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Bandiera rossa
BELLA CIAO
La Butte Rouge

 

 

La Carmagnole

 

 

Sur la commune / Serge Utgé Royo  

 

 

La Commune / Jean Ferrat

 

 

La Oommune est en lutte / Serge Utgé Royo 

 

 

Déserteur / Boris Vian
 

 

Cloire au 17e / Montéhus

 

 

L'Internationale / Choeur du Bolchoï

 

Sur la route / Gaston Couté

 

 

Ah ! les salauds ! / Aristide Bruant

 

 

Le temps des cerises / Jean Lumière 

6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 21:20

Vendredi 4 novembre 2011

Une femme sans domicile fixe a mis au monde une petite fille dans les rues de Paris ce mercredi 2 novembre. Le décès de son bébé a été constaté malgré l’intervention des pompiers et du Samu.

Selon le collectif Les Morts de la Rue, le couple vivait depuis peu sous une tente dans le 14e arrondissement. Selon des éléments recueillis à la mairie de Paris, la mère est âgée de 38 ans, le père de 39 ans. On ignore si l’enfant était mort-né.

Cet événement dramatique met en lumière la politique insensée du gouvernement et de M. Benoist Apparu, ministre du Logement. Le logement d’urgence est dans une impasse. La démission de Xavier Emmanuelli de la présidence du Samu social est le symbole du désengagement de l’État. Le logement social peine plus que jamais à répondre à la demande toujours croissante. Le silence de l’État est assourdissant, alors que selon la fondation abbé Pierre, il y a 500.000 familles en situation d’impayé de loyers en France, que plus de 100.000 expulsions ont été demandées avant la trêve hivernale qui a commencé le 1er novembre. La situation de nombreuses familles touchées par la crise avec la multiplication des licenciements et des contrats précaires laisse augurer des heures sombres le 15 mars 2012, c’est-à-dire la fin de la trêve hivernale pour les expulsions.

Il est plus qu’urgent d’agir contre l’augmentation des loyers, la fin des expulsions sans relogement, et l’abandon de milliers de personnes contraintes à vivre dans la rue.

L’UFAL demande au gouvernement de prendre ses responsabilités :

·       En rétablissant les crédits aux associations travaillant sur le logement d’urgence.

·       En réquisitionnant les logements vides depuis plusieurs années comme le permet l’ordonnance n° 45-2394 du 11 octobre 1945, codifiée dans l’article L.641-1 du code de la construction et de l’habitation.

·       En décrétant un montant maximum de loyer au mètre carré par zone permettant à chacun de se loger à des prix abordables. Nous proposons un maximum de 20 € le m² à Paris, 16 € dans la première couronne et 12 € dans la deuxième couronne.

par l'UFAL
Union des FAmilles laïques
http://www.ufal.org

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 21:07

Le piège est en place.

Pour imposer leur politique antisociale expérimentée en Grèce à tous les pays européens (plans de rigueur en place et en préparation en Espagne, Italie, Portugal, France, Irlande, Grande-Bretagne…), ils manient bien sûr le chantage à la dette (alors qu’ils ont eux-mêmes créé cette dette pour enrichir les grandes compagnies financières et se gaver de profits mirobolants, ils osent dire aux peuples condamnés depuis des années qu’ils ont trop dépensé !). Mais ils ont aussi besoin que les travailleurs et les peuples soient désorientés par ceux qui prétendent défendre leurs intérêts.

 

Depuis des années, les forces dites syndicales financées directement par les Etats-Unis et l’Union Européenne travaillent ainsi à détourner la colère populaire vers des mots d’ordre compatibles avec l’intérêt des grands capitalistes. Ces agents de la bourgeoisie au sein du monde ouvrier viennent de franchir une nouvelle étape lors de G20 de Cannes.

 

Ils avaient déjà, par la voix de la Confédération Européenne des Syndicats, rappelé le 2 novembre leur soutien inconditionnel à l’UE et remercié Sarkozy et Merkel pour leur action ( !). Ils ont récidivé et réalisent leur rêve de cogestion du capitalisme avec la déclaration commune du Labour 20 (L20, en réalité la CSI et la CES) et du Business 20 (B20) reprise en partie par la déclaration finale du G20. On comprend donc bien pourquoi Mme Parisot , la présidente du MEDEF déclare à qui veut l'entendre : « nous sommes prêts à travailler main dans la main avec les syndicats ».

 

Sous couvert d’une formule sur la nécessité d’un « socle de protection sociale » (formule suffisamment floue et sans traduction concrète pour que le grand patronat y consente), ceux qui se proclament représentants des travailleurs espèrent donner un sérieux coup de pouce aux dirigeants en difficulté du G20, au FMI et à l’UE en évoquant la nécessité que les  populations ne perdent pas confiance dans "l’économie mondiale", c'est-à-dire dans le capitalisme!

 

Dans la période actuelle de reculs sans précédent pour le monde du travail, Chérèque (comme Mailly) se réjouissait dès le 2 novembre d’une telle « avancée » : "Si nous arrivons dans la déclaration finale du G20 à ce que ces sujets soient repris de façon claire, je crois qu'on aura fait une avancée qui n'a jamais été faite au niveau international, c'est très positif". Quant à B. Thibault,refusant de participer au G20 à Cannes, il ne dépare pourtant pas dans le paysage officiel de cette réunion bunkerisée. Comment interpréter autrement sa déclaration : "Je ne me prêterai pas à cet exerciceen laissant à la délégation syndicale de la CSI le soin de porter les revendications communes à l’ensemble du mouvement syndical international et que nous partageons."?

 

Pouvoir se réclamer ainsi de la collaboration de classe et en venir à l’union sacrée capital/travail pour sauver « l’économie mondiale », alors que les peuples sont saignés à blanc et qu’Angela Merkel annonce maintenant 10 ans de rigueur à venir, en dit long sur ces dirigeants qui se compromettent et se corrompent chaque jour davantage !

 

Le système capitaliste en crise ne peut plus se survivre qu’en dégradant en permanence les conditions de vie du peuple, qu’en revenant sur tous les acquis sociaux et démocratiques arrachés par les luttes.

 

Mais à la base, les travailleurs ne l’entendent pas de cette oreille. Dans ce contexte, les luttes vont se développer, comme en Grèce, comme au Portugal ou une grève générale est annoncée pour le 24 novembre pour dire non au racket des banksters et à la dette, non à l’étranglement des peuples.

 

C’est en les portant par un syndicalisme qui mène consciemment la lutte de classe et pose la nécessité de changer de pouvoir et de société que les travailleurs montreront tous ensemble en même temps que l’avenir n’est pas le sang et le fer promis par les grands banquiers, les grands industriels et tous leurs larbins.

 

Le Front Syndical de Classe, le 6 novembre 2011

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 21:03

Tribune des lecteurs

 

Rien de concret n’est sorti de ce sommet en pleine crise grecque (référendum abandonné, confiance du parlement à Papandréou) et italienne (sous contrôle du FMI). Sauf des mouvements de menton de qui vous savez, destinés à la galerie et plus particulièrement à l’électorat français.

 

Il paradait au 20 heures, aux côtés du chef de la plus grande puissance économique de la planète a-t-il tenu à souligner (la plus endettée aussi, ça il ne l’a pas dit), aussi crispé qu’Obama paraissait détendu, soucieux de son temps de parole et de montrer sa détermination à sauver l’Europe et le monde… Il est dans la cour des Grands, il tient à ce que ça se sache, ce sera même son principal argument de campagne à n’en pas douter.

Du volontarisme à revendre, nul ne conteste son hyper activité, des mesures concrètes… on verra plus tard. Passons le cap grec.

Il a été prudent, tout de même, se gardant de considérer que la crise était derrière nous. On ne l’aurait pas cru !

 

Lors de cette dernière séance notre magicien, pourfendeur de banquiers véreux et de paradis fiscaux qui n’ont toujours pas disparu, a fait un grand numéro dans la foulée du discours de Toulon, en octobre 2007 : il allait mettre bon ordre à leurs dérives. On a vu avec quel succès.

Il se battra pour qu’une taxe sur les transactions financières soit mise en place en Europe, en 2012, simple coïncidence. Qu’on se le dise !

Comme en écho aux alter mondialistes réunis à Nice, qui ont fait entendre une autre explication de la crise, de ceux qui la payent, pas de ceux qui en profitent, il a voulu montrer qu’il n’était pas en reste en matière de promesses… Il n’est pas entré dans le détail, juste pour nous dire qu’il y pense mais qu’il n’est pas tout seul. En Europe, il n’a pu citer que l’Allemagne et l’Espagne pour envisager une telle mesure.

