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L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

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Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 13:55

Depuis plusieurs semaines, l’assaut contre la révolution bolivarienne s’est intensifié. Les éditos et premières pages des journaux américains et espagnols s’insurgent contre la faim au Venezuela et réclament le départ du « régime dictatorial ». Les pénuries en cours ont entraîné des cas de pillages. L’opposition de droite tente de déclencher un référendum présidentiel révocatoire, mais menace également de passer à l’action violente et fait appel à des puissances étrangères, parfois pour une intervention militaire. Que se passe-t-il réellement au Venezuela et comment faire face à ces menaces ?

 

Vendredi 13 mai, Nicolas Maduro, le président du Venezuela, a étendu le « décret d’urgence économique » qui lui avait donné des pouvoirs supplémentaires depuis janvier ; il a également déclaré un état d’urgence de 60 jours qui lui confère un pouvoir très large pour traiter des menaces militaires externes et des problèmes de distribution et de production alimentaires.

Comme il fallait s’y attendre, les médias capitalistes du monde entier s’unirent dans un chœur de dénonciation, hurlant à la « dictature », tandis qu’un des principaux leaders de l’opposition de droite, Capriles Radonski, appela publiquement à la désobéissance face au décret. La menace est cependant bien plus réelle et vaut la peine d’être illustrée par quelques exemples.

Il y a un mois, un éditorial du Washington Post [1] a ouvertement appelé les pays voisins du Venezuela à une « intervention politique ». Le week-end du sommet Concordia à Miami, l’ancien président colombien Alvaro Uribe a exhorté les forces armées du Venezuela à entreprendre un coup d’Etat, ce qui devrait être complété, en cas d’échec, par une intervention militaire étrangère contre la « tyrannie ».

Au Venezuela, l’opposition de droite a invité de nombreuses fois l’Organisation des Etats Américains à s’appuyer sur sa « Charte démocratique » pour intervenir contre le président Maduro. L’opposition s’enhardit de l’éviction de Dilma Rousseff au Brésil et souhaite suivre le même chemin aussi vite que possible, par tous les moyens légaux ou illégaux. Francisco Toro, influent journaliste et blogueur vénézuélien de droite (et éditeur des chroniques de Caracas), vient d’écrire un article discutant ouvertement des avantages et des inconvénients d’un coup d’Etat [2], qu’il dit être constitutionnel et en aucun cas criminel.

Aujourd’hui, le gouvernement vénézuélien fait état d’une violation de son espace aérien par les forces américaines.

Dans une tentative de tirer profit des graves difficultés économiques auxquelles le pays est confronté, l’opposition réactionnaire a été très occupée à créer une situation de chaos et de violence qui justifierait un coup d’Etat ou une intervention étrangère pour accélérer le départ du président Nicolas Maduro. Des actes violents ont été commis à Zulia et Tachira. Constamment, des rumeurs d’émeutes et de pillages sont répandues, le plus souvent à tort.

Une crise très grave

Cela fait maintenant plus de 13 ans que je suis impliqué dans la défense de la révolution bolivarienne ; j’ai fréquemment visité le Venezuela et écris régulièrement sur sa situation. Rien de ce que je viens de décrire n’est vraiment neuf. Depuis le début, avec l’élection de Chavez en 1998, et surtout depuis les lois d’habilitation de décembre 2001, l’oligarchie vénézuélienne et l’impérialisme se sont lancés dans une campagne continue mêlant harcèlement, violence, déstabilisation, coups d’Etat, mensonges, diffamations, pressions diplomatiques, sabotage économique… Vous y pensez ? Ils l’ont fait.

Cette fois, néanmoins, il y a quelque chose de différent. Lors des tentatives précédentes, la volonté révolutionnaire des masses bolivariennes, travailleurs, paysans et pauvres a fait échouer les tentatives de la contre-révolution. Ce fut le cas contre le coup d’Etat d’avril 2002, et les lock-outs et sabotages de l’industrie pétrolière en décembre de la même année, avant que la révolution ne soit en mesure d’améliorer véritablement le niveau de vie. Ce qui n’a été possible qu’après la prise de contrôle totale du gouvernement sur les compagnies pétrolières, en 2003.

Pendant 10 ans, la révolution fut à même d’effectuer de larges réformes et d’améliorer les conditions de vie des masses. En parallèle, un mouvement de radicalisation politique avait lieu, au cours duquel le président Chavez et les masses révolutionnaires s’entraînaient dans une émulation réciproque. Le socialisme fut déclaré but de la révolution bolivarienne ; des expériences de contrôle ouvrier eurent lieu à grande échelle ; les usines furent occupées et les propriétaires expropriés ; les entreprises furent renationalisées. Des millions de personnes devinrent actives à tous les niveaux, dans une tentative de reprise en main de leur futur. Le moteur de la révolution, la force qui lui permit de contrecarrer toutes les tentatives de l’oligarchie et de l’impérialisme, était les masses révolutionnaires, actives, politiquement conscientes, et engagées à tous les niveaux.

Bien évidemment, cette période profitait du prix élevé du pétrole (qui atteignit un pic à 140 dollars le baril en 2008). Le gouvernement disposait d’une manne financière considérable issue des revenus du pétrole pour financer des programmes sociaux qui bénéficiaient à des millions (en termes d’éducation, de santé, d’alimentation, de logement, de retraite…). La question de la prise de contrôle des moyens de production n’a pas été posée immédiatement.

Le capitalisme ne peut pas être régulé

Des mesures ont été prises pour limiter le fonctionnement normal de l’économie de marché capitaliste, afin de défendre la révolution contre le sabotage de la classe dirigeante. Ceci incluait le contrôle des changes (pour empêcher la fuite des capitaux) et le contrôle des prix des produits alimentaires de base (pour défendre le pouvoir d’achat des pauvres).

Les capitalistes trouvèrent rapidement un moyen de contourner ces mesures. Le contrôle des changes devint une escroquerie et aboutit à un transfert massif des devises fortes issues des revenus du pétrole directement dans la poche des capitalistes sans scrupules. Comment ? Le gouvernement mit en place un taux de change subventionné, qui devait être utilisé pour l’importation de produits de base (alimentation et soins) et de pièces pour l’industrie.

Au lieu de cela, les capitalistes demandèrent des dollars subventionnés pour les injecter ensuite sur le marché noir (inévitable effet secondaire du contrôle monétaire) ou dans des comptes bancaires à l’étranger. On vécut donc l’incroyable situation où le volume des importations diminuait alors que la valeur des importations (en dollars) augmentait massivement. L’économiste marxiste Manuel Sutherland a analysé les chiffres concernant les importations de produits pharmaceutiques.

En 2003, le Venezuela importait ses produits pharmaceutiques à 1,96 dollar le kilo. En 2014, les prix avaient atteint 86,80 dollars le kilo. Les importations s’étaient effondrées de 87 % en volume, mais avaient augmenté 6 fois en prix ! Des chiffres semblables peuvent être trouvés pour presque chaque secteur de l’économie pour lequel les capitalistes recevaient des dollars subventionnés pour importer des biens.

Une situation semblable s’est développée avec le contrôle des prix. Le secteur privé, qui a encore presque le monopole de la transformation alimentaire ainsi que de la distribution de nombreux produits de première nécessité, refusa de produire quoi que ce soit dont le prix fût contrôlé. Ainsi, pour contourner la régulation des prix du riz, il se mit à produire des variétés colorées ou aromatisées qui n’étaient pas réglementées.

