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Jeudi 25 janvier 2007

En notre automne les feuilles continuent de tomber. Jean-Pierre Vernant vient de mourir, et l'abbé Pierre aussi. Etrange mais réelle coïncidence. Celui qui croyait au ciel, celui qui n'y croyait pas.

En tout cas l'un et l'autre (se sont-ils croisés ?) meurent à point nommé. L'un et l'autre ont mené tous les combats et mis leurs vies en jeu pour l'inaccessible étoile. L'un et l'autre surtout - c'est leur particularité - l'ont fait autant que de besoin, c'est-à-dire jusqu'à la fin de leurs jours.
L'un a cherché chez les Grecs la figure de l'homme. L'autre interrogeait l'Esprit sur la même question. L'un et l'autre menèrent une réflexion permanente de la pensée à l'action et de l'action à la pensée. Chez l'un et l'autre cette certitude, ou cette inquiétude, que le sens de l'Homme est que seul l'Homme donne du sens à l'Homme. Et alors on se trouve tout nu devant non plus l'Homme mais les hommes. Jean-Pierre Vernant et l'abbé Pierre ont en commun d'avoir toujours combattu dans cette effroyable déclinaison : l'Homme, les hommes, des hommes.
Entre ces degrés n'existe aucune hiérarchie palpable, utilisable. La juste position des humains entre les Dieux et les Bêtes, pointée par Vernant,  s'oppose et épouse la fraternité mise en oeuvre (à coups de pieds dans le cul) par l'abbé Pierre, expression de la Charitas, la charité. Terme dévoyé par l'Eglise « moderne », qu'elle avait hérité du stoïcisme antique pour lui servir de morale civique, puisque les Evangiles n'en ont point. Charitas désignait la fraternelle communauté des humains contre les bêtes et les dieux ; c'est-à-dire contre la création même.

Borges écrit qu'un homme n'est jamais tout a fait mort aussi longtemps qu'il survit dans la mémoire d'un autre. Jean-Pierre Vernant et l'abbé Pierre font partie de notre mémoire joyeuse. Que ce rapprochement n'insulte les mânes ni de l'un ni de l'autre.


Jean Maffioletti

Par Michel Strausseisen
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Dimanche 20 mai 2007

A paraître dans le n°25 de Vendémiaire
À propos de Guy Môquet et de l’instrumentalisation de l’histoire nationale

Le candidat faisait de la lettre de Guy Môquet un usage incantatoire. Dès son avènement, le président persiste et signe.
On ne regrettera pas que l’exemple du jeune résistant communiste soit ainsi proposé aux lycéens, qui sans doute, dans leur majorité, l’ignorent.
Mais, écartant toute supputation sur le rapport personnel du président à notre histoire, on ne peut que s’interroger (le mot est faible) sur la place de l’Histoire dans la rhétorique qui a convaincu une majorité de citoyens.
Depuis quelques années, collectivement ou individuellement, nombre d’historiens dénoncent l’officialisation de l’Histoire : contrôle de la mémoire, histoire revisitée à l’aune des « valeurs » d’une colonisation dont le candidat disait qu’elle rêvait plus de civilisation que de conquête. On conçoit facilement quelles couches de la population sont, au premier chef, courtisées dans cette apologie de la « grandeur impériale », dont elles participent par expérience vécue ou par mémoire familiale.
Pour autant, notre histoire nationale ne semblait pas devoir être convoquée à la barre des témoins dans une campagne qui, par sa condamnation de l’assistanat, son apologie de la réussite individuelle, balayait les valeurs de solidarité et de justice sociale, héritées de deux siècles de luttes, et les compromis positifs arraché par ces luttes. Une campagne où la nouvelle donne du capitalisme se justifiait plus de références aux Etats-Unis qu’à « la vieille Europe ». Dans ce contexte, on aurait pu penser que la référence historique n’aurait pas sa place.
Et pourtant, hommage opportuniste à un sentiment national profondément enraciné, la campagne du candidat n’en a pas moins été soutenue par un recours permanent au passé, inscrivant les perspectives de « la rupture » dans la continuité de l’Histoire de France. Vision démagogiquement œcuménique, totalisante, qui n’omet significativement de son Panthéon que les Bonaparte et Pétain, et n’exorcise que 1968.
À nouveau, la réaction déontologique et citoyenne de nombreux historiens (en particulier celle du Comité de vigilance sur les usages de l’histoire) a mis en garde contre cette manipulation.
Les réactions « à gauche » ont été également vives contre une captation d’héritage qui utilise les grandes figures du socialisme sans craindre le contresens historique. Réactions bien plus vives et spontanées dans la masse citoyenne, chez les militants et élus « de base » que chez la candidate et dans l’état-major vibrionnant du parti socialiste, dont la campagne, incapable d’enraciner les aspirations populaires d’aujourd’hui dans ce qu’il y a d’opérant dans notre histoire, se gardait de faire appel aux souvenirs de 1789, de 1848, de 1871, de 1936 ou de la Libération. Et c’est paradoxalement par la voix de Nicolas Sarkozy que de jeunes électeurs de gauche ont entendu parler des grands ancêtres… Débordement apparemment sur la gauche, dans la grande tradition de Louis Napoléon et du général Boulanger, qui a pris par surprise la candidate et ses conseillers, tout autant que les amis du candidat conservateur, les uns et les autres fort peu préoccupés de la « République démocratique et sociale ».
Ne s’en étonneront que ceux qui refusent de voir la porosité, pour ne pas dire l’osmose, entre les deux facettes de « l’élite » politique, osmose dont les récentes péripéties autour de la formation du gouvernement ont donné des exemples édifiants.
Répondant à mon billet du 7 mai, Rémy Pergoux, qui mène depuis longtemps en Haute-Savoie un efficace travail d’éducation populaire, m’écrit notamment :
« Cette élection avait été manipulée de longue date pour obtenir une sorte de coup d’état « légal ». En somme c’est à la fois le coup lui-même et le plébiscite qui était, dans le passé, chargé de créer la « légitimité ».
Et en plus je pense que, si Ségolène Royal avait été élue, j’aurai pensé la même chose !
Parce qu’au fond, l’objet de ce coup d’état « light » est d’installer le système de bipartisme à l’américaine, le libéralisme sans retenue, la liquidation de « l’esprit de résistance à l’oppression ».
Je fais miennes ces quelques lignes.