Au G20 il n’a été question que de « faire en sorte que des ressources supplémentaires puissent être mobilisées rapidement… » On ne peut être plus vague.

 

Ce n’était pas le seul effet d’annonce à visée électorale. Il a eu cette phrase superbe : « Nous considérons moralement comme absolument indispensable que les peuples du monde sachent que les acteurs financiers qui ont conduit le monde dans les travers que nous connaissons, seront amenés à contribuer financièrement à la réparation des dégâts qui ont été créés. »

Il faudra s’en souvenir. Mais enfin il y a comme un aveu que les dégâts causés à l’économie mondiale, avec leurs conséquences sociales, donc humaines, sont le fait des acteurs financiers.

Il entend la colère de tous les indignés dans le monde : d’Athènes à Wall Street. Il essaie de la désamorcer.

Cela ne l’a pas pour autant conduit à envisager de changer les règles (et pour cause ?) qui ont donné à ces acteurs toute latitude pour agir dans le seul intérêt de leurs actionnaires. Le G20 a juste épinglé 29 banques « qu’on va renforcer et surveiller »… Un petit coup de baguette sur les doigts pour calmer l’opinion publique et la préparer à quelques faillites spectaculaires dont Dexia vient de donner un avant-goût.

 

On continuera à faire payer l’addition aux peuples, en agitant le hochet d’une taxe dont il n’a même pas précisé le taux et les modalités. Il parle juste d’ouvrir un débat en 2012 pour envisager un petit prélèvement… éventuel. C’est la solidarité pour sauver les banques qui ont joué et perdu l’argent qui leur était confié ou qu’elles n’avaient même pas, selon les risques qu’elles prenaient ! Rien de changé.

Il n’envisage pas de toucher à l’essentiel : le pouvoir de la finance, le type même de système économique productiviste, inégalitaire et destructeur de notre environnement, ce libéralisme qu’il nous « vend » toujours comme le meilleur des systèmes.

Que les actionnaires et autres profiteurs se partagent les fruits du travail salarié, les ressources d’autres peuples et qu’en plus ils arrondissent leurs fins de mois en jouant en bourse, ne lui pose, moralement, aucun problème ! Leur réussite sociale n’est due qu’à leur esprit d’entreprise, à leur sens des affaires ? C’est bien connu.

C’est d’ailleurs pourquoi ils s’accrochent au pouvoir politique qui leur permet de pérenniser le système, du moins tant que les victimes ne verront pas – ou ne croiront pas - en une autre perspective possible qui dépendra de la force de leurs exigences sociales et démocratiques, de leur aspiration à une véritable transformation de la société,  de leur engagement pour la construire, bref, de leurs luttes comme de leur vote.

 

René Fredon

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 21:02

Tout ça pour ça  ! Avec l’annonce d’un référendum grec pour ou contre le plan européen du 26 octobre, le Premier ministre grec avait réussi à faire trembler les oligarques européens et les marchés financiers. Mais tout cela n’était qu’une manœuvre politique pitoyable pour permettre à Papandréou d’obtenir dans la nuit du 4 au 5 novembre un vote de confiance d’un Parlement totalement coupé du peuple grec et, sans doute, de quitter la scène politique en laissant derrière lui un « gouvernement de coalition » regroupant le Pasok (le Parti socialiste grec), quelques formations de droite et une formation d’extrême-droite.

L’actuel ministre des finances et peut-être futur Premier ministre concluait cette mascarade en allant à ce qui était pour lui était l’essentiel : « Le gouvernement de coalition élargi qui doit être formé devra préserver la crédibilité internationale et assurer le versement rapide de 30 milliards d’euros pour recapitaliser les banques grecques ».

Il est cependant possible, en se plaçant du point de vue des peuples européens, de tirer au moins deux leçons de cette pantalonnade.

1. Dans un référendum la question posée est déterminante

« Oui ou non au plan européen du 26 octobre »

Au début de son psychodrame, c’est la question que Papandréou affirmait vouloir poser au peuple grec.

Cette question transformait la consultation en référendum pour ou contre l’austérité. Mais la réponse négative qui avait toutes les chances de l’emporter ne permettait pas au peuple grec de sortir de l’ornière. La Grèce aurait toujours eu sa dette publique à rembourser et serait resté écrasée sous le poids des intérêts de cette dette comme du remboursement du capital.

« Oui ou non à la zone euro »

Merkel et Sarkozy, tout en « réaffirmant leur profond respect pour le peuple grec » qu’ils écrasent sous le poids de leurs plans d’austérité, ont « convoqué » Papandréou pour lui imposer la date du référendum (décembre et non janvier) et la question posée : « Oui ou non à la zone euro ».

Il n’y avait pourtant aucun lien entre le fait de refuser l’accord du 26 octobre et l’appartenance à la zone euro. Le même Sarkozy qui fulminait : « Quand nous fixons une règle, elle doit être respectée » oubliait la règle qu’il avait fait adopter à la hussarde : le traité de Lisbonne. Car, comme le rappelait la Commission européenne, ce traité ne permet pas qu’un pays puisse quitter l’euro.

Cette question, quelle que soit la réponse apportée, aurait été très mauvaise pour le peuple grec. Si le oui l’avait emporté, cela aurait été aussitôt interprété comme une acceptation de la politique d’austérité. Si le non l’avait emporté, cela signifiait la sortie de l’euro (malgré le traité de Lisbonne), le retour à la drachme, la dévaluation et le remboursement de la dette en drachmes dévaluées qui aurait fini de ruiner l’économie grecque.

« La dette publique grecque est-elle légitime ? »

La seule question qui aurait pu être posée par un dirigeant de gauche, défendant son peuple contre la finance, était celle de la légitimité de la dette

Ce référendum aurait dû être précédé d’un audit parlementaire et citoyen de la dette publique afin d’en analyser en détail les caractéristiques et l’origine et permettre de décider de sa légitimité.

La dette issue de la dictature des colonels est-elle légitime ?

La part de la dette qui trouve son origine dans le régime de faveur accordé par la constitution de 1975 aux armateurs grecs à qui elle accorde une immunité interdisant de les soumettre à un quelconque contrôle fiscal et rendant impossible la vérification de leurs comptes est-elle légitime ?

La part de la dette issue de l’exonération de tout impôt (jusqu’en 1970) de la richissime Église orthodoxe grecque est-elle légitime ? La réaction de l’évêque Théoklitos de Ioannina « L’Église de Grèce contribue à l’État lorsque celui-ci fonctionne. Sinon, il n’y a aucune raison de le faire » suffit-elle à rendre cette dette légitime ?

La dette qui trouve son origine dans le non-paiement de leurs impôts par 6 000 entreprises, (chacune étant redevable de plus de 150 000 euros à l’État) pour un total de 30 milliards d’euros et dont le gouvernement avait publié la liste sur Internet est-elle légitime ?

La dette qui trouve son origine dans la multiplication par 20 (pour atteindre 20 milliards), du coût initial des Jeux olympiques d’Athènes est-elle légitime ?

La dette provenant du coût de dépenses militaires représentant 4,5 % du PIB (le plus élevé de l’Union européenne en pourcentage du PIB) et qui n’a subi aucune diminution des achats de matériel, malgré la crise de la dette, pour préserver les intérêts des Thyssen-Krupp et autre Dassault est-elle légitime ?

La dette issue du coût des plans de sauvetage des banques grecques et européennes, baptisée « plan d’aide à la Grèce » est-elle légitime ?

L’augmentation de la dette publique due à la récession dans laquelle les plans d’austérité imposés par le FMI et l’Union européenne ont plongé l’économie grecque est-elle légitime ?

2. L’idée du référendum a été semée

Il restera de la mascarade orchestrée par Papandréou une idée force qui s’est inscrite dans la conscience de nombreux citoyens des pays de l’Union européen : celle que la démocratie, la consultation du peuple pouvait faire trembler les marchés, les oligarques européens et qu’il était donc possible de leur tenir tête.

Quand je dois 1 000 euros à mon banquier, c’est lui qui me tient. Si je lui dois 1 milliard d’euros, c’est moi qui le tiens. Or les dettes publiques européennes représentent plusieurs milliers de milliards d’euros. Ce n’est pas la finance qui nous tient, c’est nous qui la tenons. Encore faut-il le savoir et utiliser ce savoir.

