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Vendémiaire

Blog d'actualité politique

Régionales : Ce n’est pas une victoire du PS, mais une lourde défaite de l’UMP sarkozyste

Publié le 24 Mars 2010 par Alain KERHERVE in France-Politique - société

Avec des écarts encore jamais atteints entre la majorité présidentielle et les oppositions (PS et satellites d’une part et Front National d’autre part) la question essentielle que chacun doit se poser est : « existe-t-il encore une majorité pour suivre le Président ? »

Si l’on ne prend en compte que l’aspect purement constitutionnel, la réponse est oui. Les 315 députés UMP sur les 577 que compte l’Assemblée Nationale sont en place. La vague bleue de 2007 n’est pas, ou si peu, entamée.

Néanmoins, quelques députés parmi les nombreux mécontents pourraient quitter le parti Sarkozyste pour constituer un groupe réellement indépendant ancré autour des valeurs gaullistes, républicaines et sociales sans mettre en péril le groupe de Jean-François Copé.

Sur le fond, au contraire, c’est une approche différente qu’il convient de dessiner, une approche plus fondamentale directement liée au peuple et non à ses représentants. Au delà de la simple constitution des instances régionales, ces élections ont été bien plus l’occasion pour les Français de porter un jugement sur la politique menée par le Président de la République, le gouvernement de François Fillon et la majorité UMP. Le second tour a très largement confirmé les enseignements du premier : ce n’est pas une victoire du PS, mais une défaite de l’UMP.

Et là, point de doute, la majorité présidentielle n’existe plus. La cassure est profonde, elle met en cause le comportement du Chef de l’Etat, sa politique, son manque de vision. La côte du Président est au plus bas, notamment comparée à celle du Premier ministre, situation inédite sous la Vème république.

Il convient donc d’admettre, malgré les discours convenus des uns et des autres, et même après un réajustement gouvernemental sans aucune portée réelle ne mettant en cause aucune des orientations fondamentales du pouvoir, que la création d’un groupe parlementaire villepiniste à l’Assemblée Nationale aurait au moins deux vertus :

- la première de dire aux électeurs qu’ils ont été compris

- la seconde d’offrir une très large alternative au pouvoir sarkozyste actuellement à l’Elysée.

2012 pointe à l’horizon.

Un scrutin aussi important que les Régionales, avec un résultat aussi net de défiance envers l’UMP, ne peut rester sans réponse de la part de Dominique de Villepin. Certains de ses amis, comme Nicolas Dupont-Aignan, le poussent à franchir le Rubicon pour créer son propre groupe à l’Assemblée nationale où il disposerait d’une vingtaine d’affidés précise LaTribune.fr.

Les gaullistes de conviction ne peuvent rester inertes ; ni se contenter d’une ou plusieurs candidatures de témoignage. L’élection présidentielle est primordiale car c’est elle qui désigne l’homme en charge de la Nation.

Au contraire, les gaullistes doivent s’organiser dès maintenant pour travailler ensemble, s’unir pour peser, gagner et tourner une nouvelle page de notre histoire. Cette démarche est, elle-même, emprunte du gaullisme qui se veut, avant tout, rassembleur.

Face à la situation actuelle qui décrédibilise le pouvoir et fragilise la France à l’extérieur, les organisations gaullistes doivent gommer leurs différences qui portent, bien souvent, sur de simples considérations futiles.

Alain KERHERVE

22. mars 2010

Publié sur http://www.gaullisme.fr/?p=6009

 

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