René Merle
17 mai 2007

Par René Merle
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Vendredi 4 janvier 2008

 Le désolant n’est pas que la république des bien-pensants voit comme une victoire l’interdiction de fumer qu’elle vient d’instaurer à grand renfort de démagogie publique et de couardise individuelle.

Le désolant n’est pas que les trottoirs se retrouvent envahis de fumeurs et jonchés de mégots au prétexte de prophylaxie dans les bars, quand il aurait suffi d’obliger les cafetiers et restaurateurs à annoncer simplement la couleur, "ici on fume", "ici on ne fume pas", pour que le problème soit résolu et la liberté de chacun préservée.

Le désolant n’est pas que le citoyen du pays des Droits de l’Homme (pouêt pouêt) considère comme tout à fait normal que son Etat légifère les comportements privés dans des espaces privés, au lieu de faire son boulot qui est d’organiser modestement la vie collective.

Le désolant n’est pas qu’on condamne les fumeurs à trembler de froid, les tables de convives à se vider d’un coup pendant les pauses, ni qu’on accepte benoîtement la falsification des photos de Bogart, de Prévert, Buñuel, Lucky Luke... pour ne pas donner le mauvais exemple à nos chers bambins tant qu’ils sont encore à l’âge innocent de nos playstations, échangeant d’un coup de joystick trois sabres et une mitraillette contre un bazooka pour exploser la gueule d’un méchant quelconque.

Le désolant n’est pas de voir notre monde, celui dont on vient et qu’on devrait transmettre le plus espérant et le plus vrai possible, se rouler complaisament dans tous les mensonges, toutes les veuleries, tous les petits arrangements avec les ruines de l’âme.

Le désolant c’est de subir depuis une semaine la trogne de la commère pleins poumons de la république assénant toutes les plus rutilantes ignominies qu’on puisse espérer ramasser dans les caniveaux de la sottise des siècles, et de se dire qu’elle n’aura même pas les couilles de prendre la seule mesure apte à assurer l’avènement de ses rêves d’oie gavée : décréter légal l’assassinat des fumeurs, l’abattage salutaire en masse ou au coup par coup de tous ces salopards qui n’ont cessé depuis 50 ans de nuire gravement à leur entourage sans se gêner ! Putain ! l’espérance de vie des Français pendant ce temps n’a progressé que de 25 ans !

Sus aux fumeurs qui persistent, je dis !

Publié le 2 janvier 2008  par Serge Rivron
sur
 
Par Serge Rivron
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Mercredi 16 avril 2008

« Debout ! les damnés de la terre !

Debout ! les forçats de la faim ! »

 

Ainsi, en juin 1871, écrivait Pottier le Communard, traqué dans Paris ensanglanté par la soldatesque versaillaise.

Plus d’un siècle a passé, et Carrefour comme Auchan sont venus s’étaler dans nos mornes périphéries urbaines. Et nos caddies se sont remplis.

Et L’Internationale, pour qui la connaît encore, dans le meilleur des cas est devenue nostalgique, dans le pire est devenue ringarde. N’est-ce pas Veltroni et Ségolène ?