Un gouvernement de gauche qui organiserait un audit de sa dette publique puis un référendum pour que le peuple décide de la dette publique qui est légitime et de celle qui ne l’est pas renverserait le rapport de forces. Ses créanciers seraient prêts à toutes les concessions pour récupérer au moins une petite partie de leurs créances. Comme en Argentine en 2001 ou en Russie en 1998. La réaction des oligarques européens et des marchés financiers à la simple annonce d’un référendum en Grèce vient de nous en fournir une nouvelle preuve.

 

  www.democratie-socialisme.org

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 21:00

de : Serge Halimi

dimanche 6 novembre 2011 - 01h02

 

Alors que le capitalisme connaît sa crise la plus sérieuse depuis celle des années 1930, les principaux partis de gauche semblent muets, embarrassés. Au mieux, ils promettent de ravauder le système. Plus souvent, ils cherchent à prouver leur sens des responsabilités en recommandant eux aussi une purge libérale. Combien de temps ce jeu politique verrouillé peut-il durer alors qu’enflent les colères sociales ?

Les Américains qui manifestent contre Wall Street protestent aussi contre ses relais au sein du Parti démocrate et à la Maison Blanche. Ils ignorent sans doute que les socialistes français continuent d’invoquer l’exemple de M. Barack Obama. Contrairement à M. Nicolas Sarkozy, le président des Etats-Unis aurait su selon eux agir contre les banques. S’agit-il seulement d’une méprise ? Qui ne veut pas (ou ne peut pas) s’attaquer aux piliers de l’ordre libéral (financiarisation, mondialisation des flux de capitaux et de marchandises) est tenté de personnaliser la catastrophe, d’imputer la crise du capitalisme aux erreurs de conception ou de gestion de son adversaire intérieur. En France, la faute incombera à « Sarkozy », en Italie, à « Berlusconi », en Allemagne, à « Merkel ». Fort bien, mais ailleurs ? Ailleurs et pas seulement aux Etats-Unis, des dirigeants politiques longtemps présentés comme des références par la gauche modérée affrontent eux aussi des cortèges indignés. En Grèce, M. Georges Papandréou, président de l’Internationale socialiste, met en œuvre une politique d’austérité draconienne qui combine privatisations massives, suppressions d’emplois dans la fonction publique et abandon de la souveraineté de son pays en matière économique et sociale à une « troïka » ultralibérale (1). Les gouvernements d’Espagne, du Portugal ou de Slovénie rappellent également que le terme de gauche s’est à ce point déprécié qu’on ne l’associe plus à un contenu politique particulier.

Un des meilleurs procureurs de l’impasse de la social-démocratie européenne se trouve être le porte-parole... du Parti socialiste (PS) français. « Au sein de l’Union européenne, relève M. Benoît Hamon dans son dernier livre, le Parti socialiste européen (PSE) est historiquement associé, par le compromis qui le lie à la démocratie chrétienne, à la stratégie de libéralisation du marché intérieur et à ses conséquences sur les droits sociaux et les services publics. Ce sont des gouvernements socialistes qui ont négocié les plans d’austérité voulus par l’Union européenne et le Fonds monétaire international [FMI]. En Espagne, au Portugal et en Grèce bien sûr, la contestation des plans d’austérité prend pour cible le FMI et la Commission européenne, mais aussi les gouvernements socialistes nationaux. (…) Une partie de la gauche européenne ne conteste plus qu’il faille, à l’instar de la droite européenne, sacrifier l’Etat-providence pour rétablir l’équilibre budgétaire et flatter les marchés. (…) Nous avons été en plusieurs lieux du globe un obstacle à la marche du progrès. Je ne m’y résigne pas (2). » 
D’autres jugent en revanche cette transformation irréversible car elle aurait pour origines l’embourgeoisement des socialistes européens et leur éloignement du monde ouvrier.

Bien que lui-même plutôt modéré, le Parti des travailleurs (PT) brésilien estime que la gauche latino-américaine doit prendre la relève de celle du Vieux Continent, trop capitaliste, trop atlantiste, et donc de moins en moins légitime quand elle prétend défendre les intérêts populaires : « Il y a aujourd’hui un déplacement géographique de la direction idéologique de la gauche dans le monde, indiquait en septembre dernier un document préparatoire au congrès du PT. Dans ce contexte, l’Amérique du Sud se distingue. (...) La gauche des pays européens, qui a tant influencé la gauche dans le monde depuis le XIXe siècle, n’a pas réussi à apporter les réponses adéquates à la crise et semble capituler face à la domination du néolibéralisme (3). » Le déclin de l’Europe, c’est peut-être aussi le crépuscule de l’influence idéologique du continent qui avait vu naître syndicalisme, socialisme et communisme — et qui paraît plus volontiers que d’autres se résigner à leur effacement.

La partie est-elle perdue pour autant ? Les électeurs et militants de gauche qui s’attachent à des contenus plutôt qu’à des labels factices peuvent-ils espérer, y compris dans les pays occidentaux, combattre la droite avec des camarades conquis par le libéralisme mais toujours électoralement hégémoniques ? Le ballet est en effet devenu rituel : la gauche réformiste se distingue des conservateurs le temps d’une campagne par un effet d’optique. Puis, lorsque l’occasion lui est donnée, elle s’emploie à gouverner comme ses adversaires, à ne pas déranger l’ordre économique, à protéger l’argenterie des gens du château.

La transformation sociale dont la plupart des candidats de gauche à l’exercice des responsabilités gouvernementales proclament la nécessité, voire l’urgence, requiert bien évidemment qu’ils y voient davantage qu’une rhétorique électorale. Mais aussi... qu’ils accèdent au pouvoir. Et c’est sur ce point précis que la gauche modérée fait la leçon aux « radicaux » et aux autres « indignés ». Elle n’attend pas, elle, le « grand soir » (lire « Il y a un siècle aux Etats-Unis, un débat fondateur ») ; elle ne rêve pas non plus de se blottir dans une contre-société isolée des impuretés du monde et peuplée d’êtres exceptionnels (lire « Des gens formidables... »). Pour reprendre des termes employés il y a cinq ans par M. François Hollande, elle ne veut pas « bloquer, plutôt que faire. Freiner, plutôt qu’agir. Résister, plutôt que conquérir ». Et elle estime que « ne pas battre la droite, c’est la garder, donc la choisir (4) ». La gauche radicale, en revanche, préfère selon lui « enfourcher n’importe quelle colère » plutôt que faire « le choix du réalisme (5) ».

Or la gauche de gouvernement, c’est son atout maître, dispose « ici et maintenant » de troupes électorales et de cadres impatients qui lui permettraient d’assurer la relève. « Battre la droite » ne tient cependant pas lieu de programme ou de perspective. Une fois les élections remportées, les structures en place — nationales, européennes, internationales — risquent de faire barrage à la volonté de changement exprimée pendant la campagne. Aux Etats-Unis, M. Obama a pu ainsi prétendre que des lobbies industriels et l’obstruction parlementaire des républicains avaient sapé un volontarisme et un optimisme (« Yes, we can ») pourtant entérinés par une large majorité populaire.

Ailleurs, des gouvernants de gauche se sont excusés de leur prudence ou de leur pusillanimité en invoquant des « contraintes », un « héritage » (l’absence de compétitivité internationale du secteur productif, le niveau de la dette, etc.) qui avaient entamé leur marge de manœuvre. « Notre vie publique est dominée par une étrange dichotomie, analysait déjà M. Lionel Jospin en 1992. D’un côté, on reproche au pouvoir [socialiste] le chômage, le mal des banlieues, les frustrations sociales, l’extrémisme de droite, la désespérance de la gauche. De l’autre, on le somme de ne pas se départir d’une politique économique financière qui rend très difficile le traitement de ce que l’on dénonce (6). » Vingt ans plus tard, la formulation de cette contradiction n’a pas pris une ride.

Les socialistes avancent qu’une défaite électorale de la gauche déclenche en général la mise en œuvre par la droite d’un arsenal de « réformes » libérales — privatisations, réduction des droits des syndicats, amputation des recettes publiques — qui détruiront les outils éventuels d’une autre politique. D’où le « vote utile » en leur faveur. Mais leur défaite peut aussi comporter des vertus pédagogiques. M. Hamon concède par exemple qu’en Allemagne « le résultat des élections législatives [de septembre 2009], qui a valu au SPD son plus mauvais score [23 % des suffrages] depuis un siècle, a convaincu sa direction du changement nécessaire d’orientation (7) ».

Les socialistes grecs se félicitent d’avoir agi plus vite que Mme Margaret Thatcher...

