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Vendémiaire

Blog d'actualité politique

France / La Santé malade de la peste libérale

Publié le 15 Septembre 2011 par Vendémiaire in France-Politique - société

La Santé malade de la peste libérale

 

La « restructuration » des hôpitaux publics concoctée par le gouvernement ultra-libéral de Sarkozy coûte très cher… aux patients.

La réduction drastique des personnels et des moyens, la fermeture à tout va des hôpitaux publics, et plus généralement la Santé publique qui n’est plus organisée en fonction des besoins médicaux réels de la population mais en fonction d’une logique comptable libérale (capitaliste), ne peut que mener à des drames humains et à des crises sanitaires.

Nous le dénonçons depuis des années. Mais d’année en année la situation ne cesse de se dégrader et les exemples de « dérapages » dans les hôpitaux sont malheureusement de plus en plus nombreux. Cette dégradation sanitaire est renforcée par la dégradation générale des services publics, qui subissent tous de plein fouet l’offensive libérale. 

Nous vous relatons l’un des derniers incidents en date, dans lequel se sont conjuguées les effets de la politique libérale sur les hôpitaux et les pompiers.

 

3h30 dans la nuit du 11/09/11 au 12/09/11. Melle X, 27 ans, est amenée aux urgences de l’hôpital Cochin (Paris 14e) par les pompiers. Motif: femme retrouvée au sol dans la rue.

La fiche des pompiers ne mentionne pas les circonstances de l’accident, qu’ils ignorent sans doute ; l’adresse du lieu d’intervention est erronée ; la destination mentionnée de la victime : St Joseph.

La patiente arrive non coquillée et non déshabillée.

On apprendra par la suite que la régulation SAMU n'a pas été contactée.

En IAO (tri du degré d'urgence) on découvre que la patiente présente des fractures compliquées au niveau des 2 chevilles, une désorientation temporo-spatiale et un saignement actif au niveau vaginal. De plus on retrouve des anciens dossiers qui nous révèlent que la patiente est schizophrène.

Devant l'étendue des traumatismes de cette patiente, un scanner corporel est tout de suite réalisé : au finale, grave fracture à chaque cheville, fracture de la colonne vertébrale avec suspicion de sectionnement de la moelle épinière et un pneumothorax.

La patiente doit passer au bloc de neuro-chirurgie en urgence : le médecin senior va passer 3h30 au téléphone pour trouver une place dans une réanimation de poly-traumatiques de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) : toutes les réa poly-trauma refusent en invoquant l’absence de lits disponibles.

La régulation du Samu est prévenue par la « faisant fonction » de cadre des urgences de Cochin.

L’administrateur de garde est prévenu par le médecin senior des urgences pour qu’il tente de trouver une place en réa poly-trauma. Finalement, la patiente, évidemment toujours dans un état très grave, sera transférée par SMUR à l’hôpital Lariboisière à 8h15, soit 5h après son admission aux urgences de Cochin.

Une enquête interne serait en cours pour mauvaise orientation de la patiente, laquelle n’aurait jamais dû passer par les urgences de Cochin.

 

Cet exemple illustre, s’il en était besoin, les risques auxquels les « décideurs » au pouvoir  exposent la population. En effet, on ne peut pas se dire qu’il s’agit  d’un cas isolé ou d’un malheureux concours de circonstances, tant les exemples se multiplient. De l’aveu même du personnel des hôpitaux, « on frise la catastrophe pratiquement tous les jours ». Malgré des sous-effectifs chroniques dans les services d’hospitalisation, le personnel soignant tente, tant bien que mal, de limiter les dégâts.

On est en droit de se demander si, dans leurs plans de « restructuration » de la Santé, les énarques et autres technocrates n’ont pas déjà intégré dans leurs calculs un « pourcentage acceptable » de morts supplémentaires…

 

Michel Strausseisen

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