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Sur la route / Gaston Couté

 

 

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Le temps des cerises / Jean Lumière 

30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 10:33

Congrès de la Fédération Nationale des Mines et de l’Energie

Besançon le 17 avril 2014

Intervention de Thierry LEPAON

 

Chères et chers Camarades,

Merci d’abord à la Fédération Nationale des Mines et de l’Energie pour son invitation.

Permettez-moi d'exprimer toute la satisfaction et le plaisir qui sont les miens d'être aujourd'hui parmi vous à l'occasion de votre congrès fédéral, et d’avoir pu hier être présent et débattre avec les jeunes et nouveaux syndiqués, réunis en marge de votre congrès en compagnie de Virginie.

J’ai cru comprendre que cette rencontre d’hier soir a été présentée aux participants comme un moment privilégié à saisir pour débattre à bâtons rompus avec le Secrétaire général de la CGT, sans tabous et sans complaisance aucune.

Je dois vous dire que tout le privilège était pour moi. Les rencontres militantes sont au cœur de notre engagement. Cela fait partie de la fraternité et du débat d’idées.

Discuter à bâtons rompus avec une centaines de jeunes et nouveaux syndiqués sur ce qu’ils attendent de notre CGT et sur la façon dont ils aimeraient pouvoir se l’approprier est pour moi d’une grande importance.

Cela participe des engagements que nous avons pris collectivement lors de notre dernier congrès confédéral : comment rendre la CGT utile, accessible et solidaire.

Une CGT utile, accessible et solidaire, ce n’est pas seulement un slogan, c’est une volonté, une démarche syndicale et de conquête sociale.

C’est la condition nécessaire pour une syndicalisation massive qui permette aux salariés de se rencontrer, de débattre, de revendiquer et d’agir ensemble, c’est renforcer notre volonté d’être un syndicat de masse.

Rendre la CGT utile, accessible et solidaire, c’est l’objet des travaux poursuivis depuis maintenant plusieurs mois par la Confédération pour renforcer notre outil CGT, pour répondre au sentiment d’abandon et d’impuissance ressenti par de nombreux salariés et retraités.

C’est aussi nos efforts pour adapter notre travail revendicatif aux attentes et aux réalités des salariés, non pas pour renoncer mais pour avancer ensemble.

Dans cette démarche, notre approche sur le travail et l’exigence de sa transformation peuvent être un point d’appui considérable.

Nous sommes la Confédération générale du Travail.

Car à part nous, quand on le fait, qui écoute les salariés aujourd’hui sur leur travail ?

Se mettre en situation d’écoute des salariés, n’est-ce pas mettre la CGT elle-même dans une meilleure situation d’écoute de la part de l’ensemble de ces salariés ?

N’est-ce pas être plus crédibles dans ce que nous affirmons ? Vouloir changer le travail pour changer la société.

Notre syndicalisme, parce qu’il s’appuie sur les aspirations des salariés et leur intervention sociale, a la faculté, pour peu qu’il le décide, de redonner la voix aux salariés, au singulier et au pluriel.

Notre syndicalisme peut réconcilier les aspirations individuelles et l’action collective. C’est le sens de notre appel à une irruption des salariés sur la scène sociale.

A travers cette démarche, nous donnons à la syndicalisation CGT un sens immédiat et concret pour tous les salariés, quels que soient leurs catégories, leurs métiers, ou leurs sensibilités.

Cette ambition pose évidemment la question de véritables syndicats structurés, et du déploiement de la CGT là où elle n’est pas implantée, qu’il s’agisse de catégories, de métiers, ou d’entreprises.

La syndicalisation des techniciens, agents de maîtrise et cadres, qui représentent 40% du salariat, et beaucoup plus dans certaines entreprises, est posée en grand.

Elle est posée dans toute la CGT.

La CGT dispose d’un crédit parmi ces catégories, une nouvelle écoute. Ce crédit, il faut le transformer.

Comme dans d’autres grandes entreprises où nous étions fortement implantés, les derniers résultats professionnels ont placé la CGT en fort recul dans le champ de l’énergie.