Un « rétablissement doctrinal » d’une ampleur tout aussi modeste est intervenu en France après la déroute législative des socialistes en 1993, au Royaume-Uni après la victoire de 2010 du Parti conservateur. Et sans doute constatera-t-on bientôt un cas de figure identique en Espagne et en Grèce, tant il paraît improbable que les gouvernants socialistes de ces pays imputent leur prochaine défaite à une politique exagérément révolutionnaire... Pour plaider la cause de M. Papandréou, la députée socialiste grecque Elena Panaritis a même osé recourir à une référence renversante : « Il a fallu onze ans à Margaret Thatcher pour mener à bien ses réformes dans un pays qui avait des problèmes structurels moins importants. Notre programme a été mis en place il y a seulement quatorze mois (8) ! » En résumé, « Papandréou, mieux que Thatcher ! » Sortir de cette nasse requiert de dresser la liste des conditions préalables à la mise au pas de la mondialisation financière. Cependant, un problème surgit aussitôt : compte tenu de l’abondance et de la sophistication des dispositifs qui ont enchâssé depuis trente ans le développement économique des Etats dans la spéculation capitaliste, même un programme relativement bonasse de réformes (moindre injustice fiscale, progression modérée du pouvoir d’achat des salaires, maintien du budget de l’éducation, etc.) impose dorénavant un nombre significatif de ruptures. Ruptures avec l’actuel ordre européen, mais aussi avec les politiques auxquelles les socialistes se sont ralliés (9).

Faute, par exemple, d’une remise en cause de l’« indépendance » de la BCE (les traités européens ont garanti que sa politique monétariste échapperait à tout contrôle démocratique), faute d’un assouplissement du pacte de stabilité et de croissance (qui, en période de crise, asphyxie une stratégie volontariste de lutte contre le chômage), faute de la dénonciation de l’alliance entre libéraux et sociaux-démocrates au Parlement européen (qui a conduit ces derniers à soutenir la candidature de M. Mario Draghi, ancien banquier de Goldman Sachs, à la tête de la BCE), sans même parler du libre-échange (la doctrine de la Commission européenne), d’un audit de la dette publique (afin de ne pas rembourser les spéculateurs qui ont parié contre les pays les plus faibles de la zone euro) ; faute de tout cela, la partie serait d’emblée mal engagée.

Et même perdue d’avance. Rien ne permet en effet de croire que MM. Hollande en France, Sigmar Gabriel en Allemagne ou Edward Miliband au Royaume-Uni réussiraient là où MM. Obama, José Luis Zapatero et Papandréou ont déjà échoué. Imaginer qu’« une alliance qui fasse de l’union politique de l’Europe le cœur de son projet » assure, comme l’espère M. Massimo D’Alema en Italie, « la renaissance du progressisme (10) » s’apparente (au mieux) à un rêve éveillé. En l’état des forces politiques et sociales, une Europe fédérale ne pourrait que verrouiller davantage des dispositifs libéraux déjà asphyxiants et déposséder un peu plus les peuples de leur souveraineté en confiant le pouvoir à des instances technocratiques opaques. La monnaie et le commerce ne sont-ils pas d’ailleurs des domaines déjà « fédéralisés » ?

Toutefois, tant que les partis de gauche modérés continueront de représenter la majorité de l’électorat progressiste — que ce soit par adhésion à leur projet ou par sentiment que celui-ci constitue la seule perspective pour une alternance rapprochée —, les formations politiques plus radicales (ou les écologistes) se retrouveront condamnées au rôle de figurants, de force d’appoint, de mouches du coche. Même avec 15 % des suffrages, quarante-quatre députés, quatre ministres et une organisation rassemblant des centaines de milliers d’adhérents, le Parti communiste français (PCF) n’a jamais pesé entre 1981 et 1984 dans la définition des politiques économiques et financières de François Mitterrand. Le naufrage de Refondation communiste en Italie, prisonnier de son alliance avec des partis de centre gauche, ne constitue pas un précédent plus exaltant. Il s’agissait alors, on s’en souvient, de prévenir à tout prix le retour au pouvoir de M. Silvio Berlusconi. Lequel est intervenu quand même, mais plus tard.

Le Front de gauche (auquel appartient le PCF) veut contredire de tels augures. En faisant pression sur le PS, il espère le voir échapper à « ses atavismes ». A priori, le pari paraît illusoire, voire désespéré. Toutefois, s’il intègre d’autres données que le rapport de forces électoral et les contraintes institutionnelles, il peut se prévaloir de précédents historiques. Ainsi, aucune des grandes conquêtes sociales du Front populaire (congés payés, semaine de quarante heures, etc.) n’était inscrite dans le programme (très modéré) de la coalition victorieuse en avril-mai 1936 ; le mouvement de grèves de juin les a imposées au patronat français.

L’histoire de cette période ne se résume pas pour autant à la pression irrésistible d’un mouvement social sur des partis de gauche timides ou effarouchés. C’est bien la victoire électorale du Front populaire qui a libéré un mouvement de révolte sociale en donnant aux ouvriers le sentiment qu’ils ne se heurteraient plus au mur de la répression policière et patronale. Enhardis, ils savaient aussi que rien ne leur serait donné par les partis pour lesquels ils venaient de voter sans qu’ils leur tordent la main. D’où cette dialectique victorieuse — mais tellement rare — entre élection et mobilisation, urnes et usines. Un gouvernement de gauche qui n’affronterait pas une pression équivalente s’enfermerait aussitôt dans un huis clos avec une technocratie qui depuis longtemps a perdu l’habitude de faire autre chose que du libéralisme. Il n’aurait pour seule hantise que de séduire des agences de notation dont nul n’ignore cependant qu’elles « dégraderont » sur-le-champ tout pays engageant une véritable politique de gauche.

Semblable à une étoile morte, la République du centre jette ses derniers feux

Alors, audace ou enlisement ? Les risques de l’audace — isolement, inflation, dégradation — nous sont serinés de l’aube au crépuscule. Oui, mais ceux de l’enlisement ? Analysant la situation de l’Europe des années 1930, l’historien Karl Polanyi rappelait que « l’impasse où s’était mis le capitalisme libéral » avait alors débouché dans plusieurs pays sur « une réforme de l’économie de marché réalisée au prix de l’extirpation de toutes les institutions démocratiques (11) ». Mais de quelle souveraineté populaire peuvent encore se prévaloir des décisions européennes prises à la remorque des marchés ? Déjà, un socialiste aussi modéré que M. Michel Rocard s’alarme : tout nouveau durcissement des conditions imposées aux Grecs pourrait provoquer la suspension de la démocratie dans ce pays. « Dans l’état de colère où va se trouver ce peuple, écrivait-il le mois dernier, on peut douter qu’aucun gouvernement grec ne puisse tenir sans appui de l’armée. Cette réflexion triste vaut sans doute pour le Portugal et/ou l’Irlande, et/ou d’autres, plus gros. Jusqu’où ira-t-on (12) ? »

Bien que soutenue par toute une quincaillerie institutionnelle et médiatique, la République du centre chancelle. Une course de vitesse est engagée entre le durcissement de l’autoritarisme libéral et l’enclenchement d’une rupture avec le capitalisme. Celle-ci paraît encore lointaine. Mais quand les peuples ne croient plus à un jeu politique dont les dés sont pipés, quand ils observent que les gouvernements se sont dépouillés de leur souveraineté, quand ils s’obstinent à réclamer la mise au pas des banques, quand ils se mobilisent sans savoir où les conduira leur colère, cela signifie malgré tout que la gauche est encore vivante.

Serge Halimi

(1) Composée de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI).

(2) Benoît Hamon, Tourner la page. Reprenons la marche du progrès social, Flammarion, Paris, 2011, p. 14-19.

(3) Agence France-Presse, 4 septembre 2011.

(4) François Hollande, Devoirs de vérité, Stock, Paris, 2006, p. 91 et 206.

(5) Ibid, p. 51 et 43.

(6) Lionel Jospin, « Reconstruire la gauche », Le Monde, 11 avril 1992.

(7) Benoît Hamon, op. cit., p. 180.

(8) Cité par Alain Salles, « L’odyssée de Papandréou », Le Monde, 16 septembre 2011.

(9) Lire « Quand la gauche renonçait au nom de l’Europe », Le Monde diplomatique, juin 2005.

(10) Massimo D’Alema, « Le succès de la gauche au Danemark annonce un renouveau européen », Le Monde, 21 septembre 2011.

(11) Karl Polanyi, La Grande Transformation, Gallimard, Paris, 1983, p. 305.

(12) Michel Rocard, « Un système bancaire à repenser », Le Monde, 4 octobre 2011.

 

http://www.monde-diplomatique.fr/20...

