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Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 22:01

 publié le : 12 Juin, 2013


- L’un des apports scientifiques majeurs de Marx à l’analyse de l’histoire fut, au 19ème siècle, le rôle permanent de la lutte de classes, depuis des millénaires. Mais c’est aussi d’avoir compris et expliqué le lien direct, organique, entre le développement de la classe ouvrière industrielle et la croissance du mouvement revendicatif et révolutionnaire. Ainsi, dans la France du 20ème siècle, les mouvements sociaux, animés par le PCF et la CGT étaient ancrés dans les grandes concentrations ouvrières, des mines, de la métallurgie, de l’automobile, des transports, etc... La formule journalistique de 1950 : « Quand Renault tousse, la France s’enrhume », correspondait à la réalité sociale et politique des temps de « forteresses ouvrières ».

- Les militants communistes ne sont pas seuls à lire Marx ; les propriétaires et les idéologues du capital savent aussi utiliser ses analyses, pour les combattre. Dès la fin du deuxième tiers du 20ème siècle, s’est mis en place, progressivement, un capitalisme transnational, financiarisé et anonyme, un grand marché mondial des capitaux, des marchandises et des hommes, débarrassé des entraves frontalières, douanières et fiscales, par le biais de l’OMC, de l’Europe supranationale, etc… Dans cette optique « ultralibérale » relevant d’une quasi religion du « marché libre », la logique du capital veut qu’on l’investisse où cela rapporte le plus, à l’autre bout du monde si les salaires y sont plus bas, en « délocalisant » les industries les plus anciennes et productives de la France. Ce faisant, les possesseurs français de capitaux (insérés avec d’autres dans les sociétés transnationales) avaient deux objectifs concomitants : multiplier leurs profits, et, tout autant, démanteler les bases ouvrières du mouvement révolutionnaire français. En 2013, cet objectif est pour l’essentiel, atteint : les mines de charbon et de fer ont fermé, et on importe pétrole et uranium nécessaires ; les hauts fourneaux sont morts, et l’industrie automobile agonise, asphyxiée par le libre-échangisme ; les usines textiles ne sont plus, le moindre T-shirt provient des antipodes… Dans une France peuplée de bobos, vouée à devenir le musée et le bronze-cul de l’Europe fédéralisée, les possédants et actionnaires ont conjuré leurs grandes peurs : les cauchemars de 1936 ou de 1968 ne reviendront plus, le PCF est presque mort, et la CGT réduite à défendre ses derniers acquis, dans un champ de ruines sociales.

- De temps à autre, un fait divers évoqué par des médias aseptisés, rappelle au grand public quelques détails de ce désastre historique, comme des pointes d’iceberg flottant sur l’océan. L’acteur Depardieu, le politicien Cahuzac, sont dénoncés avec virulence, parce qu’ils ont reconnu bêtement avoir fraudé le fisc. Pendant ce temps, en toute tranquillité d’esprit, la foule des actionnaires de transnationales, dont les capitaux naviguent de filiales anonymes en paradis fiscaux, ne participe pas aux recettes fiscales de l’Etat français, en toute légalité, grâce aux conseils avisés de « cabinets d’optimisation fiscale » : quatre grandes sociétés spécialisées se partagent ce marché (Deloitte, Pricewaterhouse Coopers, KMPG, et Ernst et Young). Ces « big four » emploient à cet effet une véritable armée de « fiscalistes », estimée à 90 000 personnes ! (Stern – Hambourg, Allemagne). Autre fait divers significatif, cet immeuble de Dacca (BenglaDesh) où travaillaient, entassés, environ 3 000 ouvriers du textile, hommes et femmes. Plus d’un millier sont morts dans les décombres, prolétaires surexploités (jusqu’à 72 heures de travail par semaine, pour un salaire de survie, équivalent à 20 ou 30 euros par mois). Evidemment, les premiers accusés, qui l’ont bien mérité, sont les propriétaires de l’immeuble délabré et les politiciens complices de ce patronat esclavagiste. Mais nos médias se gardent bien de pointer les responsabilités directes des entreprises commerciales occidentales qui commercialisent ces produits textiles (Walmart, Benetton, Carrefour, etc…) et de leurs actionnaires bien de chez nous, gluants de leur honnêteté satisfaite, entre deux discours sur les droits de l’homme qu’ils prétendent avoir inventés. En 2012, le BenglaDesh était le deuxième exportateur mondial de produits textiles, après la Chine, dix fois plus peuplée (car le coût salarial y est la moitié de celui pratiqué à Shanghai). C’est en fait toute l’Asie du Sud-est, et notamment les pays capitalistes de cette région qui sont aujourd’hui l’atelier de l’Occident, par le biais des délocalisations.

- Les capitalistes ont lu Marx, mais peut-être pas jusqu’au bout ! En détruisant les industries en France, ils y ont démantelé les luttes ouvrières. Mais en fondant dans ces pays lointains des classes ouvrières, ils y créent les conditions de révolutions futures, inéluctables. Certes, ce sera long, les paysans miséreux transplantés à l’usine n’y deviennent pas du jour au lendemain une armée rouge. Mais la réalité émerge déjà, futur cauchemar des « élites » mondialisées : le drame de Dacca a donné l’occasion à la jeune classe ouvrière du BenglaDesh de participer à de grands mouvements de protestation malgré une répression souvent féroce ; et les manifestations ouvrières se sont multipliées depuis deux ans, aussi bien en Inde qu’en Chine, comme d’ailleurs en Europe de l’Est ou en Tunisie. Le mot d’ordre du Manifeste de 1848 : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous », est toujours d’actualité en 2013. On dit souvent que le centre de gravité de l’histoire des peuples bascule au 21ème siècle de l’Occident atlantique vers le Pacifique asiatique : le passage de relais des mouvements ouvriers semble bien faire partie de ce basculement.

 

Francis Arzalier

 

http://www.collectif-communiste-polex.org/bulletin/bulletin_104_art2.htm

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