Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vendémiaire

Blog d'actualité politique

La voie du CNR et du retour en Résistance : une démarche fondée sur la réalité concrète de notre temps

Publié le 13 Octobre 2009 par Claude Beaulieu in France-Politique - société


Paris le 10 octobre 2009 - Colloque de l’Arc Républicain de Progrès.

La voie du CNR et du retour en Résistance : une démarche fondée sur la réalité concrète de notre temps.

Allocution de Claude Beaulieu, président du Comité Valmy

mardi 13 octobre 2009

 

La voie du CNR et du retour en Résistance : une démarche fondée sur la réalité concrète de notre temps.

La « construction européenne » existante et qui est imposée aux peuples, n’est en rien celle que souhaitaient en leur temps, quelques utopistes de bonne foi. Parmi ceux-ci, certains préconisaient comme Giscard aujourd’hui, des Etats-Unis d’Europe. Marx leur répondait en dénonçant déjà le fédéralisme européen en raison de son contenu de classe tandis que Lénine prévenait qu’en régime capitaliste, ces Etats- Unis d’Europe « sont ou bien impossibles, ou bien réactionnaires ».

L’intégration supranationale que nous combattons aujourd’hui, est en effet réactionnaire, c’est même une contre révolution permanente. Elle est destinée à construire contre les peuples et les Etats-nations, un super Etat fédéral et régionaliste, L’Europe fédérale des Länder.

Elle a été décidée et orchestrée, dès la fin de la deuxième guerre mondiale, en même temps que le Pacte Atlantique, par l’impérialisme américain et ses agents recrutés pendant la guerre ou installés après la Libération par la CIA. Ces deux démarches stratégiques ont toujours été liées. Elle le sont encore aujourd’hui, plus que jamais comme le souligne le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, imposé par le dictat de Nicolas Sarkosy.

Ainsi, il n’est pas inutile de rappeler que la création, le 4 avril 1949, de l’Alliance atlantique, coïncide chronologiquement avec la création du Conseil de l’Europe, le 5 mai 1949. En avril 1948 la création de l’OECE (Organisation européenne de coopération économique), qui avait pour but de répartir les fonds du Plan Marshall, fut historiquement un véritable cheval de Troie organisant le renforcement économique, politique, culturel et idéologique de l’hégémonie US sur notre continent ainsi que de la promotion de l’ « américan way of life ».

Dès l’origine les dirigeants américains ont exigé une Europe fédérale dans la perspective d’un gouvernement mondialisé sous la dictature des USA .

C’est ce que souligne une déclaration de James Paul Warburg, président de la Chase Manhattan Bank, devant le Sénat américain le 17 février 1953 :

"De gré ou de force, nous aurons un gouvernement mondial. Sera-ce par la conquête ou par consentement ? La supranationalité d’une élite intellectuelle et des banquiers internationaux est certainement préférable aux décisions nationales qui se pratiquent depuis un siècle". En juin 1991, David Rockefeller reprenait à son compte cette affirmation qu’il complétait en affirmant : "Le monde est préparé à marcher vers un gouvernement mondial".

Dans toutes ses étapes, la marche forcée vers l’Europe supranationale et fédérale s’inscrit dans cette volonté de l’impérialisme américain d’enraciner, de renforcer et de développer sa domination dans tous les domaines y compris et surtout idéologique et militaire, sur le monde.

Dès le traité de Rome, qui crée la Communauté économique européenne, l’objectif fondamental des fédéralistes, avoués ou non, est un processus de création d’un grand marché unique où la concurrence sera libre et non faussée. Plus d’un demi-siècle après, l’économie de marché est passé du libéralisme au capitalisme néo-libéral et toujours plus barbare, en éliminant par étapes toute régulation et le rôle des Etats-nations comme celui des peuples.

Cette dérégulation caractéristique de cette mondialisation néo-libérale conduite par l’impérialisme des Etats-Unis, est l’une des causes principale de la crise économique systémique et de longue durée que vit actuellement le capitalisme.

Soumise à la volonté et aux impératifs des grandes entreprises transnationales, à la Finance mondialisée, aux dictats de l’OMC, du FMI, de la Banque mondiale, cette « construction européenne », véritable contre-révolution supranationale, n’a dans les faits, jamais cessé d’être un outil de la mondialisation américaine.

François Mitterrand et le Parti socialiste au pouvoir portent l’essentiel de la responsabilité historique de l’élaboration et de la ratification du traité de Maastricht , véritable trahison nationale et républicaine qui, dès février 1992, prétend rendre cette situation irréversible et condamner à perpétuité le peuple de France à un capitalisme de plus en plus sordide.

Dans la continuation du processus de renoncement national et républicain, la « Constitution » européenne de Giscard va encore plus loin et prétend institutionnaliser l’Union Européenne. Heureusement rejetée par notre peuple en mai 2005 qui soulignait ainsi la progression de sa prise de conscience sur le caractère délétère de l’U.E.