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article122089

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 20:57

Diffusion nationale aux soutiens à Mumia Abu-Jamal



Quelques jours avant son exécution programmée pour le 9 novembre, la Justice du Texas vient d'opposer son refus à l'autorisation de tests ADN demandée de très longue date par Hank Skinner. Sa défense a immédiatement fait appel de cette décision.

[Les] organisations abolitionnistes françaises s'insurgent contre ce nouveau déni de justice et appellent à un rassemblement MERCREDI 9 NOVEMBRE (18h30) place de la Concorde à PARIS.



Pour la province, nous invitons les associations et les organisations engagées dans la défense des droits humains à se contacter pour prendre des initiatives de mobilisation, notamment dans les villes où les autorités américaines ont une représentation consulaire (Marseille, Strasbourg, Bordeaux, Toulouse, Lyon, Rennes, Lille).



Dans l'urgence, signez et faîtes signer la nouvelle pétition en ligne à l'adresse du Gouverneur du Texas, Rick Perry, exigeant l'annulation de l'ordonnance d'exécution ... en cliquant sur ce lien : www.hankskinner.org



 

Le Collectif Unitaire National de soutien à Mumia Abu-Jamal,
rassemblant une centaine d'organisations et de collectivités publiques françaises.

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 20:54

Par M. K. Bhadrakumar

mercredi 26 octobre 2011, par Comité Valmy

Asia Times Online, le 24 octobre 2011

article original : "Pakistani wolf to guard Afghan henhouse"

 

La visite à Islamabad, la semaine dernière, de la Secrétaire d’Etat US Hillary Clinton s’est avérée être un énième moment pour définir la fin de partie en Afghanistan. Elle s’est déroulée dans une atmosphère lourde de propagande. « Foggy Bottom » [le ministère US des affaires étrangères] a habituellement recours à une diplomatie publique véhémente lorsque la maison d’Oncle Sam brûle, pour que sa peine à éteindre les flammes reste une affaire privée.

 

Ce fut littéralement le cas la semaine dernière. Les diplomates américains se sont efforcés de donner leur interprétation aux personnels des médias prêts à les écouter, selon laquelle Clinton allait transmettre un message strict au QG récalcitrant de l’armée pakistanaise, à Rawalpindi : « Le Pakistan doit prendre des mesures énergiques contre le réseau Haqqani qui s’est réfugié au Waziristân-nord, dans les régions frontalières avec l’Afghanistan, et qui décime sans cesse les forces étasuniennes et de l’Otan ; sinon, les Etats-Unis agiront par eux-mêmes ».

Les conseillers en communication américains ont fait comprendre qu’avec ou sans le Pakistan, les Etats-Unis combattront de toute manière les insurgés (de même qu’ils « discuteront » avec eux et qu’ils « construiront » également l’Afghanistan), mais que les relations entre le Pakistan et les Etats-Unis étaient en danger, à moins que ses dirigeants militaires agissent maintenant.

Il est clair que Clinton était en mission de la dernière chance. Le « bon flic » et le « mauvais flic » partent rarement - voire jamais - en mission commune. Pour ces discussions, Clinton était accompagnée à Islamabad du directeur de la CIA, David Petraeus, et du président de l’état-major interarmées, Martin Dempsey. Qu’a donc accompli la mission de Clinton ?

Un virage spectaculaire à 180 degrés

A cette occasion, cinq choses ont émergé :

(1) Les Etats-Unis ont reconnu publiquement l’aspect central du rôle du Pakistan dans cette fin de partie afghane ;

(2) Les Etats-Unis ont cédé publiquement à l’exigence pakistanaise que des pourparlers soient engagés avec les Haqqanis et admis que les exclure fragiliserait tout le processus. Le réseau Haqqani est l’un des éléments les plus importants de l’insurrection menée par les Talibans en Afghanistan ;

(3) Par conséquent, la nouvelle approche consistera à « faire pression » sur les Haqqanis, afin qu’ils se rendent à la table de négociation - plutôt qu’essayer de les vaincre en tant que groupe irréconciliable d’insurgés ;

(4) Les Etats-Unis ont compris l’éventail des facteurs derrière l’hésitation du Pakistan à lancer des opérations militaires au Waziristân-nord et ils changeraient donc de tactique en optant pour « d’autres formes d’action », comme partager des renseignements en temps réel et entraver les capacités létales de ce réseau ;

(5) Clinton a admis à plusieurs reprises les préoccupations « légitimes » d’Islamabad relatives au fait que les Talibans opèrent sur le sol afghan depuis des refuges sûrs, pour y mener des attaques terroristes transfrontalières ; et, dorénavant, les troupes américaines « accélèreront le rythme militaire » contre ces sanctuaires et les empêcheront d’attaquer depuis le Pakistan.

Clinton a fait également plusieurs gestes significatifs, ayant pour effet de montrer que les Etats-Unis étaient prêts à monter d’un cran - voire même renoncer temporairement à leur incrédulité - dans un effort déterminé en vue de rectifier les désaccords dans les liens américano-pakistanais. Elle a admis que les Etats-Unis avaient eu « une réunion préliminaire » avec les Haqqanis « afin de voir avant tout s’ils pouvaient se manifester ne serait-ce que pour une rencontre préliminaire » et, en effet, les responsables pakistanais « ont aidé à faciliter » cette rencontre.

Elle est allée encore un peu plus loin en révélant que les Etats-Unis et le Pakistan travaillaient à « essayer de mettre au point un processus qui pourrait permettre une réelle négociation » avec le réseau Haqqani. Clinton a visiblement réévalué l’ancienne formule étasunienne « discussion, discussion, combat, combat ». Elle a dit : « Nous [les Etats-Unis] voulons voir plus de discussions et moins de combats, mais pour obtenir ces discussions, nous devons poursuivre les combats [.] nous sommes à présent arrivés à un stade où le potentiel pour des discussions existe ».

Clinton a réfuté catégoriquement que l’administration de Barack Obama avait récemment envisagé l’option d’effectuer des incursions terrestres américaines en territoire pakistanais. « Cela n’a jamais été sérieusement envisagé. » Au contraire, les Etats-Unis réamorcent le dialogue stratégique avec le Pakistan et mettent au point un nouveau plan pour travailler, « Parce que, ces derniers mois, nous nous sommes, comme vous dites, dispersés et que nous voulons revenir dans le jeu ».

Clinton a délivré également un certificat de « non-objection » aux accords passés entre l’ISI [les services secrets pakistanais] et les Haqqanis. Elle n’aurait pas pu le formuler plus aimablement :

« Désormais, toutes les agences de renseignements ont des contacts avec des personnages louches. Cela fait partie du boulot dans une agence de renseignements. Qui sont ces contacts, comment sont-ils rendus opérationnels, qui les détient ? C’est tout cela que nous examinons ensemble. Mais je ne pense pas que vous obtiendrez le moindre démenti, de la part de l’ISI ou de la CIA, que des personnes dans ces organismes respectifs ont des contacts avec des membres de groupes dont les agendas sont différents de ceux des gouvernements.

« Je pense donc que ce que nous disons est : servons-nous de ces contacts pour essayer d’amener ces personnes à s’asseoir autour de la table afin de voir si seront coopératifs ou non [.] ce sont les services de renseignements pakistanais qui ont amené un membre Haqqani à rencontrer une équipe américaine. Vous devez donc savoir où les joindre. Vous savez où ils sont. C’est donc ce genre de choses que nous devons examiner afin de comprendre comment elles peuvent être bénéfiques. »

Clinton a révélé après ces discussions que selon l’estimation du chef de l’armée pakistanaise, Parvez Kiani, le Pakistan et les Etats-Unis étaient « sur la même longueur d’onde à 90-95% ». Elle a partagé l’optimisme du général. « Je pense que la coopération entre nos armées et entre nos agences de renseignements sont de nouveau dans une trajectoire ascendante ». Les questions résiduelles dépendent des parties « opérationnelles ».

Clinton a dit que des « discussions sérieuses et en profondeur » se sont déroulées, notamment « en détail » sur « la réconciliation et le processus de paix en Afghanistan, comment nous nous y prenons, comment nous faisons en sorte que ça marche », et les deux camps poursuivront maintenant « cette conversation et la rendront opérationnelle au cours des jours et des semaines à venir, pas des mois et des années à venir, mais des jours et des semaines à venir ». Elle a expliqué : « Nous avons besoin d’un plan de travail pour faire réellement avancer ce nous allons faire et comment nous allons le faire ensemble. » Elle a révélé que la question d’un cessez-le-feu en Afghanistan était posée en prélude à des pourparlers.

