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Société - laïcité et religion

Vendredi 19 juin 2009

Le probable marchandage islamo-Sarko : interdire la burqa, mais financer les mosquées

jeudi 18 juin 2009, par Cyrano

 

Nous devrions nous réjouir. Le régime islamo-fasciste des ayatollahs vacille sur ses bases. Quel camouflet pour le journaliste Alain Gresh, pour Le Pen, Dieudonné, les islamogauchistes et tous les collabos du fascisme islamique ! En France, le député communiste André Gérin (voir ci-dessous) lance une initiative, avec une soixantaine de parlementaires, visant à interdire la burqa. Riposte Laïque, avec Regards de Femmes (1), avaient impulsé une pétition, signée par le député communiste de Vénissieux, et d’autres parlementaires, demandant cette interdiction, ainsi que celle du voile pour les mineures et à l’université. Nous avions soutenu l’initiative de Jacques Myard, allant dans le même sens. Nous avons déjà interviewé ces deux vrais laïques, symboles du combat des républicains des deux rives (2). Nous devrions donc nous féliciter qu’enfin, le mur du silence se fissure, et qu’un député de gauche soit à l’initiative d’une telle démarche, même si la majorité des signataires sont à l’UMP.

Mais nous avons encore à l’esprit l’agression subie par une de nos proches, sur son lieu de travail, pour cause de ses écrits dans notre journal, comme l’explique Christine Tasin dans cette vidéo. (3) Nous savons notre amie forte, et nous reviendrons plus largement sur ce fait gravissime, lors de notre numéro de mardi.

Nous nous félicitons donc de l’initiative d’André Gérin, mais nous ne sommes pas rassurés. Le président de la République n’est pas un laïque, c’est Nicolas Sarkozy. Nous n’avons pas oublié, récemment, son soutien spectaculaire aux propos honteux d’Obama, visant la France, sur le voile. Nous avons en mémoire ses amalgames entre l’islamophobie et l’antisémitisme, dans la logique de Durban 2 (4). Nous n’avons pas oublié le ministre de l’Intérieur qui a mis sur pied la commission Machelon, pas davantage que les propos du président de la République à Latran, à Ryad ou devant les Crif, défendant sa conception de laïcité positive.

Nous savons que les Eglises veulent en finir avec la loi de 1905, et notamment son article 2, interdisant le financement cultuel. Aubaine pour Sarkozy, c’est un député de gauche, Manuel Valls, qui va dans son sens, et réclame la possibilité, pour l’Etat, de subventionner les mosquées (5).

Il nous bien analyser le danger. Certes, il convient de se réjouir de l’initiative de l’exemplaire André Gérin, et de féliciter les autres députés qui ont signé son texte. Il était grand temps que les parlementaires prennent leurs responsabilités. Il est temps qu’en France disparaisse définitivement cette tenue qui, outre le fait qu’elle empêche l’identification de la personne qui la porte, est une véritable insulte à la condition des femmes.

Mais gare aux marchandages de Sarkozy, qui sait être un véritable marchand de tapis. Nous pensons que, habile politique, il peut faire un numéro de claquettes où il sera brillant, pour clamer que, dans son pays, celui de Simone de Beauvoir, une telle tenue est impossible, et rappeler qu’il l’avait affirmé lors de sa campagne présidentielle. Mais parallèlement, nous ne serions pas surpris de l’entendre parler de la deuxième religion de France, la nébuleuse islam de France, qui doit avoir la reconnaissance qu’elle mérite.

Cela serait du Sarko tout craché, un coup à gauche, un coup à droite. Donc, il pourrait prendre au bond la proposition de Manuel Valls – comme l’UMP a utilisé celle de Charasse, pour mettre en place la loi Carle, imposant aux communes de financer les écoles privées voisines) - et autoriser le financement des mosquées, pour lever une hypocrisie (Le Figaro avait révélé qu’elles sont financées, en toute illégalité, à 30 % par de l’argent public). Le président de la République pourrait aussi reprendre une autre proposition socialiste, celle d’intégrer la religion musulmane au concordat d’Alsace-Moselle, qui aujourd’hui bénéficie aux seules religions catholique, protestante et juive. Et pourquoi ne pas leur accorder la viande hallal à l’école, comme le réclame l’inimitable Aounit ? N’oublions pas que Sarkozy a combattu la loi du 15 mars 2004, et qu’il ne l’a pas évoquée, dans sa réponse à Obama.

Se servir de la gauche pour mieux en finir avec la laïcité, reconnaissons que pour un président de la République qui n’a jamais caché sa volonté de toiletter la loi de 1905, cela aurait quelque chose de jouissif.

Qui protesterait à gauche ? Martine Aubry et ses piscines communautaristes ? Marie-George Buffet et sa laïcité ouverte ? Dany Cohn Bendit et sa défense des talibanes sœurs Levy, à Aubervilliers, en 2003 ? Besancenot, ami du Hamas et du Hezbollah ?

Il n’en demeure pas moins que la commission mise en place par André Gérin peut être une aubaine, si, dans la foulée des commissions Stasi et Debré, en 2003, elle permet, par l’audition d’acteurs représentatifs de la société française, de prendre en compte la réalité, que dénonce Riposte Laïque depuis près de deux ans : la gravité de l’offensive islamique, dans notre pays, dans de nombreux secteurs de la société. Si les associations laïques, et quelques personnalités médiatiques, d’un silence consternant jusqu’à ce jour, se réveillaient brutalement, et soutenaient la proposition des parlementaires, nous en serions ravis. Nous préférons qu’elles prennent le train en marche, plutôt qu’elles s’enferment dans leur conception fumeuse de la rue, espace privé, qui abandonne l’espace civil à l’offensive des religieux, dont les plus véhéments sont musulmans aujourd’hui.