Ce blocage de la production de la part des capitalistes privés a obligé l’Etat à endosser le rôle de producteur et de distributeur des produits alimentaires de base. L’Etat importait de la nourriture du marché mondial, la payait au prix du marché mondial avec les dollars du pétrole, et la vendait ensuite à des prix largement subventionnés dans des chaînes de supermarchés étatisées (PDVAL, MERCAL, Bicentenario).

Pendant un moment, ceci fonctionna plus ou moins bien grâce aux prix élevés du pétrole. Mais lorsque les prix s’effondrèrent et que l’économie entra en profonde récession, l’ensemble de l’édifice s’écroula comme un château de cartes. En 2014, le baril de pétrole vénézuélien était encore à 88 dollars. En 2015, il n’était plus qu’à 44 dollars et atteignait son plus bas niveau en janvier 2016, à 24 dollars.

Pour continuer à financer les programmes sociaux (dont les produits alimentaires subventionnés), l’Etat se mit à imprimer d’énormes quantités de billets sans aucun ressort réel. Entre 1999 et 2015, l’agrégat monétaire M2 [un indicateur statistique utilisé entre autres pour mesurer l’inflation, NDLT] augmenta de plus de 15 000 % !

La combinaison d’une fuite massive de capitaux, du développement concomitant d’un marché noir du dollar, et d’une forte croissance de la masse monétaire en période de récession économique (3,9 % en 2014, 5,7 % en 2015) mena inéluctablement à l’hyperinflation. Le taux annuel d’inflation a ainsi atteint un record de 6 8 % en 2014, explosé ensuite en 2015 avec un taux de 185 % selon la banque centrale vénézuélienne.[3] L’inflation pour la nourriture et les boissons non alcoolisées était encore plus forte que la moyenne.

Le taux de change sur le marché noir du dollar a bondi de 187 bolivars par dollar en janvier 2015 à plus de 1000 bolivars par dollar maintenant (avec un pic à 1200 bolivars en février de cette année). C’est le taux de change sur la base duquel la plupart des prix des produits sont calculés maintenant.

Cette dislocation économique à grande échelle a également mené à une diminution rapide des réserves de change :

 

De 24 milliards de dollars début 2015, elles ont chuté à 12,7 milliards aujourd’hui, selon les chiffres de la banque centrale vénézuélienne.

Cette sombre situation a entraîné une forte baisse des importations du gouvernement en aliments et autres produits de base. Le total des importations a diminué de 18,7 % en 2015, créant une pénurie permanente de produits de base dans les chaînes de supermarchés possédées par l’Etat et qui les vendaient à des prix réglementés. Conséquence logique : un immense marché noir pour ces produits a vu le jour. La cause première en est les pénuries, qui se voient aggravées par l’existence du marché noir lui-même. La grande différence créée entre les prix réglementés (de plus en plus rares) et le marché noir rend ce dernier extrêmement attirant pour la vente de produits.

Voici un tableau comparatif des prix de produits de base vendus par les bachaqueros (vendeurs au noir) dans les quartiers ouvriers et pauvres de Petare à Caracas, en mars :

 

Au cours des deux dernières années, le gouvernement a plusieurs fois décrété une augmentation du salaire minimum, de 10 000 bolivars en novembre 2015 à 15 000 bolivars maintenant, auxquels il faut ajouter 18 000 bolivars des cesta ticket (un supplément alimentaire). Mais si vous devez acheter la plupart des produits de votre panier hebdomadaire au marché noir, ceci ne suffit pas. Comme les importations étatiques de nourriture ont été drastiquement réduites, les produits à prix réglementés sont de plus en plus rares et les gens se trouvent contraints d’aller faire une part de plus en plus grande de leurs achats au marché noir et libre.

Les pénuries ont engendré une forte corruption à tous les niveaux, vivant du détournement des produits de la chaîne d’approvisionnement officielle, gérée par l’Etat, vers le marché noir : de la famille qui fait la queue pendant des heures et revend ensuite une partie de ce qu’elle a acheté, jusqu’au gérant de supermarché d’Etat qui détourne des camions entiers pleins de produits (de mèche avec les gardes nationaux surveillant l’établissement), en passant par des gangs criminels qui engagent des gens pour faire la queue des heures durant et acheter n’importe quel produit subventionné encore disponible (en menaçant et graissant la patte des employés de supermarché, des gardes nationaux, des gérants, etc.), sans oublier le directeur national de la chaîne de supermarchés d’Etat Bicentenario, qui détourne des cargaisons entières de produits.

A ceci, il faut ajouter les mille et une façons que le secteur privé a pour briser le régime de régulation des prix. La farine de maïs manque continuellement, mais les arepas abondent. Il est quasiment impossible d’acheter des poulets à prix réglementés, mais les poulets rôtis ne manquent jamais. On ne trouve pas de farine de blé au prix officiel et les boulangeries utilisent ce prétexte pour ne pas produire la quantité habituelle de pain (dont le prix est réglementé), mais mystérieusement, elles sont tout de même capables de fournir toutes les autres variétés de pain, gâteaux et biscuits, dont on suppose qu’ils sont faits de farine… Qu’est-ce qui se trouve derrière cette énigme ? L’approvisionnement des établissements par des vendeurs en gros, mais à des prix non réglementés.

Toute tentative pour mettre fin à cette situation avec des mesures répressives contre les vendeurs au noir, bien qu’elles soient nécessaires, est vouée à l’échec : les petits ou gros bachaqueros ne sont pas le problème fondamental. La cause profonde est l’incapacité actuelle du gouvernement à financer l’approvisionnement en quantités suffisantes de produits pour couvrir l’ensemble de la demande, combinée avec le refus du secteur privé de produire et de vendre aux prix fixés par le gouvernement.

Une des raisons de cette intenable dislocation économique est donc la rébellion « naturelle » des producteurs capitalistes contre toute tentative de régulation des affaires du « libre marché ». Voilà ce que signifie vraiment la « guerre économique » dénoncée depuis de nombreuses années par le gouvernement bolivarien. Oui, indubitablement, il y a un sabotage économique délibéré qui chercher à frapper la classe ouvrière et à ébranler son soutien à la révolution. Mais dans le même temps, il est facile de comprendre que, du point de vue des capitalistes, s’il est possible d’obtenir une marge de profit de 100 %, 1000 % ou encore plus au marché noir, il n’y a aucune raison de vendre ou de produire des produits réglementés qui ne leur apporteront qu’un gain très faible, voire des pertes.

Ce qui a échoué au Venezuela ce n’est donc pas le « socialisme » comme les médias capitalistes aiment le souligner dans leur propagande. Bien au contraire : ce qui a clairement échoué, c’est la tentative d’introduire des systèmes de régulation pour que le capitalisme, même partiellement, se mette à servir l’intérêt des travailleurs. La conclusion est limpide : le capitalisme ne peut pas être régulé. L’essai dans ce sens a mené à une dislocation économique à très grande échelle.

