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L'Affiche rouge / Catherine Sauvage

 

Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 16:21

En ce moment de douleur pour le peuple vénézuélien, par solidarité avec le combat de ce peuple et des peuple d'Amérique latine pour leur développement, la justice sociale et leur indépendance face à la volonté de contrôle et de domination des dirigeants états-uniens, face aux mensonges et aux calomnies tenaces (dictature, populisme...) de ceux qu'effraient la mise en mouvement des peuples contre la domination de l'oligarchie mondiale ci-après le bel hommage de Danielle BLEITRACH que nous faisons notre volontiers!

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Sur le blog de Danièle BLEITRACH :

histoire et société

Le coeur de l’Amérique latine est brisé de chagrin par Danielle Bleitrach

 

L’Amérique latine est un coeur généreux, inépuisable et Chavez battait l’amble avec de continent magique. Triple métis, indien, noir et blanc, il était à l’image de ce creuset, sangs mêlés et veines ouvertes. Le coeur, c’est-à-dire le courage et la compassion: Chavez avait l’audace mais aussi la générosité, l’absence totale de cynisme. Le peuple savait qu’il n’était pas là pour se servir mais pour le servir,  au nom de Marx et Jésus.

L’énergie du Venezuela n’était pas seulement celle de son pétrole, mais celle de ce coeur qui aimait chaque opprimé des barrios. L’amour d’un peuple, celui du Venezuela, la patrie et les républiques soeurs,  bien au-delà du Vénézuéla, dans les traces de Chavez, avaient pris place les descendants de l’indien, Evo Morales ou Corréa, ils rejoignaient Cuba, l’île sucrière, esclavagiste et visionnaire de José Marti et Castro, les révolutionnaires. Mais toute l’Amérique latine, y compris des réformistes, des gouvernements de droite, étaient prise dans le mouvement, dans cette énergie inépuisable, dans la montée vers l’unité. L’Homme avançait à pas de géant,  depuis la patrie de Juarez à celle d’Allende sur les traces de Bolivar en jetant un défi chevaleresque au maître américain, en entraînant derrière lui tous les humiliés, tous les individus cassés par la vie à qui il rendait leur dignité et le droit à bénéficier de leurs ressources.

Qui peut comprendre ce phénomène là ? Difficile pour nous.  Dictateur, quelle imbécillité! La découverte du Venezuela, son bouillonnement, l’expression ouverte de toutes les contradictions dans des organes de presse possédés dans leur immense majorité par l’oligarchie, permettait de mesurer à quel point la plupart nos propres médias sont tenus en lisière. Incapable à de rares exceptions d’avoir  su dire ce qui se passait réellement dans ce pays… Il ne savait qu’en faire la caricature…Lui un caudillo ? Un pouvoir charismatique plutôt,  générant l’amour et l’élan populaire, une  aventure à laquelle chacun était convié, une politisation bouillonnante, un peu désordonnée, mais efficace, s’inscrivant dans l’expérience de tous…

Chavez avait hérité d’une administration corrompue, d’un monde politicien si déconsidéré que son élection l’avait opposé à une miss vénézuélienne. La drogue, le crime et le misère étendaient leur zone de non droit. Les ressources pétrolières étaient aux mains d’une oligarchie vendue aux majors nord-américaine et qui de fait était en train de la privatiser et de la leur livrer. Il n’a pas réellement touché à l’appareil d’Etat, mais l’a laissé dépérir en lui substituant des « missions » intervenant immédiatement pour soigner, alphabétiser, avec l’aide des Cubains.  A été mis en place une sorte de système de conseil jouissant de larges autonomies locales, la possibilité de référendum de destitution.

Les ressources du pétrole ont été canalisées pour fertiliser ce nouveau Venezuela. La première année Chavez a établi une Constitution, il parlait, parlait, mais quand il a voulu faire la réforme agraire et reprendre la souveraineté sur le pétrole, un coup d’Etat mené par des fantoches sous la directive de l’Espagne et des Etats-Unis est intervenu. L’armée fidèle s’est révoltée contre le coup d’Etat. Et c’est alors qu’est intervenu un événement extraordinaire en avril 2002, le petit peuple vénézuélien, celui de ces monstrueux bidonvilles qui enserrent Caracas est venu réclamer son président. Ce sont les mêmes qui aujourd’hui crient et pleurent et chacun doit se souvenir de ce qu’ils sont prêts à accomplir pour lui mort ou vivant.