Le texte rédigé par André Gérin, quand on le lit bien, permet d’aller bien plus loin que la seule interdiction de la burqa. Que les parlementaires lisent attentivement cette remarquable réponse d’Ayaan Hirsi Ali, aux propos honteux d’Obama, et qu’ils regardent bien ce qui se passe dans notre pays. (6). Les multiples revendications communautaristes des plus déterminés militants de l’islam, sur notre territoire, des épisodes comme l’affaire Truchelut, et les provocations dans des auto-écoles, ou dans des salles de sports, le voile porté par des mineures de plus en plus jeunes, le voile imposé à l’université, par des accompagnatrices scolaires, les problèmes rencontrés à l’hôpital, les pressions exercées sur les élus, sur les enseignants (lire le rapport Obin, et voir l’histoire survenue à une rédactrice de RL), les menaces à l’émeute, les prières qui se multiplient sur les trottoirs, pour obtenir des mosquées, la multiplication d’enclaves musulmanes, la volonté d’y imposer la charia, etc. sont autant de témoignages que les parlementaires de notre pays ont besoin d’entendre. Ils doivent enfin prendre la mesure de la gravité de la situation, et légiférer comme il le convient. Qu’ils ne tombent surtout pas dans le piège du voile acceptable, et de la burka intolérable, qu’ils écoutent, sur ce sujet, Fadela Amara. Ils doivent comprendre que nous sommes devant un problème de civilisation, et qu’ils doivent défendre les Lumières contre l’obscurantisme, la République contre la charia, la liberté d’expression contre la censure religieuse, la laïcité contre le cléricalisme.

Ce n’est pas la simple interdiction de la burqa – ô combien nécessaire – qui pourra répondre au défi posé à notre pays par une véritable cinquième colonne qui rêve d’y imposer l’islam, et donc la charia, trop souvent soutenue par des forces de gauche et d’extrême gauche. Rappelons que les premières victimes de de ces fanatiques religieux sont les citoyens de culture arabo-musulamne, et encore davantage les femmes, qui ont besoin de la laïcité et de la République pour échapper aux petits soldats de l’islam.

Riposte Laïque titrait, dans son édito, qu’il espérait contribuer au réveil du peuple français. Nous allons tout faire pour cela. Annie Sugier, présidente de la Ligue du Droit International des Femmes, a réagi immédiatement par ce communiqué (7), tandis que notre ami Pascal Hilout est invité, ce jeudi soir, spécialement, sur le thème de la burqa, par France 24, en langue arabe, tandis que Pierre Cassen, ce samedi 20 juin, à Belley, évoquera forcément cette question, lors de la conférence qu’il animera, autour du livre "Les dessous du voile".

Comme ils l’ont fait lors de la loi du 15 mars 2004, les animateurs de Riposte Laïque mettront toutes leurs forces pour que l’initiative d’André Gérin aboutisse à une prise de conscience de la reconquête républicaine et laïque dont notre pays a besoin… tout en empêchant Sarkozy de brader notre modèle laïque pour acheter la paix sociale avec les islamistes.

Cyrano

(1) http://www.halteauvoile.fr/

(2) http://www.ripostelaique.com/Andre-Gerin-depute-maire-PCF-de.html

http://www.ripostelaique.com/Jacques-Myard-il-faut-legiferer.html

(3) http://www.youtube.com/watch ?v=aN1oAt2gj-Y

(4) http://www.ripostelaique.com/Antisemitisme-et-islamophobie-le.html

(5) http://www.liberation.fr/politiques/0101463215-valls-ps-pour-un-financement-public-des-mosquees

(6) http://www.drzz.info/article-32760453.html

(7) http://www.ldif.asso.fr/index.php ?theme=laicite&n=113

 

PROPOSITION DE RESOLUTION DE ANDRE GERIN

Texte de la proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête sur la pratique du port de la burqa ou du niqab sur le territoire national.

Il s’agit incontestablement d’un événement politique puisque ce texte rassemble une grande diversité de députés.

Il a été signé par 58 parlementaires représentant toutes les composantes de l’Assemblée nationale :

 3 communistes et parti de gauche,

 7 socialistes,

 43 UMP

 2 nouveau centre

 3 non inscrits

 

PROPOSITION DE RESOLUTION

Tendant à la création d’une commission d’enquête sur la pratique du port de la burqa ou du niqab sur le territoire national

Présentée par Mesdames et Messieurs

André GERIN, Yves ALBARELLO, Brigitte BAREGES, Christian BATAILLE, Patrick BEAUDOIN, Jean-Claude BEAULIEU, Jacques-Alain BENISTI, Véronique BESSE, Gabriel BIANCHERI, Jean-Marie BINETRUY, Jean-Claude BOUCHET, Gilles BOURDOULEIX, Loïc BOUVARD, Michel BOUVARD, Françoise BRANGET, Xavier BRETON, Dominique CAILLAUD, Jean-Jacques CANDELIER, Bernard CARAYON, Patrice DEBRAY, Jean-Pierre DECOOL, Jacques DESALANGRE, Nicolas DUPONT-AIGNAN, Alain FERRY, Pierre FORGUES, Jean-Louis GAGNAIRE, Sauveur GANDOLFI-SCHEIT, Jean-Paul GARRAUD, Georges GINESTA, Françoise GUEGOT, Christophe GUILLOTEAU, Michel HEINDRICH, Michel HERBILLON, Jacqueline IRIES, Denis JACQUAT, Maryse JOISSAINS-MASINI, Jean-Pierre KUCHEIDA, Patrick LABAUNE, Jacques LAMBLIN, Thierry LAZARD, Pierre LELLOUCHE, Michel LEFAIT, Maurice LEROY, Lionel LUCA, Jeanny MARC, Jean-Pierre MARCON, Thierry MARIANI, Pierre MORANGE, Jacques MYARD, Nicolas PERRUCHOT, Bérangère POLETTI, Jacques REMILLER, Bernard REYNES, Chantal ROBIN-RODRIGO, Valérie ROSSO-DEBORD, Odile SAUGUES, Dominique SOUCHET, Michel TERROT

Députés

 

EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

La déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 stipule : ‘’nul ne doit être inquiété pour ses opinions même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi’’.

Ainsi est né le principe de laïcité constitutif de notre organisation sociale et de notre histoire collective.

La loi du 9 décembre 1905, qui sépare les églises et l’Etat, l’enracine dans nos institutions. Le libre exercice des cultes y est garanti mais la dissociation de la citoyenneté et de l’appartenance religieuse y est affirmé. Aucune religion ne saurait imposer ses principes comme normes d’organisation de la société.

Depuis la Constitution de 1946, le principe de laïcité a acquis une valeur constitutionnelle.

L’article 1er de la Constitution de la Vème République l’a repris et précise : "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances.