La tendance était déjà installée depuis plusieurs élections.

Je veux le répéter ici, ce n’est pas seulement le problème de la FNME, de ses syndicats..

Les résultats de la représentativité syndicale au niveau interprofessionnel place la CGT première organisation syndicale mais elle est deuxième dans le 2ème collège, celui des techniciens et agents de maîtrise, et 2ème dans le 3ème collège, celui des cadres, des populations qui sont en constante augmentation.

Rester la première organisation syndicale en France n’est pas une question d’honneur et de lauriers. Ce n’est pas une question de place sur un podium.

C’est une question d’efficacité pour les salariés dans la construction de leurs revendications et la réussite des luttes sociales.

Depuis 20 ans, votre secteur professionnel, celui de l’industrie en général a subi de profondes transformations :

-              Des transformations, en termes de stratégie industrielle avec l’introduction de la concurrence, de la financiarisation et du court terme dans une filière professionnelle qui nécessite au contraire de s’inscrire dans le long terme et dans une optique de service public.

-              Des transformations en termes de structuration des entreprises, avec comme dans tous les autres secteurs industriels, l’automobile, l’aéronautique, les chantiers navals, le rail, mais également le numérique, le recours à la sous-traitance et des réorganisations permanentes.

-              Des transformations en termes de travail, de management, et de sociologie du salariat avec le départ en retraite de générations entières de salariés et l’arrivée progressive de salariés plus qualifiés, diplômés, qui investissent de nouveaux métiers, dans le commerce, l’informatique ou la gestion de projets.

Ces transformations ont forcément des incidences sur le travail, son organisation, les rapports sociaux dans l’entreprise, et le rapport que les salariés entretiennent avec le travail et donc avec le syndicalisme.

La place et le rôle historique de la CGT en sont forcément bousculés.

Je vous le dis, nous avons besoin d’y réfléchir ensemble pour que notre CGT réponde aux aspirations de tous les salariés, comme ils sont, là où ils sont.

Cette situation interroge la structuration de notre CGT qui est encore, et ce n’est pas spécifique à votre Fédération, structurée par les périmètres juridiques des entreprises.

Posons-nous la question : ces périmètres sont-ils encore pertinents vis-à-vis de la façon dont les projets industriels se structurent aujourd’hui ?

Nous avons besoin de réfléchir au salariat tel qu’il est et aux restructurations des entreprises et des groupes.

Il en va de notre crédibilité, de notre capacité à organiser un rapport de force face au patronat, il en va aussi de la représentativité interprofessionnelle de la CGT comme première organisation syndicale française.

J’ai proposé de constituer un groupe de travail confédéral avec les principales fédérations de l’industrie percutées par ces transformations.

L’objectif est d’analyser ensemble, de façon détaillée et franche, les problématiques qui nous sont posées pour pouvoir y apporter une réponse confédérale, c'est-à-dire solidaire et cohérente.

Ce groupe de travail se réunira avant l’été. Il devra faire des propositions concrètes à toute la CGT.

Faire grandir le rapport de force en faveur des salariés dans notre pays est indispensable.

L’insatisfaction du monde du travail et de la jeunesse est grande.

L’élection de François Hollande en 2012, après les engagements du candidat lors de son discours de campagne au Bourget avait fait renaître l’espoir.

Les français, et singulièrement la jeunesse, attendaient des améliorations dans leur travail et dans leur vie, une nouvelle espérance.

L’aggravation de la situation sociale conduit aujourd’hui une grande partie d’entre eux à ne rien attendre de la politique.

Une autre partie a envoyé un signal de détresse en votant pour l’extrême droite lors des dernières élections municipales.

C’est une sanction sévère des choix politiques faits pendant la première partie du quinquennat et accentués par le président de la République lors de ses vœux.

Le nouveau Premier Ministre Manuel Valls vient de confirmer qu’il n’entend pas les aspirations des salariés.

