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Le temps des cerises / Jean Lumière 

31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 10:54

aaa logo Drapeau VL’ouvrage de Bruno Fuligni « La France rouge » est d’un intérêt évident, par sa facture, par l’intérêt historique des fac-similés produits dont certains très inattendus (poème de Louise Michel, tract de l’organisation communiste de Buchenwald, lettre de Jean Llante relatif au portrait de Staline par Picasso et que j’ai bien connu, etc…). Livre chargé d’émotion aussi pour un lecteur qui a milité cinquante ans au P.C.F. La gageure était de taille que d’entreprendre une histoire de la France du XXème siècle à travers celle du P.C.F et plus particulièrement de ses seules archives, certainement plus périlleuse que de rédiger un simple traité d’histoire quant à l’objectivité de l’entreprise.

  Et c’est là précisément que le bât blesse. Sérieusement même. Le lecteur ne manquera pas de remarquer plusieurs silences complets sur certains aspects de périodes essentielles, selon moi, concernant les chapitres IV et V et s’étalant de l’année 1947 à l’année 1989. En effet, il n’y a pas le moindre mot ni la moindre virgule sur les guerres coloniales menées par la France et le positionnement du P.C.F. sur celles-ci des années durant ( l’évocation du parcours de François Vitori, militant communiste malgache impliqué dans la révolte de1929 ne fait pas le compte).L’auteur connait, et c’est bien, la Hongrie et la Tchécoslovaquie. Mais leViet-Nam, il ne connait pas ; pas plus l’Algérie d’ailleurs. Pourtant chacun se souvient que sur ces aventures sanglantes, le Parti Communiste fut la seule force politique organisée nationalement à s’y opposer dès leur début, et qu’il en paya d’ailleurs à plusieurs reprises le prix fort. Ce silence- et je l’affirme fortement- est une insulte au communiste Fernand Yveton, exécuté pour sa participation à la guerre de libération algérienne sur ordre du Garde des Sceaux de Guy Mollet, un certain F.Mitterrand ; c’est une insulte au communiste Maurice Audin tombé sous les balles des paras de Bigeard ; c’est encore une insulte aux huit communistes assassinés le 8 février 1962 à Charonne par les CRS de Papon. Même silence sur des évènements antérieurs mais non moins importants. Le chapitre IV traite du P.C.F. dans la guerre froide. J’accepte que l’auteur évoque cette période du Parti au travers de quatre faits réels (le culte de la personnalité porté à Maurice Thorez, le scandale du portrait de Staline par Picasso, le rapport Khroutchev ou l’exclusion de Margueritte Duras). Mais on reconnaitra que c’est un peu court, pour le moins. Les années 50 furent l’époque où menaça grandement une nouvelle guerre mondiale, nucléaire cette fois-ci. L’action des peuples (et la puissance d’alors de l’URSS) écarta le danger : le PCF y tint sa place et on se souvient de l’Appel de Stockholm et du rôle qu’y joua le communiste Joliot-Curie.

  Ce silence soulève diverses questions. De deux choses l’une : ou bien les archives du PCF ne comportent aucun document sur ces évènements, ou bien elles en comportent. La première hypothèse est hautement improbable : la préface du livre souligne la richesse exceptionnelle des archives du PCF(« deux kilomètres linéaires sur des supports multiples » et il n’y aurait aucun document relatif à ces questions… ?). La seconde hypothèse est bien plus vraisemblable. Auquel cas les archives concernées ont été volontairement ignorées et donc occultées. Cela signifie donc une volonté d’ordre politique : celle d’estomper ou affaiblir un des aspects majeurs de l’engagement révolutionnaire du PCF : sa solidarité dans l’action avec les peuples opprimés, parfois dénommée ( d’une façon un peu restrictive à mon sens) internationalisme prolétarien, même si l’ouvrage évoque bien l’engagement des Brigades internationales pendant la guerre d’Espagne . La question n’est pas anecdotique en ces temps actuels de multiples guerres impérialistes où cette solidarité  avec les peuples qui en sont victimes, ne s’exprime généralement qu’au travers d’articles ou de communiqués de presse. Notre questionnement est d’autant plus insistant que l’ouvrage est préfacé par FrédérickGenevée qui fait état de sa qualité de membre du Comité Exécutif national du PCF, engageant donc la responsabilité de la Direction actuelle de ce parti. En d’autres termes, l’ouvrage discuté, qui, je le répète, est riche et d’une facture très séduisante, est cependant bien dans l’airconsensuel du temps, comme en témoigne sa bonne audience médiatique et sa présentation en bonne place dans les rayons des grandes librairies (au moins à Toulouse…).

  Il est, bien évidemment, nécessaire de poursuivre l’analyse critique du parcours du PCF tout au long du XXème siècle. Il l’est tout autant de respecter l’objectivité historique et la déontologie éditoriale.

P.S. : deux remarques secondaires additionnelles relatives aux exemples choisis dans le chapitre 4 sur la guerre froide. 1) l’auteur aurait pu rappeler, au sujet du scandale du portrait de Staline par Picasso qu’il s’est trouvé, sauf erreur, un seul dirigeant national pour défendre Aragon, et pas n’importe lequel : Maurice Thorez…2) Le cas de Margueritte Duras pour illustrer la pratique des exclusions alors en vigueur peut se comprendre ; on aurait pu aussi évoquer celle de Roger Garaudy converti à l’islam et devenu très vite un négationniste anti sémite…mais c’est un détail…

Une ultime remarque, un peu polémique, j’en conviens. L’ouvrage se termine par quelques lignes de conclusion, intitulées « Epilogue ». Définition du terme par Le Petit Robert : « dénouement d’une affaire longue, embrouillée ». Fin de partie, en quelque sorte. Voilà un titre qui conviendrait aux chantres actuels de « la fin des idéologies (entendez : la fin du marxisme et de l’idée communiste) et de l’Histoire ». Je pense exactement le contraire !

 

Vincent Ferrier,    25 janvier 2012

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