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Vendémiaire

Blog d'actualité politique

France / Cantonales : l’expression d’une crise politique majeure.

Publié le 31 Mars 2011 par Vendémiaire in France-Politique - société

On connaît le paysage politique issu des urnes à l’issue du scrutin des élections cantonales. Une droite très en difficulté mais pas laminée, une poussée significative du FN en pourcentage, une gauche confortée dans ses positions, sans vague rose, et un PCF qui maintient ses positions, gagne des élus, que ce soit dans le cadre ou non du Front de Gauche.

Cependant la confrontation de ce résultat aux inscrits confirme une donnée essentielle de la réalité du pays, masquée ou banalisée quand on s’en tient aux seuls exprimés : la persistance et l’aggravation d’une abstention de masse.

L’abstention massive des électeurs traduit la profondeur de leur désarroi. Quelques mois après un puissant mouvement social porteur de grandes propositions sociales et politiques soutenues par 70% de nos concitoyens, un message d’une grande force vient d’être envoyé qu’il faut absolument entendre. Lorsque la grande majorité du corps électoral appelé à se prononcer ne va pas voter cela prend une signification politique au regard de laquelle les pourcentages obtenus par les différents partis doivent être relativisés. Avec l’ampleur de l’abstention - et la banalisation de l’extrême droite - se manifeste l’aggravation du fossé qui se creuse entre les attentes populaires et l’offre politique.

Plongé dans une crise économique et sociale sans précédent, notre pays connaît une crise politique majeure grosse de dangers. La poussée du populisme, des thèmes xénophobes de l’extrême droite, libèrent l’espace pour le Front National tout en aiguisant les contradictions d’une droite fébrile, n’en sont pas les moindres.

Des questions majeures sont posées par cette crise. La France, les peuples d’Europe souffrent des choix politiques soumis aux exigences des marchés financiers et des puissants qui en tirent profit. Le chômage, la pauvreté, l’insécurité sociale, l’explosion des inégalités, la crise écologique, appellent des réponses concrètes et immédiates que nos concitoyens ne trouvent pas dans l’offre politique actuelle.

On ne saurait trop souligner dans ce contexte la qualité remarquable, et reconnue, de l’engagement des militants communistes, des élus, dans leur capacité de rassemblement, avec celles et ceux qui refusent de baisser les bras. Elle a été décisive pour que de nombreux sièges de conseillers généraux communistes soient conservés et conquis, et pour que des majorités de gauche soient confortées ou gagnées. Autant de points d’appui qui seront précieux dans le rapport de forces face à la politique de Sarkozy.

Revenons aux résultats eux-mêmes. Au premier tour le Front de Gauche - avec toutes ses composantes - gagne légèrement en pourcentage (+0,95%) mais perd en voix par rapport au seul Parti Communiste en 2004 ( -182 562 voix ). Le Parti Socialiste perd en voix et en pourcentage (-989 540 voix et -1,23%) sur 2004. Les Verts qui cette fois-ci présentaient beaucoup plus de candidats (aujourd’hui Europe-Ecologie-Les Verts) gagnent en voix et en pourcentage (+244 085 voix, +4,32%). Le NPA a quasiment disparu lors de ce scrutin. Ainsi, alors que la droite recule en voix (-1 153 611 voix, l’UMP-NC gagne en pourcentage sur les divers droite) et que le Front National progresse en pourcentage mais pas en voix, la gauche ne connait pas de vraie dynamique. Le deuxième tour de scrutin confirme cette donne. La quasi absence d’élus du Front National tend à confirmer que ce vote n’est pas un vote d’adhésion mais qu’il reste un message protestataire adressé à l’ensemble des partis politiques. Ce qui ne saurait pour autant tranquilliser la gauche.

Dans ces conditions, les réactions après le scrutin sont en total décalage avec ce qu’attendent les françaises et les français. Comme si le message n’était pas entendu. Le discours politique continue comme avant. C’est pourtant de cette situation qu’il faut impérativement sortir si l’on veut que se lève une espérance populaire fondée sur un projet politique crédible. Il s’agit d’apporter des réponses concrètes aux problèmes, de répondre au besoin de rassemblement, en sortant des divisions stériles et décourageantes et des politiques traditionnelles d’accompagnement du système.

Une telle perspective est possible. Pour qu’elle existe, la gauche doit se dégager des pratiques politiciennes, coupées du réel vécu des femmes et des hommes du pays. La voie d’une autre manière de faire de la politique existe : répondre aux attentes populaires telles que les mouvements sociaux les expriment. C’est à ce mouvement populaire que le rassemblement doit se ressourcer, le reconnaissant comme l’acteur décisif de toute transformation progressiste.

Les communistes ont des initiatives à prendre et des idées à apporter pour que s’ouvre un large débat plus que jamais indispensable sur cette question centrale. L’analyse rigoureuse de la signification de ces cantonales en fait partie.

 

Communisme 21

Le 30 mars 2011

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