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Le temps des cerises / Jean Lumière 

21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 19:59

 lundi 21 octobre 2013


Le vote interne dans les sections du PCF de Paris a donné 57 % des voix pour des listes d’union au premier tour avec le Parti Socialiste, aux prochaines élections municipales. Au-delà de ses implications électorales, cette décision aura des conséquences importantes – et généralement négatives – concernant les perspectives pour le PCF, pour le Parti de Gauche et, par-dessus de tout, pour la construction d’une force politique capable de défendre les intérêts des travailleurs face aux conséquences sociales désastreuses du capitalisme.

Après l’immense enthousiasme suscité par la campagne du Front de Gauche en 2012, le vote des communistes parisiens provoque une vague d’incompréhension et de déception dans la couche la plus militante et active de la classe ouvrière, celle qui forme la colonne vertébrale des organisations syndicales. La réaction a été du même ordre chez les communistes parisiens qui ont voté pour des listes du Front de Gauche. Tous les communistes – y compris ceux qui ont voté pour des listes communes avec le PS – sentent que la décision parisienne tend à briser l’élan créé en 2012, plaçant un point d’interrogation sur l’avenir du Front de Gauche.

Cependant, il serait complètement erroné de tirer la conclusion que ce vote exprime un sentiment « pro-PS » ou qu’il y aurait un quelconque « virage social-démocrate » à la base du parti. Ce n’est pas vrai. Les camarades qui ont voté pour des listes d’union avec le PS sont loin d’être des inconditionnels de la politique du PS, que ce soit au niveau parisien ou au niveau national. Il est vrai que Pierre Laurent et une majorité de dirigeants de la fédération parisienne voulaient, dès le départ, des listes d’union avec le PS. Ce positionnement a pesé dans la balance, certes. Mais il n’a pas été décisif, à notre avis. Il y a quelques mois, même si l’on ne peut l’affirmer avec certitude, il semblait à bien des communistes que l’option Front de Gauche était majoritaire à la base du parti, malgré la position de la direction nationale. Quoi qu’il en soit, ce qui ne fait pas doute, c’est que le soutien à des listes Front de Gauche s’est progressivement affaibli au fil des semaines. Les partisans des listes PS-PCF avaient des arguments – certains plus forts que d’autres –, mais l’un des principaux facteurs qui expliquent le résultat du vote est indiscutablement le comportement de la direction du Parti de Gauche.

Dans les discussions au niveau des sections parisiennes, de nombreux militants communistes ont expliqué qu’ils auraient préféré des listes du Front de Gauche, mais qu’ils ne voyaient pas comment c’était possible compte tenu de l’attitude du PG. Tout en accusant le PCF de se livrer à la « lutte des places » au détriment des questions de programme, les dirigeants parisiens du PG se sont montrés extrêmement revendicatifs, justement, en ce qui concerne les « places ». Ils exigeaient la tête de liste parisienne. Ils exigeaient une répartition des positions éligibles selon le schéma des « trois tiers », à savoir : un tiers pour le PCF, un tiers pour le PG et un tiers pour des formations minuscules dont la plupart des gens n’ont jamais entendu parler, mais qui se verraient attribuer autant d’élus que le PCF ! Le PG considérait aussi comme « non négociable » d’avoir les têtes de liste dans plusieurs arrondissements clés de la capitale, comme par exemple le 10e, le 12e et le 20e, au détriment du PCF. Au vu du poids réel du Parti de Gauche, les militants communistes ont considéré que ces prétentions étaient complètement démesurées – et une provocation, en somme –, au point qu’ils en sont venus à se demander si le PG voulait discuter sérieusement ou s’il s’agissait d’une simple posture. Entre, d’un côté, ces exigences démesurées du PG et, de l’autre, la volonté d’une majorité de dirigeants du PCF parisien de faire alliance avec le PS, il n’y avait au moment du vote aucune proposition négociée entre le PCF et le PG. Par conséquent, les très nombreux militants communistes « en principe » favorables à des listes du Front de Gauche se trouvaient complètement désarmés. Une fraction significative d’entre eux a donc fini, à contrecœur, par rallier l’option de listes PCF-PS.