Ce même texte quasiment non modifié, sous la dénomination de traité de Lisbonne a été imposé par une ratification par voie parlementaire et de façon illégitime, par Sarkosy l’américain, en violation de la décision du peuple souverain en février 2008.

Nous le savons tous, le clivage gauche-droite n’a évidemment pas disparu même si le social-libéralisme de la pseudo gauche des dirigeants socialiste brouille la donne politique.

Pas plus que la lutte des classes. Celle-ci pourtant a pris à nouveau tout comme pendant la Résistance patriotique et anti-nazie, un caractère national. Dans notre société, il y a toujours des conservateurs et des progressistes, des réactionnaires, des réformistes, et même des révolutionnaires.

Mais il y a surtout deux camps qui s’affrontent, de plus en plus durement , front contre front :

Le FRONTdes fédéralistes maastrichtiens autour de l’UMPS- MODEM- Europe Ecologie...

Ceux-ci, officiellement de droite ou se revendiquant de la « gauche », prétendent que la Nation est dépassée. Pour construire l’Europe fédérale des régions qu’ils entendent imposer de manière dogmatique, ils mettent en cause maintenant non seulement l’existence de la Nation, mais aussi celle de la République, de son unité et de ses principes. (Ils s’attaquent en particulier, à travers une démarche plus ou moins masquée selon les circonstances, à la laïcité ; ils favorisent le communautarisme et l’ethnicisme).

C’est le camp des collaborateurs du système supranational sous contrôle germano américain.

D’un point de vue de classe, leur politique, intrinsèquement néo-libérale et antisociale, est subordonnée à la mondialisation capitaliste et à l’atlantisme.

Celui-ci, belliciste par nature amène inévitablement l’Union Européenne à soutenir la politique permanente d’agression et de guerres « préventives » ou non, des dirigeants états-uniens et à s’insérer insidieusement dans leur vision géopolitique, laquelle conduit au « choc des civilisations ».

Ainsi, la France a-t-elle actuellement des troupes en Afghanistan, supplétives et sous le commandement de l’armée étasunienne.

Qu’ils en soient conscients ou non, tous les partisans de l’Union Européenne fédérale, même s’ils revendiquent une « Europe sociale » impossible dans ce contexte ou s’auto proclament « à gauche de la gauche » font partie d’un système qu’ils soutiennent implicitement.

Un deuxième FRONT se construit par étapes :

Celui des républicains patriotes et sociaux, qui sont aussi des anti-impérialistes conséquents et de véritables internationalistes. C’est le camp du peuple laborieux. C’est celui de la Nation, du peuple-nation et de la République, celui également, du rétablissement de la démocratie, il combat le pouvoir de l’oligarchie financière qui a vassalisé la France.

Ce front républicain et ses militants, construisent pas à pas, l’essor de la Résistance contemporaine. Ces nouveaux résistants, comme leurs prédécesseurs de la seconde guerre mondiale, se recrutent d’abord et essentiellement mais non exclusivement, dans les diverses sensibilités de l’arc républicain.

Ils considèrent contrairement à la bourgeoisie financière, à la social démocratie, aux trotskistes et autres professionnels politiciens engagés dans la lutte des places, que, pour longtemps encore, non seulement l’Etat-Nation n’est pas historiquement dépassé, mais qu’il constitue en réalité aujourd’hui, le seul cadre réel permettant de pérenniser la forme républicaine de l’Etat, l’expression de la citoyenneté, de faire vivre la démocratie et le progrès social.

Dans les circonstances politiques actuelles, l’union du peuple de France, son rassemblement autour de la République, de la nation, du rejet de la vassalisation de notre pays et de son aliénation dans l’Union Européenne, est la voie la plus directe pour reconquérir la souveraineté populaire et l’indépendance nationale, sans lesquelles toute politique de progrès économique et social est manifestement illusoire et privée de possibilité concrète.

Rejetant le carcan néo-libéral, atlantiste, totalitaire et impérialiste de cette Europe fédérale qui n’et pas réformable, les insoumis fidèles à la France républicaine et sociale, restent objectivement, les seuls à être libres, hors du carcan euro-mondialiste, d’élaborer une politique démocratique alternative, de progrès et de paix, conforme à l’intérêt national de la France, en même temps, qu’à celui des autres peuples d’Europe et du monde.

Avec les autres peuples d’Europe et du monde entier en effet, notre pays, ayant choisi la Liberté, pourra construire de multiples coopérations mutuellement avantageuses et rejetant toute hégémonie. De plus, face à la menace permanente d’agressions et de guerres des dirigeants états-uniens et de l’Otan, l’Etat- nation républicain, redeviendra un rempart puissant pour le peuple de France et pour la paix mondiale.

Que pouvons nous faire dans la situation cruciale actuelle ?

Notre démarche et nos principes ne sauraient nous permettre une alliance avec la droite nationaliste qui souvent est hostile à la République, à la souveraineté populaire et à la démocratie tout en ignorant la question sociale.