Les mesures annoncées en matière de pouvoir d’achat consistent en une promesse à réduire les impôts pour les ménages modestes d’ici à 2017 et supprimer une partie des cotisations sociales, pour les salariés payés au SMIC.

En fait, il s’agit de détourner le mécontentement lié aux bas salaires vers de nouvelles mesures de détricotage du financement de la sécurité sociale.

Sachons le dire et le dire encore : notre salaire, c’est le haut de la feuille de paie.

Augmenter le salaire en bas sans augmenter le salaire en haut, c’est comprimer notre protection sociale, le financement et les droits.

Progressivement, par touches successives, notre système solidaire, ses principes de mutualisation et d’universalité sont mis à mal.

Et les groupes privés voudraient opérer un glissement vers l’individualisation, la privatisation, le recours aux assurances privées.

Nous devons nous opposer résolument à ces transferts totalement contraires au système de solidarité que nous avons construit.

Nous exigeons au contraire une protection sociale assise sur le système des cotisations sociales.

Mes chers Camarades, ce qui se joue est particulièrement important.

Il s’agit de savoir si le travail peut payer le hors travail.

A la CGT, nous répondons résolument oui !

Notre campagne sur le coût du capital doit être l’occasion de porter plus haut la question de la rémunération du travail dans le débat public.

Car la question du « coût du travail » portée par le MEDEF et le gouvernement dissémine les doutes dans la tête des salariés.

Certes, les salariés ne sont pas prêts à davantage de sacrifices ; certes, ils connaissent les ravages de cette politique d’austérité sociale dans l’ensemble des pays européens.

Mais la question qui est dans toutes les têtes est : peut-on faire autrement dans ce contexte de crise ?

N’est-ce pas utopique de revendiquer des augmentations salariales ?

Il nous faut répondre à ces questions pour pouvoir ouvrir des perspectives revendicatives et d’action.

Baisser la rémunération du travail, c’est déqualifier le travail et c’est assécher la demande.

C’est contraindre les salariés aux bas salaires, à la précarité, au mal vivre, et à la pauvreté. 20% des SDF ont un travail.

C’est priver l’entreprise du levier essentiel de son développement : la qualification et l’engagement des salariés.

C’est un non-sens social et économique.

Le gouvernement se focalise sur les exigences patronales en matière d’exonérations de charges fiscales et sociales qui contribuent à redresser les marges des entreprises sans aucune garantie sur la création d’emplois et le financement des investissements.

Aucun engagement du MEDEF mais par contre de nombreuses exigences.

La CGT a proposé au gouvernement de prendre des initiatives concrètes :

- Poursuivre le travail engagé par Jean Marc Ayrault dans l’objectif d’une remise à plat de la fiscalité afin de déterminer quelle est la contribution des uns et des autres à notre vivre ensemble et construire une fiscalité plus juste.

- Faire un bilan complet des aides publiques accordées aux entreprises à chaque niveau territorial, et construire une politique d’aide soumise à des critères et à des engagements contractuels de la part des entreprises.

- Donner aux représentants des salariés les moyens de connaître l’origine des aides et contrôler leur utilisation.

Je rappelle qu’aujourd’hui le montant annuel de ces aides est de 200 milliards d’euros et que le gouvernement propose de les porter à plus de 230 milliards d’euros par an.

200 milliards d’euros, c’est 10 fois le déficit annuel de nos régimes de retraites, c’est 30 fois celui de l’assurance maladie, dont on nous dit qu’ils sont abyssaux.

Dans ce contexte, la question de l’emploi est une priorité pour les salariés.

Elle est affichée comme telle par le gouvernement et le patronat.

Mais, même la très modeste loi dite Florange a été retoquée par le Conseil Constitutionnel.

Elle obligeait seulement les entreprises de plus de 1 000 salariés à chercher un éventuel repreneur.

Le motif invoqué par le Conseil Constitutionnel, le sacro-saint droit de propriété et la liberté d’entreprendre, est particulièrement révélateur.

Il pose deux questions ce fameux Conseil :

D’abord, celle de la démocratie car ce n’est pas la première fois que le Conseil Constitutionnel censure des dispositions sociales adoptées par le Parlement.

