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Vendémiaire

Blog d'actualité politique

INTERVENTION A L’APN DE TARIK MIRA LE 25 OCTOBRE 2010

Publié le 29 Octobre 2010 par Tarik Mira in Maghreb-Machrek

aaa Vendemiaire 2010 drapeau

Monsieur le président, mesdames et messieurs les députés, salam alikoum, azul fellawen.

 

En écoutant la déclaration de politique générale et puis en la relisant attentivement, j’étais étonné par son contenu qui relève à la fois de celle-ci et du programme d’actions. La première remarque est d’ordre constitutionnel : le texte fondamental n’est pas cohérent car combinant les deux rapports. La deuxième remarque, subséquente à la première : la constitution est bafouée. La preuve est que la déclaration de politique générale n’a pas été présentée les deux dernières années devant l’assemblée populaire nationale. Etait-elle sciemment confondue avec le programme d’actions ?

Ce n’est pas la première fois que le phénomène de la violation des droits constitutionnels est constaté. Je voudrais citer en la matière le non respect du couple droits et libertés. Quelle option politique est-elle supérieure à la constitution pour empêcher la création de partis politiques, pour permettre aux associations wilayales et nationales de se fonder et de prospérer? Combien de fois cette remarque a été soulevée ici, dans ses travées, sans que le gouvernement n’ai daigné à répondre et encore moins à se conformer à la constitution. Au nom de quelle logique maintient-t-on l’état d’urgence si ce n’est pour justifier le contrôle tatillon sur tout ce qui n’émane pas directement ou indirectement du pouvoir ? Cette politique éprouvée tant de fois dans le passé n’a pas empêché les événements sanglants d’octobre 1988 d’advenir et d’emporter dans leur foulée tout ce qui a été déclaré auparavant « irréversible ». La leçon est à méditer.

Je vous pose la question, monsieur le premier ministre, à quand la levée de l’état d’urgence ?

Toujours dans le même chapitre, comment peut-on émettre un article du code pénal – le fameux article  144 bis-2 - qui est en contradiction avec l’article  36 de la constitution qui garantit « l’inviolabilité de la liberté de conscience ». Ce qui vient de se passer avec les arrestations opérées à Ighzer Amokrane, à Aïn El Hammam, à Larbaa Nath Irathen et la condamnation du jeune Farés Bouchaouata d’Oum El Bouaghi à 2 ans de prison est proprement scandaleux eu égard à ce droit constitutif à l’être humain qu’est la liberté de conscience. Cette notion est consubstantielle à la citoyenneté, à la République, terme auquel vous avez ajouté « clémence » dans votre texte de présentation, monsieur le premier ministre, lorsque vous vous adressez aux terroristes afin qu’ils renoncent aux armes. Faut il croire aux que la République ne revêt ses habits que lorsqu’elle est combattue les armes à la main ? J’ajouterai que cette idée dialectiquement conjointe de citoyenneté et de République a irrigué le Mouvement national et a porté sur ses fonts baptismaux la fondation de l’Etat national souverain. Les sanctions prononcées à Aïn El Hammam et Oum El Bouaghi ne sont pas similaires pour le même «délit», prouvant par là que les procès sont politiques et la justice divisible contrairement à son principe de base. Je ne plaide pas ici pour l’alignement des verdicts. Je déclare que ces procès n’auraient jamais dû avoir lieu, et ce en conformité avec la constitution et par rapport aux  valeurs et fondements du Mouvement national. Après la violation de ces principes, il faut alors arracher la déclaration des droits de l’homme placardée dans l’ensemble de nos commissariats de police.

La République est une et indivisible

Quand on regarde les chiffres que vous avancez, nous sommes étonnés que cette richesse générée et mise positivement à profit, selon vous, n’arrive pas à juguler le chômage de masse qui frappe prioritairement les jeunes. Nous ne nous réjouissons pas de cette situation, mais, hélas, force est de constater  que le régime a échoué dans ce chantier prioritaire. Quand des jeunes sont en effet réduits à narguer la mort en traversant la méditerranée, c’est que rien ne va plus. Il n’y a pas meilleur indicateur pour signifier l’échec d’une politique. Ce revers est à ajouter à un autre domaine : la corruption. Elle s’est généralisée et a atteint une ampleur sans précédent. Je ne vais pas énumérer ici les affaires que la presse a rendues publique. Elles sont connues de tous. Le gouvernement qui n’a rien pu faire jusque-là édicte d’un seul coup quatre ordonnances pour contrer un phénomène aussi volumineux que la réserve de changes. Je crains que ce ne soit qu’une parade face à un problème structurel, initiative qui plus est arrivant au moment même où un groupe de vingt cinq (25) députés avait demandé la constitution d’une commission d’enquête parlementaire sur le sujet.

Le  refus par le bureau de l’APN de cette commission sous un prétexte fallacieux indique que l’institution parlementaire, déjà minorée devant l’Exécutif, perd toute considération devant l’opinion publique. Dépouillée de l’une de ses prérogatives essentielles – le contrôle de l’action publique – elle est réduite à une chambre d’enregistrement. Comment alors défendre la crédibilité de l’Etat quand la constitution est violée, les libertés publiques brimées, la justice soumise et la représentation populaire méprisée ? S’il n’y a pas de contre pouvoir, la démocratie n’est que façade et la voie est ouverte à tous les abus  politique et  économique.

Il n’est pas faux aujourd’hui d’affirmer qu’encore une fois l’Algérie a raté le cap d’allier la liberté à l’indépendance.

Je vous remercie.

MIRA Tarik

Député de Bejaïa.

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