La réponse du gouvernement : un appel au secteur privé

La majorité des Vénézuéliens est bien consciente, à des degrés divers, du rôle odieux joué par les compagnies privées comme Grupo Polar dans l’instauration d’une situation où dominent accaparement, racket, marché noir, spéculation, etc. Durant ma dernière visite au Venezuela, j’ai assisté à la discussion suivante dans une file d’attente :

Mujer A: “aquí tienen su patria bonita” - Mujer B: “a ver si creen que es el gobierno que produce la Harina PAN”

[Femme A, d’un ton méprisant : « voilà ton beau pays » (donc voilà ce que le chavisme t’a donné, des files d’attente). Femme B, sèchement : « tu penses que c’est le gouvernement qui produit la Harina PAN ? » (en réalité, c’est Grupo Polar qui a le contrôle monopolistique de la production de farine de maïs).]

Le problème n’est pas que les gens ignorent le sabotage économique perpétré par le secteur privé, mais qu’ils considèrent le gouvernement incapable ou réticent à prendre les mesures nécessaires pour résoudre cette situation.

Au problème des pénuries alimentaires et à celui des activités criminelles, il faut ajouter la grave sécheresse qui frappe le Venezuela, effet collatéral d’El Nino, et qui a entraîné des difficultés de production d’électricité au barrage hydroélectrique El Guiri et donc de fréquentes coupures de courant au cours des derniers mois. En avril, le gouvernement a décrété la semaine de 2 jours ouvrés dans les institutions publiques pour réduire la consommation d’électricité.

Même dans ce domaine, il faut témoigner d’une campagne intensive de sabotage du réseau électrique du pays. Depuis de nombreuses années, des attaques à la bombe ont été perpétrées contre les centrales et les postes électriques dans différents endroits du pays. Elles coïncident généralement avec les périodes de campagnes électorales et des moments d’exacerbation des tensions politiques ; elles visent à provoquer des coupures de courant pour répandre un sentiment d’effondrement, de chaos, d’instabilité…

Quelle a été la réponse du gouvernement à ces problèmes ? Depuis au moins 2014, l’échec des tentatives de régulation du capitalisme est publiquement reconnu, de même que celui du financement des programmes sociaux avec les revenus du pétrole. On pourrait dire que le point de basculement a été le départ du gouvernement en juillet 2014 de l’ancien ministre des Finances Giordani. Depuis, la ligne dominante de la politique économique du gouvernement a consisté à faire encore plus de concessions aux capitalistes en espérant en retour gagner leur confiance pour une future collaboration et un redressement de la situation. En témoigne toute une série de mesures : la libéralisation partielle du contrôle des changes, un effacement partiel des subventions au prix du pétrole, l’établissement de zones économiques spéciales pour attirer les investissements directs étrangers ainsi que le rapatriement du capital détenu à l’étranger par des capitalistes vénézuéliens, l’ouverture d’Arco Minero à l’exploitation minière (111 000 km² de terres)…

Rien n’a marché. Le gouvernement a de fréquentes discussions avec des hommes d’affaires au cours desquelles ces derniers obtiennent des concessions allant dans le sens de leurs intérêts et se voient priés d’investir. Et, logiquement, au cours des négociations suivantes, les entreprises exigent des concessions encore plus grandes alors que l’économie demeure dans une crise profonde.

Pour être honnête, les concessions du gouvernement au secteur privé s’accompagnent de temps à autre de menaces d’expropriation. Mais elles ne sont jamais concrétisées. Ainsi, le 13 mai, lorsque le président Maduro a étendu l’état d’urgence économique et a décrété des pouvoirs d’urgence pour 60 jours, il a tout particulièrement prévenu que « toute usine paralysée par un capitaliste serait reprise et redonnée aux mains de la communauté ». Moins de 48 heures plus tard, dans une interview accordée à Reuters, le vice-président chargé de toutes les questions économiques du gouvernement, Perez Abad, a rassuré le capital international en « excluant la reprise des usines qui sont paralysées suite à un manque de matières premières ». Dans la même interview, il a souligné l’intention du Venezuela de continuer à rembourser sa dette extérieure, très religieusement, en totalité et dans les temps. Il a également ajouté que ceci impliquerait une nouvelle réduction des importations en 2016.

En réalité, bien que l’avertissement de Maduro ait été largement repris dans les médias internationaux, les Vénézuéliens n’y ont pas prêté grande attention. Il a proféré de telles menaces d’expropriation, notamment contre Grupo Polar, de si nombreuses fois, qu’il est maintenant l’homme qui crie au loup. Récemment, à chaque fois que les travailleurs ont repris des usines paralysées par les patrons, ils ont été confrontés à une chaîne sans fin d’obstacles bureaucratiques ou à la répression directe de la police bolivarienne. Dans la majorité des cas, même si les lois introduites par Chavez soutiennent les travailleurs et autorisent les expropriations et le contrôle ouvrier, la plupart des inspecteurs du travail sont dans la poche des patrons. Plutôt que d’accélérer le processus d’expropriation, ils continuent d’accorder des délais aux propriétaires pour payer les salaires et redémarrer la production, ce qui aboutit à la démoralisation des travailleurs en lutte.

Perez Abad est un représentant de premier choix de cette politique de concessions envers la classe capitaliste. Il est lui-même un homme d’affaires et l’ancien président d’une des fédérations d’employeurs du pays. Il est devenu ministre chargé des affaires économiques en février, succédant à Luis Salas, qaue les capitalistes qualifiaient de « radical ». Juste avant que Maduro décrète l’extension des pouvoirs d’urgence économique, Perez Abad avait déjà annoncé une nouvelle augmentation des prix des produits réglementés, après discussions avec les capitalistes concernés.

Plus récemment, pour tenter de répondre au problème des pénuries, le gouvernement a voulu promouvoir la mise en place de comités locaux de production et de ravitaillement. L’idée est que les communautés organisées gèrent directement elles-mêmes la distribution aux familles des produits alimentaires subventionnés. C’est un pas dans la bonne direction, qui pourrait renforcer le rôle des organisations de base. Cependant, cette mesure n’a eu, jusque-là, qu’un impact limité ; elle ne traite que de la question de la distribution, et pas de celle, primordiale, de la production et de la transformation, qui est le nœud du problème.

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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 05:08

Le projet de loi présenté au Conseil des Ministres va arriver à l’Assemblée Nationale. C’est sous la pression de la mobilisation sociale des jeunes et des salariés que le débat va s’ouvrir. La journée du 24 mars a été une nouvelle démonstration de rejet du projet de loi El Khomri. Cette nouvelle étape annonce un 31 mars massif, puissant. Déjà des propositions sont faites à l’Assemblée pour une autre logique : une réelle amélioration du Code du travail, la valorisation du CDI, le renchérissement des heures supplémentaires, la réduction du temps de travail…

Mobilisation sociale et débat parlementaire sont désormais liés. La majorité de gauche à l’Assemblée peut produire un autre projet, rejeter celui proposé par Valls-Macron-El Khomri. En articulant pétition de masse (loi travail-non merci) , mobilisation dans la rue et débats parlementaires, on peut gagner.

Rien n’est plus important que de renforcer la mobilisation sociale

C’est de la mobilisation, en premier lieu, que dépend le sort du projet de loi El Khomri. Si elle n’est pas retirée, c’est le démantèlement du Code du travail. Si elle est retirée, c’est alors la possibilité, à l’inverse, d’une loi de progrès social pour l’emploi renforçant les droits, encadrant la précarité pour la faire baisser, améliorant les conditions de travail…

Aider à la réussite du 31 mars, c’est le rôle de toutes celles et tous ceux qui sont opposés à la régression sociale. Au-delà du 31 mars, il y aura d’autres échéances de mobilisation à construire tout au long du débat parlementaire. Et pourquoi pas des manifestations, dans toute la France un samedi ou un dimanche pour favoriser la participation de toutes et de tous ? Le 80e anniversaire de la victoire du Front populaire en mai peut coïncider avec une nouvelle journée de mobilisation. Une célébration vivante, 80 ans après, de mai-juin 1936. Le signe que de nouvelles conquêtes sociales sont possibles.

