Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vendémiaire

Blog d'actualité politique

La grenouille et le scorpion

Publié le 25 Février 2010 par Gérard Filoche in France-Politique - société

Posté dans Politique par Gérard Filoche le 19 février 2010

Le scorpion demande à la grenouille de l’emmener sur son dos pour traverser le fleuve.  «  Ah, non lui dit celle-ci, tu vas me piquer ». « Non, répond le scorpion, je te l’assure ». La grenouille prend le scorpion, et celui-ci la pique au milieu du fleuve. Ils vont mourir tous les deux. « Mais enfin pourquoi as-tu fait cela ? », lui demande la grenouille. « C’est plus fort que moi, je n’ai pas pu m’en empêcher » répond le scorpion.

L’histoire est connue, c’est celle des états et des marchés. Celle des spéculateurs rapaces et des régulateurs naïfs.

Les états dirigés par les néolibéraux ont aidé les banquiers et banqueroutiers, et puis les banquiers ne peuvent s’empêcher de les couler comme ils le font avec les Etats grecs, espagnols et portugais (les « PIIGS » comme ils disent si gentiment, Portugal, Italie, Irlande, Grèce, Spain). Le capitalisme ne peut s’empêcher de faire le mal, scorpion il est, scorpion il reste, même quand des centaines de milliards de dollars ont été déversés dans ses veines bancaires.

Les « agences de notation » et les « comparateurs », ces organismes privés, payés pour intoxiquer au service de leurs commanditaires de la finance, entreprennent de reprocher aux Etats les dettes qu’ils ont contracté en luttant contre la crise des surprimes.

En perspective, demain avec ce système, la France sera dans le collimateur, et Fillon nous ressortira en avril, après les élections, le coup de la France en faillite qu’il faut absolument mettre à la diète.

Les critères de Maastricht qu’ils ont fait voler en éclats lorsqu’il s’est agi de sauver les banques, ils vont les ressortir contre notre protection sociale et nos salaires. Ils exigent que la Grèce abaisse son endettement de 4 à 5,25 % en un an…Leurs exigences sont à géométrie variable.

Trouver 4 à 5,25  % de PIB grec en un an pour rembourser les banques leur semble planifiable à eux qui disent impossible de trouver 6 % points de PIB français d’ici trente ans pour sauver nos retraites…

La Grèce n’a pas à se plier à ces diktats sauvages, illégitimes, que les technocrates et gouvernements de l’Europe libérale veulent lui imposer. Elle a besoin d’un plan de relance pas d’un plan d’austérité. Ce n’est pas le salaire des fonctionnaires grecs qu’il faut baisser mais les primes des traders et autres grands patrons de la finance parce que ce sont ces derniers qui ont fauté. Pareil en France : le manager partial, petit frère des riches, qui est à l’Elysée, a trouvé 320 milliards de caution et 40 milliards de prêts pour les banques, mais va bientôt exiger qu’autant de milliards réels soit trouvés par une politique de rigueur et de restriction des déficits. Ce, afin que la France ne perde pas son « triple A », cette arnaque des actionnaires anonymes, ces notations mystérieuses au nom desquelles on vous assassine les droits sociaux et les salaires.

Xavier Darcos anticipe dans ce sens : il propose encore de « simplifier le droit du travail ». On se frotte les yeux, le code vient d’être simplifié, passé à l’acide des exigences du Medef, entre le 16 février 2005 et le 1er mai 2008, il a été entièrement ré écrit. Cela a été fait technocratiquement, sournoisement, sans concertation, (par le cabinet du Medef Jacques Barthélémy sous la direction de Jean-Denis Combrexelle, le « Besson » du droit du travail qui dînait chaque mois avec Denis Gauthier-Sauvagnac) pendant trois ans sur la base d’une ordonnance de décembre 2004. Il s’agissait déjà de rendre le texte « plus lisible » et plus « accessible » aux usagers. Ils l’ont charcuté au détriment des salariés intégrant l’essentiel de rapport « de Virville ». Cela ne leur a pas suffi, ils veulent recommencer inlassablement !

N’importe quoi : Darcos explique que le droit du travail est « très complexe, trop sophistiqué, voire contradictoire » et souligne que les entreprises le trouvent « confus » ce qui est « coûteux et angoissant » et « génère beaucoup de contentieux ». « Il serait nécessaire, par exemple, de créer une échelle raisonnée de sanctions », dit-il.

Il rajoute n’importe quoi pour plaire au Medef et à Mme Parisot qui pense que « la liberté de penser s’arrête là où commence le code du travail : « les critiques portées à la complexité du système sont assez unanimes et tout le monde considère qu’il est grand temps que le dossier soit rouvert ». Cette fois c’est carrément un DRH, directeur des ressources humaines du groupe Vinci, Franck Mougin qui devra « rendre son rapport en novembre 2010 ».

Ça menace, il va encore y avoir du scorpion par là.

Gérard Filoche

http://www.filoche.net/2010/02/19/la-grenouille-et-le-scorpion/

 

Commenter cet article

jade 08/04/2010 10:31



Il faut indiquer d'où avez-vous copi l'idée 



ferrier vincent 25/02/2010 12:09


Bien d'accord avec la substance de l'article, à un détail près- et de taille! la grenouille est certes victime de sa naîveté; mais pas les états (capitalistes) quio sont, eux, les fondés de pouvoir
du grand capital et, à ce titre, ses complices conscients et délibérés. V.Ferrier, toulouse.