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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 10:58
Je me réjouissais de voir le dossier de l’Huma-Dimanche de cette semaine consacré au 40ème anniversaire de la Révolution des Œillets au Portugal qui me semblait un hommage bien mérité à cette révolution unique dont la portée se situe bien au-delà du seul Portugal continental notamment par les conséquences de la décolonisation. En tant qu’historien, communiste et lecteur assidu de l’Huma voilà qui me paraissait salutaire.
Hélas, j’ai du très vite déchanter, dès la lecture de l’exergue où est écrit : « le Mouvement des Forces Armées vient de mettre fin à 41 années d’un régime autoritaire, conservateur, et nationaliste ! »
Outre l’erreur historique, puisque la Révolution des Œillets met fin à 48 années de dictature fasciste, je suis atterré de voir comment cet article participe de l’entreprise de révisionnisme historique en cours visant à banaliser la sinistre réalité des dictatures fascistes en Europe en les édulcorant avec des appellations « politiquement correctes » telles que « régime autoritaire, conservateur, et nationaliste » lorsqu’il s’agit d’une dictature fasciste qui démarre le 28 mai 1926 avec un putsch militaire mettant fin à la République. C’est avec ce genre d’appellations non contrôlées que les médias en viennent à baptiser de « nationalistes » les néo-nazis qui sévissent aujourd’hui en Ukraine ! Que la presse bourgeoise utilise ces détournements de langage est une chose, que l’Huma les relaie me navre.
D’ailleurs la Constitution de « l’Estado Novo » votée en 1933 est directement inspirée de l’Italie Mussolinienne dont Salazar se revendique ouvertement.
Un régime qui interdit, les syndicats, les partis politiques, le droit de grève, la libre expression, instaure la censure, emprisonne, torture et assassine les opposants politiques, cherche à encadrer la population avec des organisations paramilitaires comme la Légion Portugaise ou la Jeunesse Portugaise (Mocidade Portuguesa) en développant le mythe du chef suprême voué à accomplir la « destinée manifeste » du pays n’est donc pas une dictature fasciste ? Première nouvelle !! Je ne saurais trop recommander à l’auteur de l’article le visionnage du récent film « 48 » de Susana Sousa Dias, réalisé à partir d’archives de la police politique, primé au Festival des Cinémas du Réel à Beaubourg pour prendre conscience de la sinistre réalité de cette dictature.
Ensuite les approximations historiques se succèdent (Salazar est mort en 1970 et non en 1968) et c’est le programme du MFA qui s’engage à la tenue d’élections constituantes un an après le 25 avril, la Junte de Salut National n’étant qu’un compromis de transition trouvé pour éviter un affrontement avec les forces restées fidèles à la dictature et respecter le serment des officiers de ne pas verser le sang. La légalisation des partis politiques n’interviendra qu’en novembre 74 après le remplacement de Spínola à la tête de la JSN par le Maréchal Costa Gomes du fait de l’échec de la tentative de putsch fasciste du 28 septembre 1974.
Ecrire que la « fin de la guerre coloniale fut rondement menée » relève de la bibliothèque rose mais pas de la réalité en particulier pour l’Angola, où, malgré la conférence d’Alvor de janvier 75 pour mettre en place l’indépendance, la pression des puissances occidentales débouchera sur une guerre qui démarrera à l’été 1975 pour durer jusqu’aux années 90, où la solidarité internationaliste des forces cubaines permettra à l’Angola indépendante de sortir victorieuse du bras de fer engagé avec l’Afrique du Sud de l’apartheid, signant là le début de la fin de l’apartheid. D’où l’hommage officiel rendu à ce titre au peuple cubain par Nelson Mandela.
Le 25 avril 1975 ont lieu des élections pour l’Assemblée Constituante et non pas des législatives et si la Constitution, votée finalement en 1976, s’avère une des plus progressistes d’Europe à l’époque, c’est parce qu’elle ne fait que traduire ce que les luttes des travailleurs ont déjà mis en place sur le terrain et dans les lois pendant ce que l’on a appelé le PREC (Processus Révolutionnaire En Cours) d’avril 74 à novembre 75, en particulier la Réforme Agraire, le droit au logement, les droits de regard des travailleurs dans le gestion des entreprises, le Service National de Santés, etc. La Constitution n’a pas précédé les grandes conquêtes d’avril, elle n’a fait que les entériner. C’est d’ailleurs après l’échec de l’autre tentative de putsch fasciste du 11 mars 1975 que le PREC connaîtra une brusque accélération.
Je veux bien comprendre les impératifs de synthèse dans la rédaction d’un article, mais la concision est une chose, la confusion en est une autre.
Et que dire à la lecture d’une ineptie telle que «  des communistes (portugais) marqués par leur culture de la clandestinité et leur attachement à l’URSS de Staline » ! Si l’un des grands défis du PCP a en effet été le passage d’un appareil clandestin depuis près d’un demi-siècle à celui d’un parti de masses, aucun culte n’était voué par le PCP au « Petit père des Peuples » et, à titre d’information, ceux qui pavoisaient les murs de Lisbonne de portraits de Staline à l’époque étaient des groupuscules maoïstes pour qui le PCP était l’ennemi principal, en particulier le MRPP, dont l’un des dirigeants d’alors n’était autre que Durão Barroso, actuel Président de la Commission Européenne !
Tout ça pour évoquer la rupture entre le PCP et le PS sur la question de « l’unicité syndicale », quand bien des communistes et des syndicalistes français n’ont pas oublié comment, par qui et avec quels soutiens a été fabriquée la division syndicale en France après la Libération.
Franchement, le 40ème anniversaire de cette grande Révolution méritait mieux qu’un article ou les approximations historiques le disputent à la confusion idéologique.
Heureusement que l’édition de l’Humanité quotidienne du 25 avril a su donner une image bien plus exacte et fidèle de cette révolution et de son actualité, de l’édito de Maurice Ulrich aux excellents articles de Cathy Ceibe. Qu’ils en soient remerciés mais, de grâce, soyez plus rigoureux quant au contenu de dossiers historiques traitant de tels évènements ou alors confiez-les à vos journalistes de terrain.
 
Salutations fraternelles
 
Pedro Da Nóbrega
Historien
Communiste

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