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Vendémiaire

Blog d'actualité politique

Le Front de Gauche, une « machine » pour le candidat Jean-Luc Mélenchon ?

Publié le 19 Décembre 2010 par Communisme 21/Didier Nieto/Vendémiaire in France-Politique - société

vendredi 17 décembre 2010

par Didier Nieto

 

Une rencontre, destinée à rendre compte des journées de Villejuif des 30 et 31 octobre 2010 et de l’initiative publique (*) qui en est résulté a récemment réuni une quinzaine de communistes nîmois. Trois d’entre eux avaient en effet participé aux travaux de Villejuif.

D’emblée, plusieurs intervenants ont souligné qu’il y avait une véritable urgence à faire connaître, faire débattre et faire vivre cette proposition face au « rouleau compresseur » d’une direction déterminée à enfermer toute perspective et toute réflexion communiste dans le cadre intangible d’un « Front de gauche » qui apparaît pourtant, de façon de plus en plus évidente, comme une machine à faire de Jean-Luc Mélenchon son leader et son candidat à la présidentielle de 2012. Avec les conséquences prévisibles pour le PCF et son avenir même.

Le débat n’a été déconnecté ni de l’enjeu politique immédiat des élections cantonales ni de la poursuite nécessaire de la réflexion sur le puissant mouvement social que notre pays vient de connaître. Ni, non plus, d’évènements de la vie politique gardoise qui ne suscitent ni l’émoi ni la réflexion critique qu’ils devraient susciter.

Ainsi, une camarade est revenue sur l’évènement considérable, à l’échelle départementale, de la victoire du PS à la mairie de Saint-Gilles. « Nous nous sommes trouvés de bonnes raisons de refuser l’union, dans une des villes de France où l’influence et l’ancrage du FN sont les plus forts et anciens. Les résultats électoraux, bureau de vote par bureau de vote, montrent, et la presse l’a relevé et commenté, que ce sont les quartiers populaires, la cité de Sabatot en tête, qui ont fait peser la balance en faveur de la gauche. Et nous, nous n’aurons aucun élu, et à juste titre nous serons considérés comme absents de cette bataille. C’est tout simplement catastrophique. »

Un camarade a dit combien il lui était « difficile, après des décennies de vie militante, de devoir désobéir à la direction du parti. Je ne rendrai pas ma carte parce que je pense nécessaire l’existence d’un parti communiste. Mais je n’ai vraiment pas pu encaisser la désinvolture avec laquelle notre direction a pris acte de la perte de 85 de nos élus, près de la moitié, aux élections régionales. Et cela au nom d’une ligne qui était déjà celle des collectifs anti- libéraux. » A propos du mouvement social que nous venons de vivre, ce même camarade indiquait : « Après 1968, nous avons jugé que nous étions passés à côté de certaines aspirations qui se faisaient jour alors. En 2010, je crois que nous passons à côté de la très forte envie d’unité de la gauche qui s’exprime dans et au-delà des luttes. C’est en tout cas ce que j’ai ressenti et qu’on m’a dit au cœur de toutes les manifs auxquelles j’ai participé. Prétendre faire sans le PS, c’est écarter une partie du peuple. C’est ça, être révolutionnaire ? »

Un autre camarade ayant lui, avec « souffrance » décidé récemment de quitter le parti parce qu’il le pense « incapable de se transformer » a trouvé intéressante l’initiative de Communisme 21 issue des journées de Villejuif, « en ce sens qu’elle affirme que le contenu d’un projet alternatif à la politique de la droite ne peut être apportée, de l’extérieur, au mouvement social ».

Toujours à propos du mouvement social, un autre camarade indiquait : « L’unité, il faut en parler à partir des réalités, et ne pas faire dire au mouvement ce que nous pensons, nous. Il y a des résultats d’élections syndicales où la CGT recule et où c’est la CFDT, voire la CGC qui progresse. Comme quoi le rejet du sarkozysme n’équivaut pas à une conscience claire des changements nécessaires. Or, c’est au coeur de cette complexité que s’expriment le désir d’unité syndicale et les attentes sur l’unité de la gauche politique ».

Plusieurs autres camarades devaient dire leur intérêt pour l’initiative de Communisme 21 notamment parce qu’elle peut permettre « le débat de tous les communistes, tels qu’ils sont, sans clivages supplémentaires. Le PCF n’est pas mort, mais après les cantonales, il y a le congrès, et selon les choix qui y seront faits, il ne faut pas se le cacher, il peut mourir. »

 

Didier Nieto

 

(*) Le texte de la proposition d’initiative politique est publié en page d’accueil du site de "Communisme 21"

 

http://www.communisme21.fr/spip.php?article376

 

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