Dans l’ensemble, les Etats-Unis laissent au Pakistan le soin de plancher sur les spécificités des « pressions sur les Haqqanis », tandis qu’il y a un « accord complet pour essayer de faire avancer de processus de paix ». Les Etats-Unis et le Pakistan ont dépassé « la phase difficile de ces derniers mois », ainsi que le formule le ministre pakistanais des affaires étrangères, Hina Rabbani.

Un grand marchandage

Qu’est-ce qui explique cette volte-face spectaculaire des Etats-Unis ? En un mot, l’administration Obama a jugé que le Pakistan commençait à résister et qu’une impasse se développait, ce qui était inacceptable, étant donné le temps qui reste aux Etats-Unis pour qu’ils se retirent d’Afghanistan d’ici à 2014. La tactique de pressions fortes au point de brandir l’épée a échoué à produire le résultat désiré et a peu de chance de marcher.

Bref, Washington a vu l’inutilité de considérer le Pakistan comme une puissance hostile et d’essayer d’imposer un règlement afghan qui est inacceptable pour l’armée pakistanaise. C’est pourquoi les Etats-Unis ont adopté une nouvelle stratégie étonnamment innovante. La formule consiste à « proposer des encouragements » au Pakistan, en l’invitant à jouer un rôle majeur en Afghanistan, mais sous conditions, ce qui garantit également que les intérêts stratégiques des Etats-Unis restent protégés.

Cela passe essentiellement par la concession aux Pakistanais de la primauté en Afghanistan et par la prise en charge par les dirigeants pakistanais de la négociation avec leurs homologues à Kaboul d’un règlement satisfaisant pour les Talibans, qui stopperait les effusions de sang et stabiliserait le pays.

Cela peut sembler aux détracteurs du Pakistan (en Afghanistan, dans la région et sur le plan international) comme une version douce consistant à donner au loup la responsabilité du poulailler, et cela suppose certainement que le Pakistan a changé de sentiment vis-à-vis de son ancien programme consistant à dominer son voisin plus faible et plus petit qui a montré de l’audace ou de la ténacité - cela dépend du point vue de chacun - en refusant d’accepter du Ligne Durand, qui fait de la frontière de 2.500 kilomètres avec le Pakistan et la question de nationalité pachtoune associée non résolue des thèmes existentiels pour l’intégrité du Pakistan en tant qu’Etat souverain.

Mais les Etats-Unis voient cela comme un élément du grand marchandage, selon le quel le Pakistan sera fortement tenté d’accepter si cela est rendu suffisamment attrayant. L’espoir américain est de parvenir à une situation « gagnant-gagnant », en faisant en sorte que la stabilisation de l’Afghanistan forme une partie intégrante de ce que l’on appelle la vision de la Nouvelle Route de la Soie.

En effet, l’histoire pourrait retenir que la principale avancée de la mission de Clinton à Islamabad était de dégager l’obstacle temporaire de la fin de partie afghane, afin que tous les protagonistes puissent mordre dans le fruit succulent du projet de Nouvelle Route de la Soie, qui se trouve à portée de main et dont l’objectif est d’exploiter les vastes ressources minérales d’Asie Centrale.

Fait révélateur, Clinton a également inclus le Tadjikistan et l’Ouzbékistan dans sa tournée régionale - les deux autres pays en dehors du Pakistan qui auraient des rôles clés à jouer pour développer les liens de communication entre l’Asie Centrale et les marchés mondiaux. Sa focalisation sur les capitales régionales portait sur la « vision de la Nouvelle Route de la Soie », qu’elle présentera lors d’une conférence à Istanbul le 2 novembre prochain, dans un « effort à obtenir de la région qu’elle y adhère » - pour paraphraser Clinton.

Alors qu’elle se trouvait à Islamabad, elle a été franche pour dire que sans le soutien actif du Pakistan, le projet de Nouvelle Route de la Soie ne marcherait pas. Elle a fait preuve d’un grand optimisme, que sous le parapluie de la « vision d’une Nouvelle Route de la Soie », même les animosités indo-pakistanaises intraitables pourraient être résolues, au fur et à mesure que les deux rivaux d’Asie Centrale s’habitueront au nom de ce jeu, qui est que l’objectif ultime de toute bonne politique est de créer de la richesse et de la prospérité sur leurs terres appauvries.

L’administration de Barack Obama est sortie à toute vitesse de son chemin consistant à conduire la recherche pour un règlement afghan, en engageant directement le dialogue avec les Talibans, contournant le Pakistan et créant un fait accompli pour Islamabad. Formulé autrement, le Pakistan a remporté une victoire politique retentissante en jugeant correctement l’éventail des vulnérabilités des Etats-Unis dans cette situation spécifique, en prenant en compte minutieusement les « actifs stratégiques » du Pakistan et en adoptant une position civile et militaire unie.

Pour l’instant, tout va bien. Il est quasiment certain que tout ne sera pas fichu par terre avant que Clinton ne dévoile la « vision de la Nouvelle Route de la Soie » des Etats-Unis à la conférence des voisins de l’Afghanistan et des principales puissances à Istanbul dans une semaine. Mais que se passe-t-il au-delà de ça ?

Il reste de nombreux impondérables. Avant tout, il se pourrait que le Pakistan ait les yeux plus gros que le ventre. La supposition que le Pakistan a une influence décisive sur les groupes talibans sera soumise à l’épreuve de vérité. En particulier, qu’en est-il des intentions des Etats-Unis au regard de l’établissement d’une présence militaire permanente en Afghanistan ? Les Talibans seront-ils prêts à l’accepter comme prix à payer pour l’adaptation politique - et si ce n’est pas le cas, le Pakistan voudra-t-il exercer des pressions directes ? En attendant, la propre position du Pakistan sur cette question reste ambiguë.

Pareillement, les groupes non-pachtounes verraient les intentions pakistanaises avec une grande suspicion. Non seulement la nouvelle politique afghane des Etats-Unis refuse vraiment de prendre en compte l’Iran comme acteur clé ; Clinton s’est même servie de sa tournée régionale pour s’offrir une interprétation de haute-volée, selon laquelle les Iraniens sont les méchants, incorrigiblement accrochés à leurs passe-temps dangereux. A partir d’aujourd’hui, l’Iran surveillera étroitement les moindres petits pas que fera le Pakistan.

De même, l’appétit du Pakistan a été stimulé, et la façon dont il présentera sa propre « liste de souhaits » à Obama (ce qu’il ne manquera pas de faire dans les prochains jours) sera attendu avec impatience dans la capitale voisine [indienne] de New Delhi. La Nouvelle Route de la Soie a une longue période de gestation et de tels fruits ont tendance à devenir rapidement blets dans les steppes d’Asie Centrale.

En tout cas, Delhi devrait évaluer qu’à long-terme, nous seront tous morts, et l’Inde mettra donc l’accent sur l’actuel et le tangible. Les Etats-Unis pourraient avoir besoin de s’occuper de Delhi pour faire reculer son influence à Kaboul ; ils pourraient, à un moment ou un autre, essayer de négocier sur le problème du Cachemire entre l’Inde et le Pakistan ; ils pourraient ressusciter leur partenariat militaire robuste avec le Pakistan ; ils pourraient inviter la Chine comme « partie prenante » en Asie du Sud.

Apprendre à vivre avec les Américains dans leur voisinage ne se transformera pas exactement en expérience agréable pour les experts indiens. Un jour, on leur dit que les Haqqanis étaient les meurtriers qui ont attaqué l’ambassade indienne à Kaboul - et, il est vrai, également l’ambassade des Etats-Unis - et à présent, ils entendent par hasard des bouts de conversation selon lesquels les Etats-Unis ont changé de sentiment.

Ils espéreront vraisemblablement entendre du Conseiller US à la Sécurité Nationale, Tom Donillon, qui arrivera à Delhi cette semaine, comment un tel changement phénoménal s’est produit dans la politique étasunienne et où cela laisse son seul « partenaire indispensable » en Asie du Sud et dans toute la région de l’Océan Indien - l’Inde.


M K Bhadrakumar a servi en tant que diplomate de carrière dans les services extérieurs indiens pendant plus de 29 ans. Ses affectations incluent l’Union Sovétique, la Corée du Sud, le Sri Lanka, l’Allemagne, l’Afghanistan, le Pakistan, l’Ouzbékistan, le Koweït et la Turquie. Traduction [JFG-QuestionsCritiques].