Ce cadre laïque offre la possibilité et les moyens de coexister sur un même territoire à des hommes et des femmes qui ne partagent pas les mêmes convictions, plutôt que de les enfermer en une mosaïque de communautés repliées sur elles-mêmes et s’excluant mutuellement.

En ce sens, la laïcité est le vecteur de l’intégration de tous dans la société. Elle crée l’équilibre entre la reconnaissance du droit à une identité propre, le respect des convictions individuelles et le lien social.

En articulant unité nationale, neutralité de la République et reconnaissance de la diversité, la laïcité fonde, au-delà les communautés traditionnelles de chacun, une communauté de destin appuyé sur des valeurs communes, une volonté et un désir de vivre ensemble.

Cela implique de la République et des citoyens des droits et des devoirs.

Quand la laïcité est menacée, la société française l’est dans son unité, dans sa capacité à offrir un destin commun.

Au fil de l’histoire, des lois ont marqué l’affirmation juridique du principe de laïcité. Certaines ont été nécessaires quand il s’est trouvé en danger. Il nous faut, en la matière, faire preuve de lucidité.

Il en a ainsi été de la loi n° 2004-228 du 15 mars 2004 interdisant le port de signes ou tenues pour lesquels des élèves manifestaient ostensiblement leur appartenance religieuse au sein d’un établissement scolaire.

Elle s’inscrivait dans le prolongement du rapport et des recommandations de la commission de réflexion, dite ‘’Commission Stasi’’ sur l’application de principe de laïcité, remis au Président de la République, Jacques Chirac, le 11 décembre 2003.

Nous sommes aujourd’hui confrontés, dans les quartiers de nos villes, au port par certaines femmes musulmanes de la burqa, voilant et enfermant intégralement le corps et la tête dans de véritables prisons ambulantes ou du niqab qui ne laisse apparaître que les yeux.

Si le foulard islamique constituait un signe distinctif d’appartenance à une religion, nous sommes là au stade extrême de cette pratique.

Il ne s’agit plus seulement d’une manifestation religieuse ostentatoire mais d’une atteinte à la dignité de la femme et à l’affirmation de la féminité.

Vêtue de la burqa ou du niqab, elle est en situation de réclusion, d’exclusion et d’humiliation insupportable. Son existence même est niée.

La vision de ces femmes emprisonnées nous est déjà intolérable lorsqu’elle nous vient d’Iran, d’Afghanistan, d’Arabie Saoudite ou de certains autres pays arabes. Elle est totalement inacceptable sur le sol de la République française.

Nous savons, en outre, qu’à cette tenue vestimentaire dégradante s’ajoute une soumission à son époux, aux hommes de sa famille, une négation de sa citoyenneté.

Il faut se rappeler les professions de foi de l’imam Bouziane, en avril 2004, en faveur des châtiments corporels pour les épouses adultères, sur fond de diatribe idéo anti-occident, d’un racisme anti-blanc, anti-France.

Le Conseil d’Etat, dans un arrêt du 27 juin 2008, a eu à statuer sur le cas d’une personne de nationalité étrangère, à qui le gouvernement avait opposé son refus d’acquisition de la nationalité française par mariage (articles 21-2 et 21-4 au Code civil). Il a considéré que l’intéressée avait adopté "au nom d’une pratique radicale de sa religion ; un comportement en société incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française et notamment avec le principe d’égalité des sexes".

Le Conseil d’Etat a conclu que la requérante ne remplissait pas la condition d’assimilation posée par le Code civil.

La commissaire du gouvernement avait, en effet, relevé qu’elle portait le voile islamique intégral et vivait recluse soumise totalement aux volontés des hommes de sa famille.

Par ailleurs, la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) a eu à se prononcer sur le cas d’une autre femme musulmane revêtue de la burqa lors d’une formation linguistique dispensée par l’agence nationale d’accueil des étrangers et des migrations (ANAEM) dans le cadre d’un contrat d’accueil et d’intégration.

Le directeur de l’ANAEM a interrogé la HALDE sur le point de savoir si l’obligation faite aux personnes suivant cette formation de retirer la burqa ou le niqab était conforme aux exigences des articles 9 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Par une délibération du 15 septembre 2008, la HALDE a décidé qu’une telle obligation était conforme à la dite convention.

Elle aboutit ainsi aux conclusions suivantes :

 la burqa comporte une signification de soumission de la femme qui dépasse sa portée religieuse et pourrait être considérée comme ‘’portant atteinte aux valeurs républicaines présidant à la démarche d’intégration et d’organisation de ces enseignements, obligatoires pour les étrangers admis pour la première fois en France,

 l’obligation de retirer le niqab ou la burqa pourrait être justifiée par des buts légitimes qui sont les exigences de la sécurité publique, d’identification des personnes ou encore la protection des droits et liberté d’autrui.

Ces jurisprudences sont utiles mais ne sauraient suffire à faire face à ces pratiques que nous ne pouvons tolérer en France.

C’est pourquoi il est proposé que l’Assemblée nationale se saisisse de ce dossier et que soit créée une commission d’enquête.

Elle s’inscrira dans la poursuite du travail de la ‘’Commission Stasi’’, qui, déjà en 2003, relevait les menaces qui pesaient sur les libertés individuelles et la grave régression de la situation des jeunes femmes.

Celle-ci aura pour mission de dresser un état des lieux et de définir des préconisations afin de mettre un terme à cette dérive communautariste contraire à nos principes de laïcité, à nos valeurs de liberté, d’égalité, de dignité humaine.

Sous le bénéfice de ces observations, Mesdames, Messieurs, il vous est demandé de bien vouloir adopter l’article unique de cette proposition de résolution.

Proposition de résolution

Article unique

Il est créé une commission d’enquête parlementaire de trente membres afin de dresser un état des lieux de la pratique du port de la burqa ou du niqab par certaines femmes musulmanes, de mieux comprendre le phénomène et de définir des propositions afin de lutter contre ces méthodes qui constituent une atteinte aux libertés individuelles sur le territoire national.

Elle doit rendre son rapport le 30 novembre au plus tard.