L’attitude de la direction nationale du PCF à l’égard du PS est déterminée par l’espoir de préserver son implantation institutionnelle (et les moyens financiers qui vont avec), malgré le recul continu de ses effectifs et de sa base électorale. Mais il ne faut pas confondre la position de la direction du PCF et celle de la base. De manière générale, les militants du parti voient le nombre d’élus qu’ils peuvent obtenir non comme une fin en soi, mais comme un moyen de mieux défendre les intérêts des travailleurs sur le plan municipal. Réduire leur point de vue à la « lutte des places », c’est mal les connaître et la meilleure façon qui soit de les irriter. Il faut dire que certaines déclarations publiques émanant des dirigeants du PG ne pouvaient qu’agacer les communistes. Après tout, si la négociation d’un accord électoral avec le PS revient à renoncer aux principes, que faut-il dire des accords en discussion entre le PG et les Verts – qui sont au gouvernement et dont les députés se sont courageusement abstenus lors du vote sur la contre-réforme des retraites ?

Nous ne pouvons qu’essayer de deviner les motivations des dirigeants du PG dans cette affaire. Calculent-ils qu’en menant seuls – ou presque – une liste du « Front de Gauche » à Paris, ils peuvent réaliser un score leur permettant de négocier, entre les deux tours, un nombre de positions éligibles plus important qu’ils n’en auraient obtenu dans le cadre d’un accord avec le PCF ? Ce n’est qu’une hypothèse. Toujours est-il que si les dirigeants du PG avaient voulu miner d’avance toute possibilité d’un accord avec le PCF, ils ne s’y seraient pas pris autrement !

Les raisons qui ont poussé une majorité des communistes parisiens à voter comme ils l’ont fait sont donc compréhensibles, même si les militants du mouvement syndical et les sympathisants du parti, ne voyant pas d’aussi près le problème qui se posait, peuvent s’en étonner. Il n’empêche que c’est une erreur – et une erreur due au fait que, précisément, bien des camarades voyaient le détail des négociations électorales et ont perdu de vue, dans une large mesure, le problème général qui se pose au mouvement ouvrier et à notre lutte contre le capitalisme. Indépendamment du déroulement de l’élection municipale, la conséquence générale de cette décision sera de convaincre un certain nombre de travailleurs militants que le PCF a placé ses intérêts électoraux immédiats au-dessus de l’impérieuse nécessité de construire autour du parti une force politique de masse résolument hostile au capitalisme et donc, nécessairement, en rivalité et en opposition à la politique menée par le PS. Si la direction du PS se félicite du vote de la décision prise par les communistes, ce n’est pas tellement pour des raisons électorales, car le PCF aurait dans tous les cas – et à juste titre – appelé à battre l’UMP au deuxième tour ; c’est surtout parce que cette alliance du PS avec le PCF tendra à compliquer l’émergence d’une force politique indépendante sur la gauche du PS.

Pour le PCF, le principal enseignement de cet épisode est que son propre affaiblissement, comme force indépendante, l’a réduit à dépendre des alliances pour maintenir ses positions en termes de nombre d’élus. L’explication de cet affaiblissement réside dans le caractère réformiste de son programme et des bases idéologiques de sa direction. Une partie importante de la base voudrait ramener le parti vers les idées et les principes du communisme, vers une politique authentiquement révolutionnaire. C’est une tâche qui ne peut pas être accomplie facilement et immédiatement. Mais elle est indispensable. La Riposte y contribue et continuera de le faire. Le renforcement organisationnel du parti est indissociable de la lutte pour y rétablir les idées, le programme et les principes du marxisme.

Greg Oxley (PCF Paris 10e)

La Riposte : journal communiste 

 

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