Mise en ligne CV le 25 octobre 2011

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 20:52

Point de vue | LEMONDE.FR | 03.11.11 | 09h24

samedi 5 novembre 2011 par Gérard Filoche et Jean-Jacques Chavigné

 

L’euphorie boursière du 27 octobre n’aura duré qu’une journée. Dès le lendemain, c’était la douche froide. Les marchés financiers dévoilaient le peu de confiance que leur inspirait l’accord européen en exigeant un taux d’intérêt de 6,06 % pour les obligations d’État italiennes nouvellement émises. Trois jours plus tard, la douche devenait glacée avec l’annonce de l’organisation d’un référendum en Grèce sur l’acceptation ou non du nouvel accord européen. Rien n’effraie plus les marchés financiers que la démocratie.

Chercher à "rassurer" les marchés, cela ne marche pas. Les opérateurs financiers ont de plus en plus conscience que la politique de transfert des dettes privées – notamment celles des banques – aux dettes publiques, pour faire payer l’addition aux salariats européens, se heurte à quatre limites indépassables et cela les affole.

Une limite quantitative, d’abord. L’effet levier censé démultiplier la puissance de feu du Fonds européen de stabilité financière (FESF) ne rassure pas vraiment les marchés : si ce Fonds garantit 25 % de leurs créances, qui garantira les 75 % restant ?

Une limite économique, ensuite. Les plans d’austérité imposés à la Grèce, à l’Irlande et au Portugal les enfoncent dans la récession. L’austérité généralisée à toute l’Union européenne généralisera la récession et rendra illusoire tout recul des dettes publiques.

Une limite politique, ensuite. La démocratie politique, même confinée par les institutions européennes, finit toujours par resurgir : annonce d’un référendum grec, vote du Parlement allemand, décision du Tribunal constitutionnel de Karlsruhe, votes des parlements finlandais ou slovaque…

Une limite sociale, enfin. La Grèce est paralysée par les grèves. La généralisation des plans d’austérité à toute l’Europe ne pourra que généraliser la lutte contre ces plans. Les mobilisations syndicales grecques, espagnoles, portugaises, italiennes, celles des "indignés", n’en sont que les prémisses.

Chercher à "rassurer" les marchés n’est pas souhaitable. Même s’il était possible de rassurer les marchés, ce ne serait pas souhaitable tant le prix à payer serait exorbitant.

Le coût social tout d’abord. Nul ne voit la fin du chômage et de la misère dans les pays sous le joug de plans d’austérité destinés à réduire les déficits publics pour rassurer la finance.

Le coût démocratique, ensuite. La mise sous tutelle permanente de la Grèce par la trop fameuse troïka est inacceptable. "La gouvernance européenne", le "fédéralisme" vidé de tout contenu démocratique, la "règle d’or" que veulent nous imposer les dirigeants européens signifieraient un nouveau recul, considérable, de la démocratie politique en Europe.

Briser la capacité de nuire des marchés financiers est la seule voie réaliste. La domination de l’Union européenne par les marchés financiers a été construite patiemment par les traités européens, notamment par trois articles. L’article 63 instaure la libre circulation des capitaux, laissant ainsi l’UE sans protection contre la spéculation des capitaux venus du monde entier. L’article 121 § 1 interdit à la Banque centrale européenne de prêter aux États-membres et d’acquérir directement des titres de la dette publique de ces États. L’article 125 § 1 interdit à l’Union de prêter à un État-membre ou à un État-membre de prêter à un autre État-membre. En l’absence de tout budget fédéral européen digne de ce nom, un État n’a donc plus d’autre solution que de faire appel aux marchés financiers lorsqu’il lui est nécessaire d’emprunter.

Voilà la source de la toute-puissance des marchés financiers. Ce n’est qu’une construction politique. Il est donc possible d’y mettre fin en abrogeant ces trois articles et d’avancer avec audace, en s’appuyant sur la mobilisation des peuples européens, dans une toute autre direction : celle de la construction d’une Union européenne réellement fédérale et démocratique.

Et si on essayait la démocratie ? L’annonce d’un référendum grec sème la panique dans la finance dont la domination serait réduite à néant si tous les peuples européens choisissaient de décider souverainement, comme le droit international les y autorise, de rembourser ou d’annuler leurs dettes publiques. Pour y parvenir, un gouvernement de gauche devrait décréter un moratoire de la dette publique et organiser un audit public de cette dette, suivi d’un référendum afin de décider quelle part de la part de la dette est légitime et quelle part ne l’est pas. La part de la dette qui trouve son origine dans la baisse des impôts des riches et des sociétés ou dans le financement sans contrôle des banques pourrait tout à fait, par exemple, être considérée comme illégitime. La dette légitime serait remboursée, la dette illégitime ne le serait pas.

 

Gérard Filoche et Jean-Jacques Chavigné

http://www.democratie-socialisme.org/spip.php?article2497

 

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 20:49

Conseil national du PCF des 21 et 22 octobre 2011

Intervention d’Emmanuel Dang Tran, fédération de Paris

 

Le capitalisme utilise sa propre crise à son profit faute d’organisation révolutionnaire suffisamment forte. Voilà qui se vérifie à nouveau, en Tunisie, en Europe, en France.

 

La super-austérité sera-t-elle au menu avant ou après les élections de 2012 ? Les deux !

 

Une deuxième série de mesures antisociales est annoncée pour dans quelques semaines après le plan Fillon de la fin de l’été. Le système prépare le terrain à une nouvelle « cure » au lendemain des élections au nom de la récession prévisible et de la dette publique que cette même politique des gouvernements successifs a creusée. Baisse des salaires, « restructurations » ravageuses, privatisations, le patronat a le pied posé sur l’accélérateur.

 

Pourtant l’autre constat majeur dans la période, c’est la persistance d’une opposition massive à cette politique. Le rapport de force manifesté l’an dernier pour défendre les retraites ne s’est pas évaporé. La journée d’action du 11 octobre n’a pas été l’échec annoncé. La mobilisation des cheminots, à plusieurs reprises, notamment le mouvement spontané des contrôleurs, montre un point de convergence possible des luttes pour le service public, alors que les premiers trains de voyageurs privés doivent circuler en décembre. Le monde le l’éducation a massivement fait grève le 27 septembre. Dans les raffineries, la métallurgie, l’agro-alimentaire, d’importantes luttes se développent qui posent les questions fondamentales de la politique industrielle.

 

Mais l’enfermement de la perspective politique sur l’échéance électorale, y compris dans les stratégies syndicales, pèse lourdement et anesthésie le mouvement social, décisif pour tout changement.

 

Communistes, dans le contexte pré-électoral, dans la campagne pour battre la droite et repousser l’extrême-droite, notre priorité est d’élever le niveau de riposte en partant de ces luttes actuelles, bien réelles, dans la perspective de l’aggravation brutale de l’offensive capitaliste comme celle qui frappe tour à tour les autres pays d’Europe.

 

Le plus contre-productif pour cela est de s’enfermer de même dans la perspective électorale et de rentrer dans la logique de l’alternance.

 

Que changerait une alternance avec l’équipe de François Hollande ? Se fera-t-elle dans l’intérêt des travailleurs ou des capitalistes ? Nous devons le dire clairement.

 

Dans tous les pays d’Europe, quand un gouvernement, usé, n’arrive plus à faire passer sa politique au service du capital, il passe la main à l’équipe de réserve, dans un sens ou dans un autre. En France, cette équipe, c’est le PS et ses satellites, nous en avons une solide expérience depuis 30 ans.

 

L’entourage de Hollande commence déjà à remettre en cause les minces promesses, faussement présentées comme sociales, de son programme.

 

La « gauche » se prépare aussi à poursuivre les contre-réformes structurelles, à faire la part du travail que la droite a plus de mal à faire passer. Souvenons-nous que la RGPP appliquée par Sarkozy contre la fonction publique découle de la LOLF (loi organique relative aux lois de finance) adoptée en commun par la droite et la « gauche » en 2000.

 

Constatons que depuis 2007, le pouvoir sarkozyste a accéléré le processus de marchandisation des services publics et la destruction des statuts des personnels mais a très peu privatisé. SNCF, Poste… : qui va passer à l’étape suivante ? Nous avons l’expérience de 1997/2002. Le choix récent des socialistes à la Région Ile-de-France de mettre en concurrence la RATP sur plusieurs lignes de tramway est indicatif.

 

La droite a considérablement dégradé les prestations de la Sécurité sociale en continuant la sape de son financement par la cotisation sociale. Le programme du PS, Aubry comme Hollande, prépare, avec un rôle nouveau de la CSG et sa fusion avec l’impôt sur le revenu, une remise en cause complète, gravissime, de ses fondements mêmes.  