Ouvrir, ensemble, une perspective politique

Ce lien entre mobilisation sociale et 80e anniversaire du Front Populaire, c’est le moyen de faire le lien entre mobilisation sociale de 2016 et perspectives politiques en 2016-2017. La mobilisation a besoin d’un débouché et peut y aider. Il y a certes le débat parlementaire sur la loi El Khomri, pour une loi de progrès social. Mais il y a aussi besoin de débattre plus largement des bases d’une politique alternative. Car avec le rejet de la loi Valls-Macron-El Khomri s’exprime aussi plus globalement le rejet d’une politique économique et sociale pro-libérale, le rejet du néo-conservatisme illustré par l’état d’urgence et le débat sur la déchéance de nationalité.

Le fonctionnement institutionnel de la Ve République est lui aussi mis en cause : refus du 49-3, de la prééminence de l’exécutif, besoin d’être représentés et entendus.

Débattre d’une plateforme politique de toute la gauche et des écologistes est la seconde tâche des socialistes. Les exigences du peuple de gauche sont nombreuses, elles doivent s’exprimer ! C’est l’urgence à gauche. Débattons-en dans des milliers de débats citoyens, avec les jeunes et les salariés mobilisés. C’est sur cette base que pourront se décliner les mesures d’urgence d’une majorité et d’un gouvernement rose, rouge, vert. L’heure n’est pas aux jeux politiciens, au bal des égos. L’heure n’est pas aux candidatures. Il faut préalablement discuter, et partager dans des forums, les bases et les orientations communes que de telles candidatures pourraient ensuite porter.

Organisons partout des réunions en ce sens, créons des collectifs ouverts, pluralistes…

Ensuite seulement, et avec la dynamique créée, ce sera le temps des primaires de toute la gauche pour 2017, des candidatures communes aux législatives. Et trouver le bon, les bons candidat-e-s.

Priorité à la mobilisation, priorité au débat citoyen pour un projet alternatif et des mesures d’urgence. Priorité à l’unité dans nos entreprises, nos lycées, nos facs, nos villes pour gagner.

 

www.democratie-socialisme.org

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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 21:49

jeudi 17 mars 2016

La ratification de l’accord UE-Ukraine qui s’est faite en France en catimini fera l’objet d’un référendum le 6 avril 2016 aux Pays Bas. Une nouvelle occasion pour les Néerlandais de dire NON ?

 

Grâce au zélé gouvernement Hollande-Valls, comme dans la plupart des autres pays de l’Union européenne, la ratification de l’accord UE-Ukraine* s’est faite en catimini. Moins de trois heures de débat à l’Assemblée et au Sénat. Aucun écho médiatique et silence des parlementaires. Cela pour cacher les lourdes implications politiques et économiques de cet accord. Aux Pays Bas, les citoyens ont arraché l’organisation d’un référendum.

Pour le grand patronat des pays de l’UE, l’Ukraine va devenir un nouvel Eden pour les délocalisations. La main d’œuvre y est encore « meilleur marché » que dans les pays de l’est membres de l’UE. Les droits sociaux, ou ce qu’il en reste, vont être tirés vers le bas. Les répercussions sont très négatives aussi pour le peuple ukrainien : le libre échange entre l’UE et l’Ukraine met automatiquement fin au libre échange entre l’Ukraine et la Russie (la Russie rentrerait sinon dans la même zone que l’UE). Or l’économie et en particulier ce qui reste de l’industrie en Ukraine est historiquement complémentaire de celle de la Russie. Concurrencée directement et « librement » par l’UE, elle va péricliter rapidement et entraîner chômage et pauvreté.

Enfin, l’accord d’association avec l’Ukraine risque d’introduire en Europe l’une des dispositions les plus dangereuses du traité de libre-échange entre l’UE et les Etats-Unis (TAFTA) : la possibilité pour les multinationales d’attaquer les Etats devant un tribunal arbitral international. Une fois de plus, le gouvernement « socialiste » n’a pas hésité à porter atteinte à la souveraineté de la France.

C’est donc pour empêcher son gouvernement de ratifier cet accord que peuple néerlandais a obtenu la tenue d’un référendum. 428 000 signatures ont été rassemblées lors d’une campagne « citoyenne », bien plus que les 300 000 requises par la Constitution. Le résultat sera considéré comme valide si la participation dépasse 30%. Certes le référendum sur l’accord d’association entre l’UE et l’Ukraine est non contraignant mais si le non l’emporte le gouvernement néerlandais sera en difficulté puisqu’il devra choisir : soit se soumettre à la volonté populaire (nombre de partis font campagne pour le NON) ou passer outre. Rappelons qu’en 2005, le peuple néerlandais avait, quelques jours après le peuple français, voté NON au projet de « constitution européenne ». Depuis, aux Pays Bas comme en France, le rejet populaire de l’UE n’a fait que s’amplifier. Le 6 avril prochain, les Néerlandais pourront à nouveau l’exprimer dans les urnes.

*En 2013, c’est le refus de l’accord avec L’UE, par le gouvernement légal de l’Ukraine, qui a déclenché la crise, le coup d’Etat et la guerre avec l’ingérence de l’Otan et de l’UE. S’en est suivi le soutien de l’UE au pouvoir putschiste du président Porochenko qui sombre dans la faillite, la corruption et la bienveillance à l’égard des groupes néonazis.

 

http://www.m-pep.org/Le-6-avril-les-Neerlandais-rejetteront-ils-le-rejeton-du-TAFTA

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Published by Vendémiaire - dans Europe
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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 21:06

 

Le RPS-FIERS se joint à tous ceux qui ont exprimé soutien et solidarité au peuple belge.  Au-delà des émotions, nous devons non seulement analyser la situation dans un contexte international donné mais  proposer des solutions pour qu'un terme soit mis à cette période de montée des périls. La question soulevée par  ces attentats après ceux survenus en France en 2015 dépasse l'Europe mais, loin de les disqualifier, elle renvoie  au niveau des Etats nations où tout peut et doit se régler. 

 

Évidemment les causes directes du terrorisme plongent leurs racines dans les différentes guerres du Moyen Orient avec leurs effets funestes, cataclysmiques là-bas comme ici.  Madame  Clinton reconnait que les États Unis ont ouvert la boite de Pandore, il y a 20 ans, avec la création d'Al Quaida

https://www.youtube.com/watch?v=Osc2o5Vs4Z8).

L'essor de l'Etat islamique  s'est nourri de  tous les conflits qui avaient pour but d'imposer la loi du monde libre en Afrique du nord et au Moyen Orient (Libye, Irak, Syrie...).

 

 Au niveau international, les États-Unis n'ont de cesse de conserver leur leadership mondial. C'est une constante. L’impérialisme américain ne peut tolérer des relations multipolaires respectant la souveraineté des nations et qui pourraient constituer un frein. Le complexe militaro-financier qui dicte la politique de Washington est prêt à tout pour garder son pouvoir sans partage. Tous les États qui ont réussi leur émancipation en Amérique du sud durant ces deux dernières décennies,  l'Argentine, le Venezuela, le Brésil et la Bolivie et l'Equateur  très prochainement... sont en train d’être touchés par la machine de guerre Yankee et sur le point de perdre leur  souveraineté et leur démocratie.

