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Le temps des cerises / Jean Lumière 

30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 11:41

Par Gérôme Truc, sociologue, enseignant à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.

 

Jadis incontournable, Karl Marx est désormais passé de mode. On ne l’enseigne plus guère –y compris dans les amphithéâtres de sociologie et de sciences politiques (a fortiori dans ceux d’économie). On le lit encore moins. On lui préfère Edgar Morin ou Stéphane Hessel. Le manifeste des Indignés plutôt que celui du parti communiste.

Le fait est que l’on a tort. Il n’est nul besoin d’être marxiste pour trouver encore un intérêt de tout premier ordre à la (re)lecture d’un ouvrage comme la Lutte des classes en France. Publié pourtant il y a plus de cent soixante ans, au lendemain de la révolution de février 1848 – qui mit fin à la monarchie de Juillet et instaura la IIeRépublique–, on ne peut qu’être frappé par l’écho de ses premières pages avec notre actualité immédiate. Le parallèle entre la description que Marx offre des dérives de la monarchie de Juillet et ce que nous vivons aujourd’hui est proprement saisissant.

Marx, le meilleur commentateur de notre actualité? Qu’on en juge dans le texte:

«Après la révolution de juillet, (…) Laffitte laissa échapper ce mot: “Désormais, ce sera le règne des banquiers.” (…) Ce n’est pas la bourgeoisie française qui régnait sous Louis-Philippe, mais seulement une fraction de celle-ci (…) : l’aristocratie financière.» (Cela ne date donc pas d’hier…) « Par ses embarras financiers, la monarchie de Juillet fut dès lors dépendante de la grande bourgeoisie, et cette dépendance fut la source inépuisable d’une gêne financière croissante. » (La crise de la dette avant l’heure.) « Il était impossible de subordonner la gestion de l’État à l’intérêt de la production nationale sans équilibrer le budget (…) Et comment établir cet équilibre (…) sans rejeter une partie considérable du fardeau fiscal sur les épaules de la grande bourgeoise elle-même? » (Le bouclier fiscal, déjà?)

« Bien mieux, l’endettement de l’État était d’un intérêt direct pour la fraction de la bourgeoisie qui régnait (…). En fait, le déficit de l’État était l’objet même de sa spéculation et la source principale de son enrichissement. À la fin de chaque année, nouveau déficit. Au bout de quatre ou cinq ans, nouvel emprunt (…), une nouvelle occasion d’escroquer l’État, qui, maintenu artificiellement au bord de la banqueroute, était obligé de négocier avec les banquiers dans les conditions les plus défavorables.» (C’était avant les agences de notation et le triple A.)

« Le déficit de l’État étant d’un intérêt immédiat pour la fraction de la bourgeoisie au pouvoir, on comprend dès lors que les dépenses publiques extraordinaires dans les dernières années du gouvernement de Louis-Philippe aient largement dépassé du double celles sous Napoléon (…). » (C’était combien, déjà, le prix de la suite de Nicolas Sarkozy lors du G20 à Cannes?) «Les sommes énormes qui passaient ainsi entre les mains de l’État facilitaient en outre des contrats de livraison frauduleux, la corruption, la concussion, des filouteries de toutes sortes.» (Affaire Takieddine, affaire Bettencourt…)

«Et les fractions de la bourgeoisie française exclues du pouvoir de crier “Corruption!” (…) La bourgeoisie industrielle voyait ses intérêts menacés, la petite bourgeoisie était moralement indignée (Eh oui, on s’indignait déjà à l’époque…), l’imagination populaire scandalisée, Paris inondé de pamphlets (…) où l’on dénonçait et stigmatisait de façon plus ou moins spirituelle le règne de l’aristocratie financière.» (Avez-vous récemment fait un tour en librairie?) On sait ce qui s’ensuivit. De mauvaises récoltes et une crise économique aggravée conduisirent à une explosion du nombre de chômeurs et de pauvres, et ce fut alors, à nouveau… la révolution.

Marx, commentateur de notre actualité?

 

Gérôme Truc

 

http://www.humanite.fr/politique/relisez-la-lutte-des-classes-en-france…-le-parallele-est-proprement-saisissant-484508

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