 

Téléchargement de pièces jointes :

00001.1832.prop_resolution_burqa.pdf source

http://www.andregerin.com/index02.html

 

publié sur http://www.ripostelaique.com/Le-probable-marchandage-islamo.html

 

Par Riposte laïque
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Lundi 29 juin 2009

vendredi 26 juin 2009, par Cyrano

 

Il y a maintenant dix jours que le régime fasciste politico-religieux des ayatollahs est contesté par la rue. Contrairement à ce que racontent de nombreux médias (lire l’article de la féministe iranienne Anna Pak), les démocrates, dont de nombreuses femmes, ne perdent pas leur vie pour des ayatollahs modérés, ils ne veulent plus d’une théocratie religieuse, ils veulent une démocratie débarrassée de la tutelle religieuse et ils sont prêts à mourir pour défendre leur liberté.

L’enjeu de ce combat nous rappelle d’autres luttes exemplaires contre des totalitarismes liberticides. Nous nous souvenons du combat du peuple polonais, en 1981, derrière Solidarnosc, du peuple tchèque, en 1968, derrière le printemps de Prague et celui qui l’incarnait, Dubcek, et du peuple hongrois, qualifié de contre-révolutionnaire en 1956 parce qu’il n’acceptait pas le socialisme des chars soviétiques. Nous n’avons pas oublié la répression des héritiers de Staline. Nous n’avons pas oublié l’attitude du Parti Communiste Français, qui, lors de ces événements (avec des nuances pour la Tchécoslovaquie) se rangea du côté de la dictature stalinienne, contre les peuples, défendant ainsi, sur le territoire français, le répressif contre les opprimés.

Nous n’avons pas oublié les combats pour la liberté de ces peuples d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale, dont le peuple chilien, victime du coup d’état militaire de Pinochet, en 1973. Nous n’avons pas oublié ceux qui, en France, du Front national à des pans de la droite, se sont retrouvés du côté de Pinochet, au nom de la lutte contre le communisme, poignardant ainsi le combat des peuples pour leur liberté.

N’est-ce pas la même chose, en France, sur la révolte du peuple iranien ? Les femmes de ce pays, à l’image de Neda (1), ne veulent plus porter le voile, elles ne supportent plus une police religieuse qui se permet de fliquer leur vie. Et pendant ce temps là, dans notre pays, quand des femmes meurent pour leur liberté, d’autres femmes se permettent de porter ce symbole de l’oppression, des hommes se permettent d’afficher des barbes et des tenues ne masquant pas leur sympathie pour les assassins religieux de Téhéran.

Sous Pétain, on appelait "collabos" ceux qui soutenaient l’occupation des nazis. Ne méritent-ils pas, à leur tour, le qualificatif de "collabos", toutes ces voilées et tous ces barbus, souvent de nationalité française, qui soutiennent, par leur tenue, et par leur discours, la dictature de tous les fascistes islamistes du monde, qu’ils soient chiites ou sunnites, contre leurs peuples, et principalement contre les femmes ?

Mais ne sont-ils pas des complices de ces nouveaux "collabos" ceux qui soutiennent, depuis des décennies, les disciples des ayatollahs qui, en France, mènent un combat sans concession contre la laïcité et l’égalité hommes-femmes. Nous n’avons pas oublié que les Aounit-Tubiana-Cohn-Bendit-Aubry-Buffet-Besancenot, en soutenant activement le voile à l’école, et sa progression dans la société civile, ont encouragé le combat des fascistes religieux contre les principes progressistes laïques ! Nous n’avons pas oublié l’attitude de l’UOIF et de Boubakeur, lors de la fatwa de Salman Rushdie ou lors de l’affaire des caricatures, pour les savoir bien plus proches de l’idéologie des ayatollahs que de celle des femmes iraniennes qui meurent pour redevenir libres.

Ne se comportent-ils pas comme des complices de "collabos" ceux qui, de droite, de gauche, et mêmes laïques, multiplient les contorsions pour justifier, en France, l’existence de la burqa, et l’omniprésence du voile ? Heureusement, face à eux, se dressent ceux qui réclament la fin de ce symbole incompatible avec les valeurs de la République et la dignité des femmes. Nous nous félicitons que de plus en plus de personnalités réclament enfin l’interdiction de la burqa, comme Ivan Rioufol, qui fait une promotion pour notre livre « Les dessous du voile », dans sa dernière chronique (2). C’est ainsi que, grâce à l’initiative d’André Gérin, relayant celles de Jacques Myard, le débat va enfin avoir lieu, dans notre pays, et nous attendons avec impatience de voir tous les collabos des fascistes islamistes se tortiller pour finir par nous dire qu’il est liberticide d’interdire la burqa !

A une époque où notre amie Rosa tente de se remettre de l’agression subie, sur son lieu de travail, par des étudiants islamisés, qui entendent, se prenant pour des gardiens de la Révolution iranienne, censurer les enseignants laïques, il faudra un jour que ceux qui ont ouvertement "collaboré" avec les fascistes islamistes rendent des comptes devant l’Histoire.

En 1982, dans une manifestation parisienne, un Premier mai, j’avais vu, pendant plusieurs heures, en plein soleil, une centaine de supporters de l’ayatollah Khomeiny scander, de manière interrompue, en levant le bras : « Vive- l’imam-Kho-mei-ny ! ». J’étais consterné que les services d’ordre ouvriers ne les virent pas d’une manifestation où ces fascistes n’avaient rien à faire. Il y avait, devant les barbus, une cinquante de femmes en tchadors noirs, qui criaient les mêmes mots d’ordre. Quand le cortège du MLF est passé, et a scandé « Vive le Révolution des femmes en Iran », les premières insultes sont parties, les tchadors levaient le poing, menaçant, vers ces femmes qui affichaient, par leur tenue, leur liberté. Les premiers incidents ont commencé, et finalement, les services d’ordre syndicaux ont foncé dans les barbus et les tchadors de Khomeiny, et les ont virés manu-militari.

Je pense que crier, quand on croise une voilée, ou un barbu « Vive la révolution des femmes en Iran » peut être une bonne approche, pour rappeler à ces talibanes ou à ces petits soldats de l’islam, que pendant qu’ils affichent, en France, le symbole de l’oppression des femmes, ou l’uniforme des disciples des ayatollahs, des Neda meurent en Iran.

Leur tenue de "collabo" d’un fascisme politico-religieux est une insulte à leur mémoire.