Ensuite, celle du statut l’entreprise, de sa nature, de la place centrale qu’occupent les salariés au sein de cette communauté économique.

Au nom du droit à la propriété économique, le Conseil Constitutionnel consacre ainsi un droit à la destruction économique !

Destruction du potentiel industriel et destruction des emplois, destruction de la création de richesses.

Face au pouvoir des actionnaires, nous revendiquons la légitimité des salariés et de leur droit au travail.

C’est la troisième proposition que nous avons faite au Premier Ministre : analyser l’ensemble des leviers à disposition de l’entreprise pour assurer  le développement de l’emploi dans son environnement territorial.

S’appuyer sur l’expression directe des salariés sur leur travail, donner des droits d’intervention aux représentants des salariés dans la stratégie de l’entreprise, y compris le droit de véto en cas de licenciements boursiers, voilà ce que nous sommes en droit d’attendre d’un gouvernement de gauche !

Nous revendiquons le rôle du syndicalisme dans la démocratie sociale.

Et c’est précisément cela aujourd’hui que l’on veut nous contester dans le cadre du procès intenté contre 10 responsables de la CCAS, la FNME, de la Confédération et la NVO.

La justice parle à ce stade « d’abus de confiance » ou de « recel d’abus de confiance » au détriment des intérêts des salariés de la branche IEG.

Le chef d’accusation s’est d’ailleurs singulièrement dégonflé au fur et à mesure de l’instruction.

Des moyens de la CCAS auraient été utilisés à d’autres fins que le seul fonctionnement de l’institution sociale.

La CGT, ses militants investis dans la CCAS, n’ont pas la même vision que le juge d’instruction des intérêts des salariés du secteur de l’énergie.

C’est une vision large et plus substantielle des intérêts des travailleurs dont les élus et responsables se sont de tout temps inspirés.

Il a été démontré que les initiatives contestées ont été prises dans l’intérêt des agents, pour la défense de leurs emplois et pour l’expression de solidarités légitimes.

L’annonce du procès risque d’être l’occasion d’une nouvelle offensive des médias.

L’enjeu de cette énième campagne de dénigrement est clair : non seulement discréditer la CGT, le syndicalisme, mais tenter de peser sur la capacité des salariés à défendre leurs droits et leurs revendications dans un contexte de crise.

Plus que jamais, dans cette période où « l’argent est roi », la CGT défendra les institutions sociales gérées par les salariés tout comme une vision exigeante de l’action sociale et culturelle, et des solidarités salariales concrètes.

La Fédération peut compter sur le soutien, la solidarité de toute la CGT.

Rémunération du travail et démocratie sociale pour sortir de la crise …, il manque un troisième volet, essentiel, celui de la nécessaire relance de la politique industrielle.

L’emploi industriel, c’est ce qui permet de produire des biens matériels d’équipement et de consommation, c’est l’équilibre de notre balance commerciale, ce sont des millions d’emplois induits dans le commerce, la logistique, les services publics, les infrastructures, c’est une politique de recherche et développement, c’est le financement de notre protection sociale.

La reconquête et le développement de l’emploi industriel sont la condition du redressement productif, du redressement du pays, de la création de richesses, de la possibilité d’ouvrir une ère de progrès, d’offrir un avenir à la jeunesse face aux adeptes de la croissance.

C’est aussi un combat acharné contre la financiarisation de l’économie, la spéculation, l’évasion fiscale et sociale.

Mes Chers Camarades, nous avons perdu 2 millions d’emplois industriels en 30 ans.

Ce chiffre masque des réalités très diverses.

Il occulte la nature des emplois et les transformations des organisations dans les entreprises.

La sous-traitance en chaîne et les externalisations ont modifié le périmètre des entreprises et des emplois industriels.

Cependant, le recul industriel est incontestable.

Depuis plusieurs années, la CGT est engagée dans ce combat pour l’industrie.

