qu’ils se feraient une « guerre économique  ». Au contraire, l’euro monnaie unique, permet de mettre en concurrence les systèmes sociaux et fiscaux des pays membres sans craindre frottements et ajustements des taux de change. Les pays de la zone s’y livrent donc une guerre économique particulièrement meurtrière, à base de surenchère dans la réduction de la fiscalité des entreprises, des droits sociaux et des salaires ; tandis que l’abaissement des barrières vers l’extérieur induit les délocalisations et le chômage de masse. C’est pourquoi rien n’est plus urgent que de lutter pour la sortie de l’euro, c’est-à-dire la sortie de l’ordre monétaire néolibéral afin de respecter l’indépendance des nations et leur permettre de coopérer librement.

Quant à l’assimilation – l’insulte – faite par le PCF de la sortie de l’euro avec du nationalisme, elle est scandaleuse et inacceptable. Le PCF lui-même, pendant des années, était contre la monnaie unique. Il existe un très puissant courant de gauche favorable à la sortie de l’euro. D’autres forces veulent sortir de l’euro, sans être nationalistes pour autant. C’est le PCF qui divise en proférant de telles invectives !

 4.- Le travail et l’emploi restent évoqués par le concept vide de la « sécurité d’emploi et de formation  »

S’agissant du travail, « il faut le réorganiser et le repenser  », estime le PCF. Et il a la solution : il faut un « système de sécurisation de l’emploi et de la formation pour éradiquer le chômage  ». Sauf que ce slogan est asséné depuis une vingtaine d’années, sans que personne, au PCF, ne soit capable d’en dire plus. Et pour cause, car il s’agit d’un slogan courant d’air.

 5.- Tout ce qui concerne les relations avec le Parti socialiste est soigneusement évité

En lisant la « base commune  » soumise au 36e congrès du PCF, on ne sait pas que le PCF fait partie de la majorité politique qui gouverne le pays, avec le PS. Si les communistes ont été consultés par référendum pour savoir s’ils devaient avoir des ministres avec François Hollande, ils ne l’ont pas été pour savoir s’ils devaient faire partie de la majorité politique avec le PS. Il n’est pas trop tard, ce serait un beau sujet de congrès que d’en débattre. La discussion serait éclairée par les dernières décisions gouvernementales : plan d’austérité, abandon de la sidérurgie, etc. Toutefois, le débat est apparemment interdit sur ces questions parce qu’il ne faut pas trop froisser le « grand frère  » du Parti socialiste avec qui il faudra faire un accord aux municipales. L’objectif de la « base commune » est clairement l’alliance avec le PS : « aller vers des rassemblements les plus larges possibles à gauche, avec la volonté de faire échec aux appétits de la droite et de l’extrême droite ».

Au total, voter pour la «  base commune  » présentée au 36e congrès du PCF, c’est voter pour la poursuite et l’accélération de la satellisation du PCF par le PS. C’est voter contre un socialisme du XXIe siècle, contre la nation, pour l’Union européenne et l’euro, pour l’inertie en matière de lutte contre le chômage, pour l’alliance privilégiée avec le PS.

Il est à craindre que le PCF ne saisisse pas l’occasion offerte par le vote du projet de loi de finance en fin d’année, en votant non (pas en s’abstenant !) pour marquer clairement son opposition aux politiques conduites par le gouvernement PS.

 

 

http://www.m-pep.org/spip.php?article3161

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