Cyrano

(1) http://www.metrofrance.com/infos/les-images-de-la-mort-de-neda-bouleversent-le-web/mifu !sog2irqCVnXgk/

(2) http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2009/06/bloc-notes-pourquoi-il-faut-in.html

 

Riposte laïque   http://www.ripostelaique.com/En-France-le-voile-et-la-barbe.html

Par Riposte laïque
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Jeudi 6 août 2009


Le 7 juillet dernier, Alain Destexhe et Claude Demelenne publiaient dans le Soir une carte blanche intitulée « Voile : où sont les progressistes ? ». Suite à cela, plainte pour incitation à la haine religieuse a été déposée auprès du Centre pour l’égalité des chances par Abdelghani  Ben Moussa, coordinateur du groupe « Vigilance musulmane ».

Nous déclarons haut et fort que nous sommes solidaires des deux auteurs de la carte blanche. Elle n’exprime rien d’autre qu’une inquiétude légitime, partagée par beaucoup de nos concitoyens – quelles que soient leurs convictions religieuses ou leurs origines – devant la montée en force d’un « cléricalisme moyenâgeux maquillé en progressisme d’opérette » et du communautarisme.

Aujourd’hui, comme hier lors de l’affaire des caricatures danoises, c’est la liberté d’expression qui est en danger, prise en otage par ceux qui, drapés des habits de la tolérance et du respect, prétendent stigmatiser et museler quiconque a l’outrecuidance de penser autrement.

Pour couper court à ces manœuvres d’intimidation, vous aussi, réagissez : signez et faites signer cette carte blanche en guise de solidarité avec Claude Demelenne et Alain Destexhe.

Les noms des signataires (associations et particuliers) sont à envoyer à reseaulaicite@yahoo.fr.

 

Voile : où sont les progressistes?

A priori, tout nous sépare. D’un côté, un parlementaire libéral. De l’autre, un journaliste de sensibilité socialiste. En pure logique manichéenne, jamais nous n’aurions dû cosigner cette carte blanche, puisque nous appartenons à des « camps » opposés. Tout nous sépare-t-il, vraiment ? Certainement pas l’engagement, qui devrait être commun à tous les démocrates, en faveur de l’émancipation des citoyens, de l’égalité hommes-femmes et de la neutralité de l’État. Nous partageons la même inquiétude parce que cet engagement subit des ratés de plus en plus fréquents. Une partie des démocrates le placent entre parenthèses. Sur la question du voile islamique et, plus largement, de l’immixtion croissante de cléricaux rétrogrades dans la sphère publique, leur position est ambiguë. Par naïveté, aveuglement ou électoralisme, certains progressistes autoproclamés – certaines « féministes » aussi – relaient les thèses des musulmans rigoristes cherchant à autoriser presque partout le port du voile islamique : à l’école, dans les entreprises, dans les administrations, au parlement…

Le cas de Mahinur Özdemir (CDH), première parlementaire en Europe à siéger voilée, est révélateur de la dérive de certains « progressistes ». Cette élue voilée « peut être un modèle pour l’émancipation des femmes », a déclaré sans rire la députée écologiste, étiquetée très à gauche, Zoé Genot. Quel contresens ! Au-delà de cette déclaration abracadabrantesque, le moins que l’on puisse écrire est que la gauche et le centre gauche ne sont pas en première ligne pour défendre les conquêtes laïques et les droits des femmes, contestés par les partisans d’un islam rétrograde. Sur la scène politique, seuls quelques élus réformateurs défendent publiquement une position progressiste et appellent un chat un chat : l’apparition du voile dans une assemblée parlementaire constitue en soi une régression démocratique et un message désastreux envoyé aux femmes qui n’ont d’autre choix que de le porter. La Belgique apparaît aujourd’hui comme un laboratoire pour les militants islamistes. À l’aide de leurs compagnons de route, vrais ou faux naïfs « de gauche », ils pourront mettre un peu plus encore la pression sur les femmes musulmanes, sommées de donner des gages de « respectabilité » et de « pudeur » en portant le voile.

Bien au-delà du cas Özdemir, nous voulons en revenir à l’essentiel, évacué par les partisans d’un relativisme culturel anti-humaniste. Quelle est la signification du voile ? L’essayiste d’origine iranienne Chahdortt Djavann en a fourni l’explication la plus limpide : « Le port du voile est l’emblème, le drapeau et la clé du système islamiste. C’est autour du voile qu’une société islamiste peut se créer. Le voile est le meilleur moyen de gagner du terrain pour les islamistes. Avec le voile, les femmes… sont les biens des hommes musulmans… Une fois mise sur le marché, la fille voilée ne peut être acquise que par un homme musulman. Voiler la femme, c’est donner à voir non seulement le marché du sexe, mais le système qui le sous-tend. “Voilà les femmes que nous avons et que vous n’aurez que si vous vous convertissez à l’islam” : ce message vient des islamistes et s’adresse à tous les hommes susceptibles de le recevoir, ne serait-ce que parce qu’ils circulent dans la rue ou prennent le métro. Le voile est le meilleur instrument du prosélytisme islamiste » (1). Partout dans le monde, des femmes musulmanes se battent pour sortir de ce système islamiste qui cherche à les maintenir dans un statut de sous-homme. « Beaucoup de femmes musulmanes, écrit le philosophe Abdennour Bidar, préfèrent un islam du cœur, de la vie privée, refusant un voile, même léger, qui demeurera toujours comme un instrument de “marquage” qui laisse sur elles l’empreinte d’un pouvoir subi de la part des hommes » (2). Ce sont ces femmes musulmanes, courageuses et souvent héroïques, que méprisent, chez nous, ceux qui multiplient les concessions aux musulmans rétrogrades. Nous ne pouvons nous taire lorsque les compagnons de route des islamistes traitent de « racistes » ou d’« islamophobes » les démocrates qui veulent bétonner les conquêtes laïques et défendre le droit de toutes les femmes. Ce terrorisme intellectuel est d’autant plus insupportable qu’il est souvent pratiqué par des militants dits « progressistes » qui, lors de la manifestation pro-palestinienne du 11 janvier dernier, dans les rues de Bruxelles, ont défilé aux côtés d’islamistes encensant le Hamas et le Hezbollah, appelant à la guerre sainte et hurlant des slogans antisémites. Les donneurs de leçons devraient, parfois, se regarder dans un miroir. Nous regrettons que tant de démocrates, socialistes, écologistes, humanistes, féministes, s’autocensurent face à la montée du cléricalisme musulman ultraconservateur. Nous espérons que leur silence sera bientôt rompu. Nous savons que dans tous les partis, de très nombreux élus ne supportent plus la chape de plomb imposée par les compagnons de route des islamistes. Nous savons qu’ils sont nombreux à déplorer, qu’à Bruxelles particulièrement, les mosquées et les imams conservateurs, interviennent de plus en plus vivement dans le débat politique. Au point qu’aujourd’hui, il est devenu malaisé, pour un candidat d’origine arabo-musulmane, d’être élu, à Bruxelles, sans certificat de « bon musulman ». Il suffit de passer au crible les élus (et les non-élus) d’origine arabo-musulmane de certains partis démocratiques bruxellois pour comprendre. C’est tout sauf un hasard si certains, défenseurs d’un islam pas vraiment éclairé, sont élus, et si d’autres, pas assez conformistes pour bénéficier du soutien des mosquées, restent en rade. Nous appelons à un débat au sein des assemblées parlementaires dès la rentrée. Nous appelons à un sursaut : démocrates de droite ou de gauche, cessons de faire l’autruche face au retour d’un cléricalisme moyenâgeux maquillé en progressisme d’opérette. Les droits de l’homme et surtout de la femme sont en jeu, appartenons tous au même camp.