Souvenons-nous des luttes contre les fermetures des mines, des luttes contre la casse de la sidérurgie, des chantiers navals, de l’automobile, de l’électro-ménager …

Vous avez-vous-mêmes, dans votre secteur, lutté contre les privatisations, pour le financement d’investissements utiles.

Vous avez, dans vos territoires, construit des projets hydrauliques, thermiques, et d’accompagnement de développement industriel ou de reconversion énergétique de sites industriels pour les rendre plus efficaces économiquement.

Nous avons besoin d’une relance de la politique industrielle, appuyée  sur les filières existantes, le développement de  la recherche et la qualification des salariés.

Notons au passage qu’en 2012, la part du travail non qualifié était de 22,7% en France alors qu’elle n’est que de 14% en Allemagne.

Relancer une politique industrielle, cela demande d’abord de retrouver une vision de long terme qui fait défaut aujourd’hui aux industriels eux-mêmes, au système de crédit bancaire et à l’action publique.

Si le jeu du marché, de la mise en concurrence généralisée des salariés et des territoires permettait de maintenir et développer le potentiel de production industriel dans notre pays, cela se saurait et il ne serait pas nécessaire de lutter pour une reconquête.

L’Etat doit donc pleinement jouer son rôle pour organiser le bien commun et disposer des moyens politiques et réglementaires pour le faire.

Après le Conseil Constitutionnel, c’est le Conseil d’Etat qui vient d’annuler la décision du gouvernement de limiter la hausse des tarifs de l’électricité à 2% entre août 2012 et août 2013.

Et dans le même temps où le Conseil de simplification, mis en place par le président de la République et présidé par un patron, promet aux patrons de ne pas avoir recours aux mesures fiscales rétroactives, le Conseil d’Etat va demander aux 28 millions d’usagers de rattraper une année de factures d’électricité !

Deux poids, deux mesures pour mesurer que le Conseil d’Etat comme le gouvernement est faible avec les durs et dur avec les faibles.

Disons-le d’emblée, face aux intérêts privés, aux grands groupes, aux prédateurs et spéculateurs, nous avons besoin d’un Etat acteur, d’un Etat développeur, d’un Etat stratège ainsi que le reconnaît dans un avis, le Conseil Economique Social et Environnemental.

Disons-le aussi, le mot planification n’est pas tabou, en particulier s’il s’agit des intérêts vitaux et des secteurs stratégiques pour la Nation comme celui de l’énergie.

La France doit bientôt se doter d’une loi sur la transition énergétique, qui engagera des choix structurants pour l'avenir.

Il s’agit de se fixer une trajectoire ambitieuse de réduction des émissions de gaz à effet de serre, d’accès pour tous à l’énergie et de viser dans le même temps la compétitivité de notre énergie pour l’industrie.

L’énergie, c’est à la fois un secteur industriel structuré et un secteur stratégique pour toute l’industrie.

C’est ce que nous irons dire ensemble à Fessenheim et à Mulhouse le 15 mai prochain dans le cadre de la campagne confédérale de défense et de développement de l’emploi et de l’industrie.

Cela demande à la fois de consolider les filières existantes et de consacrer un gros effort dans la recherche : pour économiser les ressources naturelles, limiter les pollutions, réduire les risques, réduire la pénibilité du travail et économiser la santé des salariés, faire évoluer les procédés, en mettre au point de nouveaux.

Les atouts de la France nous le savons, sont de ce point de vue considérables.

Notre pays dispose déjà d’une énergie électrique peu émettrice de gaz à effet de serre, à base de nucléaire et d’énergies renouvelables, en grande partie hydraulique.

Elle peut s’appuyer sur l’expérience de groupes de taille mondiale comme EDF, GDF-SUEZ, AREVA, ALSTOM, d’organismes renommés comme le CEA, le BRGM, l’ANDRA, l’IRSN.

Elle dispose d’un vivier de savoir-faire exceptionnels.

Mais ces atouts sont aujourd’hui mis à mal.

Les normes bruxelloises n’apportent pas les bienfaits prétendus ni en termes de prix, ni en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Le soutien nécessaire aux énergies renouvelables est souvent capté par des acteurs privés attirés par de forts retours sur investissement.

