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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 13:41

MEDIAPART 22 septembre 2012 | Par Michel de Pracontal

 

Annoncée à grand tapage médiatique, une étude française affirme que les maïs OGM sont toxiques. Son auteur, Gilles-Éric Séralini, professeur de biologie moléculaire à Caen, dirige aussi le conseil scientifique du Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (Criigen), dont la présidente d’honneur est la députée européenne Corinne Lepage.

Séralini a déjà publié en 2007 et 2009 des articles scientifiques visant à démontrer la toxicité de l’herbicide Roundup produit par Monsanto. Ses travaux ont reçu à chaque fois une grande publicité. Mais ils ont aussi été sévèrement critiqués par de nombreux scientifiques qui ont pointé de multiples failles méthodologiques.

La dernière publication de Séralini a déclenché une nouvelle tempête dans les médias français et internationaux. Alors que l’article est paru le 19 septembre dans la revue Food and Chemical Toxicology, les recherches de Séralini font aussi l’objet d’un livre – Tous Cobayes, édité par Flammarion – et d’un film portant le même titre, tous deux annoncés pour le 26 septembre. Séralini et ses collègues ont même les honneurs d'une couverture du Nouvel Observateur, sobrement intitulée  Oui, les OGM sont des poisons !, extrapolation bien audacieuse si l'on considère que l'étude ne traite que d'un maïs génétiquement modifié. Last but not least, la revue américaine Science consacre une breaking news à la fameuse étude, en reproduisant la couverture du Nouvel Obs…

Tout ce battage publicitaire est-il mis au service d’une découverte scientifique capitale, aux conséquences majeures pour la santé animale et humaine ? Ou s'agit-il surtout d'autopromotion ? Les résultats de l’étude sont à première vue effrayants : des rats nourris avec du maïs OGM présentent des tumeurs spectaculaires et meurent plus tôt que les rats ayant un régime ordinaire.

Pourtant, depuis quinze ou vingt ans, des milliards d’animaux d’élevage dans l’Union européenne ont été nourris avec du soja transgénique, sans qu’on observe d’effet particulier. Et les populations humaines dans le monde entier ont aussi consommé des aliments contenant des OGM, sans qu’un problème de santé ait été mis en évidence. « Si les effets sont aussi importants, et si les conclusions de l’étude (de Séralini) s’appliquent aussi aux humains, pourquoi les Nords-Américains ne tombent-ils pas comme des mouches ? demande le professeur Mark Tester, spécialiste de la génétique des plantes à l’université d’Adelaïde en Australie. Les organismes génétiquement modifiés ont été dans la chaîne alimentaire (en Amérique du Nord) depuis plus d’une décennie, et la longévité continue de croître inexorablement ! »

Et, ajoute Mark Tester, « pourquoi aucune des plus des cent études antérieures, menées par des scientifiques réputés, publiées dans des journaux de référence, n’ont-elles rien mis en évidence ? »

En toute rigueur scientifique, le fait qu’aucun autre chercheur n’ait observé les mêmes effets que Séralini et son équipe ne prouve pas que ces derniers ont tort. Mais pour revendiquer un résultat aussi exceptionnel que celui annoncé par les chercheurs de Caen, il faut des arguments en béton. Et c’est bien là que le bât blesse : autant la campagne de promotion de Séralini est rigoureusement orchestrée, autant le contenu de sa recherche a laissé les lecteurs scientifiques sur leur faim.

Aussi bien en France qu’à l’étranger, de nombreux experts pointent les défauts de l’étude. Citons le professeur David Spiegelhalter, spécialiste des risques à l’université de Cambridge, l’un des experts britanniques qui ont étudié les effets des prothèses PIP : « À mon sens, les méthodes, les statistiques et la manière de rapporter les résultats sont très en-dessous des standards que j’attendrais pour une étude rigoureuse – pour être honnête je suis surpris que cet article ait été accepté pour publication. »

Encore plus critique, Martina Newell-McGloughlin, directrice du programme international de biotechnologie à l’université de Californie à Davis, affirme que « l’étude n’a pas de valeur scientifique ». D’après elle, le problème réside dans « la conception expérimentale », dont on peut se demander « si elle n’a pas été délibérément choisie pour obtenir le résultat attendu ». Opinion partagée par Bruce Chassy, professeur émérite de nutrition à l’université d’Illinois : « L’étude a été conçue pour produire exactement ce qui a été observé… »

Pourquoi Séralini n'a-t-il pas étudié séparément le maïs manipulé et le Roundup ?