(1) Que pense Allah de l’Europe ? , éd. Gallimard, 2004. (2) Libération , 29 juin 2009.

Claude Demelenne

Alain Destexhe

 

Le R.A.P.P.E.L. (Réseau d’Actions pour la Promotion d’un Etat Laïque)

Chemsi Cheref-Khan

Nadia Geerts

Pierre Efratas

Yvan Biefnot

Sam Touzani

Anne-Marie Roviello

Jacques Lemaire

Bahareh Dibadj

André Nayer

Jamila Si M’hammed

Gisèle De Meur

Pierre Van den Dungen

Philipp Bekaert

Elie Cogan

Guy Haarscher

Dominique Celis


Transmis par Willy Wolssztajn
Par WW
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Vendredi 9 octobre 2009

Le ramadhan est l’occasion d’un regain du terrorisme islamiste mais aussi d’une recrudescence de l’intolérance officielle, l’un alimentant l’autre. La complicité entre l’islamisme attaché à la rente et le despotisme néolibéral est soulignée et rappelle leur volonté commune de soumettre la société et détourner les richesses du pays. Ces dernières années, l’Etat algérien avait poursuivi en justice, à Tiaret,  une femme pour « pratique sans autorisation d’un culte non musulman », contraint à quitter le pays des responsables d’églises accusés de représenter «une menace pour la sécurité de la nation» condamné à la prison, à Guelma, des militaires pour « manque de respect à l’Islam » et à Béjaïa, Biskra et Alger des jeunes qui ne pratiquaient pas le ramadhan. La police vient encore de mettre en garde à vue, pendant une nuit, une émigrée et son cousin parce qu’ils n’accomplissaient pas le jeûne, ce qui reste pour le pouvoir un « dénigrement des préceptes de l’islam ». Il ne s’agit pas d’une simple dérive policière mais de celle d’un système qui assimile les harragas à des terroristes, criminalise toute contestation sociale, et oblige les algériens aspirant à la justice et à la liberté à vivre comme des clandestins dans leur pays. Quand il n’exploite pas carrément les sentiments religieux du peuple algérien, y compris pour l’appeler, depuis les mosquées,  à aller voter à l’occasion de scrutins largement boycottés et au lieu de participer à pacifier l’espace public, le pouvoir exacerbe l’intolérance religieuse. Du désordre dans la gestion des cultes nous passons à une vision autoritaire qui marque la pratique du pouvoir actuel dans tous les domaines de la vie.

Les autorités en charge des questions religieuses voudraient faire croire que l’Islam interdit la pratique des autres cultes et que la religion serait menacée par les non musulmans ou par les non pratiquants, au lieu de reconnaître qu’au contraire, la menace réside dans cette véritable inquisition, dangereuse aussi bien pour les non musulmans que pour l’Islam et les musulmans. C’est ainsi qu’on a vu, à Berrianne, s’opposer Malékites et Ibadites et observé une levée de boucliers contre le livre de Bentounes qui est pourtant le dirigeant religieux de la confrérie Alawiya. L’expression la plus exacerbées de ce risque reste le terrorisme islamiste. Et pendant qu’on emprisonne ceux qui mangent un casse-croûte, on libère les égorgeurs islamistes et les prédateurs du système qui ont détourné des milliards comme le révèle quotidiennement la presse. Dans cette logique, le pouvoir charge Farouk Ksentini de relancer le débat sur l’amnistie générale, dont pourraient bénéficier, en premier lieu, ceux qui ont causé autant de tort à la religion qu’à une pratique démocratique de la politique en prétendant instaurer un Etat théocratique, y compris par les armes. Pour le chargé des droits de l’homme auprès du pouvoir, la justice et la vérité ne doivent pas être conciliées avec les impératifs politiques mais s’effacer devant eux. Au risque d’envoyer un signal d’encouragement aux milieux islamo-conservateurs à chaque fois que l’on bafoue les droits et libertés. Déjà Nahda se prépare à attaquer en justice le Ministère de la Culture qui, durant le festival panafricain, a proposé des spectacles que ce parti qualifie d’indécents.

Que ce soit pour donner des gages à l’islamisme ou pour tirer à lui la couverture religieuse, l’intolérance du pouvoir remet en cause un droit garanti par la Constitution et par la Déclaration universelle des droits de l’homme. Mais que pouvait-on attendre d’un pouvoir qui proclame qu’il respecte les libertés syndicales et se prépare à une tripartite sans les syndicats autonomes ? Qui agite le pluralisme de la presse sans renoncer à pénaliser la diffamation ? Que peut-on espérer d’un pouvoir qui prétend défendre l’égalité entre les hommes et les femmes et qui impose encore un tuteur aux futures épouses ? Qui proclame Tamazight langue nationale mais pas officielle ? Que croire d’un pouvoir qui prétend renouer avec la rationalité économique et qui au lieu d’aller vers le week-end universel tergiverse en optant pour le week-end du vendredi/samedi. Le pouvoir de Bouteflika contrarie toute avancée fondamentale. Il veut réduire la liberté religieuse qui a une dimension privée et publique à la seule liberté de conscience. Il procède à coups d’ordonnances qui en limitent le sens et la portée et institue, de fait, une sorte de police de la pensée. Le pouvoir est conscient que la liberté religieuse et la séparation du politique et du religieux, sont fondatrices de toutes les autres libertés et permettent la réforme moderne de la pensée religieuse.

