Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vendémiaire

Blog d'actualité politique

REFLEXIONS SUR L’ARTICLE « LE PCF ET LES ELECTIONS REGIONALES »

Publié le 19 Novembre 2009 par vincent Ferrier in France-Politique - société


( Editorial La Riposte - Vendémiaire du 23/10/09 )

   Dans l’éditorial de référence, le ou les rédacteurs analysent fort judicieusement, à mon sens, le positionnement stratégique actuel du PCF, notamment sa conception des alliances électorales, conception qui reflète évidemment une idéologie politique désormais assez nette. En particulier, le paragraphe 5 du texte rappelle la nécessité absolue pour un parti communiste de mener un combat inlassable auprès des travailleurs pour les idées du socialisme (on aurait pu ajouter «  et les conditions révolutionnaires de sa réalisation). Je souscrit donc à l’orientation générale de l’article.

   Cependant, quelques passages, relatifs à la conception des alliances, méritent, selon moi, quelques précisions, notamment dans la perspectives des élections régionales prochaines. Il n’y a, évidemment, aucune ambiguïté quant aux compromissions possibles avec le MODEM. Il n’en est pas de même quant aux rapports électoraux PCF-PS. Certes, le rédacteur condamne fermement toute liste commune  dès le premier tour. Mais quid du second tour? La fusion entre les deux types de listes pour telle ou telle région serait envisageable dès lors que dans ces régions les programmes seraient suffisamment anticapitalistes ou, plus modestement, progressistes. A condition, toutefois, que le PCF «  présente et défende un programme communiste »: je vois dans cette préconisation une source de confusion politique démobilisatrice pour une partie de l’électorat de gauche qui risque  alors d’en rendre responsable ce parti. Ou on s’allie ou on ne s’allie pas! Question de bon sens…Mais au-delà de ces considérations circonstancielles et géographiquement limitées, il y a une autre dimension à prendre en compte, celle- la plus décisive. Quelque soient les situations locales (régionales), il est évident que la signification politique du scrutin sera nationale. Il y a fort à parier que d’ici le mois de mars 2010 le PS n’aura pas modifié fondamentalement sa ligne néo- libérale, malgré quelques bonnes paroles pré-électorales ou prestations de façade du genre de celles pratiquées actuellement lors de la tenue des «  ateliers » organisés par le PCF ou le Front de Gauche. Dans ces conditions, tout succès des listes à dominante PS, qu’elles soient d’union ou soutenues, sera un gage donné à cette orientation en impasse (du point de vue du progrès social), même si , au nom du « moindre mal », des listes ouvertement de droite auront été battues. Mais où se situe le « moindre mal »? Préparer l’opinion progressiste à de nouvelles désillusions n’est-il pas un mal »absolu »? Et ce ne sont pas quelques sièges d’élus communistes qui y changeront, au contraire me semble- t’il. Il serait temps que le PCF se débarrasse de cette maladie que Marx et Engels, dans leur  « Lettre circulaire à Bebel et al. » en 1879, concernant la social-démocratie allemande, avait qualifié de « crétinisme parlementaire ».Quelques élus en moins, certes; mais la lutte de classe y perdra- t’elle, si les objectifs révolutionnaires fondamentaux sont repris en main?

   Autre sujet de réflexion: les paragraphes finaux concernant le Front de Gauche. L’article décline avec justesse certains traits de ce fameux front et les ambitions politiques d’un Mélanchon notamment. Mais je crois que la démonstration aurait été encore plus convaincante si cette organisation avait été définie pour ce qu’elle est en fait: une tentative délibérée de la part de la direction du PCF de liquidation du parti en temps qu’outil souverain et révolutionnaire dans un conglomérat destiné, à terme, à servir de caution de gauche à la social-démocratie. Au- delà des spécificités historiques et nationales, au fond, l’opération « Front de gauche » est l’équivalent de celle baptisée « Die Linke » en Allemagne et qui aboutit à la liquidation de fait du Parti Communiste Allemand. Mélanchon, c’est le copié-collé d’ Oskar Lafontaine Qu’on réfléchisse aussi à la situation italienne…Une telle analyse est volontiers brocardée, au nom du « modernisme » (la société a changé, etc…etc…), et qualifiée de repli sectaire, dogmatique, alors qu’elle repose sur la conviction que seul un immense effort de bataille idéologique en direction des plus larges couches de salariés pour gagner leur conscience aux changements révolutionnaires.

  Vincent Ferrier
Commenter cet article