Sur quoi se fondent ces attaques ? Un examen de l’article de Gilles-Éric Séralini et de ses collègues fait apparaître toute une série de lacunes et de point faibles. Voici une revue de détail.

  • L’étude traite deux sujets à la fois.

Son objectif est d’évaluer la toxicité d’un maïs OGM dit NK 603, produit par Monsanto, mais aussi – encore une fois ! – de l’herbicide Roundup. Précisons que la manipulation génétique du maïs NK 603 a précisément pour effet de le rendre tolérant au Roundup, de sorte qu’ils sont utilisés ensemble. Cela permet à l’industriel de vendre à la fois la semence et le produit qui empêche les mauvaises herbes de gêner la production de maïs.

Mais sur le plan de la toxicité potentielle, le problème de l’herbicide n’est pas le même que celui du maïs manipulé : le premier contient une molécule active, le glyphosate, que Séralini estime nocive pour la santé des mammifères ; le deuxième ne contient qu’un transgène, un gène modifié, autrement dit un segment d’ADN artificiel, mais qui n’est pas chimiquement différent de l’ADN normal du maïs. Qui plus est, le rôle de ce gène modifié est de permettre au maïs de produire une enzyme qui détruit le Roundup.

« Il est difficile d’imaginer qu’un herbicide pourrait avoir des effets toxiques identiques à une manipulation génétique qui donne au maïs la capacité de détruire cet herbicide », lit-on dans la revue britannique New Scientist.

Pourquoi l’équipe de Caen n’a-t-elle pas étudié séparément les effets du Roundup et ceux du maïs manipulé ? On l’ignore, mais ce choix a nui à la portée de l’étude.

  • L’étude utilise des effectifs trop restreints d’animaux.

Séralini et son équipe ont « enrôlé » dans leur expérience 200 rats, 100 de chaque sexe. Cela peut paraître beaucoup, mais l’expérience visait à comparer les effets de pas moins de dix régimes alimentaires différents ! Pourquoi autant ? Parce que les chercheurs ont examiné à la fois les effets du maïs OGM, du Roundup et de leur combinaison. Les dix régimes comparés sont : un régime « normal » sans OGM ; trois régimes contenant le maïs OGM, à des doses respectivement de 11 %, 22 % et 33 %, mais non traité au Roundup ; trois régimes avec les mêmes doses de maïs OGM, mais après traitement de ce maïs par le Roundup ; et enfin trois régimes avec une alimentation sans OGM mais de l’eau contenant des doses graduées de Roundup (l’idée étant que dans les zones où l’on utilise l’herbicide, ce dernier passe dans le sol et dans l’eau bue par les animaux).

Pour comparer ces dix régimes, les chercheurs ont répartis les rats en vingt groupes, dix pour les mâles et dix pour les femelles, chaque groupe étant donc composé de dix animaux. Or dix individus pour estimer la mortalité ou pour évaluer un risque de cancer inconnu jusqu’ici, c’est peu.

Selon Gérard Pascal, toxicologue et ancien directeur de recherches à l’INRA, interrogé par Le Monde, « les études de cancérogenèse, c’est-à-dire le suivi du développement éventuel de tumeurs après l’exposition à une substance, doivent se baser sur des groupes d’au moins cinquante animaux de chaque sexe pour pouvoir établir une analyse statistique représentative. » On est loin du compte.

  • Les résultats ne prouvent pas que le maïs OGM réduit l’espérance de vie des rats.