Dans la pratique, Bouteflika montre qu’il est dans le même projet que le soudanais Omar El Béchir dont la justice vient de condamner Loubna Ahmed El Hussein à une amende, à défaut d’avoir pu lui imposer quarante coups de fouets parce qu’elle a osé porter un pantalon. La question de la liberté de conscience se pose dans tout le monde arabe et musulman. Les régimes despotiques craignent la mobilisation et la solidarité internationale. Au Soudan comme en Algérie, la défense des libertés exige de faire reculer toute idée de poursuites auxquelles on échapperait seulement grâce à une intervention ou par l’exercice bienveillant de l’arbitraire du pouvoir. Mobilisons-nous et solidarisons-nous avec celles et ceux qui sont victimes de la répression au nom de la religion aussi bien en Algérie qu’au Soudan. Là bas, la courageuse Loubna se bat pour l’abrogation de l’article 152 du code pénal, ici il ne pourra y avoir d’impartialité du pouvoir, de respect des convictions et de consécration des libertés religieuses sans abrogation de l’article 2 de la Constitution et sans évolution du droit positif algérien. Pour qu’une telle rupture, en faveur d’une Algérie démocratique et de progrès, puisse consacrer la victoire de la société face à l’islamisme assassin et sa résistance au despotisme l’union la plus large reste incontournable.

Alger, le 14 septembre 2009

 Le comité pour l’égalité et les libertés démocratiques

Par MDS
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Mardi 13 octobre 2009

MISSION PARLEMENTAIRE SUR LE VOILE INTEGRAL

Non à la burqa dans l’espace public, en France comme au Québec

lundi 12 octobre 2009, par Léon Ouaknine

 

Lorsque deux personnes se rencontrent, elles procèdent dans un même mouvement à deux opérations inhérentes à toute vie sociale : chacune s’identifie et simultanément essaie de décoder les intentions de l’autre à son égard. Elles s’identifient essentiellement par le visage, lequel est par définition l’affirmation probante de qui on est - nos photos sur les cartes d’identité ne nous montrent pas de dos ou de profil mais de face.

Elles décodent les dispositions de leur vis-à-vis, non comme le chien par son odorat ou le frétillement d’une queue, mais en lisant littéralement le visage qui leur fait face, parce que chez l’homo sapiens, la vue est l’organe prédominant par excellence - ce sens lui apportant 80% de toutes les informations qu’il utilise. Toutes ou presque toutes les émotions fondamentales de l’homme s’expriment sur son visage : amour, amitié, joie, plaisir, respect, tristesse, mais aussi agressivité, énervement, rage, colère, peur, calcul.

Le visage est un livre ouvert, il reflète plus ou moins fortement l’état mental du sujet, et hors les autistes, tous les êtres humains savent instinctivement et la plupart du temps très correctement lire ce qui est basique sur les visages. Ce processus est automatique, hors du contrôle de la volonté. Il advient en un clin d’œil, travail inconscient mais très efficace. Cette faculté innée s’appuie sur une structure physiologique particulière. Le Dr David Zald , professeur de psychologie à l’université Vanderbilt du Tennessee, a mis en évidence que le complexe amygdalien, une petite partie du cerveau, traite les images de visages menaçants ou marqués par la peur beaucoup plus vite que toute autre émotion, preuve selon le Dr Zald que face à une menace potentielle, l’impératif de survie immédiate prime sur tous les autres. Bien entendu, il arrive à chacun de parfois mal décoder les intentions de l’autre, soit par manque de vigilance, soit parce qu’on a affaire à des gens qui présentent délibérément un visage lisse et indéchiffrable, mais on se méfie habituellement de ceux qui camouflent leurs états intérieurs et on agit avec plus de prudence avec eux.

La biologie impose à tout homme le besoin de déchiffrer sur le champ l’état mental de tout interlocuteur surgissant dans son espace d’interaction, la culture prend ensuite le relais pour codifier les réactions en retour. Même vis-à-vis de l’être aimé, chacun sait qu’il faut ajuster ses dires et ses comportements selon l’humeur du moment. Or on n’a encore rien inventé de mieux pour savoir presque instantanément comment se comporter dans le rapport avec l’autre, que de scruter le visage de celui-ci. La biologie et la culture expliquent ainsi pourquoi aucun vivre-ensemble n’est pensable dans une société masquée. Et pourtant, aujourd’hui, notre société est confrontée à une infraction potentielle à cette obligation sociale d’avancer à visage découvert dans le cadre du vivre-ensemble, celle que font peser les pratiquantes volontaires ou forcées de la burqa. Examinez la burqa et que vous dit le visage caché ? Il ne veut être ni identifié ni être lu, le contraire des impératifs biologique et culturel élémentaires du vivre-ensemble.

L’emburquinée ne veut pas d’interaction sociale dans l’espace public, toutefois elle exige de profiter des services sociétaux. Si elle hèle un taxi, elle considérera comme une atteinte à ses droits que celui-ci refuse de la prendre au motif qu’elle est masquée et qu’il lui est donc impossible de l’identifier et de lire son visage. Même situation avec le chauffeur d’autobus, même inconfort des autres voyageurs dans une rame de métro, même désagrément du marchand. Un problème se pose ! Si l’emburquinée refuse les conditions sin qua non de toute interaction sociale dans l’espace public, pourquoi ses vis-à-vis fournissant des services publics ou marchands dans cet espace commun sont-ils légalement obligés de transiger avec elle ? Au nom de quel principe peut-on leur imposer cette obligation alors qu’une des conditions de toute transaction humaine manque à l’échange ? C’est ce déséquilibre dans l’échange social qui explique pourquoi la grande majorité de la population se sent mal à l’aise à la vue de ces fantômes noirs, c’est ce refus de la plus élémentaire des transactions humaines qui explique pourquoi l’emburquinement est inacceptable dans des sociétés basées sur le respect mutuel.

