Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Site de recherche d'emploi

Le site http://jooble-fr.com/

vous propose des annonces d'offres d'emploi nationales et internationales.


Les offres qui vous seront envoyées par mail proviennent de différentes sources, et ne préjugent en rien des conditions de travail et des salaires. Il vous appartient de vous en assurer le cas échéant.

 

Le site est d'utilisation simple et l'inscription est gratuite.

 

http://jooble-fr.com/

 

Merci de signaler à Vendémiaire tout dysfonctionnement que vous pourriez constater.

Rechercher

Quelques conférences

Chansons

  Avant d'écouter les enregistrements ci-dessous, attendez la fin de la musique de fond du blog...

 

L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 15:20

 

La guerre impérialiste ou coloniale est toujours comme il y a cinquante ans une réalité, et a le même objectif : soumettre un peuple par la force des armées, de façon à pouvoir exploiter ses richesses, quitte à rétribuer pour cela les collaborateurs que leurs appétits de lucre et de pouvoir rendent dociles aux conquérants. Elle a aussi ses limites et ses échecs, quand l’opposition résolue du peuple occupé se traduit par une guérilla quotidienne, impossible à vaincre, qui transforme les victoires militaires sur le terrain en défaites politiques. C’est le cas aujourd’hui en Afghanistan, malgré les occupants occidentaux, comme ce fut le cas il y a cinquante ans en Algérie pour les troupes françaises.

Mais si cette guerre impérialiste n’a pas changé de nature, elle a largement évolué dans ses méthodes et sa tactique, et sa technologie. L’aventure libyenne de l’OTAN et de la France en 2011 le montre : d’abord elle n’est plus menée par une armée de conscription, de jeunes appelés comme ceux qui en 1960 à Alger surent briser le soulèvement factieux qu’avaient organisé leurs généraux. En Afghanistan, en Libye, les soldats français sont des professionnels, engagés par goût de l’aventure exotique ou pour échapper au chômage. Même si la majorité d’entre eux n’a pas une âme de criminel, ils ne sont pas liés comme autrefois à leur peuple. La masse des Français trouve absurde la mort de 70 d’entre eux près de Kaboul, pour rien, mais on est loin des mobilisations pacifistes comme au temps des guerres d’Algérie ou du Vietnam. La technologie actuelle de repérage des cibles a énormément progressé, et rend les bombardements extrêmement précis, comme sur les infrastructures militaires et économiques de Libye. Certes, ces frappes « chirurgicales » tuent beaucoup, même si on le cache, mais on a pu ainsi annihiler l’armée libyenne et casser l’économie de ce pays, aplanir le terrain devant les insurgés amis de l’Occident, sans pour cela détruire l’essentiel des zones urbaines. Rien à voir avec les bombardements américains de 1944, qui rasaient à chaque fois des villes entières, au Havre ou à Dresde (les avions lâchaient alors leurs bombes de plusieurs milliers de mètres en altitude). Une autre nouveauté militaire essentielle est l’usage des drones, en Afghanistan comme en Libye, porteurs de mort ciblés, pilotés depuis de lointains laboratoires… Cette « guerre des lâches » a pour le conquérant l’intérêt essentiel de ne pas entraîner de victimes en ses rangs : en France, l’opinion, chloroformée par les médias, ne s’est ainsi guère émue de la guerre en Libye, perçue par la majorité comme une aventure sans risques, pour des raisons prétendument humanitaires.
Mais il faut aujourd’hui s’interroger sur une nouvelle tactique de la guerre impérialiste, d’autant plus pernicieuse qu’elle se prétend libératrice, voire « révolutionnaire ».
Nous a-t’on seriné les vertus démocratiques d’internet, des « réseaux sociaux » comme facebook et twitter, supposés apporter enfin la liberté d’expression à chaque individu, malgré tous les pouvoirs d’état et les politiciens professionnels ? Cette vision néo-libérale, directement importée des USA, n’est bien sûr qu’une fable absurde.

Notons d’abord que si quelques milliers de révolutionnaires ont bien raison de s’exprimer et communiquer par ce biais d’un pays à l’autre, leurs analyses sont noyées dans quelques millions de messages anodins, infantiles, d’élucubrations mensongères, de discours commerciaux ou criminels, de manipulations politiciennes, notamment d’extrême droite raciste et xénophobe, de terrorismes les plus divers, etc … Cette « liberté » est d’autant plus significative de la jungle capitaliste et « libérale » que, contrairement à une légende naïve, aucune communication par internet n’est secrète à ceux qui ont les moyens financiers, technologiques et humains d’interception, états, services secrets, pouvoirs financiers. Les « hackers » de la CIA ont la possibilité matérielle de contrôler tout courrier électronique, notamment parce que l’essentiel des serveurs mondiaux est aux USA, et de supprimer celui qui présenterait un danger pour leurs sponsors. Seule difficulté pour eux, le volume est trop grand pour être analysé en détail, et les appels au terrorisme sur la toile sont bien utiles pour justifier les politiques répressives.