 

 

En Afrique, la déstabilisation des Etats n'est pas un phénomène nouveau, mais là aussi, les États Unis mènent une guerre par procuration grâce à l’Union européenne et à la France en particulier qui se positionne en première ligne dans  ces opérations ; son passé colonial africain et son allégeance à l'ami américain  expliquent cette situation.

 

 

 Deux grands blocs s'opposent sur la scène mondiale comme au temps de la guerre froide tant  sur le plan  idéologique  que sur le plan économique avec en toile de fond la course à l'énergie. D'un côté les BRICS  : la Russie, l’Inde et la Chine gardent le cap (plus de la moitié de la population mondiale), les autres pays du groupe sont fragilisés. 

De l’autre côté,  l'Amérique du nord ( USA & CANADA), ses alliés de l' OTAN dont l'UE et Israël.

L'Union Européenne, comme l'Afrique, l'Amérique du Sud ou le Moyen Orient sont des champs expérimentaux d'une future dictature mondiale où l'humanité toute entière serait au service de la fortune d'une infime minorité et sous le joug de leur pouvoir sans limites. Le système de la mondialisation a été mis en place et imposé à cette fin. Les accords de libre échange  CETA, TAFTA, TISA, ALENA entre autres...doivent assurer les infrastructures et le tiroir caisse. 

 

Deux dangers menacent cependant l'empire et sa trajectoire : le déclin du pétrodollar et l'érosion de l'Union européenne. 

 - Certains pays mettent déjà en place des transactions basées non plus sur le pétrodollar mais sur des monnaies nationales ( Russie, Chine, Inde...).

- L'Union européenne donne des signes de faiblesse : il n'y a plus cette unanimité des 28 sur tous les domaines. La paupérisation grandissante révèle le vrai visage de l'UE. Des appels à la  sortie de l'Union commencent à se faire jour : la Grande Bretagne, la Finlande, La Pologne, l'Autriche...Pour les intérêts des Etats Unis, l’Union Européenne ne doit pas imploser maintenant, car c’est l’outil idéal pour inféoder les peuples et les nations au service de la finance. Le système de l'Union européenne constitue un bastion  stratégique  qui doit être arrimé au bloc atlantique. Tout rapprochement avec la Russie annoncerait le crépuscule de l’Empire. 

 

 

 Tout serait donc fait pour faire disparaître toute contestation de l'empire, y compris la guerre en son sein sous la forme du terrorisme. Un nouveau choc dans la stratégie?

Pour le RPS-FIERS, une chose est certaine : ceux qui dirigent nos pays sont entièrement inféodés à ceux qui dirigent l'Empire. Nous ne devons rien attendre d'eux, sinon le pire : en France, toutes les lois de régression sociale dictées et imposées par les traités européens ; dans toute l'Europe, la déferlante du TAFTA et du CETA  qui entrera en vigueur provisoirement fin 2016 et avant la ratification des parlements nationaux grâce à un article du traité de Lisbonne ; en Afrique et au Moyen Orient, la poursuite des guerres coloniales d'un autre type.

 

Seuls les peuples ayant recouvré  leur souveraineté dans le cadre de leurs états nations pourront faire échec à ce plan diabolique.

Pour le PRS-FIERS, la souveraineté du peuple doit s'exercer aux prochaines élections législatives de 2017 pour imposer la souveraineté nationale et les valeurs de la République.

Les citoyens  républicains des deux rives doivent s'unir enfin, comme au moment du CNR  et décider de former les bataillons victorieux pour porter au Parlement des citoyens responsables et soucieux du bien commun.

 

rps.fiers@gmail.com

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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 19:49

Prosterné devant l’Union Européenne et le MEDEF, le gouvernement, avec la complicité de L. Berger, le patron de la CFDT, a tenté de dynamiter la mobilisation en présentant une version légèrement modifiée de la loi «travail». Mais le fond de la loi reste le même, une destruction des dernières garanties collectives offertes aux salariés par le Code du Travail. En 1995, Juppé avait procédé de la même façon en tentant de briser le mouvement de grève avec l’aide de Notat, la patronne du syndicat «réformiste». En 2003 la CFDT a poignardé dans le dos les mouvements de protestation contre différentes réformes du gouvernement exigées par Helmut Kohl (retraites des fonctionnaires, régionalisation des TOSS) ; idem en 2007 (retraites des cheminots), en 2010 (retraite à 62 ans), mais aussi l’A.N.I. (préciser ce que ça veut dire), la baisse des indemnisations chômage dans le cadre des ASSEDIC, le report de fait de la retraite à 63 ans dans le cadre de la négociation AGIRC-ARCO sur les complémentaires.

On se souvient aussi de la manière dont a été trahi le mouvement des sidérurgistes de Florange quand leur chef de file cédétiste, le dénommé Martin, est soudain devenu le chef de file du PS aux européennes en Lorraine. Déjà dans les années 80, le père de François Chérèque, alors leader des sidérurgistes CFDT, avait été nommé superpréfet de Lorraine par Mitterrand pour que le pouvoir puisse tranquillement fermer la sidérurgie française en échange de quelques «investissements » d’État dans cette région, notamment un… Parc des Schtroumpfs qui a fermé à peine ouvert !

Dans l’Éducation nationale, le SGEN-CFDT est lui aussi de toutes les contre-réformes sous couvert de «modernité»; notamment il a soutenu la contre-réforme Fillon, la contre-réforme Chatel et la contre-réforme des collèges avec ses amis de l’UNSA dont les liens avec le PS sont transparents. N’oublions pas non plus les innombrables cas où la CFDT nationale a tiré dans le dos des grévistes CGT, FO et SUD, notamment à la SNCF ou à Air-France, renchérissant même sur les insultes de Valls contre les cégétistes qui ont eu le malheur de bousculer un coupeur de tête patronal : une chose est de ne pas faire grève, une autre de briser la grève d’autrui et d’aller ensuite se présenter aux salariés comme celui qui a obtenu des concessions alors que le gouvernement a pris appui su vous pour casser le mouvement au prix de concessions anecdotiques…

 

Alors que l’adoption du projet Valls / Macron, El Khomri détruirait le Code du travail, annoncerait la casse du statut de la fonction publique et de ce fait, affaiblirait décisivement la capacité ultérieure de lutter et de faire grève des salariés français, la Commission Luttes et syndicalisme du PRCF appelle les communistes, les travailleurs conscients, les syndicalistes DIGNES DE CE NOM :

 

- A rejeter tout rapprochement des syndicats engagés dans l’action avec les directions nationales de la CFDT et de l’UNSA, ces cheval de Troie du patronat, de l’UE et du gouvernement. Bien entendu, nous ne confondons pas les états-majors syndicaux qui trahissent la classe ouvrière avec les militants de base et les adhérents sincères de la CFDTet de l'UNSA qui luttent à nos côtés.

 

- Appelle les travailleurs, les syndicats, les étudiants à construire en bas, dans les mobilisations, les conditions du «tous ensemble en même temps et jusqu’au bout», avec un vrai calendrier de luttes débouchant sur le blocage des profits patronaux, ce qui permettra de battre les sociaux-traitres au pouvoir et leurs collabos de la droite et des «syndicats » jaunes.»