Après tout, comme le dit le premier couplet : « Du passé faisons table rase… ». Les prolétaires de jadis, qui campaient aux marges de notre société, ne sont-ils pas, (un siècle de luttes aidant cependant), devenus des consommateurs qui veulent leur part du gâteau, mais qui ne veulent en rien changer la société. A fortiori, la grève victorieuse des travailleurs roumains vient d’en témoigner. Eux aussi veulent consommer. Comme nous.

Et voilà que depuis une semaine nos belles âmes, nos journalistes, nos économistes distingués, découvrent que les forçats de la faim existent, oh combien difficilement, et qu’ils se révoltent, sur les trois continents. Qu’il faudrait d’urgence faire quelque chose, sous peine, comme le disent nos commentateurs quelque peu affolés, de voir ces malheureux basculer dans le terrorisme ou prendre d’assaut notre forteresse bien pourvue.

Et, partant, de culpabiliser nos consommateurs populaires : comment osez vous en demander plus alors que des Africains ou des Asiatiques meurent de faim ?  Mettez plutôt la main à la poche pour aider les ONG…

Cependant que les puissants de ce monde réalisent que l’Internationale des damnés de la terre pourrait bien devenir une réalité qui contesterait de façon radicale le capitalisme de notre temps.

Il y a fort à parier que plus que jamais, ces puissants vont tout faire pour que cela n’advienne. Et ce « tout » est gros de manœuvres de diversion, de pressions corruptrices, de menaces directes, de perspectives guerrières.

 

René Merle

 

1 avril 2008

Par RM
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Samedi 5 juillet 2008

Peut-on s’être battu pour sauver Ingrid Betancourt, et abandonner Mohamed Sifaoui ?

 

Editorial de Cyrano pour la revue Riposte Laïque

vendredi 4 juillet 2008

 

Pendant que la France entière se réjouit de la libération d’Ingrid Betancourt, après un calvaire de plus de six longues années, que l’Etat français et médias déploient toutes leurs pompes pour l’accueillir, faire son panégyrique ou l’entourer, un autre drame, volontairement rejeté dans l’obscurité et le silence est en train de se nouer, au cœur de notre pays. Un de nos meilleurs enfants, le journaliste Mohamed Sifaoui, se voit abandonné par le pouvoir en place, qui lui a supprimé, depuis plusieurs mois, la protection rapprochée dont il bénéficiait depuis plus de quatre ans.

Mohamed aime la France, la République, la laïcité, et, pour défendre ces valeurs, il combat sans relâche, ce qui lui a valu des menaces de mort suffisamment sérieuses pour que l’Etat français assure sa sécurité pendant 4 ans. Il combat ceux qui, en Algérie, ont assassiné par dizaines de milliers les progressistes et les féministes qui ne voulaient pas que la dictature de la charia s’impose à toute la société algérienne (1). En France, il dénonce, encore et toujours, sans concession, les mêmes, qui, en adaptant leur discours aux réalités françaises, continuent le combat contre nos libertés et contre le droit des femmes (2).

C’est pourtant cet homme admirable de courage que le gouvernement français abandonne à la vindicte des assassins islamistes, en lui retirant depuis plusieurs mois toute protection policière. Le message a été immédiatement compris, puisqu’il a été victime, il y a quelques semaines, d’une agression physique très violente, en plein Paris, de la part d’un islamiste accompagné de plusieurs proches (3).

Il reçoit aujourd’hui des menaces de mort quotidiennes, sa vie et celle de sa famille est devenue un enfer, comme en témoigne le message qu’il vient d’envoyer à notre collaborateur Pierre Cassen.

 

Je te remercie, cher Pierre, de ton soutien et de ton amitié. A vrai dire, je suis tellement déboussolé que je ne sais pas quoi te dire, je ne sais pas ce qu’il faut faire. La seule chose qui me reste à faire, j’y songe de plus en plus sérieusement, c’est de quitter la France. Je ne sais pas où vais-je aller, certainement pas dans un pays arabe mais cette situation n’est plus tenable.

J’observe, avec beaucoup de douleur, que plusieurs personnes, y compris celles que j’ai toujours soutenu, se moquent royalement de ce qui peut m’arriver. Je ne comprends pas comment l’on ne s’indigne pas, plus, lorsqu’un homme vivant sur le territoire de la République n’est plus libre de ses mouvements. Je ne sors pratiquement plus de chez moi. Je ne sors plus avec mes enfants dans la rue, au mois de mars dernier, j’ai été insulté en public en présence de mon fils qui depuis ne cesse de me poser des questions sur cet incident. Il va avoir six ans et il ne comprend pas la violence verbale et l’attitude agressive auxquelles il a assisté. Hier, j’ai fait évacuer mes enfants à l’étranger, ils reviendront à la rentrée.

