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Vendémiaire

Blog d'actualité politique

Un candidat communiste, pour quoi faire ?

Publié le 19 Décembre 2010 par Communisme 21/Marc Berrus/Vendémiaire in France-Politique - société

dimanche 19 décembre 2010

par Marc Berrus

 

Quel candidat pour l’élection présidentielle ? La question suscite la réflexion des communistes à juste titre à seize mois d’un scrutin qui joue un rôle essentiel dans le fonctionnement de la vie politique de notre pays. On peut regretter l’état de nos institutions, vouloir une autre république et dans le même temps convenir de l’incidence sur l’avenir de notre pays de ce scrutin majeur.

Notre parti après avoir décidé, dans un premier temps de ne pas y participer sous ses propres couleurs, a modifié son point de vue et depuis 1981 a présenté chaque fois un(e) candidat(e), considérant que cette présence était indispensable pour que les citoyens disposent d’une véritable possibilité de choix.

La présence d’un candidat communiste lors de la prochaine élection présidentielle est-elle indispensable ? Peut-être, mais alors posons la vraie question : une candidature communiste pour quoi faire ?

Ce débat prend un tour nouveau à l’orée de l’année 2011. Alors que la direction nationale de notre parti affiche sa volonté de presser le pas en convoquant début janvier une réunion du Conseil National pour « déterminer un premier cadre de réflexion avant le choix d’un nom » suivie d’une réunion des animateurs de sections, des publications de textes cosignés en faveurs d’une candidature d’André Chassaigne au nom du Front de gauche et un appel en faveur d’une candidature du seul Parti Communiste publié par les amis d’André Gérin suscitent des réflexions. Ces publications ont lieu alors que Jean Luc Mélenchon, très présent dans les média, affirme ses prétentions à porter les couleurs du Front de Gauche et rencontre des soutiens.

Le débat de la présence communiste à la présidentielle ne peut pas se limiter à ces « primaires ». Le faire ce serait en fait limiter le choix à une seule alternative soit la division avec le candidat du Front de gauche, soit l’isolement avec la candidature communiste « pur jus » des amis d’André Gérin. Les Rencontres de Villejuif à l’initiative de Communisme 21, fin octobre, ont permis une autre proposition : celle du rassemblement des forces populaires. Un rassemblement d’un type nouveau répondant aux nécessités de notre temps. L’écho rencontré par le texte publié après les Rencontres de Villejuif, les discussions qu’il a suscitées confirment qu’une voie nouvelle peut s’ouvrir.

Veillons donc à ce que le débat ne s’enferme pas dans des schémas dépassés. Certes on peut comprendre le souci de camarades de voir un candidat issu du Parti Communiste porter le programme du Front de Gauche mais cela va-t-il fondamentalement changer les choses quant à la nature de la construction politique proposée : Bien sûr que non !

Alors que les forces populaires de notre pays se rassemblent pour défendre le droit à une retraite juste, que les organisations syndicales produisent une plate-forme commune dès janvier 2009 légitimant de grandes revendications sociales et faisant des propositions concrètes mettant en cause le capitalisme financier n’aurait-on à leur proposer que la division sur le plan politique ?

Que le candidat soit Mélenchon ou Chassaigne il le sera sur la base d’un programme élaboré dans des cercles limités. André Chassaigne déclare que le Front de Gauche doit être « le cœur de la gauche », cherchant à prendre le contre-pied de Jean Luc Mélenchon dont la théorie est celle des « deux gauches » et dont l’objectif est de « battre le parti socialiste ». Mais le cœur de la gauche, de la transformation sociale, c’est le mouvement social lui-même dans ses dimensions sociales et politiques. C’est donc une nouvelle forme d’union qu’il faut inventer pour ne pas refaire les erreurs du passé. Il faut dépasser le clivage entre gauche de gauche et gauche traditionnelle. Il faut que l’ensemble des partis de gauche quels que soient leurs projets propres leurs alliances privilégiées explorent les voies d’un programme en prise immédiate avec la plate-forme des organisations syndicales. Vérifions si cela est possible, au lieu de multiplier des « primaires » dont le caractère démocratique est loin d’être évident. Quittons le haut des appareils politiques et mettons, enfin, au centre les forces sociales de notre pays.

Voilà ce que devrait être une parole communiste d’aujourd’hui. La question de qui la porte lors du scrutin vient après.

 

Marc Berrus

 

publié par Communisme 21 http://www.communisme21.fr/spip.php?article377

 

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