 

D'UNE SEULE VOIX

31 MARS 2015

MANIFESTATION NATIONALE A PARIS

POUR LE RETRAIT TOTAL DE LA « LOI TRAVAIL » de

Valls – Macron – El Khomri - UE

 

PRCF – INFO LUTTES

N° 12 – SEMAINE DU 21 AU 27 MARS 2016

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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 18:45

25 mars 2016 Révolution

 

L'annonce du projet de loi Travail a suscité une hostilité immédiate et massive. A cela deux raisons fondamentales : 1) Cette loi est une offensive majeure contre les salaires et les conditions de travail de millions de personnes ; 2) Cette offensive intervient après des années de crise économique, de régression sociale et de contre-réformes. La coupe est pleine !

 

Face à la mobilisation des travailleurs, des lycéens et des étudiants, le gouvernement manie la carotte et le bâton : la carotte pour les dirigeants syndicaux (dégel du point d'indice des fonctionnaires, "concessions" à la CFDT), le bâton contre les jeunes (violences et provocations policières du 17 mars). Le gouvernement a très peur de la mobilisation des jeunes, parce qu'elle peut jouer un rôle important dans la radicalisation de l'ensemble des travailleurs. Toute l'histoire du mouvement ouvrier international en atteste - à commencer par la révolution de Mai 68, en France.

 

Lors de cette réunion publique, nous discuterons des perspectives pour le mouvement contre la loi Travail et des moyens de garantir sa victoire, à la lumière des grandes luttes passées : CPE, Mai 68...

 

Venez nombreux !

 

 

Mardi 29 mars à 18h

Maison des Initiatives Etudiantes - Salle du conseil, 2e étage
50 rue de Tournelles - Métro Bastille ou Chemin-Vert

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 23:58

Par le Parti de l’émancipation du peuple (ex-M’PEP).

Le 10 mars 2016.

Après la reddition d’Alexis Tsipras devant le système de Bruxelles, le Premier ministre grec qu’elle avait soutenu avec enthousiasme, la « gauche de la gauche » européenne s’agite en tous sens pour retrouver un peu de crédibilité. Mais comme elle reste farouchement opposée aux seules mesures qui permettraient de débloquer la situation – la lutte pour la sortie de l’euro et de l’Union européenne, c’est-à-dire la lutte contre l’ordre néolibéral mondial – elle en est réduite à des manœuvres de diversion. Il s’agit de faire semblant de s’opposer. Tout est alors question de rhétorique. Monsieur Laurent, du PCF, ne s’y essaye même plus, il a carrément rallié le PS sur ces questions et arbore à sa boutonnière une épinglette du drapeau européen ! Messieurs Mélenchon, Lafontaine, Varoufakis quant à eux rivalisent dans une surenchère verbeuse contre l’Union européenne. Mais ce n’est que du vent. L’essentiel – sortir de l’euro et de l’Union européenne – reste désespérément absent de leurs diatribes. Tel est leur nouvelle vocation : constituer le dernier rempart – avec l’extrême droite – de protection de l’Union européenne en entraînant les citoyens excédés par ce système dans des impasses.

C’est pourquoi nous publions avec son autorisation l’éditorial de Pierre Levy, rédacteur en chef de Ruptures, paru dans l’édition du 25 février 2016. Notre parti est en effet en accord complet avec son point de vue.

TRISTE TROPISME

« Il faut démocratiser l’Europe. Face au danger de retour en arrière chauvin vers le cocon illusoire des États-nations, convoquons une convention qui donnerait à celle-ci une véritable constitution d’ici 2025 ». Qui vient d’énoncer ces conseils aussi originaux que lumineux ? Jean-Claude Juncker ? Mario Draghi ? Angela Merkel ? Ou bien Valéry Giscard d’Estaing, dans un fulgurant retour sur la scène européenne ?

C’est en réalité Yanis Varoufakis qui propose ces perspectives d’avenir. L’ancien ministre grec des Finances, qui fut un temps présenté comme « à la gauche » d’Alexis Tsipras, a mis en scène sa réapparition, à Berlin, le 9 février. Avec un objectif : créer un mouvement transeuropéen porteur d’un « Plan B » (encore un – à ce stade, il s’agit au bas mot d’un plan T !) pour une « autre Europe ». De nombreux « intellectuels de gauche » issus de différents pays étaient venus participer au show de celui qui fut docker au port du Pirée, pardon, professeur d’économie à l’université de Sydney, puis conseiller (2004-2006) du chef du Pasok, George Papandréou.

Pour ce qu’on en sait, cette étrange initiative a laissé de marbre les agriculteurs grecs acculés (comme leurs collègues français), tout comme les sidérurgistes britanniques ou les chômeurs espagnols. Elle retient cependant l’attention pour deux raisons : le moment choisi, et l’état d’esprit d’une certaine « gauche de la gauche » qu’elle traduit.

Le moment ? Il est marqué par une conjonction de crises majeures qui plonge la plupart des dirigeants européens dans un désarroi profond. On a déjà cité ici le président de la Commission évoquant « le bord de l’abîme » ou Michel Barnier s’effrayant d’une possible « dislocation ». Tentent-ils d’imaginer « le pire » pour espérer mieux le conjurer ?

Toujours est-il que Le Monde (09/02/16) vient de consacrer une pleine page à ce début de panique. Sa correspondante à Bruxelles rapporte ainsi la « supplique » désespérée du président de l’euro-parlement en direction des médias : « il faut que vous nous aidiez à remobiliser le camp des Oui à l’Europe, on ne l’entend plus ». Et notre consœur de décrire les dirigeants européens comme « tétanisés par l’impopularité de ‘leur’ Union » : « quoi qu’ils disent, les opinions publiques ne suivent plus. Les référendums sur l’Europe se succèdent et se ressemblent : après les Non grec et danois en 2015, ce sont les Non néerlandais (en avril) et surtout britannique qu’ils redoutent. L’Europe libérale, démocratique, ouverte, plus personne ne semble vouloir l’ « acheter » ».

Elle poursuit en citant l’euro-fanatique Alain Lamassoure (LR) : « avouons qu’on est dans le pot au noir, l’heure est très grave ». Et se fait l’écho de différents diplomates dont l’un confie : « on a l’impression qu’il n’y a plus rien hormis les égoïsmes nationaux ». Pour un autre, « avant, à chaque crise, on se disait qu’on allait rebondir ; aujourd’hui, on est submergés ». Du reste, une réunion (sans précédent) des six « membres fondateurs » de l’ex-CEE a été fébrilement convoquée, qui a solennellement appelé à « renforcer la cohésion de l’UE »…

Crise des migrants, crise de l’euro, et maintenant perspective de Brexit : jamais les élites européennes n’auront été aussi chahutées. Bref, conclut la rédactrice du Monde : « les rêves fédéralistes ? Envolés ».

Envolés ? Pas pour tout le monde, apparemment, puisque quelques responsables politiques résistent encore et toujours… au rejet populaire de l’intégration communautaire. Pathétique : quand les familles fondatrices de « l’aventure européenne » (chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates) se désespèrent de leur propre impuissance, quand les peuples et les citoyens sont de plus en plus nombreux à comprendre la nocivité de l’Europe, c’est ladite (par antiphrase) « gauche de la gauche », ou du moins une partie d’entre elle, qui accourt et se présente en sauveuse de l’idée européenne – celle-là même qui a été inventée et mise en œuvre, six décennies durant, par les représentants des grands capitaux et autres multinationales…

Comme si un étrange et triste tropisme poussait certaines figures de la « gauche radicale » à se porter volontaire pour faire le sale boulot – le syndrome Tsipras, en quelque sorte, prêt à tous les renoncements pour peu que cela puisse préserver l’Europe.