Le Venezuela est devenu avec Cuba l’honneur de la Résistance à l’impérialisme et celui qui apportait aux autres peuples des soins de santé comme avec l’opération « miracle ». J’habitais à Cuba face à un hôtel empli de pauvres gens venus de toute l’Amérique latine pour recouvrer la vue, Chavez les transportait chacun avec un membre de leur famille, il fournissait la nourriture et les chirurgiens cubains opéraient. ce miracle a eu lieu dans toute l’Amérique latine, plus d’un million d’aveugles ont recouvré la vue.. Tandis que notre presse en faisait un personnage grotesque…

Chavez avait joué un rôle essentiel avec Poutine pour imposer une renégociation des ressources énergétiques aux majors nord-américaines et occidentales.  Il avait réussi à créer de nouvelles exigences au sein des pays pétroliers en profitant de la montée de nouveaux géants au premier rang desquels la CHine. Son alliance avec Kadhafi et l’Iran doit être analysée dans le cadre de ce bras de fer énergétique dont dépendaient la souveraineté vénézuélienne et un développement endogène.

Chavez était comme Fidel, ce sont des grands seigneurs. Jamais il n’a détesté les nords américains mais il estimait que l’Amérique latine devait avoir un autre destin que la soumission et le pillage de ses ressources. Pas la haine, le défi chevaleresque… Mais sans oublier les leçons de l’histoire, l’assassinat d’Allende, des tortionnaires installés partout par le plan Condor, des coups d’Etat si l’on baisse la garde. On ne survit pas si on oublie ces leçons-là surtout si on est à la tête du principal producteur de pétrole et que l’on défend un développement endogène… Et qui connaît cette histoire ne peut s’étonner que la mort du président soit entourée de précautions, déploiement de l’armée, expulsion de quelques diplomates agents quasi officiels de la CIA. Transformer son pays, entraîner derrière lui toute l’Amérique latine et les Caraïbes en contournant les pièges des Etats-Unis et changer les conditions de négociations avec les majors du pétrole, dix ans et quelques d’un travail de titan.

Quand Chavez, après deux ans de prison, amnistié à la suite de son coup d’Etat  aux côtés des pauvres du Venezuela, avait atterri à Cuba en 1994, il avait expliqué à Fidel tout ce qu’il espérait faire pour son peuple, pour l’Amérique latine. Fidel s’était contenté de lui dire avec un sourire: « C’est bien maintenant il faut faire ». Depuis la mort du Che, même s’il était entouré en particulier par son frère et les anciens compagnons de toujours, Fidel n’avait plus eu un autre ami avec qui rêver de transformer le monde, le tiers-monde… Le programme a été plus qu’entamé et la face de l’Amérique latine en a été aussi durablement changée que celle du Venezuela. Ce matin à l’aube, l’envie me vient d’adresser mes condoléances aux Vénézuéliens et aussi aux Cubains, de les charger de dire merci à l’Amérique latine d’avoir soulevé notre espérance.

Toute la question aujourd’hui est celle que disait Fidel avant sa maladie: « Cuba peut se passer de moi, mais l’Amérique latine et ton peuple ont encore besoin de toi »… Ils ont besoin mais pourront-ils s’en passer? La mort de Chavez ne verra pas la pression des Etats-Unis, celle de la CIA se relâcher, l’oligarchie déconsidérée va tenter un nouvel assaut, changer le masque, le parti de Chavez a toujours été son talon d’Achille, mais le retour de Chavez pour mourir au milieu des siens, la désignation d’un successeur et l’unité retrouvée de l’Amérique latine témoignent des difficultés à vaincre un peuple uni et pour qui le mythe Chavez est à jamais immortel.

 

Danielle Bleitrach

 

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