Pour conforter sa conclusion, Séralini met en avant la durée de son étude, deux ans, qui d’après lui a permis de mettre en évidence des effets indétectables dans les études habituelles, plus courtes. En fait, on peut se demander si l’étude n’a pas duré trop longtemps : selon les chercheurs, les rats mâles du groupe de contrôle (nourris sans OGM ni Roundup), ont vécu en moyenne 624 jours, soit moins de deux ans, même si l’on ajoute les périodes de croissance et de « stabilisation » avant le début de l’expérience. Pour les femelles, l’expérience a duré en moyenne 701 jours, donc presque deux ans. Mais il est clair que pour les deux sexes, la durée de l’expérience est voisine de la longévité maximale des animaux, ce qui pose problème lorsqu’on considère l’effet de l’alimentation sur la mortalité.

« Toutes les données ne peuvent pas être montrées… »

Ainsi, pour les mâles, trois rats du groupe contrôle sont morts avant la limite des 624 jours. Or dans au moins l'un des groupes exposés au maïs OGM, et dans l'un des groupes exposés au Roundup, seulement deux rats sont morts avant cette limite, tandis que dans troisième groupe il y a trois morts prématurés. Autrement dit, pour au moins trois des neuf groupes de rats « traités », la mortalité semble égale, sinon inférieure à celle des rats « contrôle ».

Cette anomalie est moindre chez les femelles, pour lesquelles on relève entre 3 et 7 morts prématurées parmi les groupes « traités ». Mais étant donné le faible effectif des groupes, la portée des résultats est discutable. Le problème qui se pose est de savoir si ces résultats sont statistiquement significatifs. Or les données exposées par les auteurs ne permettent pas d’en juger. Par exemple, le fait qu’il y ait seulement 2 morts prématurées dans le groupe contrôle femelle est-il dû au hasard ? Un autre échantillon de rats sélectionnés de manière aléatoire aurait-il pu compter 0, ou 4, ou 6 morts avant la limite ?

Le seul moyen de répondre est d’évaluer la « variance » de la mortalité des groupes contrôle – le degré de variabilité naturelle que peut présenter cette mortalité. Les chercheurs n’ont présenté aucune analyse de ce type. De ce fait, on ne peut pas savoir si la mortalité supérieure chez les femelles traitées est vraiment due à leur alimentation ou si ce n’est pas un effet aléatoire. D’autant que chez les mâles, les résultats sont incohérents, certains groupes traités ayant une mortalité plus faible que les contrôles.

  • L'étude ne prouve pas que les pathologies observées sont dues aux OGM et au Roundup.

Dans un tableau, Séralini et ses co-auteurs présentent les pathologies « les plus fréquentes » qu'ils imputent au maïs transgénique et à l’herbicide. Pour les mâles, ce sont des atteintes au foie, au système digestif et aux reins. Mais l’effet supposé des OGM semble faible : 5 rats contrôle sur 10 ont des troubles hépato-digestifs, alors que dans les six groupes qui prennent du maïs transgénique, le nombre d’individus touchés oscille entre 6 et 7. Pour les pathologies rénales, un des groupes traités au Roundup comporte exactement le même nombre de sujets atteints que le groupe contrôle.

Chez les femelles, les pathologies les plus fréquentes sont des tumeurs mammaires ou des kystes. La moitié des individus du groupe contrôle – 5 sur 10 – sont atteints, alors que dans les groupes traités, le nombre d’animaux touchés varie entre 6 et 10. Les chercheurs signalent aussi des troubles de l’hypophyse, avec un effet paradoxal : deux des groupes traités présentent moins d’individus atteints que le groupe contrôle.

Dans ces conditions, seule une analyse statistique approfondie permettrait de savoir si les résultats sont significatifs. Elle fait défaut. Les chercheurs ne fournissent qu’une partie de leurs données et n’indiquent pas en fonction de quels critères ils ont choisi les pathologies pour lesquelles ils donnent des chiffres. Seule explication : « Toutes les données ne peuvent pas être montrées dans un article et les plus pertinentes sont présentées ici »…

Cette phrase a fait tiquer plus d’un scientifique habitué au traitement statistique des données, à l’instar de Michael Grayer, statisticien médical dans une société britannique, Dianthus : « Les possibilités de sélectionner (“cherry-picking”) les résultats intéressants parmi un océan d’ennuyeux résultats nuls sont immenses » dans le dispositif expérimental des chercheurs de Caen, estime-t-il. Bien entendu, ce n’est pas parce que c’est possible que cela a été fait. Mais la meilleure façon d’éliminer le doute aurait été de procéder à une analyse statistique claire qui manque dans l’article.