J’ai remarqué la présence d’islamistes dans mon quartier. Je sais qu’ils ont repéré mon domicile. La police me dit qu’elle ne peut rien faire tant qu’il n’y a pas d’infraction. On me conseille de déménager. Bref, je vois et j’observe des choses bizarres. Crois-le, je ne suis ni lâche ni peureux mais mon intuition ne m’a jamais trompé lorsqu’il s’agit de terrorisme. Je sens que des choses graves risquent de m’arriver. J’ai pris mes dispositions pour me défendre. J’ai juré de ne plus me laisser agresser. Je pense que cette affaire se terminera, de toute façon, très mal pour moi. Ou on arrivera à me tuer ou à me nuire gravement, ou alors en me défendant je risque de tuer quelqu’un. En gros, je risque l’hôpital, le cimetière ou la prison. Dans les deux premiers cas, on dira, ce qu’on me dit déjà, "je l’ai bien cherché", dans le dernier cas, on me fera la leçon pour me dire "je n’avais pas à me défendre". Voilà ma situation cher Pierre, voilà la France d’aujourd’hui.

Amitié

Mohamed

PS : A ta place, je garderai précieusement ce message, il risque de se transformer en scoop (à titre posthume).

 

Pierre, bouleversé, nous a parlé de ce texte. Nous n’avons pas envie de garder ce message sous le coude, pour le ressortir quand il sera trop tard, c’est maintenant qu’il faut éviter l’irréparable !

Il faut certes se réjouir qu’une pétition commence à circuler pour mettre fin à ce scandale, et demander à ce qu’on le protège de nouveau (4). Notre camarade a le droit de pouvoir vivre sur notre territoire avec toutes les garanties de sécurité dues à un citoyen.

Certains, qui hier disaient à mi-mots que Robert Redeker avait bien cherché ce qui lui arrivait, oseront-ils dire que Mohamed Sifaoui n’a que ce qu’il mérite ? Mesurent-ils ce que signifie, pour un homme marié père de quatre enfants, le fait de ne plus pouvoir sortir dans la rue sans se dire qu’il ne rentrera peut-être pas chez lui ? Savent-ils ce que signifie le fait qu’un Mohamed a peur de se faire assassiner par un autre Mohamed ? Sont-ils capables de mesurer le traumatisme que cela peut susciter chez ses propres enfants, témoins des insultes que peut subir dans les rues leur propre père ? Peut-on accepter le calvaire quotidien que doit endurer un homme qui sait qu’il peut tomber à n’importe quel moment sous les coups de ceux qui ont juré sa perte et sa mort ?

La France n’a pas abandonné Ingrid Betancourt à son triste sort d’otage. Va-t-elle se déshonorer en livrant Mohamed Sifaoui à ceux qui rêvent de l’assassiner ? Le gouvernement veut-il vraiment qu’il subisse le sort de Theo Van Gogh en Hollande ? N’est-il pas temps, quand Ayaan Hirsi Ali, Taslima Nasreen, Robert Redeker, Mina Ahadi, Mohamed Sifaoui, risquent leur peau pour dire la vérité sur l’islam pour quelques-uns, sur les fascistes islamistes pour d’autres, que la France, mais aussi toute l’Europe, ouvre enfin les yeux ? Qu’on arrête de se voiler la face sur la réalité de ce nouveau fascisme religieux du XXI° siècle qui menace sans contestation possible nos conquêtes laïques, progressistes et féministes ! Ce sont les meilleurs enfants des Lumières, issus de pays où le totalitarisme religieux enferme des populations entières dans les ténèbres de l’obscurantisme et de la dictature, qui risquent leur vie pour défendre la liberté de tous.

Va-t-on enfin avoir le courage de se défendre contre le péril qui grandit chaque jour, en France et dans toute l’Europe, et cesser de tenir des discours édulcorants qui font le jeu des fascistes ? Souhaitons-nous que Mohamed Sifaoui ait comme seule alternative de quitter la France, ou d’y être assassiné ? Dans les deux cas, cela serait la honte de la République de n’avoir su ni le garder sur notre territoire, ni le protéger. S’il devait lui arriver malheur, nous serions inconsolables, mais nous demanderions des comptes à Nicolas Sarkozy et à tout son gouvernement.

 

 

(1) http://www.youtube.com/watch ?v=6udPiSM69ls&feature=related%22http://www.youtube.com/watch ?v=6udPiSM69ls&feature=related

(2) http://fr.youtube.com/watch ?v=wfIlm18PGKQ

(3) http://www.mohamed-sifaoui.com/article-20459573.html

(4) http://www.lapetition.com/sign1.cfm ?numero=1830


Editeur : Riposte Laique

http://www.ripostelaique.com

Par Riposte Laïque
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