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Le temps des cerises / Jean Lumière 

21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 17:39

par Jean Lévy

jeudi 13 octobre 2011, par Comité Valmy

 

Il faut appeler un chat, un chat : les manif’s du 11 octobre n’ont pas fait recette. Or, la colère populaire s’étend. Les grèves, aux quatre coins de France, se multiplient. Le rejet du pouvoir s’amplifie. C’est le système lui-même – le capitalisme, osons dire ce « gros mot » - qui est mis en cause par, chaque jour, par davantage de citoyens.

L’euro apparaît comme responsable de la hausse continue des prix et « l’Europe » comme le maître d’œuvre de la politique d’austérité et de misère, qui est imposée aux peuples de notre continent.

Face à cette nouvelle donne, on pouvait penser que les manifestations du 11 octobre seraient le déclic qui jetterait la population dans les rues.

Il n’en a rien été.

A Paris, on peut certes constater que le « gros des bataillons » a été constitué par les cortèges de la CGT : 20’ pour l’ensemble de la CFDT , de l’UNSA, de la FSU et de Solidaires, plus d’une heure et vingt minutes, pour les salariés défilant sous les bannières de la CGT. Cette observation conduit donc à penser que la Centrale de Montreuil est en capacité, seule au besoin, d’organiser des manifestations d’envergure respectable. Et qu’il est préjudiciable de se plier en permanence aux interdits de la CFDT , entre autres.

Ceci étant dit, la CGT , ses militants, ses responsables devraient, de toute urgence, se poser plusieurs questions :

1°) Celle de l’adéquation des mots d’ordre avec le ressenti populaire. En effet, si des syndicats, peu au total, reprenaient le « Tout est à nous, rien n’est à eux » et « Ce, n’est pas à l’Elysée, ce n’est pas à Matignon, ce n’est pas dans les salons qu’on obtiendra satisfaction », qui correspondent bien à la situation présente, d’autres, beaucoup d’autres s’en tenaient à de seules mises en cause de telle ou telle mesure gouvernementale, limitant ainsi le champ de la contestation globale.

La grande absente du défilé, c’est l’Union Européenne, « Bruxelles », pourtant au premier plan responsable des politiques de misère et de régression sociale organisée, imposées aux peuples …alors que ceux de Grèce et du Portugal, descendent en masse dans les rues pour protester contre cette même dictature du capital.

La France n’est-elle pas inscrite sur la liste ?

La direction confédérale va-elle pouvoir s’opposer encore longtemps à une telle orientation de lutte ?

2°) Les formes d’action – les défilés traditionnels dans les mêmes avenues et espacées de longues périodes sans mobilisation – sont-elles adaptées pour élever le niveau de lutte et de conscience politique d’une population privée actuellement de perspective ?

Pourquoi ne pas envisager des manifestations locales et renouvelées, dans les villes ouvrières, un soir de la semaine, à partir de la mairie ?

Pourquoi ne pas, ensuite, unifier par département, ces manifestations ?

Puis, envisager un parcours populaire, de Montreuil à Bobigny ou d’Ivry à Malakoff, en passant par les cités, là où la misère est la plus étendue, et dont la population est absente, aujourd’hui, dans les manifestations traditionnelles.

Songeons à l’impact de ces démonstrations sur les médias, sur la télévision en particulier, et sur l’effet produit par la « rencontre » entre la population des centres villes et des « quartiers »…stratégie valable aussi bien pour la capitale que pour les villes de province.

Cela constituerait un fait politique nouveau et décisif, comparable à l’occupation des entreprises en juin 1936.

Ce questionnement répond à la question essentielle :

« Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? »

 

Jean Lévy

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