La déréglementation affaiblit les grands énergéticiens du continent.

Les à-coups dans les décisions d’investissement ont fragilisé les filières.

C’est patent du côté du solaire.

Mais c’est aussi évident pour le  nucléaire en provoquant des pertes de compétences, des ruptures technologiques.

La complexité de l’organisation du secteur fait exploser les coûts de gestion et de commercialisation, ce qui participe de manière conséquente à la hausse des tarifs.

La France n’a pas les moyens d’un tel gâchis économique et humain.

Dans ce contexte, il serait désastreux que le débat sur la transition énergétique se concentre sur le seul  paramètre exprimant la  part du nucléaire dans le mix électrique et que cela signifie la fermeture d’installations autrement que pour des raisons de sécurité, bien évidemment !

La préparation de l’avenir ne doit pas être sacrifiée.

La loi de transition énergétique ne doit pas toutefois se cantonner au périmètre de l’énergie électrique.

Elle doit aborder tous les vecteurs et notamment celui du gaz, qui a un rôle à jouer dans la transition énergique.

Elle doit traiter de l’enjeu majeur de la conversion du secteur des transports qui représente plus du quart de la consommation d’énergie.

C’est également le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre.

Il est donc aujourd’hui grand temps de remettre ces questions essentielles au centre du débat.

Economiser l’énergie relève du bon sens, mais pas au point de sous-estimer les besoins de développement et la démographie dynamique du pays, et oui, nous allons continuer à vouloir vivre ensemble et plus nombreux.

Face aux besoins massifs d’investissements nécessaires pour financer la transition énergétique, il est urgent de bousculer de fond en comble les dogmes qui menacent gravement la compétitivité de nombreux secteurs industriels qui délocalisent un a un pour des cieux supposés plus « accueillants ».

Plutôt que de s’acharner à offrir aux entreprises de coûteux allègements de cotisations sociales, le gouvernement serait mieux inspiré de proposer au pays et aux entreprises un autre pacte, un pacte de sécurité et de compétitivité énergétique, qui s’articulerait autour d’objectifs sociaux et économiques en termes de tarification de l’énergie et de financement.

Cet effort renouvelé doit pouvoir s’appuyer sur un pôle public de l'énergie, une revendication que la CGT met en avant depuis plusieurs années.

Il implique aussi des coopérations européennes aux antipodes d’une Europe de la concurrence et du dumping social.

L’engagement du candidat Hollande de renégocier le pacte européen de stabilité s’il était élu avait suscité un réel espoir, y compris parmi nos homologues syndicalistes européens.

On sait ce qu’il en est malheureusement advenu.

Mais la nouveauté réside dans la capacité du syndicalisme européen à engager un processus autonome d’analyses et de propositions économiques alternatives en faveur d’une Europe sociale.

C’est ce qui a donné naissance à la proposition d’un plan d’investissements sur 10 ans, égal à 2% du PIB européen, et potentiellement créateur de 11 millions d’emplois de qualité.

L’Europe est composée de syndicats très divers, 80 organisations du nord au sud, mais qui ont réussi à dégager une vision commune des grandes caractéristiques de la crise et des alternatives sociales et économiques à construire pour développer les droits sociaux et l’emploi.

C’est ce qui a donné lieu à la manifestation remarquée à Bruxelles le 4 avril dernier mais aussi à un certain nombre d’initiatives dans les territoires en France et sur les zones transfrontalières.

Mes chers Camarades, rassembler le syndicalisme, en France, en Europe comme dans le monde, c’est ce qui donne des perspectives pour changer le quotidien des salariés et construire une société de progrès social, une société humaine !

Alors, vive le 5ème congrès de la Fédération Nationale des Mines et de l’Energie !

Merci de votre accueil.

Amitiés sincères à Virginie et à toute l’équipe de votre Fédération.

Rendez-vous le 1er Mai, on manifestera gratuitement.

Vive la CGT !¢

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Published by Vendémiaire - dans Syndicalisme
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