Depuis des années maintenant, les « réseaux sociaux » censés organiser « l’amitié sans frontières » deviennent un outil de la guerre impérialiste. Nous a-t-on assez dit depuis janvier 2011 le rôle joué par facebook et twitter dans la propagation des « révolutions arabes » ? Et il est vrai que les textes et les images véhiculés par des opposants aux régimes autoritaires en Moyen Orient ont un succès croissant, notamment parmi les foules de diplômés chômeurs qui foisonnent dans ces pays sans industries, réduits à exporter leurs matières premières. Ces jeunes sont évidemment contestataires, souvent apolitiques, et fascinés par l’Occident qu’ils rêvent de rejoindre. Ils ont été souvent le noyau initial des mobilisations, en Tunisie, en Egypte, au Yémen, un peu comme les étudiants du campus de Nanterre le furent du défoulement social de 1968 en France. Mais cela ne doit pas cacher un autre aspect, plus secret, devenu pourtant évident à qui ne se gargarise pas du mot « révolution » à propos de tout et de rien. Il y a cinquante ans, l’impérialisme US au sommet de sa force, avait pour objectif de déstabiliser les pays du « camp socialiste », et utilisait pour cela les radios comme « Free Europe », appelant, parfois avec succès, au soulèvement contre les communistes, en 1956 notamment, en Hongrie. En 2011, le même impérialisme affaibli, patelin, mais aussi agissant, rétribue de véritables bataillons de « spécialistes » de l’informatique, plusieurs dizaines de milliers d’hommes et de femmes aux USA, pour déstabiliser les états « ennemis », parce qu’ils ne se situent pas toujours dans la mouvance de Wall Street. Des appels à manifester, voire à l’insurrection armée, ont fleuri ces dernières années, relayés par des contacts locaux, bien à l’abri dans leurs bureaux aux USA ou en Europe, en direction de l’Europe de l’Est (Ukraine, Géorgie, pays Baltes), de Chine (Sin-Kiang et Tibet) et d’Iran l’an dernier. Dans ce dernier pays « menace », les hackers de la CIA (et du Mossad israélien semble-t’il) ont même réussi à rendre inutilisable un certain temps le système de gestion informatique des usines nucléaires !

Au Moyen Orient, où les USA ont programmé de mettre en place des régimes à leur dévotion, plus sûrs que les corrompus précédents, plus stables parce que réconciliés avec les courants intégristes pro-occidentaux, les services spécialisés étasuniens ont multiplié depuis un an leurs actions subversives, relayant et organisant depuis le continent américain ou l’Europe, images et discours enflammés des opposants, et les appels même à l’insurrection armée.

Evidemment, un détonateur ne suffit à provoquer l’embrasement que si les conditions sociales et politiques y sont mûres : en Tunisie, en Egypte, l’opposition sociale et politique le permet, et on ne sait encore si le « plan américain » réussira, car les forces démocratiques et progressistes résistent de leur mieux à cette manipulation. En Libye, les appels à l’insurrection armée n’ont réussi à entraîner une partie du peuple que grâce à l’intervention armée de bombardiers de l’OTAN. En Syrie, les mêmes appels ont eu un écho parmi les divers opposants au régime autoritaire du Baath, au risque d’une guerre civile de grande ampleur, mais l’opposition de la Chine et de la Russie à l’ONU a jusqu’à présent empêché les Occidentaux de rééditer l’ingérence armée comme en Libye.
Certains de nos lecteurs vont crier à la paranoïa, à l’obsession du complot. Qu’ils lisent alors le journal algérien El Watan du 18/09/2011, qui décrit la rumeur qui a agité Alger la veille : un appel au soulèvement contre le pouvoir sur facebook, anonyme et collectif, a été suivi de dénonciations par SMS de la part du Ministre de l’Intérieur, dénonçant des auteurs liés aux services occidentaux et sionistes ( ?). Provocation, on ne sait de qui, mais réalité en tout cas qui a peu de chance de réussir dans une Algérie qui sort à peine de dix ans de guerre civile intégriste et l’a payé très cher.
On est en tout cas au début seulement de cette nouvelle forme de guerre impérialiste, qui menace le monde autant qu’autrefois.


Francis Arzalier

Collectif Communiste Polex, http://www.collectif-communiste-polex.org/bulletin/bulletin_85_art1.htm

Partager cet article

Repost 0
Published by Polex/Vendémiaire - dans International
commenter cet article

commentaires