Dans les salons bruxellois très privés, on sourit sans doute de cet attendrissant zèle des néophytes. Riez bien, messieurs. Car la suite pourrait vous être moins drôle.

Pierre Lévy

http://www.m-pep.org/La-diversion-des-plans-B-pour-eviter-d-aller-a-l-essentiel-la-necessite-de-la

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 21:58

 

15 mars 2016

Hubert Prévaud (CGT Toulouse)

La loi Travail présentée par la ministre El Khomri est une attaque sans précédent contre les salariés, comme nous le détaillons dans l’article ci-contre. A la veille du 51e Congrès de la CGT, du 18 au 22 avril, cette attaque est une véritable provocation de la part du gouvernement. Beaucoup se demandent pourquoi le gouvernement prend de tels risques – et pourquoi maintenant.

Tout d’abord, cette remise en cause profonde du Code du travail répond à une nécessité du point de vue des intérêts de la classe dirigeante. Dans le contexte d’une crise économique globale, la compétition devient de plus en plus rude pour gagner des parts de marché. Les capitalistes cherchent à accroître la compétitivité de leurs marchandises en réduisant la part de richesses qui revient aux salariés, dans la production. De plus, étant donnée la profondeur de cette crise, ils veulent pouvoir se débarrasser des salariés à moindres frais, le moment venu.

Mais il faut aussi replacer cette offensive dans le contexte de l’état d’urgence, qui a créé un climat dont le gouvernement pensait profiter pour intimider les salariés, en particulier après la lutte des travailleurs d’Air France, en octobre dernier. Etant donnée la relative passivité des directions syndicales au niveau national, le gouvernement s’est dit que le moment était bien choisi pour frapper. La faiblesse invite à l’agression.

Nouvelle direction, même stratégie

Depuis que Martinez a remplacé Lepaon à la tête de la CGT, le discours est devenu plus radical, reflétant une radicalisation à la base. Martinez a fait un tour de France pour rentrer en contact avec des centaines de bases syndicales. Il a avancé la revendication de la semaine de 32 heures. Mais au-delà du ton plus radical dans les discours, il faut reconnaître que la stratégie n’a pas vraiment changé. La direction confédérale reste trop conciliante avec le gouvernement.

En témoigne la timide réaction face à l’état d’urgence. Il aura fallu la réaction des bases syndicales – et notamment de structures départementales, comme l’UD 75 – pour que la direction modifie sa position et s’oppose à l’état d’urgence.

En témoigne aussi la relative passivité face aux attaques contre les salariés d’Air France et de Goodyear. La direction de la CGT aurait dû lancer une vaste campagne contre la criminalisation de l’activité syndicale, à l’échelle nationale, qui aurait sans doute mobilisé de nombreux secteurs.

La CGT justifie souvent cette passivité par la recherche de l’unité syndicale. Cela revient à chercher le plus petit dénominateur commun avec la CFDT, dont la direction est de plus en plus intégrée à l’appareil d’Etat. Cette stratégie du « syndicalisme rassemblé » est toujours promue, hélas.

Ces dernières années, la plupart des journées d’action ont été un échec complet – non seulement en termes d’impact sur la politique gouvernementale, mais aussi en termes de participation, car les travailleurs savent qu’elles ne mènent à rien. Par crainte de perdre leur statut de « partenaire social », mais aussi le contrôle d’une mobilisation, les dirigeants confédéraux ne veulent pas sérieusement préparer un mouvement de grève reconductible. Pourtant, beaucoup ont compris que les journées d’actions ne suffisent plus et qu’il faut des méthodes d’action plus radicales pour faire plier le gouvernement. Les conditions sont aujourd’hui favorables à ce type d’action.

Quel projet politique ?

En fait, même une grève générale reconductible ne sera pas suffisante pour régler les problèmes des travailleurs. La grève générale est une action défensive. Or il faut aussi passer à l’offensive. Le mouvement syndical doit avoir un projet, une perspective politique. Il y a un besoin vital de « repolitiser » la CGT. Il faut préparer les travailleurs à une transformation fondamentale de la société. Car contrairement à ce qu’on entend souvent, la direction de la CGT a bien un programme politique, même si elle ne le définit pas comme tel. Et le problème, c’est que ce programme se limite à des réformes dans le cadre du capitalisme, en attendant qu’une nouvelle et illusoire période de « 30 glorieuses » permette d’arracher des concessions au patronat. C’est pourtant sur cette question centrale que tout se joue. De ce côté, rien n’est prévu dans les documents du Congrès. La direction ne semble pas prête à aborder cette question.

Mais la question se posera, dans tous les cas, car la crise du capitalisme va s’aggraver, malheureusement, et poussera de plus plus de travailleurs à se mobiliser plus fortement. C’est une nécessité !

http://www.marxiste.org/actualite-francaise/luttes-mouvement-syndical/1966-la-cgt-a-la-veille-de-son-51e-congres

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 21:03

 

jeudi 17 mars 2016 par Bernard Giusti Secrétaire Général Adjoint

PROPOSITIONS D’AMENDEMENTS DE LA CGT COCHIN POUR LE 51E CONGRES CONFEDERAL

 

RAPPORT D’ACTIVITE
Préambule
« Les luttes, et notamment les grèves, ont largement été amoindries, voire stérilisées, par la fragmentation permanente des mobilisations. Les « grèves en saut de puce » ne font que démobiliser les travailleurs. Il est de la responsabilité de nos dirigeants, à tous les niveaux, de regrouper les mobilisations (arrêter de mobiliser une Fédération un jour, une autre le lendemain…) et notamment d’avoir recours à la grève générale reconductible pour lutter efficacement contre les assauts du capitalisme. Seule la paralysie du pays fera reculer les patrons et leurs sbires. »

 

II. LES ENJEUX DEMOCRATIQUES
d) La pratique démocratique dans la CGT
« Les luttes sur le terrain sont primordiales. Toute la place doit être laissée aux syndiqués dans les décisions de leur syndicat. Les CE de tous les syndicats sont souveraines et peuvent ou non accepter les propositions de leurs Unions Syndicales, de leur Fédération ou de la Confédération. »

 

LA CGT, UN SYNDICALISME DE RASSEMBLEMENT
b) Le rapport aux autres
« Le syndicalisme rassemblé a largement fait la preuve de son inefficacité et de sa nocivité pour les travailleurs. Le syndicalisme rassemblé en tant que rassemblement à tout prix et avec n’importe qui doit être abandonné.
Le regroupement des organisations de défense des travailleurs doit se faire autour de nos objectifs et de nos valeurs, et impérativement se situer dans un contexte de lutte des classes. L’unité syndicale ne doit en aucun cas entraîner un reniement de nos valeurs fondamentales. »
c) La CGT œuvre au rassemblement en Europe et dans le monde
« La CGT doit sortir de la CES et de la CSI et ré-adhérer à la FSM. La récente trahison de la CES à propos de la Grèce, et surtout des travailleurs grecs, est un des exemples de sa nocivité. La CES s’insère dans une conception réformiste incompatible avec nos valeurs fondamentales de lutte des classes et de changement de régime politique. La FSM, construite en 1945 avec la CGT, a gardé ses positions de lutte des classes. La ré-adhésion à la FSM situerait à nouveau nos luttes sur son véritable terrain, le capitalisme mondial. »