 

Enfin, droite et « gauche » tirent la même conclusion de la crise : ils veulent « plus d’Europe », plus de « gouvernance européenne », c'est-à-dire de mise sous tutelle des démocraties nationales pour imposer le carcan de l’UE du capital.

 

Il est remarquable que le grand nombre qui veut se débarrasser à tout prix de la droite au pouvoir ne se fait pas non plus d’illusions sur le PS et l’alternance. Nous l’entendons tous les jours dans nos actions. Alors surtout, ce n’est pas au PCF d’en semer !

 

Le titre de l’Humanité-dimanche du 20 octobre est dramatiquement révélateur. « Hollande/Mélenchon, la véritable primaire commence ». On dénonce le danger du « vote utile » et on démontre l’inutilité du vote Mélenchon ! Celui qui va gagner, pas de doute, c’est Hollande ! Voilà qui confirme combien Mélenchon n’est qu’un rabatteur socialiste et le Front de gauche une force d’appoint de l’alternance.

 

Dans le détail, sur le même mode, le rapport du CN met en avant les « propositions de loi qu’une majorité de gauche devrait défendre ». C’est prendre les choses complètement à l’envers, placer les institutions avant les luttes, la victoire électorale de la « gauche » comme seul salut.

 

Pour sortir de cette impasse stratégique, il faudrait que le PCF affirme haut et fort qu’il exclut toute participation gouvernementale si Hollande est élu.   

 

De la même façon dans les contenus, Mélenchon et le Front de gauche font le complément du PS. Mélenchon peut promettre un peu n’importe quoi « s’il est élu », « s’il arrive en tête de la gauche ». Mais précisément ses quelques propositions s’apparentent à des surenchères sur le programme du PS qui du coup passe pour insuffisant mais allant quand même dans le bon sens. C’est tout le contraire que le PCF devrait produire dans la campagne : battre en brèche le consensus UMP/PS (et FN), porter les propositions de rupture fondamentales.

 

Il est heureux d’entendre enfin de nouveau le mot « nationalisation » mais soyons précis. Par exemple sur les banques.Un « pôle public financier », avec les institutions qui restent que la gauche plurielle n’a pas privatisées, c’est une belle illusion réformiste. Quand le PS et la droite voient que la recapitalisation des banques va devenir une nécessité pour « sauver l’euro » de la crise, ils préparent l’opinion à un nouveau renflouement, une sorte de nationalisation des pertes. La présence de quelques représentants de l’Etat en contrepartie dans le Conseil d’administration pour « impulser une autre politique du crédit » ne sera qu’un emballage pour faire passer la pilule. La nationalisation que nous voulons, c’est la nationalisation intégrale de chaque banque, sans indemnité aux actionnaires déjà gavés de dividendes (et la réintégration de la Banque Postale dans La Poste).

 

Le consensus le plus fondamental que le PCF devrait faire exploser, dans la suite de ses positions historiques, c’est le consensus européen. Que le Maastrichien Mélenchon défende l’UE et l’euro au nom d’une « autre Europe », c’est logique. Mais comment Pierre Laurent peut-il s’inquiéter que « l’UE risque de voler en éclats si elle n’est pas refondée » ? Là encore, il faut arrêter de semer des illusions, de chercher par tous les moyens comme le PGE à relégitimer l’UE dont le but est d’écraser les résistances nationales aux politiques du capital. Une bataille pour la rupture avec l’UE du capital et la fin de l’euro, instrument de la politique européenne d’austérité à perpétuité, peut déboucher sur une victoire politique majeure, quand « sauver l’euro » est l’obsession des dirigeants européens et le moyen de saigner les peuples. Le minimum, c’est d’ouvrir le débat dans le Parti, au CN. UE, Monnaie unique : est-ce que tout ce que le PCF a défendu jusqu’aux années 90 est à jeter aux orties ?  

 

Le malaise est grand dans le Parti. Cela se reflète également au Conseil national. Mélenchon et les prétentions du Parti de gauche passent très mal chez les camarades. Le Front de gauche profite unilatéralement aux « partenaires ». Ils auraient tort de se priver de ce que leur apporte la poursuite de la stratégie d’effacement du Parti.

 

Des organisations parallèles du Front de gauche se constituent, avec plus ou moins de difficultés, à tous les niveaux, tendant à supplanter celles du Parti. Elles se créent autour notamment de certains qui l’ont quitté, il y a plus ou moins longtemps, sur une base « droitière », contestant la raison d’être de la forme parti communiste, de personnalités d’obédience socialiste… Englober le PCF, en le vidant de sa substance, dans une organisation vaguement à gauche : le but du Front de gauche se confirme.

 

On ne peut laisser banaliser, aussi au Conseil national, des déclarations politiques aussi lourdes de signification que celles qu’a prononcées Pierre Laurent à la Fête de l’Humanité.

 

«  Et permettez-moi un mot à l’attention de mes amis socialistes et d’Europe-écologie/les Verts. Ma franchise sera excusée.

 

Il y a vingt ans, vous nous disiez : soyez démocratiques et nous sommes devenus démocratiques.

 

Il y a dix ans, vous nous disiez : soyez écologistes et nous sommes devenus écologistes.

 

Alors aujourd’hui, à vous amis socialistes et écologistes, nous vous disons : soyez de gauche ».

 

Les socialistes auraient eu raison ! Le modèle politique démocratique, c’est le PS. Ah non alors !

 

La raison d’être des partis communistes, de leurs fondements théoriques, de leur forme d’organisation spécifique, éprouvés par l’Histoire et une longue réflexion inachevée sur le socialisme et la démocratie, est plus grande que jamais pour les travailleurs dans la lutte des classes.

 

 

http://vivelepcf.over-blog.fr/article-cn-du-pcf-du-21-octobre-2011-intervention-d-emmanuel-dang-tran-75-87985784.html

 

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 20:46

lundi 31 octobre 2011, par Comité Valmy


28 octobre 2011 (Nouvelle Solidarité) – Alors que la Grèce est placée sous tutelle de la Troïka, que l’Etat réprime les manifestations pour rassurer les marchés et que l’Europe poursuit les renflouements financiers, le compositeur Mikis Theodorakis a appelé les grecs à combattre et mis en garde les peuples d’Europe qu’au rythme où vont les choses les banques ramèneront le fascisme sur le continent.

 

Interviewé lors d’une émission politique très populaire en Grèce, Theodorakis a avertit que si la Grèce se soumet aux exigences de ses soi-disant « partenaires européens », c’en sera « fini de nous en tant que peuple et que nation ». Il a accusé le gouvernement de n’être qu’une « fourmi » face à ces « partenaires », alors que le peuple le voit comme « brutal et offensif ». Si cette politique continue, « nous ne pourrons survivre (…) la seule solution est de se lever et de combattre ».

Résistant de la première heure contre l’occupation nazie et fasciste, combattant républicain lors de la guerre civile et torturé sous le régime des colonels, Théodorakis a également adressé une lettre ouverte aux peuples d’Europe, publié dans de nombreux journaux… grecs.

Extraits :

"Notre combat n’est pas seulement celui de la Grèce, il aspire à une Europe libre, indépendante et démocratique. Ne croyez pas vos gouvernements lorsqu’ils prétendent que votre argent sert à aider la Grèce. (…) Leurs programmes de « sauvetage de la Grèce » aident seulement les banques étrangères, celles précisément qui, par l’intermédiaire des politiciens et des gouvernements à leur solde, ont imposé le modèle politique qui a mené à la crise actuelle.

Il n’y pas d’autre solution que de remplacer l’actuel modèle économique européen, conçu pour générer des dettes, et revenir à une politique de stimulation de la demande et du développement, à un protectionnisme doté d’un contrôle drastique de la Finance. Si les Etats ne s’imposent pas sur les marchés, ces derniers les engloutiront, en même temps que la démocratie et tous les acquis de la civilisation européenne.

La démocratie est née à Athènes quand Solon a annulé les dettes des pauvres envers les riches.Il ne faut pas autoriser aujourd’hui les banques à détruire la démocratie européenne, à extorquer les sommes gigantesques qu’elles ont elle-même générées sous forme de dettes.

Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire fut le berceau de Platon et Aristote, Périclès et Protagoras, des concepts de démocratie, de liberté et d’Europe. (…)

Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour. Vous ne prospérerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes. Nous avons tardé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. (...)

Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l’Europe en la transformant en Tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme.

 

http://www.centpapiers.com/theodorakis-si-les-peuples-d’europe-ne-se-levent-pas-les-banques-rameneront-le-fascisme/85452

 

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Published by Vendémiaire - dans Europe
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