Le refus de la burqa dans l’espace public est-il un signe d’intolérance comme l’affirment deux personnages bien connus, le philosophe Charles Taylor, ex président de la commission Bouchard/Taylor sur les accommodements raisonnables, et l’avocat spécialiste des droits de l’homme Julius Grey. Dans le quotidien La Presse du 9 octobre 2009, le premier déclare, « On commence avec la burqa et on finit avec quoi ? » le deuxième « Moi-même, je peux sortir habillé en Rigoletto ou porter un chapeau haut de forme ».

Face à ces affirmations, comment réagiraient messieurs Taylor et Grey si des naga sâdhus, indous très pieux qui vivent intégralement nus et qui par leur dévotion remplissent un rôle religieux très important aux yeux des adeptes de l’indouisme, décidaient d’exercer leurs droits religieux à Montréal ? Pour les naga sâdhus, il ne s’agit pas comme pour la burqa d’une coutume nulle part sanctionnée dans le Coran, mais d’un acte religieux essentiel et reconnu. Pourquoi ne pourraient-ils pas vivre nus sur la place publique, si à l’autre bout de l’éventail on tolère au nom du respect des croyances religieuses de chacun, le noir enfermement de la burqa sur cette même place publique ? La loi et les règlements n’interdisent pas aujourd’hui la burqa dans l’espace commun, mais ils interdisent la nudité intégrale partout, sauf en privé ou dans les camps de nudistes. Sur quel article de la charte des droits et libertés s’appuierait-on pour autoriser la pratique de la burqa et interdire la pratique des naga sâdhus ? J’aimerais bien avoir du philosophe politologue Taylor et du juriste Grey une réponse franche et directe à cette question ? On dira bien sûr que cette situation est hypothétique et improbable vu le type de climat du Québec. C’est vrai, mais ce qui importe ici, c’est de réaliser que la volonté d’accommoder les diverses coutumes et multiples impératifs religieux dans l’espace public génère des tensions et des contradictions et finit par entrainer la société sur une pente dangereuse.

Certains avancent l’argument d’un biais culturel pour ne pas dire raciste de la part des détracteurs de la burqa, puisque ceux-ci ne s’objectent pas aux habits ostentatoires des religieux chrétiens ainsi que des juifs hassidiques. Je répondrais qu’il y a dans ces deux exemples, une différence absolument fondamentale d’avec la burqa. Les nonnes et curés et même les hassid - qui découragent pourtant l’interaction des leurs avec les autres - se promènent à visage découvert et par là, ils respectent les deux impératifs biologique et culturel de toute société : s’identifier et laisser lire leurs visages.

D’autres diront qu’il est faux d’affirmer que ces deux impératifs soient une nécessité fondamentale de toute collectivité, puisque il y a des sociétés où l’emburquinement des femmes est général et que pourtant ces sociétés existent depuis des siècles. C’est vrai et faux. Ces sociétés perdurent mais au prix de l’exclusion de la moitié du genre humain. Imaginons un instant une société idéalement égalitaire face à la burqa, où tous, hommes et femmes, auraient l’obligation de la porter ; combien de temps cette société pourra-t-elle perdurer ? Poser la question, c’est y répondre ! Non, le refus de la burqa ne relève ni d’un biais culturel, ni d’un biais antireligieux. Invoquer l’un ou l’autre traduit, soit une indigence de la pensée, soit une manipulation délibérée, soit et c’est le pire, la confusion entre racisme et défense de la laïcité chez ces chantres de la bienpensance.

Le débat sur la burqa est un des épisodes de la poussée obscurantiste qui vise avec acharnement à grignoter petit à petit le caractère laïc de nos sociétés. Ce n’est pas en permettant que des femmes se retranchent volontairement ou sous contrainte des conditions élémentaires de la vie sociétale, qu’on promouvoit l’intégration au sein du vivre-ensemble québécois. D’aucuns diront qu’accepter la burqa dans l’espace public n’est qu’une petite entorse au principe d’équité dans l’échange social et que vu le nombre de burqa, il n’y a pas de quoi s’alarmer. Je ne suis pas d’accord, accepter cette injustice faite aux femmes, c’est ouvrir la porte à des demandes similaires dans le monde de la santé, dans celui de l’éducation et finalement dans la totalité de l’espace public. Ces choses là me font penser à l’expérience bien connue de la grenouille qu’on met dans une casserole pleine d’eau froide et qu’on fait chauffer doucement. La grenouille, bien à l’aise au départ finit par mourir ébouillantée, parce que le changement de température est si insidieux que ses réflexes ont été engourdis au point qu’il finit par être trop tard pour elle de réagir. La bienpensance, c’est pareil, elle finit par provoquer la sidération et la castration des esprits pour reprendre les termes de Alain Finkielkraut.

Où nous mènent de tels acquiescements et de telles démissions, sinon vers une société dont l’espace public aura été irrémédiablement clivé. Aujourd’hui : burqa, droit d’être desservi par quelqu’un dont le sexe est conforme aux obligations religieuses du demandeur, refus d’appliquer une partie des programmes requis par le ministère de l’éducation dans certaines écoles privées religieuses ultra-orthodoxes, pourtant subventionnées par l’État. Demain : tribunaux islamiques de la famille et tronçonnage de l’éducation dans l’école publique lorsque des élèves refuseront des cours contraires à leurs croyances. Toutes ces demandes ne sont pas imaginaires, elles sont sur la table et n’attendent que l’opportunité d’être actées. Si, comme la grenouille, on se laisse engourdir, on en arrivera à une libanisation de l’espace public. Cela, je le refuse ! Le vivre-ensemble dont je me réclame est laïc, il respecte intégralement le droit à la pratique privée de sa religion, mais refuse absolument les intrusions du religieux dans l’espace commun.

Léon Ouaknine

L’auteur est membre du Conseil Interculturel de la Ville de Montréal. Il s’exprime ici à titre personnel.


Article paru dans l’excellent journal en ligne, Riposte Laïque

http://www.ripostelaique.com/Non-a-la-burqa-dans-l-espace.html

Par Riposte Laïque
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