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Vendémiaire

Blog d'actualité politique

Une bataille pour l'avenir

Publié le 1 Octobre 2010 par Bernard Giusti / CGT in France-Politique - société

Le mécontentement populaire n'a cessé de croître tout au long de l'année, à tel point qu'aujourd'hui le gouvernement est devenu largement minoritaire. Même s'il faut bien sûr toujours se méfier des sondages, la tendance qu'ils indiquent est trop nette pour qu'on puisse la mettre en doute. Les recettes des discours populistes présidentiels ne fonctionnent plus. J'ai toujours eu pour principe de prendre la mesure des gens non en fonction de ce qu'ils disent, mais en fonction de ce qu'ils font : il semble que la très grande majorité des Français fassent aujourd'hui de même. Depuis l'arrivée de Sarkozy au pouvoir, les citoyens ont considérablement vu grandir leurs difficultés quotidiennes, en même temps que les plus riches du pays ont vu leurs privilèges s'accroître au fil des mois. Ce gouvernement a réussi à appauvrir la population française dans des proportions que l'on n'avait plus connues en France depuis la fin de la dernière guerre mondiale...

En même temps que ce gouvernement rend de plus en plus difficile la vie quotidienne, il s'attaque à notre avenir, avenir immédiat pour certains (ceux qui doivent partir en retraite), avenir à plus ou moins long terme pour les autres (les plus jeunes notamment) : précarité accrue de l'emploi, chômage savamment entretenu afin de maintenir la pression sur les salaires et d'avoir une main d'oeuvre taillable et corvéable à merci, endettement encouragé afin de faire taire toute velléité de révolte, remise en cause des retraites - non seulement de l'âge de départ, mais aussi du montant1 - etc., sans oublier un lavage de cerveau à longueur de médias aux ordres, afin de justifier une politique injustifiable.

[Ainsi voudrait-on nous amener à penser que sur le plan économique la France doit quasiment se comporter comme un pays du tiers-monde, qu'il n'y a plus d'argent, etc. De l'argent, il y en a : pour les plus riches, on le voit tous les jours. Ce n'est pas l'argent qui manque, c'est la volonté de le répartir équitablement. Et si la France tend aujourd'hui vers une structure sociale de type tiers-monde, c'est bien par l'écart de plus en plus grand - quasiment un gouffre - entre les pauvres et les riches, l'appauvrissement des classes moyennes et la corruption de la "noblesse républicaine "...]

Techniques et dégâts propres au libéralisme (lire capitalisme), de droite ou de "gauche", qui sévit partout en Europe, et qui a pour conséquence la montée des protestations sociales dans tous les pays de l'Union Européenne.

 

En France, face à ces attaques en règle d'un gouvernement contre son propre peuple, les citoyens manifestent de plus en plus leur refus de politiciens qui les malmènent et les méprisent et qui conduisent certains d'entre nous jusqu'au désespoir. En témoigne par exemple le nombre important de suicides enregistrés parmi les agents de l'APHP. Si le discours officiel est qu'on ne peut relier de façon évidente la forte augmentation de ces suicides aux conditions de travail, il n'en reste pas moins qu'elle est – et ça, c'est évident – directement liée à la dégradation générale des conditions de vie dans notre pays, dégradation à laquelle la politique actuelle de l'APHP, en application de la loi Bachelot, participe de façon notable.

La montée en puissance des dernières grèves et manifestations témoigne de tout cela. Ce n'est pas seulement contre la réforme des retraites que les citoyens se mobilisent, c'est contre un modèle social qui les ramène économiquement et sur le plan du travail dans une configuration du 19e siècle, et socialement et politiquement à une période sombre de notre histoire que l'on croyait révolue, et qui va à l'encontre des principes fondamentaux de la République issue de 1789.

C'est dire que ce qui se joue aujourd'hui, c'est véritablement la bataille pour l'avenir. Cette bataille ne se limitera pas aux grèves et manifestations actuelles, mais devra se poursuivre au-delà des prochaines élections présidentielles et législatives, et ce quel qu'en soit le résultat, car les "éléphants" du P.S. nous annoncent déjà la couleur de leur future politique : ce sera celle du libéralisme…

Mais les étapes de cette bataille – dont les mobilisations des 2 et 12 octobre – seront d'une extrême importance pour la suite. A chacune et chacun d'entre nous de se demander s'il convient de continuer à courber l'échine en espérant des lendemains libéraux qui chantent – et de grever ainsi lourdement non seulement son propre avenir mais aussi celui des générations futures – ou bien s'il est temps de relever la tête et de refuser une politique qui n'a rien d'inéluctable. Pour notre part, nous serons au rendez-vous.

 

Bernard Giusti

Secrétaire Général CGT de St-Vincent-de-Paul

 

1 . En 2004 la retraite moyenne en France était pour les hommes de 1600 euros, pour les femmes de 1200 euros.

En 2010, elle est pour les hommes de 1200 euros et pour les femmes de 840 euros.

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Véronique Archer 01/10/2010 16:04



Analyse judicieuse et réaliste. Bravo !