Il serait absurde pour l’ARP, de contribuer à la promotion au nom d’un rassemblement à « gauche » ou du mirage d’une Europe sociale mythique, l’union populaire autour des dirigeants qui se réclament du "non de gauche" au traité de Lisbonne, mais qui ne peuvent cacher en même temps, comme Fabius, Mélenchon ou Emmanuelli, qu’ils restent obstinément ancrés dans le carcan de leur postulat fédéraliste et antinational ?

Ce dogme supranational a déjà coûté extrêmement cher au peuple de France comme aux autres peuples européens. Il nous a mené au chaos actuel. Si par hypothèse elle parvenait au pouvoir, cette « gauche » apatride, rejointe dans un front de gauche, par ceux des dirigeants du PCF qui en contrôlent encore pour l’essentiel l’appareil, serait conduite à continuer inévitablement l’application du programme commun néolibéral, anti-social et atlantiste, qu’ils ont avec la droite : le traité de Maastricht et sa suite.

Les dirigeants du oui social démocrate, préconisent de leur côté le rassemblement des partisans du oui et du non de gauche au TCE, dans la même perspective du mirage hypnotique d’une Europe fédérale et, néanmoins sociale, porteuse de lendemains qui chantent. Ils projettent, dans leurs démarches électoralistes à géométrie variable, de s’entendre avec leurs faux frères ennemis du Front dit de gauche mais aussi avec leurs proches parents du MODEM.

Une telle persévérance dans l’erreur, la manipulation et le mensonge conscient accroît encore la responsabilité historique, déjà considérable et essentielle, que les dirigeants socialistes portent depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, sur la genèse de la situation actuelle. Selon nous, il n’y a rien à attendre de bon de la social démocratie., néolibérale et atlantiste, elle est de plus en plus discréditée aux yeux du peuple de notre pays auquel elle aura fait tant de mal au nom de la gauche, tout en se drapant mensongèrement dans de grands principes.

De son coté, la nébuleuse dite alter mondialiste n’ouvre aucune perspective. Différents courants y rivalisent dans la surenchère nihiliste, des antirépublicains, des communautaristes, des anarcho-syndicalistes hostiles à toute intervention de l’Etat, des trotskistes apprentis talibans du refus de la nation, qui dans leur autisme politique ne peuvent même pas concevoir ou s’apercevoir, qu’aujourd’hui en France, la nation que le capitalisme financier entend bien détruire, tend à se confondre avec le peuple laborieux.

De plus en plus nombreuses, des forces républicaines de gauche , ou issues des diverses sensibilités de l’Arc républicain ont pris conscience qu’il serait mortifère de laisser se perpétuer l’alternance au pouvoir de la droite réelle et de la fausse gauche, solidairement fédéralistes, pour y mettre en pratique la même feuille de route néo-libérale, de régression sociale, atlantiste et maintenant occidentaliste, engageant la France dans une démarche belliciste d’union atlantique, qui prépare sans le dire clairement, la fusion de l’Union Européenne et des USA .

Afin de contribuer à créer une alternative crédible et réaliste, permettant de sortir du chaos que génère le capitalisme financier en faillite qui, tel un cancer, ronge notre pays et le monde entier, l’ Arc Républicain de Progrès estime nécessaire de constituer en France, un front républicain, patriotique et de progrès social.

Ce rassemblement populaire, l’Union du Peuple de France, que nous souhaitons, devra se battre jusqu’à la victoire pour la reconquête de l’indépendance nationale, de la souveraineté populaire et de la démocratie.

Il permettra la refondation de la République et s’inscrira naturellement dans une démarche de solidarité internationale en gestation, de front uni anti-impérialiste, anti-mondialisation, pour la paix et la liberté des peuples du monde. Pour nous, patriotisme et internationalisme sont les deux éléments d’une même démarche.

Cette nécessité primordiale d’unir le peuple de France autour de la survie de la Nation, du rétablissement de la souveraineté populaire et de la réaffirmation de la République Une et indivisible, laïque et sociale, est devenue centrale.

De la capacité de notre peuple à s’emparer de cet objectif dépend l’indispensable reprise en main de son droit inaliénable à disposer de lui-même et à maîtriser son destin, de reconquérir la possibilité de bâtir un avenir de Liberté et de progrès.

La démarche de l’ ARP et celle du Comité Valmy, s’inspirent du rassemblement et de l’esprit de la Résistance patriotique, républicaine, antifasciste et anti-impérialiste de la seconde guerre mondiale en même temps que des principes du programme du Conseil National de la Résistance qui demeurent d’une grande modernité.

Cette démarche fondée sur une réalité concrète est selon nous, pertinente. Elle seule peut donner un horizon perceptible au vaste mouvement social en gestation.

Entrer en résistance est à l’ordre du jour.

Claude Beaulieu. Paris le 10 octobre 2010 - intervention au colloque de l’ARP.

 

publié par le Comité Valmy

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article392

Commenter cet article