A propos d'un article de Cyotia Fleury dans l'Humanité du 7 octobre 2009.
Dans l'huma du 7 octobre 2009, Cyotia Fleury a commis un article péremptoirement intitulé : "Le déclin du socialisme".Cet article mérite une mise au point tant il est confusionniste et
inscrit dans l'air du temps qui prévaut actuellement, hélas, dans les colonnes du journal.
L'auteur se livre d'emblée à un constat en règle critique et justifié du "socialisme", assimilé d'emblée aux réalités de la social-démocratie et à ses choix pro-capitalistes. N'évoque-t-elle pas
"l'échec du socialisme et son improbable (sic) transformation social-démocrate" pour bien persuader le lecteur qu'au fond ce qu'elle vise c'est, au-delà des partis sociaux-démocrates, le concept
même de "socialisme".
Et pour bien enfoncer le clou, elle ajoute, plus loin, que "si le socialisme s'effondre, c'est parce que ses présupposés (resic) culturels et moraux s'effondrent".
Allant plus loin, elle qualifie la "posture de la gauche" (quelle gauche?) de "restrictive, pénitentielle et misérabiliste", puisqu’elle "présuppose le renoncement même partiel à la propriété
privée, privilégie l'engagement et est du côté du paupérisme."
Fermez le ban ! Exit tout l'héritage humaniste porté (malgré les trahisons connues et condamnées) par les mouvements révolutionnaires des 19e et 20e siècles ! Exit l'espoir de l'affranchissement
social et de la conquête de la dignité humaine, etc., etc.
En fait, en omettant (volontairement, j'en suis persuadé) de rappeler d'emblée la définition scientifique du concept de socialisme - la propriété sociale des grands moyens de production et
d'échange, rangée au placard des vieilles lunes -, Cyotia Fleury se livre à une véritable mystification qui vise à décourager toute conscience de la nécessité des changements
révolutionnaires.
Elle a le droit, évidemment, d'exposer ses conceptions, à condition toutefois de respecter certaines règles déontologiques. Le problème, à mon sens, est qu'elle publie à une place privilégiée :
il s'agit d'une "Chronique" dans la page "Idées" de l'Huma", engageant ainsi la responsabilité du journal (qui fut un jour communiste...). Cela n'est pas étonnant : il faut bien reconnaitre, en
effet, qu'il y a une continuité idéologique de cet article avec, par exemple, les articles publiés récemment par le directeur de l'Huma, P.Le Hyarric, à propos de la Fête du journal ou dans celui
intitulé "Une Humanité nouvelle" (6 octobre 2009) où il se garde bien, en énonçant les objectifs du journal, de mentionner la notion de socialisme révolutionnaire, au profit de vagues
incantations sur les "issues post-capitalistes possibles", ce qui, électoralement parlant, n'est guère compromettant !
Les changements qualitativement nouveaux et durables ont besoin d'autres exigences….
Vincent Ferrier