 

LA CGT, UN SYNDICALISME DE SYNDIQUES
d) Vie syndicale
« La réalité de la lutte des classes doit sans cesse être réaffirmée et reste le principe fondamental de l’action syndicale.
L’action syndicale trouve sa concrétisation et son efficacité sur le terrain, et ne saurait se confondre avec une multiplication de réunions ou de groupes de travail de décideurs institutionnels de la CGT. »

http://www.cgtcochin.fr/Amendements-proposes-par-la-CGT.html

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 20:40

Vincent Ferrier

Entretien avec

Valère Staraselski

 

Ce premier ouvrage de la collection « Portraits » des Editions de l’Ours Blanc est consacré à l’écrivain Valère Staraselski. Il se compose de deux parties : un entretien avec Vincent Ferrier et une recension d’articles sur les principaux livres, romans, nouvelles, essais de Staraselski, qui font écho aux propos de l’écrivain. Car ce portrait, qui dessine la personnalité singulière de l’auteur de L’Homme inutile et d’Une Histoire française, s’élabore surtout à partir de l’analyse des thèmes et des idées que l’on retrouve dans l’œuvre.

Quelques réponses aux questions initiales de Vincent Ferrier, plantent les bases autobiographiques du parcours de l’écrivain : l’enfance, le milieu social d’origine, l’ancrage dans la culture populaire ; et surtout la lecture comme apprentissage de la liberté, comme outil de connaissance et comme moteur du désir et d’ouverture sur la possibilité de créer sa propre vie. Ces éléments biographiques, plus suggérés que narrés, sont livrés avec une certaine pudeur. Ceux qui connaissent Valère, ses proches ou ses amis, ne manqueront pas de faire le lien avec des événements de sa vie personnelle lorsqu’il évoque l’abandon, le rapport au père, la maladie de la mère ou la perte de la femme aimée.

Né un 18 janvier 1957 à Créteil, Staraseslki grandit dans une famille modeste qui n’est pas la sienne et très jeune, dès l’âge de 15 ans doit travailler tout en menant à bien des études qui le conduiront jusqu’à une licence d’Histoire et un doctorat de Lettres. Animé très vite d’un désir d’autonomie et d’émancipation - il veut devenir écrivain – Valère Staraselski occupe des emplois variés : aide-électricien, serveur, agent hospitalier, documentaliste attaché parlementaire au Sénat, chargé de cours à l’Université. Dans le long chemin qui le conduit à l’atteinte de son idéal et à une certaine ascension sociale, il reste cependant fidèle aux valeurs de la classe populaire dont il est issu : rigueur, sens du devoir, solidarité, goût et respect du travail. Ces valeurs fondent sa démarche d’écrivain, essais, nouvelles et romans, et participent de son engagement politique personnel auprès du Parti Communiste Français. Pour lui la création littéraire n’est pas séparée de la vie sociale, politique, de la réalité – parce que « le réel, c’est d’abord les autres » - et aussi de l’Histoire dont la mise en perspective des événements possède la capacité d’éclairer le présent.

Grand lecteur, féru de littérature, Staraselski nourrit aussi son œuvre de deux autres sources : la littérature elle-même, classique et contemporaine, et la réflexion sur la dialectique entre réalité et fiction, imagination et vérité, qu’illustre notamment le fameux concept de « mentir vrai » d’Aragon. Aragon, dont il est un des meilleurs spécialistes français, et auquel il a consacré une thèse et plusieurs essais. Mais pour lui la littérature semble être en priorité un outil d’émancipation et de connaissance pour soi-même - « L’écriture, que je lise ou que j’écrive, me sert à me situer dans le monde que je dois comprendre. » - et pour les autres, car « l’œuvre de l’artiste participe de la connaissance du monde. Et donc de sa création. » Et il cite Baudelaire qui se référant lui-même à Kant écrit « L’imagination est la reine du vrai. »

 

Les questions pertinentes de Vincent Ferrier conduisent au cours de l’entretien à l’exploration de différents thèmes qui font partie intégrante de l’œuvre de l’écrivain, parmi lesquels la fonction de la littérature et de l’art, le concept de nation, l’altruisme, le christianisme, l’amour, le communisme.

Ces thèmes sont illustrés par des références littéraires où sont convoqués de nombreux écrivains classiques et contemporains, Balzac, Proust, Zweig, Virginia Woolf Pierre Drachline, Panaït Istrati, Pasolini, Jean Grosjean, Bernard Giusti. L’échange fructueux avec Vincent Ferrier fait émerger progressivement la singularité de l’écrivain Valère Staraseslki.

Quelques exemples : en citant Oppeiheimer - « Les convergences entre Chrétiens et communistes sont plus fortes que les divergences, les démocraties sont nées dans le monde judéo-chrétien » - Staraselski défend cette idée que le Marxisme et le Communisme ont puisé leurs sources, en ce qu’ils ont de meilleur pour l’homme, dans le Christianisme. (On songe au film de Pasolini L’Evangile selon Saint Mathieu où l’on voit Jésus tel un communiste militant chasser sans ménagement les marchands du temple.)

Un autre trait de l’homme et de l’écrivain, à l’heure où la gauche française porteuse de désillusions semble décourager les militants les plus motivés, c’est la fidélité, aux idées, aux convictions, aux engagements de sa jeunesse, et à l’idéal de servir plutôt que de faire carrière. « Et de servir avec, à partir de la seule organisation, structure ouverte et accueillante alors pour les gens comme moi qui venaient des couches populaires : le Parti Communiste. Et cela, en dépit de la lucidité sur les inconséquences actuelles de la gauche, car, comme le dit Vincent Ferrier, « la résignation est le début du consentement. » Scott Fitzgerald, qui d’après ce que l’on sait, n’était pas communiste, écrivait dans la Félure : « On devrait par exemple pouvoir comprendre que les choses sont sans espoir, et cependant être décidé à tout faire pour les changer. » Voilà qui pourrait résumer la posture de Staraselski, à ceci près que lui na pas perdu l’espoir. Ce sens de la solidarité, porté par l’idéal communiste, conduit à l’altruisme indispensable qui, pour nous faire exister pleinement, doit faire passer les autres avant nous-mêmes. Virginia Woolf, dans Les Vagues, exprime cette idée : « « Je ne crois pas à la valeur des existences séparées. Aucun de nous est complet en lui seul. » Une existence séparée, inconcevable sans l’autre par excellence : la Femme. Car rappelle-t-il, en référence à la chanson de Piaf : « … sans amour, je ne suis rien. Mais alors-là, que dalle ! Un poisson qui s’asphyxie sur la rive. »

Une dernière idée, puisée dans ce riche entretien : « Pour écrire, il faut aimer le travail. » A méditer.

Un ouvrage qui invite fortement à lire ou à relire les romans et nouvelles de Valère Staraselski mais aussi ceux des nombreux auteurs qu’il cite, en véritable passeur de littérature.

 

Christian Rome

 

http://assocloursblanc.over-blog.com/2016/03/un-article-de-christian-rome-sur-entretien-avec-valere-staraselski.html

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