  • Les résultats ne montrent pas de relation dose-effet.

En général, lorsqu’une substance est associée à une pathologie, l’effet toxique augmente avec la dose administrée. Rien de tel dans l’étude de Séralini : les rats mâles qui consomment 22 % de maïs OGM ont plus de pathologies que ceux qui en consomment 33 % ! Les chercheurs affirment que l’effet qu’ils détectent comporte un seuil, et que ce seuil une fois franchi, il peut y avoir des variations aléatoires. Mais on pourrait aussi soutenir qu’il n’y a aucun effet et que les résultats varient de manière erratique.

  • Les tumeurs imputées à la toxicité pourraient être spontanées.

L’article de Séralini contient de spectaculaires photos de tumeurs qui auront probablement un fort impact émotionnel à l’écran, mais dont la pertinence scientifique reste à établir. En effet, les rats utilisés dans l’expérience appartiennent à une souche de laboratoire appelée Sprague Dawley ; or cette souche est sujette à des tumeurs spontanées, particulièrement quand l’animal avance en âge.

Dans une étude publiée en 1973 dans la revue Cancer Research, on observait 45 % de tumeurs spontanées chez des rats de cette souche, mâles et femelles, sur une période de 18 mois. « Spontanées » signifiant que les rats n’avaient subi aucun traitement susceptible d’avoir provoqué les tumeurs. Par conséquent, une grande partie des tumeurs observées par Séralini, sinon toutes, auraient pu se produire indépendamment de leur alimentation, simplement parce que l’expérience a duré longtemps. La souche choisie par Séralini n’est certainement pas la mieux adaptée à une expérience prolongée sur deux ans. Et là encore, il manque une analyse statistique qui permettrait de savoir si une partie des tumeurs observées chez les animaux traités doivent réellement être imputées à la toxicité de leur régime.

Commentaire de Mark Tester : « Ils ont prouvé que de vieux rats attrapent des tumeurs et meurent. C’est tout ce que l’on peut conclure »

Ce n’est évidemment pas ce que pense Gilles-Éric Séralini, qui peut d’ores et déjà se féliciter d’avoir eu un impact médiatique maximum, et inversement proportionnel à son crédit parmi les scientifiques. Nous avons contacté son bureau pour connaître ses réponses aux objections de ses pairs, mais l’agenda chargé du professeur ne lui a pas permis de nous répondre dans les délais de cet article.

Avec une célérité inhabituelle, le gouvernement a immédiatement réagi à la publication de Séralini, le ministre de l'agriculture ayant appelé à une « réforme profonde » visant à rendre « beaucoup plus strictes » les procédures d’homologation des cultures génétiquement modifiées dans l’Union européenne. Cela avant même que l’Anses, l’agence nationale responsable de la sécurité de l’alimentation, et l’EFSA, son équivalent européen, aient pu évaluer les données de l’étude.

L’Anses devrait se prononcer d’ici quelques semaines. La Commission européenne a demandé à l’EFSA de procéder à une contre-expertise d’ici la fin de l’année. « Nous n'accepterons pas que ces personnes-là contre-expertisent notre étude, a déclaré Gilles-Éric Séralini lors d’une conférence de presse à Bruxelles. Nous pensons également mettre en cause à la fois leur compétence et leur honnêteté, au moins scientifique. » (propos rapportés par Reuters).

Aux yeux de Gilles-Éric Séralini, les experts européens ne sont pas indépendants de l’industrie. Il estime avec Corinne Lepage, la présidente d’honneur du Criigen, qu’il y a de nombreux conflits d’intérêts à l’EFSA.

Mais Séralini risque de se trouver dans la position de l’arroseur arrosé. Ses travaux ont été en partie financés par l’association Ceres, créée sous l’impulsion de Gérard Mulliez, le fondateur d’Auchan. Ceres rassemble plusieurs sociétés de la grande distribution, dont Auchan et Carrefour. Lesquels ont construit leur stratégie marketing, entre autres, sur la promotion de produits sans OGM…

 

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